Catch

Une charmante petite perle !

Last Friday night
Yeah I think we broke the law
Always say we're gonna stop
Oh-whoa-oh
This Friday night…
Do it all again
!

Katy Perry, Last Friday Night

 

Ah les affres de la propagande… On vous a certainement rebattu les oreilles depuis des mois pour vous expliquer à quel point SmackDown était dénué d’intérêt, vide de sens et aisément oubliable, non ? Eh bien il est grand temps de renvoyer les pisse-froid et les mauvaises langues dans leurs vingt-deux mètres, puisque si le show du vendredi est différent de son long cousin du lundi, il n’en offre pas moins un spectacle unique dans le grand barnum de la WWE. Et cette semaine, comme souvent ces derniers temps, les équipes bleues ont su récompenser leurs fans et leurs soutiens, avec un show d’excellente facture !

 

 


La qualité, ça tient à rien : par exemple, depuis que les Superstars peuvent castagner le public, c'est beaucoup plus impressionnant les Battle Royales !

 

 

Nalyse de SmackDown du 19 octobre

 

 

Avant d’en arriver au contenu du show, permettez-moi d’ouvrir une parenthèse pour revenir sur un argument récurrent des détracteurs de SmackDown. En effet, ces malotrus prétendent que le show est zappable puisqu’il n’apporte pas de rebondissement dans les storylines : ils ont raison. Depuis l’apparition du concept de Supershow, aucun développement majeur de l’histoire ne se tient le vendredi, dusse-t-il concerner les superstars du Roster bleu. Mais à cela il y a une explication si évidente qu’on se demande même comment il a pu en être autrement par le passé.

 

Empoignez votre Télé Z américain, et ouvrez-le à la page USA Network. Vous y trouverez, depuis 1993, Monday Night RAW. Passez à la page SyFy à présent. Depuis octobre 2010, tous les vendredis, vous y retrouvez SmackDown. Alors certes, ces deux chaînes sont membres de la grande toile NBC, mais vous aurez évidemment saisi que ce n’était pas le même canal. Or s’il est acceptable de suivre un feuilleton occurant plusieurs fois sur une même chaine, est-il réellement viable aujourd’hui de le faire via plusieurs entités ? C’est tout sauf évident. Suivriez-vous Desperate Housewifes si les épisodes passaient en alternance sur M6 et W9 à des jours différents ? Auriez-vous la patience de vous intéresser au destin de Lisa s’il oscillait entre TF1 et NT1 ? Apprécieriez-vous Roland Garros s’il fallait zapper entre France 2, France 3 et France 4 ? Ok, disons que j’ai rien dit pour la dernière, mais vous avez saisi le concept.

 

 

Non, et je veux pas le saisir. Réfléchir ça fait mal à la tête !

 

 

Dès lors, il n’est pas interdit de penser qu’avec le passage de RAW à trois heures (qui avait été anticipé par l’apparition du Supershow), la consigne avait été donnée soit par la WWE soit par USA Network de proposer un feuilleton exclusif au lundi, amené à s’auto-suffire. C’était une façon de rendre à SmackDown son indépendance, et c’est somme toute cohérent. Entre NXT, Main Event, Superstars et SD, c’est pas moins de cinq heures d’antenne produites sous format télévisé qui sortent des studios WWE toutes les semaines, outre le vaisseau amiral du lundi. Et si Superstars ne propose que des matchs, tandis que NXT se dédie aux jeunes pousses et que Main Event offre un contenu catch premium, quel créneau reste-t.il pour SmackDown ? Celui d’un show bouclé, moins feuilletonnant mais auto-cohérent.

 

On avait eu la démonstration éclatante du succès de la formule il y a quelques semaines lors de l’épisode dédié à l’explosion de la poule aux œufs d’or Hell no, et si la confirmation s’était ensuite un peu faite attendre, on voit ce vendredi que les créatifs de Stamford commencent à bien dompter la bête. Si vous attendez du show vénérien un rebondissement de la timeline WWEsque, passez votre chemin, mais si tout ce qui vous importe c’est de passer une petite heure et demie de plaisir coupable devant des athlètes huilés, inspirés au micro et franchement dézingués, SmackDown vous tend les bras, ne ratez pas cette ouverture !

 

 


– Dans mes bras smart !

– Tu m'as manqué WWE !

– Tu regardes plus la TNA ?

– Non, plus depuis que taiji77 dit que c'est tout pourri !

 

 

Après cet incipit copieux, passons au spectacle en tant que tel. Le show s’ouvrait ce vendredi avec le Miz dans le ring, pour son désormais récurrent talk show personnel. L’occasion faisant le larron, l’Awesome One en profitait pour informer le public ne regardant pas Main Event que Kofi l’avait délesté de son titre Intercontinental lors du dernier show en date. Le Miz n’acceptant pas cette défaite, il défiait d’ores et déjà le gentil Ghanéen pour Hell in a Cell, profitant de sa clause de rematch, et ceci étant dit il accueillait ses invités du soir Daniel Bryan et Kane. La discussion tournait autour du supposé point faible de l’équipe, l’American Dragon, qui se défendait en rappelant qu’il était un ancien champion du monde poids lourds, ayant défait le tenant du titre après 45 secondes de règne. Il n’en fallait pas moins pour que le Big Show ramène sa carcasse vers le ring, avant que Dolph Ziggler ne vienne compléter le tableau parce qu’il avait entendu prononcer les mots Money in the Bank et qu’après tout la logique ça va bien trois minutes hein.

 

Bref, tout ce beau monde commença à s’engueuler sur le ring, jusqu’à ce que Booker T débarque comme de bien entendu pour… WAIT A MINUTE ! Car oui, voilà le premier moment d’anthologie de ce SmackDown, interrompant son patron, le Miz cria tout haut ce que tout le monde pense tout bas depuis toujours : « Oh oui Booker T, t’es le roi des créatifs, tu vas nous dire de régler ça dans un handicap tag team match avec les Hell No contre Show, Zig et moi, quelle surprise ! » Sauf que du coup, Booker tout vexé qu’il était, il a fait un truc hyper compliqué et hyper différent, puisqu’il a fait… exactement ça à une virgule près, sortant simplement le Miz du match pour l’offrir en pâture à Randy Orton. Un très bon segment introductif, et une cote d’amour du Miz en hausse de sept points sur le ménager de plus de 25 ans.

 

 

+4 également sur la ménagère de moins de 50 ans, émoustillée par son arcade cassée de héros de la Marine. -7 en revanche sur le corps enseignant qui se désespère de le voir saisir un jour la différence entre un M et un W !

 

 

Sans transition, on retrouvait donc le Miz dans le ring face à Randy Orton, le tout sous le regard attentif d’Alberto Del Rio et de Ricardo Rodriguez, placés dans une loge tout en haut des tribunes, et interviewés pendant le match par Matt Striker. Dos Cojones ayant sans doute du en profiter pour étudier le style in ring de son adversaire pour le prochain PPV, il ne lui aura certainement pas échappé que Randy fournit toujours la même prestation, impeccablement certes, mais toujours à l’identique. On eut donc le combo complet, ballet entre les cordes, snap slam, tentative de Hangman’s DDT contrée, seconde tentative réussie, mimiques vipérines, tentative de RKO contrée, l’adversaire tente de placer *insérer ici le nom du finisher de l’adversaire du soir* Skull Crushing Finale, Orton contre, le RKO passe et le Miz est mort. S’en suit un passage cocasse ou Del Rio et Orton se chauffent à quelques dizaines de mètres l’un de l’autre, avant que le Mexicain ne décrète qu’il ne foutra une rouste au serpent que quand il l’aura choisi lui, et toc.

 

Le match suivant était une variante du lancer de nain : le balançage aux quatre coins du ring du protecteur du nain. En d’autres termes, Les Rhodes Scholars ont jeté Justin Gabriel un peu partout, jusqu’à ce que celui-ci parvienne à effectuer le tag pour Tyson Kidd, qui déroula une partition de face dominant, avant de se faire avoir par Sandow qui effectuait le tag sur Cody Rhodes alors même que le Canadien plaçait son sharp shooter sur l’illuminati. Profitant de l’inattention de l’héritier des Hart, Rhodes lui infligeait son Beautifull Disaster et obtenait le tombé. Objectif atteint, les favoris au title shot des Hell No paraissent toujours aussi redoutables, dans un match aussi bref que plaisant.

 

 

– Ce fut bref…

– Mais plaisant !

– Parle pour toi…

 

 

Et ça tombe bien, les Hell No sont dans le ring pour le match suivant, comme annoncé en ouverture, pour affronter Big Show et Ziggler. Après une ouverture inspirée de la lutte universitaire entre le Show Off et l’American Dragon, Bryan joua le rôle de victime expiatoire sous les assauts successifs du blond et du géant, avant que d’un tag salvateur la foule obtienne un face à face entre géants des plus intenses. Kane rappela à Ziggler la similitude entre son big boot et le Brogue Kick de Sheamus, le blondinet vendant l’un aussi bien que l’autre. Au final, après la traditionnelle séquence chaotique de fin de tag match ayant vu Kane sauver Bryan des griffes du Big Show qui avait intercepté le Vegan d’un chokeslam en plein plongeon depuis le turnbuckle, l’American Dragon plaçait Ziggler dans son No-Lock et l’obligeait à abandonner. Un match plaisant et cohérent si l’on oublie la séquence où Show inflige à Bryan la terrible prise de soumission dite du « Guili guili » !

 

Pendant ce temps, Antonio Cesaro avait décidé d’entamer une feud avec une guitare géante, Johnny Cash et Elvis Presley, puisque le show du soir se déroulait à Memphis. Dans un courageux élan patriotique, Ted DiBiase décidait de botter le postérieur du Suisse sous une pluie de cris « USA USA ! »  descendant des travées, mais aussi content que l’on puisse être de constater que l’ami Ted a toujours un travail, il semblait évident que ses chances étaient restreintes contre le puissant h-Helvète. Tout juste notera-t-on qu’il parut peiner davantage à porter son Neutralizer à une crevette de 80 kg qu’à Brodus Clay, et que JBL fait certes un effort appréciable aux commentaires en rappelant que Cesaro a été exclu du championnat français de rugby pour excès de violence, mais tant qu’à faire si quelqu’un pouvait rayer le « Super 15 » sur ses fiches pour le remplacer par un « Top 14 » ça serait pas mal, parce que c’est primordial, BORDEL !

 

 

– John, on a eu des plaintes de France, faudrait que tu soies plus précis dans ton propos.

– Ok, il a été exclu pendant un Brive/Mont-de-Marsan pour un plaquage cathédrale au cours duquel son adversaire a perdu la vie. Sa colonne vertébrale a carrément été brisée sur le coup au niveau des cervicales, mais ça n'a pas empêché Brive de s'imposer 6-3 grâce à une pénalité et un drop de Mathieu Bélie, contre une péna…

– Ca va aller comme ça.

 

On retrouvait ensuite Brodus Clay et Heath Slater dans le ring, dans ce qui pouvait sembler en apparence être un match destiné à préparer le gros face à un match pour la ceinture US lors du prochain Hell in a Cell, mais qui s’avéra en réalité constituer une nouvelle étape de l’amorce de push d’Heath Slater et de ses deux compères apprentis rockers, Drew McIntyre et Jinder Mahal. Grâce à une distraction des deux derniers, le premier infligeait au fondu de funk son terrible facebuster pour obtenir le tombé, causant une série de grimaces de dépit sans doute très impressionnantes sur les visages de Naomi et Cameron que je vous aurais décrites sans faute si mon regard n’avait pas été désespérément aimanté trente centimètres plus bas. On notera au passage que Brodus étalait Slater en vingt secondes à SmackDown en juin, puis en respectivement deux et une minutes en septembre à Raw et SD, avec une dizaine de victoires en House Shows saupoudrées de ci de là dans l’intervalle, pour s’incliner aujourd’hui sur une légère distraction. Chronique d’un dépush ?

 

Revenons dans le ring, pour y retrouver Layla et Natalya tandis qu’Eve avait rejoint la table des commentateurs pour persifler au sujet de la charmante Anglaise. Du match on retiendra que le duo de jeunes femmes a réussi à botcher un roll up, pendant qu’Eve se moquait au commentaire du célibat de Layla, alors que même Natalya avait un mec, la blonde appréciera. Si vraiment je dois en dire plus sur ce match, parlons du petit garçon embrassé par Layla pendant son entrée, qui s’il a remarqué comme moi les tétons pointant effrontément de la demoiselle est condamné à une vie de stupre avec la même certitude que le meurtre sanguinolent de sa mère fit de Dexter un tueur en série. Bref, Layla a gagné, et elle se dirige vers un match contre Eve au prochain PPV. Sauf si…

 

 

Sauf si quoi ?!

 

 

Afin de résoudre l’insoutenable suspense instauré par cet énigmatique « Sauf si… », il me faut vous ramener quelques pas en arrière. En effet, plus tôt dans la soirée on avait vu Sheamus disserter avec Teddy Long en coulisses, cherchant le meilleur moyen de finir enfin un match avec Wade Barrett sans subir une intervention et donc une DQ. Teddy avait alors une idée brillante : planifier un lumberjack match ! C’était compter sans la perfide Eve qui, ayant suivi tapie dans l’ombre toute la conversation, s’empressait de s’approprier l’idée et de la soumettre à Booker T. Aussi lorsque Long venait proposer son trait de génie à son patron, ce dernier le soupçonnait de vouloir encore copier l’inventivité de la bombe en tailleur rouge. Mais profitant d’une inattention de sa rivale, occupée à faire des ronds de jambe auprès du Master of Spin-a-Roonie, Teddy Long lui subtilisait son Ipad et y découvrait des preuves accablantes qu’il partageait avec Kaitlyn, qui au lieu de sauvegarder les données préférait prendre des photos de l’Ipad avec son Iphone (placement produit Apple : check !). On sait désormais qu’Eve doit être arrêtée, mais pour quoi ? Une conspiration terroriste, ou pire encore de la propagande démocrate ? Mystère…

 

Bon, l’info essentielle c’était surtout que le Main Event du soir opposait Sheamus à Wade Barrett dans un lumberkjack match hein, pas tellement l’éventuelle évolution du soap féminin. On retrouvait donc l’ensemble du roster bleu aux abords du ring, à l’exception d’Orton qui ne s’abaisse pas à ce genre de gamineries, des Hell No qui font ce qu’ils veulent d’abord et avec un Show planqué sous sa capuche, un peu en retrait mais présent. Dans le ring, les deux Britanniques offrirent un brawl de qualité, interrompu l’une ou l’autre fois par un petit passage hors du ring histoire de justifier la présence des lumberjacks, jusqu’à ce que Sheamus parvienne à placer son White Noise. Mais alors qu’il voulait enchaîner sur le Brogue Kick, Slater extirpait Barrett du ring, avant que Sheamus ne vienne étaler l’ensemble du quart de ringside que nous appellerons « jobbers heels » d’un petit saut de cabri depuis l'estrade.

 

 

Haha Cena, espèce de Superman wannabe : moi je vole !

 

 

L’action revint ensuite quelques temps entre les cordes avant qu’un nouveau passage par le sol ne déclenche une bagarre générale. Le duo Bryan/Kane par le bordel attiré s’empressa d’accourir pour participer à la distribution de mandales, tandis que presque par hasard Sheamus et Barrett se retrouvaient à nouveau sur le ring, permettant à l’Irlandais de triompher de l’Anglais d’un Brogue Kick. C’est alors que l’on vit réapparaitre une tête blonde du charnier situé hors du ring, Ziggler venant placer son Zig Zag sur Sheamus avant de tenter d’encaisser son Money in the Bank. Mais ni une ni deux, Show l’étalait d’un WMD rappelant en partant à Sheamus que s’il voulait voir ce qu’il ferait de sa tronche à Hell in a Cell, il suffisait qu’il regarde Ziggler étalé dans le ring. Et c’est sur cette belle promesse que s’achevait cet excellent SmackDown !

 

Vous l’aurez compris en me lisant, aucune des péripéties de ce soir n’est indispensable à la compréhension de la trame globale de la WWE, et si par conséquent vous regardez SmackDown par devoir, afin de saisir toutes les subtilités de Raw, changez vos habitudes et allez donc courir une bonne heure tous les vendredis, ça ne fera pas de mal à cette petite brioche qui nait sous votre clavier de geek. Mais si en épicurien de la WWE vous préférez passer un bon moment en regardant un show truffé de petites fulgurances et saupoudré de bonnes idées, SmackDown vous tend les bras. En extrapolant, vous pourriez peut être même aller jusqu’à abandonner l’interminable RAW et lutter enfin contre cette bouée abdominale qui vous entrave en vous mettant au marathon non ?

 

 

Non.

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