Catch

Plus c’est long, plus c’est bon, mais pas tout le temps

Je ne croyais pas que l’ennui put être si cruel.

Tristan Bernard

 

La caravane de Raw était cette semaine en déplacement en Angleterre, pour le plus grand plaisir des habitants de Birmingham. Le public british a été fidèle à sa réputation, mettant le feu à un show solide et bien construit. La WWE prendrait-elle enfin la mesure des contraintes scénaristiques liées à un programme de trois heures ? C’est bien possible, mais ça reste fichtrement long.

 

 

Si vous ne détestez pas encore le Supershow de trois heures, dites-vous que le nouveau format impose de donner du temps d'antenne à la pouf en rouge qui cherche à se faire passer pour une catcheuse.

 

 

Nalyse express de Raw du 5 novembre

 

La mise au placard de Brian Gerwitz, ex-grand manitou de Raw, n’aura peut-être pas été vaine, puisque l’émission du lundi soir enregistre quelques timides progrès ces derniers temps. Les bookers ne semblent pas très loin du contenu idéal pour ce nouveau format. Les storylines principales, comme AJ + Cena = <3, Ryback va-t-il manger CM Punk ? ou L’explication du comportement de Brad Maddox bénéficient d’un temps d’antenne permettant la narration de belles histoires, tandis que les midcarders et les lowcarders ont eux aussi une exposition propre à redonner espoir à tous les fans rêvant que le bas de la carte s’anime enfin. Même les Divas voient la durée de leur match augmenter, c’est dire s’il y a en a pour tout le monde. Sauf pour celles et ceux qui ont une forte propension à s’endormir devant leur écran.

 

Mais trêve d’introduction, c’est maintenant l’heure du…

 

GÉNÉRIQUE DE DÉBUT

 

Normalement, l’introduction d’un show est toujours dédiée à l’annonce de son main event. Mais pas tout le temps : Rey Mysterio & Sin Cara & R-Truth battent les Prime Time Players & Antonio Cesaro.

 

Comme le souligne Axl, la WWE semble enfin disposée à accorder un peu d’attention à sa division par équipe. Ce lundi, elle a même offert les honneurs de l’ouverture du show à deux duos à la lutte pour un title shot, duos auxquels les bookers ont malicieusement associé un catcheur officiant en solo. Mais la ficelle était un peu trop grosse pour résister à mon rayon laser analytique : il s’agissait là pour Stamford de renforcer la visibilité de sa catégorie tag team. L’histoire retiendra que les gentils se sont imposés contre les méchants sur une très belle combinaison : grâce à une de ses acrobaties dont il a le secret, Sin Cara place Antonio Cesaro dans une position favorable à Rey Mysterio qui enchaine de son 619 fétiche. Chopant la balle au bond, R-Truth exécute le Suisse de son Little Jimmie. Imparable et excellemment réalisé. À l’issue de cette bataille, ceux qui croyaient encore en Sin Cara voient leur patience récompensée : le Mexicain a fait d’indéniable progrès in ring et paraît sur le chemin d’une acclimatation totale aux exigences de la WWE.

 

 

Mais il a toujours cette foutue tendance à avoir l'air de danser le Lac des Cygnes…

 

 

John Cena fait-il du sexe avec AJ ?

C’est la question qui est sur toutes les lèvres et mériterait certainement la couverture de Gala : Le Marine et la Crazy Chick ont-ils une affaire ? En français, couchent-ils ensemble ? Le Champ a-t-il mis son zguegue dans la teuch de l’ex-General Manager de Raw ? C’est ce dont Vickie semble persuadée. Elle tente d’ailleurs de nous en convaincre grâce à la diffusion de petites saynètes filmées par les caméras de sécurité d’un hôtel hébergeant les Superstars du show du lundi soir. Sur la première, on voit AJ, en peignoir de bain, sortir de sa chambre pour en rejoindre une autre… Sur la seconde, c’est John Cena qui est à l’honneur : il surgit d’une porte, qu’on jurerait être celle de la scène précédente. Il est habillé d’une simple serviette nouée autour de sa taille. Johnny se pointe pour faire face à la vénéneuse Couguar et dit que tout ça, ben ce n’est même pas vrai, c’est rien qu’un vilain montage. J’ai tendance à le croire, il ne ment jamais. Mais alors, avec qui AJ a-t-elle perdu sa virginité ?

 

 

La semaine prochaine, je diffuse la vidéo qui prouve qu'il s'agissait en fait d'une double pénétration.

 

 

Puisqu’il faut remplacer The Miz…

Paul Heyman avait l’air bien embêté par la défection du trublion de la WWE intervenue en début d’emission. Heureusement, il a croisé Wade Barrett dans les couloirs et lui a proposé la place laissée vacante par le Miz. L’Anglais a d’abord refusé. Puis a accepté l’offre, à une condition : que Paulo lui en soit redevable. Ce que ce dernier s’empresse d’acquiescer. Gérons les problèmes dans l’ordre, voilà qui semble être sa devise.

 

 

Wade imite vachement bien les Dieux grecs.

 

 

Cody Rhodes bat Daniel Bryan, puis Kane bat Damien Sandow, mais un peu plus tard dans la soirée.

Quand deux équipes se retrouvent impliquées dans une feud au long cours, quoi de plus efficace que d’organiser des duels entre les membres de chaque team ? C’est ce qu’ont dû penser les créatifs, une nouvelle fois pris la main dans le sac du booking boring et dicté par une paresse que ne renierait pas un lion. Car le saviez-vous ? Ces crevards dorment encore plus qu’un chat, ce qui n’est pas peu dire. Bref, l’American Dragon s’est incliné contre Cody, c’est normal, il est petit, tandis que Kane a défoncé l’aristo, puisqu’il est très grand et très costaud.

 

 

L'instant d'avant où Damien Sandow se fait quand même un peu mal au dos.

 

 

Le screwjob d'Atlanta, le pourquoi du comment

Nous espérions quelque complot secrètement ourdi par Paul Heyman ou CM Punk lui-même. Car nous en étions persuadés, un sombre manipulateur était forcément derrière le coup de poing dans les couilles de Ryback asséné par Brad Maddox, jeune arbitre de son état. Et bien nous nous mettions le bras dans l’anus jusqu’à l’omoplate : le joli brun au sourire charmeur a agi de son propre fait. Pourquoi ? Parce que son vœu le plus cher au monde, c’est d’être une Superstar de la WWE, ce que les recruteurs de Stamford lui ont toujours refusé. Alors il est devenu arbitre, par dépit, pour se venger, se payer son quart d’heure de gloire et frapper un grand coup en espérant en faire de même avec les esprits. En niquant Ryback, Maddox voulait décrocher un job à plein temps. C’est beau, un ado qui rêve. C’est justement le moment qu’a choisi Mister McMahon pour clore le segment : il offre un contrat d’un million de dollars à l’impertinent éphèbe s’il parvient à vaincre Ryback la semaine prochaine. Un cadeau empoisonné qu’a l’air d’apprécier le pauvre inconscient jeté en pâture à la brute. Comme Vince n’aime pas faire le déplacement pour rien, il oblige Vickie à annoncer que CM Punk devra finalement défendre son titre contre la Bête aux Survivor Series. Et John Cena, car ce sera un Triple Threat Match. Si nous étions sur Facebook, je posterais un pouce levé en signe d’approbation.

 

 

– Dans dix minutes, je te veux dans mon bureau, Vickie.

– C'est pour la vanne grasse que prépare Mako ?

– Oui…

 

 

En attendant le Big Show, Sheamus bat The Miz.

La revanche entre le Géant et le Celtic Warrior, c’est pour bientôt, mais pas encore pour maintenant. Alors en attendant, l’athlète le plus imposant du roster a assisté à la victoire de Sheamus contre le Miz, confortablement installé à la table des commentateurs. L’ex-champion intercontinental semble se préparer une traversée du désert, réduit à un rôle de jobber to the stars. Le match en lui-même n’était pas désagréable, même si nous n’avons pas douté un seul instant de son dénouement. Restait à savoir comment : eh bien c’est d’un Brogue Kick dans la gueule de son adversaire que le Great White l’a emporté, sous l’œil goguenard et fier du champion poids lourds en titre.

 

Sheamus est tellement fort qu'il arrive à faire léviter son adversaire en le coinçant sous son aisselle.

 

 

La bonne nouvelle de Vickie

Vickie Guerrero nous est présentée sortant du bureau de Vince McMahon, le sourire aux lèvres. Car elle vient de lui tailler une pipe ? On ne le saura jamais. Toujours est-il qu’elle a obtenu du grand patron que l’équipe de méchants qui rencontrera celle des gentils aux Survivor Series s’appellera Team Ziggler. La classe, non ? Dolph et sa meuf ont l’air content, ce qui n’est pas le cas de CM Punk qui surgit de nulle part en mode Caliméro. La vie est trop injuste, nous dit-il en substance. Vickie rigole comme un chacal et annonce bêtement que le Second City Saint et Mister Money In The Bank affronteront John Cena et Ryback ce soir, en main event. Ce qui a le don d’irriter son mec et le natif de Chicago.

 

 

Et la semaine prochaine, Mister Money In The Bank, mon boyfriend, Dolph Ziggler affrontera dans un handicap match, John Cena, le Great Khali, Sheamus, Kane, Daniel Bryan, Santino et Zack Ryder !

 

 

Divas Tag Team Match : Layla & Kaitlyn battent cette trainée d’Eve et cette pute d’Askana.

L’idée était bonne. Les bookers ont accordé du temps aux Divas pour qu’elles s’expriment sur le ring. L’erreur a été de croire qu’on peut laisser Aksana évoluer entre quatre cordes autrement qu’en faisant des huit avec son boulard. Cette gourdasse est une catastrophe ambulante qui a gâché tous les efforts des trois autres filles pour construire un storytelling cohérent autour de ce match sans enjeu. Sérieux, brulez-la. Quant à Eve, il faudrait que quelqu’un lui explique que son heel turn ne l’oblige pas à prendre de telles poses lascives dans son coin, en attendant le tag de sa partenaire. Et qu’humainement, personne ne peut avoir le cul cambré à ce point. Soyons positifs : Kaitlyn réalise de nets progrès, elle devrait ressembler à une catcheuse un jour. Si Sara Del Rey le veut.

 

 

Si elles viennent en France en house show, elles tombent pour racolage actif.

 

 

Kofi Kingston et le plafond de verre. En attendant, il bat Alberto Del Rio.

C’est l’histoire d’un Jamaïcain qui était en fait Ghanéen. Il a déjà gagné quatre fois le championnat intercontinental, deux trophées US et a remporté trois titres de champion par équipe (avec CM Punk, Evan Bourne et R-Truth), mais il se prend systématiquement les pieds dans le tapis au moment de viser plus haut. Ce garçon est un paradoxe : depuis le début de sa carrière, il n’est jamais tenu très longtemps éloigné des honneurs, mais doit toujours de contenter de règnes insipides et courts, et de titres dits mineurs. Ce quatrième sacre le portera-t-il enfin vers les sommets ? Je n’en ai aucune idée ! En attendant, c’est Alberto Del Rio qui fait les frais du push de Mister Boom Boom Sos en s’inclinant sur Roll-Up. Il faut dire que le Mexicain a subi un affreux coup du sort lui coutant sa concentration et son match : la musique de Randy Orton a retenti. Mais la Vipère ne s’est pas montrée. Alors, Del Rio était perdu et s’est fait piéger par Kofi. Oui, les catcheurs sont parfois très, très cons.

 

 

Lui par exemple, pour dire bonjour, il tend la main gauche et il tire la langue.

 

 

Il est temps d’aller uriner pour ceux qui n’ont pas profité du combat des Divas : Team Cobro bat Primo & Epico. Pour ceux qui ont la vessie fragile ou ont bu beaucoup de bière, ils pourront se soulager un peu plus tard, quand Heath Slater battra Jey Uso.

Mon défi : que la longueur de ce paragraphe dépasse celle de l’intertitre. Oui, franchement, je me contrefous royalement de ces deux matchs et je n’ai rien à en dire. Si ce n’est que j’apprécie de plus en plus la fonction avance rapide de mon lecteur vidéo préféré. Santino nous a démontré que le Cobra est encore vivant, puisque c’est cette amusante prise de finition qui a mis fin à l’affrontement, tandis que si on ne sait pas vraiment où vont les 3MB, il y en a toujours un qui bénéficie de ce curieux attelage de losers. Heath Slater s’impose en solo, ce qui ne devait pas lui être arrivé depuis des années. Je comprends que certains adhèrent au gimmick air rock and roll du rouquemoute et de ses potes de la lowcard. Mais pas moi. Bon, admettons, ça donne du temps d’antenne à tout le monde.

 

 

Voilà ce que le public retiendra du match de Primo & Epico.

 

 

Wade Barrett, sur ses terres, vient à bout de Brodus Clay. Infâme victoire du rock anglais sur la P-Funk.

La brute britannique baptisée Barrett confirme son retour vers le haut de la carte de semaine en semaine, ce qui doit provoquer des érections autres que matinales à un charentais de notre connaissance. À Raw, il était donc opposé à Brodus Clay qui s’est incliné après avoir frôlé la décapitation. La nouvelle prise de finition de l'ex-leader du Nexus déménage, sa bestialité s’affirme de plus en plus, et j’en viens à caresser le rêve de voir Wade se fighter avec  Brock Lesnar. Ce qui n’arrivera que si l’Anglais remonte très rapidement dans la hiérarchie informelle de la fédération de Stamford. Bon ok, il n’y a presque aucune chance que ce match voie le jour, mais avouez que cela aurait de la gueule. En attendant, Brodus continue sa plongée, sans bouteille, mais bien accompagné. C’est déjà ça. Il devra composer avec ce costume de gros balourd qu’il est toujours gratifiant de savater entre deux feuds et qui amuse les enfants de temps à autre.

 

 

Mais je peux garder les danseuses bonnasses qui roulent du cul, hein, dites?

 

 

En main event, roulement de tambour, à lui tout seul, Ryback extermine CM Punk et Dolph Ziggler. Cena était aussi de la partie, mais dans un rôle secondaire. Si, si !

John Cena a joué les face en péril durant la quasi-intégralité de l’affrontement. Si on me l’avait dit il y a de cela quelques semaines, je pense que j’aurais éclaté d’un lol franc et sonore. Et pourtant, le Marine a dû se contenter de cette tâche ingrate inhérente à tous les matchs par équipe. Car voyez-vous, le super costaud du moment, ce n’est pas lui, c’est la bête jamais rassasiée au crâne rasé. Ainsi Johnny s’est-il fait maraver la tête pendant de longues minutes, malgré quelques périodes de domination peu concluantes. Jusqu’à trouver la force de taper dans la main de la brute affamée. Quelques secondes après, la joute était pliée. Ryback a détruit Dolph Ziggler avant d’exécuter Punk de sa prise de finition mortifère. Conclusion : il est vraiment très fort et a ridiculisé une fois de plus le Champion WWE. Même John Cena a l’air impressionné, c’est dire. Le Triple Threat Match qui opposera les trois hommes lors du prochain PPV devrait valoir son pesant de cacahuètes et offrir au public un spectacle divertissant fait de stiff, de technique et de storytelling habile. Et l’avantage, c’est que le Second City Saint pourra conserver son titre sans trop de mal.

 

 

John Cena n'a jamais osé faire le tag, de peur d'être dévoré vivant par Ryback.

 

 

GÉNÉRIQUE DE FIN

 

À ce moment-là de l’émission, on se dit que trois heures, putain que c’est long. Et ce malgré les efforts visibles des bookers. Oui, avouons-le, la WWE commence à savoir gérer la durée de son programme vedette (quatre mois après le changement de format, paie ta performance) : il y a désormais une cohérence certaine dans le déroulement de Raw. Les matchs sont un peu plus longs, ce qui nous offre des main events dignes d’un duel de pay per view, les promos et les histoires principales sont particulièrement soignées, et même des lowcarders professionnels comme les 3MB parviennent à tirer leur épingle du jeu. La division par équipe n’insulte pas le futur, en faisant combattre des équipes éloignées de la lutte pour le titre, tandis qu’on voit bien que Sara Del Rey essaie désespérément de construire quelque chose avec les Divas, malgré le handicap évident d’avoir une certaine Aksana dans ses rangs. Bref, c’est mieux. Mais trois heures, mon Dieu, c’est une éternité.

 

 

Voire bien plus long encore…

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