Catch

On se régale en Angleterre

Les gens peuvent choisir n’importe quelle couleur pour leur Ford T, pourvu que ce soit du noir.

Henry Ford

 

Smackdown avait lieu mardi et en direct cette semaine. Était-ce pour fêter avec quelques heures d’avance les victoires de Mitt et de Linda (ah ! ah !) ? Ce fut en tout cas une belle soirée pour le public anglais, avec un match de championnat, des matchs de gala et William Regal.

 

 

  • – Heureux d’être revenu William ?

  • – Oui, ça m’a tellement manqué !

 

 

Nalyse de Smackdown du 6 novembre

 

 

La WWE devrait partir en tournée plus souvent (autrement que pour les house shows je veux dire). Ce lundi Raw ne fut pas encore époustouflant mais a commencé à trouver le rythme d’une émission de trois heures, ce qu’elle est depuis juillet – mais visiblement la fédé des McMahon a mis du temps à s’adapter à la réalité, et ça voulait gouverner le pays, non mais je vous jure ! Et mardi SD nous a offert une très bonne émission basée sur ce qui fut longtemps la marque de fabrique du show bleu, des matchs de qualité.

 

Entre ces matchs, qui furent également longs, et les rediff de Raw, il y eut étonnamment peu de segments dans ce Smackdown mais finalement tant mieux, tant le découpage des shows en d’innombrables petits segments donne un aspect de zapping assez déplaisant, en plus de diluer les enjeux du moment. C’est parti pour l’express de Birmingham !

 

 

Aux États-Unis un candidat battu ne revient pas en deuxième semaine, à mon avis dans six mois maxi il sera GM à Raw.

 

 

Au commencement était Michael Cole

 

Mais s’il a ouvert la soirée dans le ring il n’est pas resté seul longtemps, vite rejoint par un Sheamus qui semblait bien contrarié. Et pour cause : alors qu’il buvait un verre la veille au soir avec son ami William Regal (rappelons en effet que 1. les vieilles gloires sont toujours faces et 2. les faces sont tous copains entre eux), le Big Show est venu interrompre leurs agapes à sa façon. C’est un Anglais et un Irlandais qui sont dans un bar, un Américain arrive et PAF !

 

On enchaîna donc les amabilités d’usage : Sheamus pas content, Show sur le titantron, oh le trouillard, même pas vrai d’abord, Barrett qui arrive, provocations, sourire et retour au vestiaire où Booker T décida d’un réjouissant match par équipe(s)1, Sheamus/Regal contre Show/Barrett. Ce dernier remercia en souriant le booker Booker, sans doute en remerciant intérieurement bien plus fort tous les dieux de l’Olympe de le faire sortir peu à peu d’une midcard dont son immense talent aurait pourtant dû le dispenser dès son retour.

 

 

Bravo Stuart tu as bien retenu mes leçons, tu seras cinq fois champion du monde, facile !

 

 

L’Angleterre c’est sur un autre continent non ?

 

Si. La WWE ne pouvait donc pas, sur la terre du British Bulldog (vous voyez de quoi je parle j’espère ?), faire l’économie d’un match pour cette belle ceinture Intercontinentale qu’elle néglige trop souvent. Kofi Kingston et le Miz se sont donc affrontés une fois de plus, dans le premier des trois longs matchs de la soirée. Ce fut un très bon match de weekly serré jusqu’au bout et que le Ghanéo-Jamaïcano-Américano-ça-dépend-du-momento (après tout plus intercontinental que lui tu meurs) a finalement remporté, conservant une nouvelle fois le titre.

 

Bien qu’effondré le Miz a après le match tendu la main à son adversaire, qui a préféré répondre à cette fripouille d’un dropkick préventif. Ah ah, double turn en vue ! Bon, calmons-nous. Le turn du Miz se fera sans doute un jour mais il va falloir s’y prendre bien pour que le public accepte d’acclamer l’un des catcheurs qui sait le mieux se faire détester. Quant au gentil Kofi, scotché en midcard depuis toujours, s’il se met à taper sur tout ce qui bouge, à agresser ses copains faces (voir règle 2. ci-dessus) sous prétexte qu’il est traité comme quantité négligeable dans cette fédération et que ce turn le fait grimper dans la carte, je ne m’en plaindrai certainement pas, mais on n’en est pas encore là.

 

 

Kofi est-il prêt à marcher sur ses collègues pour faire son trou ?

 

 

J’ai bu trop de bière

 

Il est donc temps d’aller soulager ta vessie ami téléspectateur, tu as trois minutes, on va mettre quatre types dans le ring pendant ce temps mais rassure-toi tu ne manqueras rien d’intéressant. Les Prime Time Players ont battu Sin Cara et Rey Mysterio, et si le match n’eut rien d’infamant il n’y a aucun enseignement à en tirer pour autant.

 

Ah si, pardon : les PTP c’est pas encore ça. Bon dans le ring c’est pas génial mais ça tient la route, par contre leurs numéros qui se veulent humoristiques sont à chaque fois navrants ; le silence du chaud public anglais devant l’espèce d’interview que nous ont servie les deux loustics après le match en disait plus qu’un long discours. Cela dit en temps qu’ancien chroniqueur de NXT je ne suis pas objectif, je crois que je ne pourrai jamais trouver Titus O’Neil intéressant, jamais.

 

 

  • – Titus, vous savez que vous êtes l’homonyme d’un empereur romain ?

  • – Sans déconner ?

  • – Si. Il mourut en disant « je n’ai commis qu’une erreur », vous en êtes à combien vous ?

  • – Euh… MILLIONS !

 

 

L’histoire pour les nuls

 

Les guerres d’indépendance de l’Irlande et des États-Unis méritent sans aucun doute qu’on s’y intéresse, mais on le sait la WWE a tendance à faire dans la vulgarisation du savoir : un Américain, un Irlandais et deux Anglais dans le ring, et ça roule ! Je laisserai à chacun le soin de trouver les allusions aux batailles de Yorktown ou de Dublin dans les prises de tout ce petit monde, mais l’essentiel est que ce fut le deuxième très bon match de la soirée, bien construit, bien exécuté, un régal. Pardon, un Regal.

 

Eh oui, ce séjour anglais aura permis de revoir le toujours parfait William Regal, qui n’aura sans doute pas le dernier grand run qui conclurait sa carrière comme elle le mérite mais qui a parfaitement tenu son rang au milieu des petits jeunes (ok il n’a que quatre ans de plus que Show mais je me comprends). Il a surtout donné une remarquable leçon de selling à tous les catcheurs de la WWE, et pour cause : comme on pouvait s’y attendre il a joué plus souvent qu’à son tour les faces en péril et c’est lui qui a subi le tombé final des pattes du Big Show. Barrett a par ailleurs à nouveau été très applaudi par un public fier et à raison de l’enfant du pays, dommage d’ailleurs que Regal et lui n’aient pas fait équipe, l’ambiance aurait été électrique.

 

 

Ah tiens, lui c’est en géographie que ça déconne.

 

 

N’importe où mais dans le ring

 

Nous voilà déjà au main event, et je n’ai sauté que deux petits segments backstage, avec Booker et Teddy et avec Del Rio. Je vous l’avais dit, pas de fioritures ce soir, on a été à l’essentiel ! Randy Orton a donc comme prévu affronté Alberto Del Rio dans un Falls Count Anywhere match. Encore un très bon match, remporté par Orton, qui souffrait peut-être d’un petit défaut – où allait-il nous mener ? Les deux hommes sont intégrés dans le match par équipe(s) aux Series, leur feud a peut-être pris fin et on imaginait donc mal Randy être vaincu.

 

Et puis, c’est idiot, mais avec cette stipulation j’espère toujours des matchs un peu plus fous que ce qu’ils sont au final. Ça se bagarre hors du ring certes, mais pourquoi y revenir ? Un tel match devrait toujours se finir par un tombé improbable, dans la rue, sur une voiture, bon dans les coulisses à la limite, ok au bord du ring ça ira, mais pas dans le ring non d’un RKO !

 

 

Une bagarre de rue c’est ça et rien d’autre.

 

 

1 Dans son souci de respecter sans faille la langue d’André le Géant et de Raymond Rougeau, la rédaction s’est récemment réunie pendant des nuits entières pour savoir si l’on doit écrire « catch par équipe » ou « catch par équipes ». Hélas nos tentatives d’entrer en contact avec l’esprit de Maître Capello ayant toutes échoué, nous fûmes dans l’impossibilité de trancher ce débat capital. Aussi si l’un de nos estimés lecteurs parvenait à résoudre la question avec autorité (c’est à dire avec la règle de grammaire idoine), nous lui serions éternellement reconnaissants et serions même prêts à rebaptiser le site en son honneur (ou plutôt à lui payer une bière à l’occasion, oui c’est mieux).

 

 

La réponse est forcément quelque part…

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