Catch

La chasse au Gaspi!

Pour un avare, éjaculer est un gaspillage.

José Artur

Le sas de décompression post-CAPES d’histoire géo a fait perdre la tête à l’auteur de ces lignes : au lieu de regarder Impact Wrestling, il a pressé le mauvais bouton et s’est benoitement retrouvé devant le dernier Smackdown avant les Survivor Series. Sérieusement atteint par des semaines de privation catchesque, comment son jugement aussi acéré qu’unanimement apprécié  va-t-il rendre compte de ce go-home show ?

 – Purée mais c’est gigantesque!

 – Ca te fait bizarre d’admirer d’autres salles que l’Impact zone, hein Taiji ?

 – Euh, certes, She, mais je parlais de l’espace entre les lolos des catcheuses là en fait !

Nalyse du Smackdown du 16 novembre

 

 

Bonjour, mon nom est Taiji77. Vous avez déjà pu me lire dans des œuvres comme « Bridge, Canasta et Macramé », « Un Beatdown presque parfait » ou bien « Rome et les confins en Occident» (dans ce dernier cas, cela signifie que vous êtes correcteur/trice à l’agrégation d’histoire). Aujourd’hui, c’est moi qui review Smackdown. Alors j’imagine déjà les cris d’orfraie de certains : « Oh purée, c’est le TNA fanboy qui s’occupe de Smackdown aujourd’hui, déjà que le show est pas bien transcendant ces derniers temps, là on va avoir droit à une exécution en règle ».

 

Eh bien non ! Certes, le show n’était pas parfait mais selon moi, il n’était pas horrible non plus. Mais peut-être la nostalgie m’aura-t-elle étreint ?  En tout cas malgré de fortes lacunes, il avait ses temps forts et ses lumières, dont le prochain membre sur la liste des défenseurs du bien, de la vertu et du compte en banque macmahonien : The Miz himself.

 

Je vais parler un petit peu de moi, mais j’assume : le Miz est le tout premier catcheur dont je me souvienne avoir vu la tronche, et entendu parler. Néophyte alors dans la matière catchesque (qui a dit «  ça n’a pas tellement changé ?), sa personnalité arrogante jusqu’au summum m’avait diverti, et j’avais été accroché par son ascension jusqu’au rang de WWE champion.  Son règne inepte et son dépush, ainsi que la platitude de son main-event de Wrestlemania m’avaient énormément refroidi, mais j’attendais de voir ce qu’il pourrait faire une fois passé face pour me forger un avis tranché et définitif sur le personnage ; je suis servi puisqu’il semble se diriger vers le bon côté de la force. Le segment introductif de ce Smackdown, une nouvelle édition de Miz TV, avait pour but d’entériner cette nouvelle direction du personnage mais aussi de mettre, une fois n’est pas coutume, un peu de cohérence dans toute cette histoire.

 

Ouais, bon, y’a pas encore de la cohérence partout, mais ça progresse.

Si vous avez suivi Raw cette semaine, vous savez que le Miz a rejoint la Team Foley par vote du public: or, il s’avère que ses camarades ont tous un passif assez important avec lui : Orton est celui sur lequel il a cashé sa mallette, Bryan fut son rookie et a eu avec lui une longue rivalité, et Kofi vient de lui prendre sa ceinture intercontinentale (des faits narrés avec précision au micro par JBL, color commentator qui apporte vraiment énormément au show).

 

Alors quand Foley vint participer à l’émission de l'Awesome One, puis fut accompagné de toute son équipe, les dissensions se multiplièrent, ce qui pourrait rendre suspicieux à l’heure des pronostics : comment des lutteurs aussi divisés pourraient-ils s’en sortir ? Les heels apportèrent malgré eux une réponse en se pointant sur la rampe, Dolph pointant la paille dans l’œil de la team alors que Del Rio, en contestant son autorité, rappelle cet adage profond aussi central à la WWE que dans l’univers de Dragonlance : « Le mal se mord toujours la queue », sous-entendu les méchants vont par nature se tirer dans les pattes. Sur ces belles paroles, Foley (à fond dans la cheap pop et la promo de son bouquin d’histoires) déclara qu’il avait la possibilité de « suggérer » des matchs ce soir, et il organisa ainsi trois rencontres avec l’approbation de la team heel: Orton-Miz contre Del Rio-Ziggler, Kane vs Barrett, et celui qui suivit immédiatement ce segment après la pub, Kofi-Sandow (Rhodes étant gardé en réserve car blessé, Bryan n’a pas catché).

 

Ce segment avait ses bons points : il a mis en lumière les dissensions des deux teams, la volonté du Miz de s’impliquer dans le match pour briller, mais j’aurais aimé que les autres participants expliquent un peu mieux pourquoi ils voulaient se foutre sur la gueule. Non en fait, je veux bien le même segment… MAIS EN MOINS LONG ! Purée, j’ai compté, près de 15 minutes pour un segment de discussion en introduction, c’est trop, surtout dans un show de deux heures. Si c’était pour mettre en lumière les matchs qui en découlaient, il devait bien y avoir moyen de faire plus court, non ? Ca devenait même soporifique à force de blabla, et ça prend du temps de catch. Donc impression mitigée de ma part, même si dans ses interactions avec Miz, Kofi a montré une intensité plutôt rare qui j’espère sera noté par la hiérarchie de Stamford (comprendre : un jour l’inclure dans le Main-Event).

 

Oh purée, ils ont même réussi à endormir Ricardo.

 

Puisque le build-up du match 5vs5 fut un des fils rouges de la soirée, je vais traiter tous les matchs en rapport avec lui directement, et dans l’ordre. Kofi lutta donc contre la terreur des ignoramuses, dans un match en lui-même intéressant mais trop haché par les coupures pubs/annonces et la victoire de Sandow sur roll-up n’a pas vraiment permis de donner un impact à sa performance : après tout, il a fait le tombé sur le champion intercontinental, ce qui n’est pas anodin (enfin ne devrait pas l’être). Les qualités athlétiques des deux lutteurs furent mises à l’honneur, mais il n’y eut pas de spot notable, donc là non plus pas de souvenir mémorable. Le heel gagne clean, est content mais pas plus. Dommage !

Passons ensuite au tag match, Orton-Miz vs Dolph-Dos Corones. Match intéressant sur le papier, pour voir comment le Miz allait interagir avec un nouvel allié face après Kane ce lundi, et ce fut lui qui commença face à Ziggler. Il fut surexcité du début à la fin, que ce soit dans le ring ou en réserve, et quand il est comme ça, difficile de ne pas être gagné par son entrain. En tout cas il se comporta clairement comme un face, cherchant à mobiliser le public, subissant les avanies heels dont il est d’habitude l’instigateur (ici une intervention de Del Rio dans le dos de l’arbitre pour le faire tomber d’un turnbuckle, puis plus tard Ziggler qui mit son coup de pied illégal lui aussi), mais là aussi le match court ne permit pas de creuser plus avant cette nouvelle face de sa personnalité. Ha ha, nouvelle face, elle est bonne, ha ha ! Ha ha ha ! Ha !…. Ok je sors de deux jours d’enfer, je fais des blagues à la con, désolé. Je voudrais vous y voir, à disserter sur les capitales princières et les hétérogénéités socio-spatiales des banlieues, moi !

 

Bon, pour revenir au match, il fut finalement gagné par les faces, alors que le Miz réalisa un blind tag sur Orton qui venait de placer son hangman’s DDT, administra le Skull Crushing Finale et enregistra le tombé sur Del Rio. Sa joie fut intense mais courte car alors qu’il pensait que sa vipère de  partenaire partageait son enthousiasme, il se prit le RKO hebdomadaire du vendredi soir d’un Orton pas du tout jouasse. J’avoue que j’avais prévu cette scène, mais pas qu’elle se passerait aujourd’hui : mais je pense toujours que Orton va trahir ses coéquipiers et notamment le Miz pour entamer un heel turn qui permettra à la team Ziggler de s’imposer. Je m’avance beaucoup, mais je pense que le principal intérêt du match de dimanche sera ce double turn Orton/Miz qui changerita fortement le paysage de la WWE, en bien selon moi.

Enfin, en ce qui concerne le match Kane-Barrett, il n’eut que peu d’intérêt (et encore moins de temps, une nouvelle fois) puisque le match s’est terminé en DQ au bout de deux minutes. Alors que Kane avait réussi une clothesline volante sur l’Anglais, la team heel lui fonça dessus, puis fut repoussée par la team face sans Miz qui arriva sur la rampe après la bataille, sans doute pour maintenir un suspense sur son comportement dimanche. Mais je maintiens que la chute de la team Foley ne proviendra pas de l’Awesome One.

 

Que quelqu’un s’empare de cette pancarte promptement, elle va vite devenir collector…

 

Parlons des divas, puisqu’il le faut. Non pas que le tag match en 3 contre 3 ait été mauvais, mais il montre paradoxalement le peu d’intérêt des bookers pour la division de la ceinture en papillon. Ainsi Kaitlyn et Layla face, ont donc fait équipe avec Natalya (méchante au dernier recensement) face à l’équipe heel d’Aksana et Eve (logique jusqu’ici) et d’Alicia Fox, face jusqu’alors. Un tel mépris pour l’alignement de ces demoiselles montre bien leur rôle : potiches (et ici victime pour Alicia). Rien de nouveau certes, mais ça me frustre toujours.

 

Elles ont réussi a faire du mieux qu’elles pouvaient avec le peu de temps à disposition (quatre minutes divisées par six personnes, ça fait peu, très peu), on a pu voir une bridging suplex, quelques moves sympas et pas (trop) botchés, mais c’est néanmoins faible et si c’est le mieux que la division diva possède, elle aura du mal à décoller sans qu’on lui insuffle des nouveaux talents (au hasard, Paige, ou Sara del Rey). Pour le match en lui-même, Kaitlyn permit à son équipe de s’imposer après avoir poussé Alicia sur Eve qui voulait faire le tag, et lui administra un… scorpion death drop pour la gagne. Akward.  Sting appréciera l’hommage. J’espère. En tout cas, je ne pense pas être le seul qui n’ait aucune espèce d’envie supplémentaire de voir le match féminin de ce dimanche.

 

 

I'M GONNA FIRE MY LASER!

Parlons maintenant d’Antonio Cesaro. Ah Antonio, ma lumière, mon chouchou, celui qui à lui seul peut me donner envie d’allumer mon écran et de mater un show pour guetter son apparition… Je suis charmé tant par ses capacités sur le ring et sa maitrise des European uppercuts que par sa présence, et pis j’adore sa musique (peut-être parce que pour une fois je comprends la moitié des paroles du thème d’un catcheur sans avoir à effectuer de traduction mentale). En pleine ascension, sa victoire à Survivor Series me semble assez logique, surtout au vu de son booking : ainsi ce vendredi, il a affronté et dominé Sin Cara alors qu’R-Truth, number one contender pour son championnat des USA, était aux commentaires. Encore un match court, mais pour celui-ci c’était justifiable : Cesaro a battu Sin Cara grâce à son Neutralizer, mais l’homme masqué a eut droit à suffisamment d’offensive pour mettre son vainqueur en lumière. Truth a profité de l’après-match pour citer du Jim Duggan, à savoir faire chanter "USA" à la foule (comme si niveau cheap pop, Foley ne suffisait pas), mais il ne me fera pas changer d’avis : Cesaro continue, tu rends l’Europe fier.

 

En même temps, garde suisse contre armée mexicaine, Sin Cara était mal barré.

Parlons enfin de la course au WHC, qui fut l’autre histoire racontée tout au long de ce Smackdown et qui le clôtura. Sheamus attendait le champion depuis le début du show sur le parking pour lui expliquer en termes civilisés sa désapprobation quant à l’annihilation par ce dernier de sire William Regal : lui péter la gueule, quoi. Après avoir repoussé les tentatives de médiation de Booker T qui lui demandait d’attendre 48h pour mettre sa main sur le géant, Sheamus arriva sur le ring en tenue de ville et appela Big Show à venir le voir pour s’expliquer entre hommes. Ledit géant se pointa effectivement mais Sheamus ne put aller au bout de son belliqueux projet puisqu’il fut saisi par la sécurité et expulsé de l’arène par Booker T. Show en était fort aise mais se vit propulsé dans le Main Event par le GM qui lui réserva un adversaire surprise, qui ne serait pas Sheamus (Big Show a demandé confirmation au cas où).

Flashforward donc vers la fin du show, Big Show arrive, on se demande qui cela peut être ? Bryan, qui n’a pas catché ? Un retour d’Henry qui aurait lui aussi turné ? Cena qui viendrait dire coucou ? Un suspense insoutenable, qui finit lorsque retentit la musique tant attendue…

Land of the five rivers…

…oui la sienne!

– Beuarhh!

– Oui, Beuarhh aussi!

Ok, je vais retenir mes (gros) mots, par contre je vais m’abstenir d’essayer de vous vendre ce main event, j’ai du respect pour mon lectorat fut-il exceptionnel comme ici. Ce match fut chiant, mal, ficelé mais profita heureusement de l’aspect différé du show (pour essayer de catcher les botchs) et surtout fut court, comme tous les autres matchs mais au moins là j’étais content que l’affaire soit rapidement entendue. Bien sûr, Show s’imposa : les deux titans essayèrent de placer leurs monstrueux finishers, sans succès : et si le champion fut mis en difficulté par la force de l’Indien, son KO Punch lui permit de remporter la victoire.

 

C’est surtout l’après match qui valait pour son brawl entre le challenger et le challengé dans le parking, alors que Striker fuyait le géant qui venait de lui faire peur pour ne pas avoir à répondre à une question. Sheamus, planqué dans le bus de Show, le prit en embuscade mais finit plaqué contre le pare-choc avant d’une voiture, puis fit subir le même sort à sa Némésis, qu’il laissa à terre après avoir été séparé de sa victime  inconsciente par une dizaine d’arbitres et d’agents de sécurité sous les yeux d’un GM dépassé. La séquence en elle-même n’était pas transcendante mais après un M-E aussi pourri, la magie du contraste la rendait assez jouissive.

Matt Striker ou « comment avoir la classe, même dans la fuite » !

Bon, que retenir de ce Go-Home show ? Simplement qu’il synthétise toutes les critiques imputables au show bleu depuis quelques mois : matchs trop courts, promos trop longues et qui s’engluent dans un show parasité par les recaps de raw (dont je vous ai fait grâce). Mais au moins, le match traditionnel des Survivor Series a été buildé (enfin me direz-vous), les couteaux ont été affutés et les gros pistolets sont prêts à être utilisés pour ce dimanche. Partageant l’avis de certains de mes camarades comme Jyskal, je regrette que ce Survivor Series ne soit pas plus hypé comme la fête qu’il devrait être, c’est-à-dire comme un PPV du Big Four, un des tournants de l’année WWE. Gageons qu’avec le potentiel de ce roster, les bookers décident enfin de tirer parti de la vallée fertile qui leur est offerte au lieu de lui imposer l’abime désertique de paresse dont ils affublent le show bleu depuis trop longtemps.

Je suis Damien Sandow et j'approuve cette conclusion.

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