Catch

WTF Moment 2012, la liste

T’es la pire chose qui me soit jamais arrivée !

Maria, s’adressant au narrateur, Fight Club

 

Nos Awards positifs — meilleur catcheur, meilleure catcheuse, meilleur match, etc., on les remettra nous-mêmes, parce qu’on est des super experts à l’autorité sans égale. Mais quand il s’agit d’éructer, de hennir et de postillonner, on vous laisse faire, lecteurs. Vous êtes déjà conviés à élire la Ceinture de Plomb ; à présent, nous vous demandons de désigner le moment le plus pérave de l’année. Il y a quinze choix, et Dieu sait qu’il a été difficile d’opérer cette sélection dans les quelque trois cents heures de programmes débilitants dont la WWE nous a assommés en 2012.

 

 

Ron, tu nous lâches un petit Damn ?

Oh non, vu le nombre de Damn que j’ai faits cette année, j’ai plus de voix.

 

 

CDC Awards 2012 : le WTF Moment

 

 

Les Awards seront remis par l’hydre rédactine à partir de demain. Mais vous avez une semaine pour nous dire lequel de ces moments vous a le plus fait vous écrier :

 

 

*Que la baise viens-je de regarder?

 

 

Comme je suis un peu flemmard et surtout étant donné que le concept n’a pas bougé d’un pouce depuis l’année dernière, je vous rappelle l’idée du bouzin en reprenant peu ou prou la présentation faite dans le post correspondant il y a un an :

 

 

Le concept consiste à mettre en exergue un moment qu’on a particulièrement détesté en 2012 à la WWE.

 

Il faut que ce soit un moment précis, nettement identifiable, ce qui nous empêche de tenir compte de déceptions plus générales comme par exemple « le manque de place dévolu à la division féminine » ou « le fait que Tyson Kidd ne soit pas pushé ».

 

De même que la liste des nominés à la Ceinture de Plomb met en valeur des catcheurs aux caractéristiques différentes — du nullos incapable d’enchaîner deux prises au mec brillant plombé par une mauvaise attitude backstage —, les quinze séquences retenues pour le WTF Moment ne sont pas toutes comparables. Il y a là des tentatives comiques tombées à l’eau, des séquences d’un goût douteux, des instants involontairement hilarants… 

 

 

Le plus dur a été de se limiter à quinze moments, en fait.

 

 

Plus encore que pour la Ceinture de Plomb, cette liste ne prétend pas être parfaite ou exhaustive. Déjà parce que nous n’avons choisi que quinze moments, alors qu’on aurait probablement pu en sélectionner bien plus. Ensuite, parce que nous ne sommes pas hypermnésiques, et certaines séquences particulièrement ridicules sont tout simplement tombées dans le trou noir de notre mémoire (par exemple, l’année dernière, en élaborant la liste des quinze prétendants au WTF Moment 2011, nous avions oublié, entre autres, l’acting catastrophique de la « femme » de Randy Orton coincée dans son bus par CM Punk). Enfin, parce que certains segments théoriquement whatthefuckables nous ont paru dignes d’être épargnés pour diverses raisons (on avait cité une grosse trentaine de propositions avant de raccourcir à la présente liste de quinze). Vous trouverez sans doute qu’il y manque tel ou tel instant particulièrement lamentable, mais la liste est déjà suffisamment glauque comme ça, et devrait donner à chacun de quoi s’horrifier — d’autant que nous indiquerons chaque fois le lien youtube qui va bien pour que vous puissiez revivre ces instants déplorables.

 

 

 

Ceci étant dit, voici enfin la liste d’infamie, par ordre chronologique !

 

 

On n’est pas dedans, machin !

C’est dire le level, bidule.

 

 

 

– Le retour de Brodus Clay avec un gimmick de dinosaure funky (Raw, 9 janvier)

 

Regardez cette vidéo, elle est géniale : elle compile les vignettes diffusées fin 2011 qui annonçaient le retour d’un putain de MONSTER HEEL avec la séquence de la grande réapparition de l’ancien garde du corps de Del Rio… sous les atours de Denver le gentil dinosaure. Certains ont adoré, d’autres se tapent encore la tête contre les murs.

 

 

Si les dinosaures ont disparu, c’est parce que les mâles étaient devenus tellement gros qu’ils n’arrivaient plus à s’accoupler avec les femelles.

 

 

 

Natalya pète dans le bureau de Teddy Long, un pet qui en annonce beaucoup d’autres (Smackdown, 29 janvier)

 

Ici, Natalya pète inopinément en présence de Teddy Long et Aksana, avant que Santino Marella, qui passe dans le coin, n’en vomisse d’horreur. Par la suite, elle pètera en match, dans les couloirs, dans les vestiaires, partout, tout le temps. Mais ce tout premier pet, cette vidéo où la caméra s’attarde longuement et sarcastiquement sur l’appel « don’t be a bully », est le péché originel (ou la pêche originelle, LOL).

 

 

Personne veut tirer sur mon doigt ? Tant prout !

 

 

 

– Eve la grosse hoeski est traînée dans la boue par le Marine (Raw, 20 février)

 

La WWE dans ses œuvres : machisme de caniveau, acting à l’avenant, storyline vaseuse, et long beuglement HOOOEEESKI d’une foule aux ordres.

 

 

Vous savez comment je sais qu’Eve est une SALE PUTE ? Je le sais parce que C’EST UNE GONZESSE !

 

 

 

Les 18 secondes allouées au World Heavyweight Championship à Wrestlemania (1er avril)

 

Certes, par la suite, Daniel Bryan allait devenir le mec le plus over de toute la WWE ; Sheamus allait entamer un règne long et dominateur ; AJ allait prendre son envol. Mais à cet instant-là, quand ce combat tant attendu et si prestigieux s’acheva après un seul move, c’est la totalité du WWE et CDC Universe qui vécut un WHATTHEFUCKINGFUCK Moment de premier ordre.

 

 

Bon les gars, j’ai super envie de pisser alors on passe direct au finisher.

 

 

 

– L'Undertaker révèle sa nouvelle coupe à Wrestlemania (1er avril)

 

Ca doit être le grand moment, la toute dernière pièce à l’édifice du build du match historique END ON AN ERA. L’Undertaker, qu’on a vu au préalable couper sa longue chevelure dans une curieuse vignette, va enfin, sous les éclairs, le tonnerre et la marche funèbre, ôter sa capuche et révéler devant Triple H l’ampleur de sa détermination ! Et là, big up à Hunter, qui a su ne pas éclater de rire à la vue de ce mohawk ridicule qui va à son adversaire à peu près autant que la crête iroquoise multicolore allait à Louis Nicollin.

 

 

– Bon j’ai réfléchi, je vais catcher comme ça.

Taker…

– Non mais je vous assure, ça vaut mieux pour tout le monde.

– Ne fais pas l’enfant, Taker.

– Mais vous allez vous moquer !

– Mais non, mais non.

– On peut pas faire ça dans un an plus tôt, le temps que ça repousse ? Silvouplé ?

 

 

 

– Le test de sobriété de CM Punk (Raw, 23 avril)

 

La feud Punk – Jericho aurait dû être bien plus que ce qu’elle a été. Le « best in the world at what he does » revenait de sa glorieuse retraite pour remettre à sa place le « best in the world » et lui reprendre la ceinture WWE qui lui revenait de droit. On rêvait d’une feud épurée et centrée sur les capacités de chacun, mais même si les matchs furent au niveau attendu, la rivalité dégénéra rapidement en une espèce de farce, dont le point le plus bas fut sans doute ce segment : Jericho avait passé son temps à tenter de forcer Punk à devenir alcoolique, ce dernier faisait semblant de céder à la tentation, et se retrouvait donc à passer un étrange « test de sobriété » (selon le principe, jusqu’ici inconnu, qui veut que le champion en exercice n’ait pas le droit de picoler — va dire ça à Steve Austin, tiens). Ce test de Wellness Policy improvisé fut extrêmement pénible, Punk jouant l’ivrogne avec autant de finesse que Coluche avant de se planter lors de la séquence finale, celle où précisément il devait faire tourner Jericho en bourrique en récitant l’alphabet à l’envers sans anicroche. Sauf qu’il s’est bel et bien planté et aurait donc dû immédiatement se voir démis de son titre — ce que quiconque se garda bien de souligner. Pour résumer : long, pas drôle, prévisible, mal fichu et botché, ce segment supposément central dans la feud principale de Raw a été au final particulièrement pénible.

 

 

V… heu… U, c’est ça ?

Non mais là c’est bon, Punk, t’es censé ne plus jouer les mecs bourrés !

Heu… S ?

Mais non !

F ?

Envoyez la pub, vite.

 

 

– John Cena vs John Laurinatis (Over the Limit, 20 mai)

 

20 minutes de main event de ppv pour cette horreur cosmique incarnée, où Cena massacre consciencieusement un quadragénaire à bout de souffle, avant de se faire niquer sur un twist scénaristique (le turn du Big Show) que l'univers entier avait vu venir gros comme un Big Show. Ah et sinon, le WWE Match ce soir là, c'était Punk-Bryan, 24 minutes géniales.

 

 

Je cherche le storyboard du match, là.

 

 

– John Cena tabasse Michael Cole et le fout à moitié à poil avant de le recouvrir de sauce BBQ (Raw, 4 juin)

 

John Cena, catcheur professionnel de 110 kilos de son état, a écrabouillé la gueule de Michael Cole, commentateur de 70 kilos bien flasques, avant de le couvrir de sauce barbecue et de le laisser à moitié nu dans le ring. Heureusement que Cena est une star et pas un bully, sinon il l’aurait probablement pendu à un croc de boucher.

 

 

Et maintenant, je vais lui enfoncer cet extincteur dans le cul !

 

 

 

L'AGM se révèle être Hornswoggle (Raw, 9 juillet)

 

Pendant quelques mois de 2010-2011, ce fut LA question centrale à la WWE : qui est donc ce mystérieux General Manager anonyme nommé par Vince McMahon, qui communique avec le roster par email ? Omniscient, omnipotent, l’AGM se mêlait de tout et décidait de tout. A côté, l’ordi suprême de 2001, l’Odyssée de l’espace, c’était une Gameboy sans piles. L’IWC se perdait en conjectures. Etait-ce Steve Austin ? Mick Foley ? Shane McMahon ? Triple H ? George W. Bush ? Puis on mit peu à peu la storyline de côté, le show se passa parfaitement de GM, jusqu’à ce qu’un jour où on n’en avait plus rien à foutre, Santino Marella habilement déguisé en Sherlock Holmes révèle l’identité de l’homme mystère. C’était Hornswoggle.

 

 

[Voix de Michel Denisot aux Guignols] Désolé.

 

 

 

– AJ plaque Bryan à l’autel et est immédiatement nommée GM de Raw (Raw 1000, 23 juillet)

 

Du What the fuck dans toute sa splendeur. Les mariages ne se passent jamais bien à la WWE, c’est bien connu, et celui-ci n’a pas dérogé à la règle. Mais la façon dont le crash a été réalisé, et le twist scénaristique suivant, tiennent du mauvais concours d’impro bien plus que de la storyline consistante. AJ se met à hurler YES avant même que le prêtre Slick lui demande si elle souhaite épouser Bryan, et ce YES est en fait une réponse à Vince, qui n’est pas encore là, mais elle lui répond déjà car il lui a proposé plus tôt dans la soirée de devenir GM de Raw — AJ étant présentée comme complètement folle à ce moment-là de l’année, cette proposition coule de source… Bref, du grand nawak d’un bout à l’autre !

 

 

Je dis « yes », mais pas à l’homme qui vient de me demander en mariage, en fait je dis « yes » au serveur du café d’hier qui m’a demandé si je voulais encore un café. Non mais cherchez pas à comprendre.

 

 

 

– Le discours de Triple H après sa défaite à Summerslam contre Brock Lesnar (Raw, 27 août)

 

« Bon, j’ai perdu… Je vais peut-être arrêter… Je sais pas… J’aime tellement ce business… Alors je me tâte… [15 minutes plus tard] J’hésite… Je vais peut-être arrêter… » Réponse du public : YOU TAPPED OUT ! YOU TAPPED OUT ! Aaaah, les gens sont ingrats. Parfois. Et parfois ils n’ont juste pas envie d’être pris pour des cons.

 

 

– Allez, scandez tous avec moi : TRIPLE H ! TRIPLE H !

PUTAIN MAIS CASSE-TOI TU NOUS LES BRISES !

 

 

 

– La déposition Sheamus – Otunga – Rodriguez (Raw, 10 septembre)

 

La WWE a une longue histoire de mauvais segments juridico-contractuels, et celui-ci mérite de figurer bien haut au panthéon du déshonneur. Sheamus y prétend fort curieusement, et sans la moindre raison, posséder des origines juives — et insiste lourdement sur cette grôsse blaizanderie, haha. Le fond de l’affaire est débile (depuis quand on s’en prend aux catcheurs parce qu’ils se font mal les uns aux autres ?), la forme oscille entre le médiocre et le cliché antisémite (se faire passer pour juif serait un bon moyen d’obtenir le résultat qu’on escompte dans une procédure judiciaire, hum), et tout cela débouche sur la storyline ridicule de l’interdiction, puis de la ré-autorisation du Brogue Kick, dans l’interminable feud Sheamus – Del Rio. Au secours.

 

 

Je suis juif, donc je gagne. Allez salut les cons !

 

 

 

– Vickie intrigue contre AJ et Cena (Raw, 22 octobre)

 

Chaque fois qu’un jeune catcheur est over à la WWE, boum, on le refile à Cena, histoire de persuader le public que John est au fond le mec qu’on a envie d’aimer, puisqu’il est toujours à proximité de la sensation du moment, comme on l’a vu en 2011 avec le « very close friend » Zack Ryder (tiens, Cena n’a pas trop l’air de s’intéresser à son sort dernièrement) et, plus récemment, avec la perverse ingénue AJ, tombée dans les bras de Cena et dans le collimateur de Vickie pour une histoire absurde, la mère Guerrero affirmant qu’AJ ne pouvait être GM de Raw puisqu’elle entretenait une relation amoureuse avec l’un des catcheurs du roster, et s’efforçant de le prouver pendant plusieurs semaines jusqu’à ce que par une forme de prophétie auto-réalisatrice tout cela finisse par aboutir à la constitution de ce couple complètement inadapté et qui dura moins qu’un cycle menstruel, heureusement, et maintenant vous pouvez relire cette phrase d’une traite, ça sera toujours moins pénible que de se retaper cette histoire déjà oubliée.

 

 

T’es un peu trop over, ma cocotte, faudrait voir à te calmer, on va te refiler une storyline bien pourrie avec Cena, tiens.

 

 

 

– La WWE offre un million de dollars à la fondation Susan G. Komen pour lutter contre le cancer du sein (Raw, 29 octobre)

 

Certains considèrent que cette séquence est tout à l’honneur de la WWE, qui donne l’exemple au monde entier en diffusant publiquement ce don colossal. D’autres haussent les épaules en considérant que c’est un grand classique américain dont il faut s’accommoder. Mais il y a aussi ceux qui, à l’instar de notre misanthrope résident Djipi Bag O’Shit, estiment que ce segment et, plus généralement, cette campagne, constituent une sorte de blasphème mâtiné d’escroquerie, et vomissent leur bile sur la panoplie anti-cancer de John Cena. Si vous êtes de ceux-là, vous classerez probablement ce Moment très haut.

 

 

Komen ça va les cancéreuses ? HAHAHAHAHA !

 

 

 

La fausse crise cardiaque de Paul Heyman (Raw, 12 novembre)

 

Lawler a une vraie crise cardiaque en direct au bout milieu d’un Raw, survit par miracle, revient au bout de quelques semaines, et pour se foutre de sa gueule et ainsi obtenir de la heat, Paul Heyman et CM Punk miment une crise cardiaque de Heyman. Là aussi, deux écoles s’affrontent. La première affirme que tout est acceptable dans le catch — d’autant qu’ici, il semble quasi certain que Jerry Lawler était au courant et a donné son aval à la séquence. La seconde abhorre ces procédés faciles, ces grosses ficelles qui jouent avec la mort fort réelle que le King n’a évitée que de quelques secondes, et qui mettent grossièrement en scène une tragédie qui endeuille des millions de familles chaque année. Selon votre sensibilité, vous classerez donc ce segment dans les tout premiers rangs ou dans les tout derniers…

 

 

Rodrigue, tu me fends le cœur !

 

 

Pour ce qui est du vote, c’est exactement comme pour la Ceinture de Plomb : vous votez de 1 à 15, le vote « 1 » étant votre choix prioritaire et le vote « 15 » étant le dernier de votre classement. Clôture du scrutin le 5 janvier à 23h59.

 

 

Le module est ici, débattez, votez et faites voter !

 

 

 

Et sachez que les débats internes qui ont abouti à l’établissement de cette liste furent féroces.

 

 

 

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