Catch

Dernière marche avant l’enfer !

La route vers l'enfer est-elle pavée de bonnes intentions ?

Interrogation de nalyste

 

SmackDown est sans doute le show le plus inspiré que puisse proposer la WWE ces derniers temps, ou tout du moins celui au sein duquel les créatifs prennent le plus de risques éditoriaux. Le revers de cette qualité intrinsèque, c'est que cela peut poser des problèmes de bouclage avec la trame principale à la veille d'un PPV. Voyons si, et comment, les bookers ont su éviter cet écueil dans ce show diffusé à trois jours d'Hell in a Cell !

 

Créatif se faisant bouffer les couilles, allégorie ?

 

 

Nalyse de SmackDown du 26 octobre

 

 

A l'orée d'un PPV, il faut donner aux différentes feuds en cours le dernier coup ce collier nécessaire à amener la mayonnaise jusqu'à son point de prise et susciter sur le fan bedonnant, dans son canapé, le déclic nécessaire à l'effort surhumain d'extirper sa carte bancaire de sa poche arrière et offrir à Linda McMahon un peu plus d'argent à jeter par les fenêtres dans des campagnes électorales perdantes. Si cela a bien entendu occupé l'essentiel du show, nous avons eu droit ce vendredi à de réelles tentatives de diversité de la part des auteurs, avec plus ou moins de succès comme nous allons le voir.

 

En guise d'apéritif, on retrouvait Randy Orton dans le rôle qu'il affectionne sans doute le moins, celui de la promo, seul dans le ring, devant tenir une foule en haleine. Heureusement pour lui, ses péroraisons de male alpha ne durèrent guère avant qu'Alberto Del Rio n'aparaisse devant le titantron pour rappeler qu'il était lui aussi très fort et qu'il allait atteindre le level "Apex Predator" dans le grand jeu d'influence de la WWE. Du classique, efficace et peu surprenant jusqu'ici. Mais la petite touche SmackDown vint de l'intervention surprise de Wade Barrett venu agresser Orton par derrière, apparemment sur consigne du Mexicain : Teddy Long ayant immédiatement levé le loup, il se faisait la voix de Booker T et imposait un match le soir même entre l'Anglais et le maître du RKO.

 

 

Il faut dire que Long a des techniques de camouflage directement inspirées du KGB !

 

 

Voilà une idée intéressante, qui permet de rebondir sur la feud interrompue par les blessures successives d'Orton puis de Barrett qui ravissait les suiveurs à l'époque, mais aussi de planter des petites graînes pas tant pour Hell in a Cell (pourquoi intervenir dans un match sans enjeu ?) mais pour la suite, tous ces gaillards étant assurément taillés pour le Main Event. Seul bémol dans toute cette affaire, si Randy gagne dimanche, Del Rio va devoir assumer le fait de parler beaucoup mais de gagner peu, après ses échecs répétés contre Sheamus, mais n'est-ce pas là le lot des heels à la WWE (comme le rappelait Chris Jericho) ?

 

Quoi qu'il en soit, le match de ce soir entre le Castor et la Vipère fut d'excellente qualité, et n'aurait certainement pas déparé un dimanche payant, ceci étant d'autant plus surprenant qu'en général on voit peu d'intensité dans les jours précédant un PPV. Au terme d'un bon quart d'heure de match, Del Rio apparaissait en ring side, déconcentrant Orton et permettant à Barrett de l'emporter grâce à son Souvenir. Le Mexicain et la Vipère se cherchaient encore quelques noises après cela, mais décidaient de remettre à dimanche le choc stratosphérique entre leurs égos : ce match promet !

 

 

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Notons que cet homme avait, lui-aussi, affirmé être le nouvel Apex Predator. D'après vous, Del Rio il assure en rocker ?

 

 

Revenons à la marche chronologique du show, et changeons de feud pour nous intéresser à la lutte pour le titre par équipes. Grand classique de ce genre d'affrontement, on scinde chaque équipe en deux et on les fait s'affronter tour à tour. Pour commencer, Kane était donc opposé à Cody Rhodes dans le ring, et s'imposait sans coup férir : le message est clair, individuellement le Big Red Monster est supérieur, mais sa mésentente chronique avec le végétalien le plus fort du monde pourrait ouvrir des portes à des adversaires malins, l'intelligence étant justement l'arme première des Rhodes Scholars. Le supplément SmackDown était ici la présence aux commentaires de Bryan et Sandow, même si malheureusement cet artifice de booking apporte toujours aussi peu, si ce n'est davantage de confusion dans la bande son.

 

Un peu plus tard dans la soirée, on trouvait le pendant de cette première rencontre avec un Sandow/Bryan renvoyant les deux autres impétrants aux commentaires. Après une promo de Sandow expliquant combien "Yes" et "No" étaient incroyablement cons alors que lui était bien plus sophistiqué, le barbu aux genouillères violettes l'emportait sur le barbu au slip rouge au terme d'un bon match marqué par des interventions de Kane et Rhodes. Ces deux matchs et faces d'une même pièce apportent un éclairage intéressant sur la rencontre de dimanche, en ce qui pourra aisément être considéré come une mise en bouche réussie !

 

 

A voir la tête de CM Punk, il est permis de penser que cette mise en bouche ci est un peu plus douloureuse.

 

 

On change encore de ceinture pour passer sur l'Intercontinentale. Cette fois, l'objet était de rappeler combien le Miz était redoutable, balaise et puissant, et combien il était donc probable qu'il reprenne son bien au cours du PPV. Le problème, c'est que pour démontrer ça, la WWE lui a fait découper poussivement Yoshi Tatsu, le gars qui est sur une losing streak tellement impressionnante que plus personne ne compte. Bref, le Miz a gagné, mais ça ne changera certainement pas la face du monde. Si la touche SmackDown était de proposer un adversaire à la crédibilité minimale, c'est réussi, mais il est difficile de voir en quoi c'était utile…

 

La valse se poursuit avec le titre WWE, qui opposera dimanche CM Punk à Ryback (des fois que vous ne suiviez vraiment pas !), mais en l'absence des deux principaux concernés. Pour hyper l'affrontement, il fut donc fait appel à un rebound vidéo de… Main Event ! Oui, car ce mercredi Ryback y a affronté et défait en neuf minutes de match Doph Ziggler, ce qui était son plus long match télévisé jusqu'ici. Pour être honnête, il faut préciser que sur les neuf minutes, huit ont été consacrées à une course poursuite entre les deux adversaires, Ziggler tentant d'échapper à travers toutes les travées à l'inéluctabilité de son destin de jobber to the stars. Enfin, une interview de Paul Heyman rappelait que Punk était moins con que Ziggler, et qu'il allait pas courir, mais fracasser Ryback, easy. Bref, rien de frais, mais la désagréable impression que le show du vendredi devrait peut-être composer avec la concurrence de son cousin du mercredi pour la place de n°2 dans la hiérarchie officieuse de Stamford…

 

 

Ici les numéros 873, 874 et 875.

 

 

Reprenons notre tour des ceintures pour retrouver quatre divas en (petite) tenue de combat dans le bureau de Booker T, le propos étant de déterminer qui était responsable de la sauvage agression sur Kaitlyn lors de Night of Champions, ou plus précisément qui était réellement le commanditaire de ce crime impardonnable, Eve soutenant que n'importe qui pouvait avoir accès à son Ipad, même un petit noir chauve entre deux âges, suivez mon regard. Bref, Booker décida que (comme une bonne partie du public) il commençait à en avoir plein le c… en avoir assez de cette histoire, et que Kaitlyn, Eve et Layla régleraient tout ça dans un ring dimanche en PPV (boobs*boobs*boobs débordants = raison supplémentaire pour un père de famille d'acheter Hell in a Cell et d'en revoir certains ralentis avec une lumière tamisée une fois les enfants couchés). Pour faire bonne figure, et offrir un supplément SmackDown, Booker décida d'ajouter Aksana dans l'équation et de programmer un tag-match pour le soir même entre gentilles et méchantes.

 

Le match en question fut un festival de roll-ups, réellement inintéressant aussi longtemps qu'Aksana était entre les cordes, un peu plus une fois le tag effectué avec Eve. On notera que Kaitlyn ne sait absolument pas prendre appui sur une corde pour acquérir de l'élan, la faisant à peine plier alors qu'à vue de nez elle doit bien peser le double de Rey Mysterio (ok, pas aujourd'hui, mais Rey avant sa crise de boulimie). Pour le reste la construction fut simple mais efficace, Kaitlyn distribuant de belles clotheslines, Layla démontrant une certaine puissance dans les jambes, tandis qu'une Eve opportuniste profitait de la maladresse de l'Anglaise pour couvrir une Kaitlyn étalée par mégarde et remporter le match. Le hater profond de la division féminine que je suis est obligé de s'incliner, le booking est simpliste mais efficace. Le filler de deux minutes de dimanche le sera sans doute tout autant !

 

 

Pleure pas Layla, bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée !

 

 

Pour conclure un SmackDown jusqu'ici bien construit et des plus divertissants, la WWE avait choisi de proposer une interview croisée entre Big Show et Sheamus en Main Event. Pour bien marquer le coup, et tenir jusqu'au bout la ligne narrative d'un vrai premier match entre les deux rivaux réservé au PPV, il avait été aménagé une belle diagonale d'agents de sécurité séparant le ring en deux en en allouant une moitié à chacun pour envoyer à l'autre ses meilleures vacheries au micro. Saluons ici l'incroyable performance de Show dans cet exercice, trouvant des intonations exceptionnelles pour expliquer ô combien il était évident qu'en sa qualité de géant il pourrait contrer le Brogue Kick, l'ayant d'ailleurs déjà fait. Sheamus n'était pas en reste, expliquant qu'avec Show, une référence à la WWE depuis plus de dix ans, il était devant le plus grand challenge à relever depuis la conquête de son titre, et qu'il ne reculait jamais devant ce genre d'opportunité.

 

Sur ces mots, l'Irlandais décrétait qu'il avait déjà trop parlé et qu'il était temps de se foutre sur la gueule (malgré ses promesses de bon comportement devant Booker T), les deux prétendants au titre étalant un à un tous les agents de sécurité tentant de les séparer, avant que Big Show ne batte en retraite préférant attendre dimanche pour éviscérer le rouquin. Sheamus décidait donc de porter son Brogue Kick à deux agents faisant simplement leur boulot sous les vivats de la foule : les rednecks me surprendront toujours.

 

 

Depuis le temps que je dis qu'ils sont CONS !

 

 

Bref, il est grand temps de répondre à la question que je posais en introduction : oui, la WWE a évité les principaux pièges du booking d'un Go-Home Show, tout en proposant le contenu classique attendu en pareille circonstance, et en vendant au mieux les affrontements de dimanche. Il est cependant dommage que la fin du main-event vienne apporter un bémol avec une séquence dispensable, inutile et presque déplacée; qu'on se le dise, le mieux est encore et toujours l'ennemi du bien. Rendez-vous dimanche dans une cage pour la suite des événements !

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