Catch

L’Espoir fait vivre

Même sans espoir, la lutte est encore un espoir.

Romain Rolland

 

La WWE, même quand on trouve ça tout naze depuis des semaines, il arrive forcément un moment où on replonge. Parce que voyez-vous, le catch, c’est un peu comme le Nutella, les chips, et le sexe avec des animaux morts : on sait que ce n’est pas bon pour nous, mais on ne peut pas s’empêcher d’y revenir. Et parfois on a raison.

 

 

Même si parfois, on doute quand même un peu.

 

 

Nalyse de Smackdown du 30 novembre

 

 

Oui, chers amis, les membres de mon fan-club se rappellent tout le mal que j’ai pu dire de Hell in a Cell en ces colonnes. Affligé par le final risible de ce lamentable PPV, j’ai décidé de ne plus perdre mon temps à regarder la WWE, je n’en ai dès lors suivi les dernier développements qu’à travers les nalyses de mes estimés collègues, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne chantaient pas les louanges d'un programme suintant de qualité.

 

 Finalement, le jour où j’ai appris que, si un arbitre avait osé broyer les joyeuses d’un type comme Ryback, ce n’était pas parce qu’il faisait bêtement partie d’une machination compliquée, mais juste parce qu’il voulait faire son intéressant, quelque chose s’est brisé en moi. Je suis le premier à reconnaître que le manque de cohérence absolue n’est pas un défaut dans le monde du catch, mais là, c’était trop.

 

Et pourtant, en lisant les derniers articles, un espoir a fini par renaître en mon cœur émerveillé. Cet espoir, c’est les petits jeunes de The Shield. Les stables de petits jeunes qui pètent tout, même si ça rappelle fortement le Nexus, moi, j’aime bien. J’ai donc décidé de me remettre à suivre la WWE et comme trois heures de Raw, c’est un peu long, je me suis dit qu’un Smackdown serait l’idéal pour m’y remettre, vu que de toute façon on y rediffuse les vingt minutes les plus intéressantes de Raw.

 

 

Si tu veux voir un Raw, regarde un Smackdown.

Si tu veux voir un Raw d’il y a dix ans, regarde un Impact.

 

 

Alors, que s'est-il passé cette semaine à Smackdown ?

 

 

John Cena a dit qu’il était plus fort que Ziggler, puis a montré qu’il était moins fort que Del Rio, mais a gagné quand même.

 

 

Pourtant peu habitué des soirées du vendredi, le Marine s'en est venu délivrer une promo contre Dolph Ziggler. Vexé comme un pou de voir l'homme aux t-shirts laids intervenir dans ce qu'il considère comme son show, l'ami Del Rio n'a pas résisté à la tentation de venir provoquer Cena qui a alors décidé, tout seul comme un grand, qu'il allait affronter officiellement le mâle mexicain dans un match, non sans lui avoir collé une beigne.

 

Malgré une abondancce de nearfalls un peu trop systématiques, l'affrontement fut fort sympathique. Dominé tout du long par son adversaire, le boy-scout réussit à obtenir la victoire sur une esquive qui envoyé Bébert se fracasser l'épaule contre un poteau.

 

Les plus observateurs auront noté au passage qu'en véritable Nicolas Canteloup de la WWE (mais en plus drôle), Del Rio, déjà passé maître dans l'art d'imiter Randy Orton, a ajouré Cena et son célèbre you can't see mee à son répertoire.

 

 

Je fais aussi super bien l'Empereur dans Star Wars !

 

 

Le triomphe de Johnny fut toutefois de courte durée, puisque l'impétueux Ziggler l'attaqua fourbement avec sa mallette et le laissa inconscient. Le spectateur comprit alors que l'histoire n'allait pas en rester là.

 

 

Kofi Kingston a tenté de marquer définitivement la réconciliation de Daniel Bryan et Kane du sceau indestructible de l’amitié, et il a admirablement réussi car c’est un fin psychologue.

 

 

Le champion intercontinental a rappelé aux champions qu’ils seraient ses partenaires dans un match à six un peu plus tard dans la soirée, leur a répété avec des sanglots dans la voix que l’unité, l’esprit d’équipe et le sourire des enfants sont les plus belles choses du monde, et le petit barbu et le grand masqué ont échangé des compliments avant de hurler « yes yes yes ! » d’une seule voix, pour mieux souligner leur poignante fusion spirituelle, véritable métaphore de l'amitié virile qui triomphe toujours des épreuves de la vie.

 

 

Daniel Bryan : un slip qui dit non mais un coeur qui dit oui.

 

 

John Cena est allé chialer comme une fillette auprès de Booker T.

 

 

Croisant par hasard un Booker T qui passe visiblement ses soirées à traînailler en coulisse au lieu de s'occuper de son émission, Cena a dit au chef putatif de Smackdown qu'il était très en colère et qu'il n'allait pas hésiter à faire pleuvoir le feu destructeur de la vengeance sur la couenne de ce lâche inconscient de Ziggler. Booker lui a rétorqué que Ziggler était prévu pour faire le main event contre Sheamus, qu'un show de la WWE sans main event, c'était comme un repas sans fromage et que du coup il lui demandait personnellement, au nom de leur indéfectible amitié de trente ans, de n'en rien faire. Cette grosse lavette de Cena accepta de ravaler sa fierté et de laisser couler.

 

 

John, ce que tu veux faire est trop irresponsable. Tu dois renoncer à ton plan de faire livrer à Dolph des pizzas qu'il n'a pas commandées.

 

 

Un mec super grand et un mec super petit ont humilié un mec super musclé.

 

Le Great Khali, accompagné de Hornswoggle, a battu David Otunga en quelques secondes. Après, le nain et le géant ont dansé maladroitement. C'est tout.

 

 

 

 

Il y a huit-cent-quatre-vingt-dix-sept différences entre ces deux images. Saurez-vous les retrouver ?

 

 

Les bookers de la WWE ont décidé d’annihiler le charisme de Wade Barrett en l’associant aux deux blaireaux les plus ridicules de la fédération.

 

 

Kofi Kingston et la Team Hell No ont donc affronté Wade Barrett et les insupportables Primetime Players. Comme pour rendre encore plus visible le lien d'airain qui les unit, Kane et Bryan sont arrivés ensemble sur le ring, mais sur la musique et sous les éclairages sombrement inquiétants de Kane. Ils ont même fait plein de mouvements ensemble tellement ils s'entendent bien et Kane a eu la noblesse de faire le tag avec Bryan à la fin du match pour le laisser donner la victoire à son équipe. Les deux hommes se sont même tapés dans la main. La fin si attendue de l’équipe serait-elle finalement une fausse piste ? En tout cas, les engueulades systématiques qui devenaient lassantes ne sont pour le moment plus d’actualité, et ça c’est bien.

 

 

Espérons que ce revirement scénaristique n'est pas qu'un écran de fumée.

 

 

Sheamus a dit à Matt Striker qu'il allait battre Dolph Ziggler et il a essayé de conclure sa promo sur un regard inquiétant et déterminé.

 

 

Mais il a encore des progrès à faire.

 

 

Damien Sandow a décidé de choisir un débile du public au hasard pour le rendre intelligent.

 

 

L’homme à la robe de chambre a décidé de recentrer ses efforts non sur les masses, mais sur des bases individuelles. Il a par conséquent choisi dans le public un jeune gars tout laid vêtu d’un t-shirt CM Punk, lui a posé deux questions niveau CM1 puis une question d’astronomie à laquelle le niaiseux personnage n’a pas pu répondre. Il l’a ensuite engueulé et foutu à la porte du ring. On a bien ri.

 

Même que après, Sandow a battu Tyson Kidd, le jobber le plus talentueux de tous les temps. Sandow catche donc désormais en solo ? Son association avec Cody Rhodes aurait-elle pris fin pendant ma période de boycott de la WWE ? En tout cas, si cette séparation est définitive, j'attends le mea culpa des enthousiastes irresponsables qui hurlaient de joie à l’idée d’une prétendue « renaissance de la division tag team » et citaient les Rhodes Scholars en exemple. Na.

 

 

Dolph Ziggler a dit à Matt Striker qu’il était très fort et qu’il serait bientôt champion.

 

 

Je suis très fort et je serai bientôt champion !

 

 

Les Usos travaillent bel et bien toujours à la WWE.

 

 

Accueillis par une belle pop, les Usos ont logiquement été battus par Heath Slater et Jinder Mahal, vu que les joyeux abrutis de 3MB ont besoin de se construire une légitimité. Notons que Mahal n’est toujours pas un bon catcheur mais au moins maintenant il est rigolo.

 

 

En exclusivité, voici le nouveau line-up des Guns and Roses.

De gauche à droite : Enrico Macias, Bourvil et Axl Rose.

 

 

Dolph Ziggler a poursuivi son ascension vers le main event

 

 

Opposé ce soir à Sheamus dans un match à la qualité indéniable (bien que Ziggler donne toute la mesure de son talent plutôt face aux catcheurs à la CM Punk que devant les brutes telles que Sheamus), Ziggler n’a pas démérité et est apparu pendant tout l’affrontement comme une menace sérieuse pour l’ancien champion rouquin, qu’il a mis en difficulté plusieurs fois.

 

Ce ne fut une surprise pour personne : le Big Show (cacao) est intervenu pour mettre un terme prématuré au match, suivi aussitôt de John Cena qui a aidé Sheamus à triompher des forces du mal et a adoubé Ziggler en lui administrant un Attitude Adjustment en main event. Le show s'est achevé sur la belle image de Cena et Sheamus se faisant câlinou fraternel.

 

 

Et dire qu'à TLC 2009, ces deux-là s'affrontaient dans un table match sans pitié. Braves gens de l'UMP, laissez tomber Alain Juppé et appelez Vince McMahon !

 

 

Il faut bien l'avouer : ce Smackdown a été bon. Des matchs solides, des storylines très classiques mais efficaces, pas de moment proprement honteux… Voilà, ça y est, j'ai retrouvé espoir et je vais regarder le prochain Raw !

 

 

Oui, ce Smackdown fut d'une qualité renversante.

 

 

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