Catch

Trois choses sont absolument nécessaires : l’argent, l’argent et l’argent.

Je dis, argent, trop cher,
Trop grand
La vie n'a pas de prix

Téléphone, Au coeur de la nuit

Salut les kids! Dans notre contexte géopolitique actuel de multipolarisation des puissances, tout le monde sait qu'un conflit militaire peut éclater à n'importe quel moment, et que l’argent est le nerf de la guerre. Pour préparer ses troupes, le général McMahon tient tous les trimestres sa horde d’actionnaires au courant des évolutions chiffrées de la WWE, avec un niveau de détail permettant presque de connaître le tarif d’un jambon-beurre avec supplément moutarde et tarif vétéran à la cantine de Stamford. Comme aux Cahiers du Catch on est méga intelligents mais qu’on oublie jamais que notre lectorat a été bercé trop près d’un mur, on va pas vous balancer les chiffres bruts auxquels vous n’entraverez rien, mais vous en faire une nalyse vulgarisée compréhensible par toutes les larves du monde, même Big Botch Man.

Haha, tous des losers ! Comment je me sens trop puissant derrière mon clavier !!

Retour en chiffres sur le troisième trimestre de la WWE

 

Avant d’entrer plus dans le détail, commençons par jeter un coup d’œil sur les chiffres globaux de la fédération de VKM, que nous comparerons dans l’ensemble de notre étude hyper scientifique, exhaustive et détaillée à ceux de l’année précédente, à la même époque (pour les téméraires qui voudraient tenter de s’en tirer sans notre expertise, tout est ici). Sans transition, place au graphique :

Avec un chiffre d’affaires trimestriel de 104 millions contre 108 à pareille époque l’an passé, la WWE a subi une légère érosion de son volume, imputable à une nette baisse de ses ventes de produits dérivés (-4 M$) et de son activité filmographique (-2 M$) que ne parviennent pas à compenser les hausses constatées sur les évènements live et télévisés (+0.9 M$) et le contenu multimédia (+0.6 M$). L’effondrement est plus spectaculaire sur le revenu d’exploitation et le bénéfice net, même si la compagnie gagne toujours de l’argent (3.5 M$ de revenu net). Nous verrons plus tard que cette nette baisse de la marge et de la rentabilité s’explique par les grandes manœuvres en cours en coulisses.

 

C’est d’ailleurs peu ou prou l’excuse avancée par Vince McMahon au moment de commenter ces chiffres, puisque selon lui « la WWE continue sa marche en avant sur ses principales initiatives stratégiques, étendant son contenu et ses canaux de distribution tout en renforçant le pouvoir de la marque.  Avec la production et la mise sous licence de nouveaux programmes et produits, depuis la troisième heure de Raw jusqu’aux créations de Main Event, Saturday Morning Slam et au partenariat avec Hulu Plus, nous progressons vers ce but. Tous les nouveaux programmes à l’antenne ont permis à leur case horaire de connaitre une progression d’audience par rapport au contenu précédent allant de 14% (ndlr : pour Raw par rapport à NCIS) à 50%. » Cette séquence d’autocongratulation a d’ailleurs un but clair, comme on le comprendra au fur et à mesure de la lecture des documents produits par la fédération de Stamford : promouvoir le WWE Network, plus que jamais dans les tuyaux.

 

 

 

 

Intéressons-nous à présent aux résultats géographiques de la WWE. Aux USA, principal marché de la fédération, les hausses engendrées par les créations de nouveaux shows avec les cases télévisées associées compensent les baisses des produits dérivés et des créations filmographiques, pour un résultat stable. Les variations constatées sur les autres régions sont liées à la baisse du merchandising (notamment en Europe), mais aussi au différentiel sur les tournées d’une période à l’autre (la hausse sur l’Asie/Pacifique étant imputable à la tournée australienne des Superstars de Stamford).

 

Puisqu’ils sont un des enjeux les plus emblématiques de l’économie de la WWE, faisons ici un sort aux PPV en comparant leurs ventes à l’année précédente :

On constate un réel effet Brock Lesnar sur Summerslam qui s’est bien mieux vendu qu’en 2011 contrairement à MitB. Notons également que la WWE, qui propose ses PPV également en différé bien après leur date de diffusion en replay, a vu ses ventes s’effondrer sur ce poste-là, la faute notamment à un Wrestlemania au bouche-à-oreille peu élogieux. Au final avec des chiffres de 789 000 ventes contre 758 000 en 2011, le cru 2012 est un nectar plutôt raffiné pour VKM, qui remerciera certainement son gendre et le bourreau l’ayant mis à la retraite.

 

Il est temps de jeter un œil sur les ventes de produits dérivés :

 

Notons qu’ici la nuance n’existe pas : tout est dans le rouge. Les raisons diffèrent cependant, puisque pour les ventes de Home Video (DVD, Blue-Ray, VHS parce qu’Henri Death en commande encore), le volume d’affaire reste similaire, mais le prix a diminué de 16% pour atteindre 11$ en moyenne. C’est donc clairement une orientation marketing de la compagnie de Stamford qui préfère asseoir sa base de consommateurs plutôt que de poursuivre la quête de marge brute. Pour les produits sous licence, le jeu vidéo WWE All Stars n’ayant pas été remis à jour en 2012, les ventes s’en ressentent et il faudra attendre les chiffres de WWE 13 pour voir si la rubrique peut repasser dans le vert malgré un seul produit frais contre deux en 2011. Seule éclaircie dans la nuit de ce département, le boom des Brawling Buddies sous licence chez Mattel (la compagnie de Barbie) permet aux licences de se maintenir à flot tout en rêvant d’horizons dorés, Noël approchant.  Enfin sur les magazines, avec 1.6 million de dollars de ventes (-0.3 M$), on s’inscrit dans la tendance globale de l’édition, sur une activité devenant progressivement marginale au sein de l’empire McMahon.

 

On repart vers davantage d’optimisme avec la section digital et multimédia :

 

Si WWE.com est dqns le vert en terme de revenus, c’est avant tout grâce à la hausse significative du trafic, alimenté par la popularité de la fédération sur les réseaux sociaux (100 millions de suiveurs si on additionne facebook et twitter, soit plus que les 32 équipes de NFL réunies). Le revenu publicitaire est en revanche en baisse, du fait de la conjoncture économique globale, ce qui est compensé par la chaîne youtube de la WWE, quatrième des audiences générales du site, et qui génère de confortables revenus. Pour l’emblématique magasin de fringues bariolées aux couleurs des Superstars de Stamford, la tendance est tout autre puisque si le panier moyen augmente (47.77 $), le volume des ventes diminue (-21%) cela pourrait-il avoir un rapport avec l’impopularité chronique de John Cena, vendeur n°1 ?

 

Dernier secteur de ce département, celui des films. Si les revenus baissent ici, c’est avant tout parce que la WWE a choisi de cesser temporairement d’investir à perte, et donc de réduire son déficit. Les ré-éditions de No Hold’s Barred et The Day n’ayant pas non plus été des succès prodigieux (bien au contraire pour le second nommé, ressorti en salles), les officiels comptent beaucoup sur l’opus de Scooby Doo à venir pour générer du chiffre par lui-même mais aussi attirer vers la WWE un public nouveau et élargir le spectre de la fédération.

The next big thing.

Quelques commentaires supplémentaires, à commencer par le partenariat avec la fondation Susan G. Komen pour le cancer du sein qui a drainé de nouveaux spectateurs (oui, pas de place pour les bons sentiments dans un rapport d’activités !), ou encore le succès de la nouvelle application WWE qui a déjà été téléchargée 2.5 millions de fois. Les financiers de Stamford tablent en conclusion sur une hausse de 15 à 25% de leur chiffre d’affaires annuel, ceci n’étant qu’une première étape vers le prochain palier de développement, on en parlait en ouverture : le WWE Network.

 

En effet, si le revenu net trimestriel est à ce point en baisse, c’est avant tout parce qu’il est lesté des six millions d’investissement consentis pour embaucher de nouveaux collaborateurs en vue de la mise en place de la chaîne à péage. Le modèle désormais proche de voir le jour, serait un format identique à HBO ou Showtime, avec plusieurs formules à la carte, entre les émissions de flux et les All Inclusive proposant directement les PPV sur le réseau. Le coût global de l’opération serait entre 35 et 40 millions de dollars, l’investissement étant à ce jour « réalisé à 80% ». La viabilité économique du système serait assurée par les 10 à 15 millions de foyers américains regardant régulièrement la WWE, voire les 20 à 40 millions zappant occasionnellement. A en croire les officiels de Stanford, la multiplication de contenus web et youtube n’irait pas à l’encontre du Network, tandis que ce dernier serait parfaitement complémentaire de l’offre de PPV. Un projet si parfait qu’il en paraît suspect non ?

 

En conclusion de ce bilan de santé de l’économe WWE, le message à l’actionnaire est cristallin : tout va bien, dormez tranquilles ! Bernard Madoff disait-il le contraire ? Les actionnaires sont en tout cas convaincus : depuis la parution de ce rapport, le cours de bourse de l'action WWE a augmenté de 8.8 %.

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