Catch

Le show du siècle ! Suite et fin

This was better than the best Wrestlemania.

Dave Meltzer, du Wrestling Observer

 

Nous nous étions quittés après les cinq premiers matchs du show, mais ce n'était que le début des festivités. La suite arrive… maintenant !

Et j'espère que vous êtes prêts à en prendre plein la gueule !

 

 

Nalyse de Wrestle Kingdom 7, deuxième partie

 

 

 

Match #6

 

 

Les gars

Tag Team Match, playas ! Deux contre deux, et des mecs plus tout jeunes, en prime !

Ten-Koji

Satoshi Kojima et Hiroyoshi Tenzan forment peut-être la tag team la plus importante de ces quinze dernières années au Japon. À quarante ans passés, les vieux amis qui furent également rivaux accumulent un palmarès long comme le bras, ensemble et séparément. Ils catchent toujours à plein temps à la NJPW, et c'est d'ailleurs eux qui détenaient les titres tag team désormais entre les mains d'Archer et Smith. Même si leur heure de gloire s'est située au milieu de la décennie précédente, ils font toujours partie des meubles, et sont capables de sortir de bons matchs comme qui rigole. Face à eux…

 

 

Keiji Mutoh

 

 

Mutoh, c'est un peu l'Undertaker du Japon : qu'on le connaisse sous son vrai nom ou sous celui du Great Muta, c'est un des plus grand catcheurs que l'histoire ait connu (il détient toujours le record du maximum de temps passé avec le championnat du monde de la NJPW autour des hanches), et il ne se montre plus que pour les grandes occasions, comme l'an dernier, lorsqu'il a battu le génial Naito, de 20 ans son cadet. Même si les genoux de l'inventeur du Shining Wizard accusent un peu le poids des années, sa popularité est toujours immense, et les Japonais sont absolument dingues de lui. Il sera accompagné de…

 

 

Shinjiro Otani

 

 

Otani est un remplaçant, puisque sa place était au départ destinée au fils de la légende Shinya Hashimoto, Daichi, dans un match hommage à son papa. Après la fracture du bras de ce dernier, c'est finalement lui qui l'a substitué, en rentrant d'ailleurs sur la musique d'entrée du catcheur décédé en 2005. Otani appartient à la même ère que Ten-Koji, mais a davantage fait carrière du côté des poids moyens : champion Junior de la NJPW, Cruiserweight de la WCW, Lightweight de la WWF, j'en passe et des meilleures. Lui aussi bénéficie d'un planning allégé depuis quelques années, puisqu'il est également président d'une autre fédération de puroresu, la ZERO1.

 

 

Le match

 

 

Étant donné l'âge des participants et le manque d'enjeu dans une opposition entre quatre faces, difficile de s'attendre à voir le match de la soirée. Les participants nous ont offert un joli quart d'heure empreint de nostalgie pendant lequel chacune des équipes a déployé ses mouvements les plus caractéristiques. Une madeleine de Proust particulièrement appréciée par le public du Tokyo Dome, qui a donné de la voix sur chaque enchaînement qu'elle connaît déjà par cœur, quitte à laisser sur le côté de la route les fans les plus récents, comme votre serviteur. La victoire de Ten-Koji sur le combo Lariato de Kojima/Moonsault de Tenzan s'est faite au détriment d'Otani, au grand désespoir du fils Hashimoto, qui semblait l'avoir mauvaise après coup. Nous verrons si ça nous mène quelque part, mais l'équipe phare de la NJPW a encore de belles heures devant elle.

 

 

Il y en a un que l’affrontement a fait décoller, en tout cas

 

 

Match #7

 

 

Les gars

 

Pas de ceinture en jeu, mais l'un des angles majeurs de la fin de l'année 2012 !

 

 

Katsuyori Shibata

 

 

Shibata est, avec Sakuraba (dont on parlera juste après), la moitié de la tag team Laughter7. L'arrivée de l'équipe à l'automne dernier s'apparente à une invasion, et ses deux membres viennent du MMA, avec une dynamique ayant surtout mis en avant le plus jeune des deux, qui disputera pourtant ce soir le combat le moins haut sur la carte. Shibata a été dans une première vie catcheur à la NJPW, avant de partir en 2005 pour rejoindre le monde du Free Fight dans lequel on ne peut pas vraiment dire qu'il ait brillé : 4 victoires seulement contre 11 défaites. Comme son partenaire, il n'a perdu aucun match depuis son retour, et même si il ne paye pas de mine avec son slip noir, il est connu pour son style particulièrement brutal et réaliste.

 

 

Togi Makabe

 

 

Le gorille peroxydé est une des valeurs sûres de la NJPW, dont il tentera de défendre les intérêts ce soir, soutenu par l'ensemble du public. Ancien champion du monde et connu pour les nombreuses violences dont il peut faire preuve, que ce soit à grands coups de chaise ou à l'aide de sa chaîne fétiche, il est un upcarder plus que confirmé qui traîne depuis quelques années une vilaine blessure au dos. Son affrontement avec Shibata sera un Grudge Match, comprenez une bataille dans laquelle tous les coups seront permis.

 

 

Le match

 

 

Le combat a reçu d'élogieuses critiques de l'internetosphère ou de Meltzer, mais j'avoue ne pas avoir été plus emballé que ça : l'affrontement a été sympathique, certes, mais un peu court, et pas aussi disputé qu'on aurait pu le penser : Makabe a été en effet montré comme largement supérieur, et on retiendra surtout de l'affrontement l'énorme powerbomb portée à son adversaire directement sur une table à l'extérieur du ring.

 

 


Et les suiveurs de Botchamania savent qu'elles n'ont rien à voir avec leurs copines américaines.

 

 

C'est bien le catcheur « maison » qui s'est imposé grâce à son King Kong Kneedrop, et cette décision de booking pour le moins contestable ressemble à une sorte de punition à l'encontre de Shibata, coupable d'avoir déserté la fédération qui portait en lui de grands espoirs. Un match réussi mais qui ne restera pas forcément dans les annales, surtout étant donné son résultat.

 

 

Tu quittes la fédération, tu perds ta tête, comme un con. Proverbe japonais.

 

 

Match #8 : Main Event, première partie.

 

 

Les gars 

 

En jeu, le titre IWGP Intercontinental ! Une ceinture née en 2011 qui ne devait être au départ disputée qu'entre midcarders (MVP en était le premier porteur, c'est vous dire), et qui finalement a pris largement le spotlight grâce à son champion actuel. Mais évoquons d'abord son challenger…

 

 

Kazushi Sakuraba

 

 

Ce type de 44 ans bedonnant et sans charisme est un monstre. Contrairement à son partenaire défait lors du match précédent, il fait ses premiers pas dans le catch. Il faut dire que sa carrière en lutte et surtout en MMA a été pour le moins un succès : 26 victoires glanées (19 par soumission), et surtout un surnom de Gracie Killer qui lui vient de cette habitude prise dans les années 2000 de battre tous les membres de la plus illustre famille de son sport. Deuxième moitié de Laughter7, il a servi de mentor à Shibata, et on est impatients de voir ce qu'il peut apporter à un spectacle certes exigeant, mais néanmoins scripté. Son adversaire n'est pas n'importe qui, puisque c'est le grand…

 

 

Shinsuke Nakamura

 

 

Co-leader du CHAOS, Nakamura est un peu l'antéchrist de la NJPW, et le principal rival du grand gentil Tanahashi, le seul à pouvoir lui disputer le titre de plus grand catcheur de ces cinq dernières années. Sauf que le mec est tellement cool, tellement charismatique qu'il est bien trop difficile de ne pas l'aimer. Résultat : quatre titres mondiaux et une popularité auprès du public absolument stratosphérique, méritée étant au regard des capacités du bonhomme. Son starpower a permis au titre Intercontinental de se hisser jusqu'en main event du plus grand show annuel, et il serait bien audacieux de penser qu'il ne sera pas à la hauteur d'un tel honneur.

 

 

Le match

 

 

La WWE a eu son Cena/Lesnar, la NJPW aura son Sakuraba/Nakamura. Mais avant d'évoquer le combat proprement dit, un petit mot sur le Strong Style. Le Strong Style est un équivalent du shoot wrestling, et consiste à porter réellement ses prises, ou tout du moins à donner au combat une allure aussi « vraie » que possible. Ça donne parfois une bouillie infâme, et parfois… ça : un match excellent, totalement à part dans le monde du catch actuel, et qui montre tout ce que les combattants de MMA peuvent apporter à notre sport spectacle favori. Sakuraba a été à la hauteur de l'enjeu, et a apporté de la crédibilité aux prises de soumissions très brutales qu'il a portées.

 

 


Il a aussi à son crédit l'un des coups de genou les plus violents de l'histoire.

 

 

Mais plus encore que son réalisme, le principal atout de l'affrontement aura été son storytelling : le public s'est impliqué comme jamais auparavant au cours d'un match avec de multiples contres dans lequel les deux catcheurs ont semblé l'emporter. C'est finalement le favori de la foule, Nakamura (excellent, comme il se doit), qui a conservé son bien d'un Boma Ye salutaire.

 

 

*Bom* A y est, t'es mort.

 

 

Même si le vainqueur du soir a levé la main de son (très) valeureux challenger après coup, cette double défaite de Laughter7 pose des questions : il semblerait que backstage, leur arrivée ait été décidée unilatéralement par le président de Bushiroad (société qui détient la NJPW), Takaaki Kidani, qui n'a pas jugé bon d'en avertir les deux principaux bookers de la fédération au préalable, Jado et Gedo. Pour autant, même si l'arrivée de Sakuraba et Shibata n'a pas du faire que des heureux backstage, l'angle est à lui seul justifié par ce match, le troisième tout grand d'une toute grande soirée.

 

 

Quant à Nakamura, il est passé à deux doigts de perdre son titre. Je sais, c'est nul, mais on arrive à la fin du papier et l'inspiration se tarit !

 

Tout était prêt pour le final, et avant le dernier combat, un petit clip sur le titantron rappelle les plus grands champions IWGP World Heavyweight de l'histoire.

 

 

Dont ce mec là.

 

 

Puis une petite prestation live d'un groupe de J-Pop qui semble assez connu, Breakerz

 

 

Si quelqu'un veut nous expliquer qui ils sont, qu'il s'en sente libre dans les commentaires !

 

Match #9 : Main Event, deuxième partie.

 

 

Les gars

 

 

Vous l'avez compris, c'est bien logiquement le Graal, le titre suprême de la compagnie, l'IWGP Heavyweight Championship qui sera en jeu dans ce main event. Un match dont le challenger a connu une année 2012 absolument remarquable, puisqu'il n'est autre que…

 

 

Kazuchika Okada

 

 

MONEY ! MONEY ! Le Rain Maker fait son entrée sous une pluie de billets verts, comme il en a l'habitude, sous les hurlements frénétiques des fans de l'autre co-leader du CHAOS.

 

 


Y a 3 millions de Yen là dedans. Ça fait approximativement 3 euros et 60 centimes.

 

 

Okada, c'est la classe à Dallas, un charisme over 9000 et l'une des histoires les plus passionnantes du puroresu. Il revenait il y a un an d'une excursion calamiteuse au sein de la TNA, et était placé dans un match de midcard à Wrestle Kingdom 6 contre YOSHI-HASHI. Le match est calamiteux mais Okada victorieux, et celui-ci défie après le main event Hirooshi Tanahashi, qui vient d'achever un an de règne en battant le dernier grand heel manquant à son palmarès, Suzuki. Vous comprenez bien que tout le monde a ri devant ce freluquet de vingt-quatre ans qui n'avait encore rien prouvé, et imaginait un challenger de transition avant que Tanahashi n'ait un adversaire à sa hauteur. Pourtant, Okada a gagné, à la surprise générale (imaginez un peu Tyson Kidd battre CM Punk). Ses défenses de titre ont été stellaires et son règne peut être considéré comme une grande réussite. Il perdra son bien trois mois plus tard contre… Tanahashi, à l'occasion d'un duel candidat au titre de Match de l'année 2012.

 

 

Un catcheur avec une mallette est forcément bon. Règne de booking n°45978.

 

 

Qu'importe pour Okada : il gagne cet été là le Climax, plus grand tournoi annuel de la fédération (dont nous vous parlions en 2011) et poursuit son incroyable ascension. Cette victoire lui donne normalement le droit à un title shot, pour une belle contre Tanahashi, pourtant, alors que celui-ci défend avec succès son bien, le RainMaker attend, et remet sa mallette en jeu PPV après PPV contre des adversaires pour le moins valeureux : Goto ou Anderson, notamment, à chaque fois dans de grands matchs. Okada aura finalement été la plus grosse star de la fédération en 2012, nommé MVP par le Tokyo Sport (publication de référence du puro), et ayant explosé à pleine vitesse le plafond de verre pour devenir l'un des catcheurs les plus excitants au monde.

 

 


Avec des dropkicks incroyables qui poursuivent un peu la comparaison avec Dolph Ziggler.

 

 

Face à lui se dresse donc pour la troisième fois l'Ace de l'univers…

 

 

Hirooshi Tanahashi

 

 

Si vous trouvez John Cena agaçant, vous n'allez pas aimer Tanahashi, je vous le garantis. Car le champion du monde incontesté  partage avec le Marine une propension pour les excellentes performances in-ring, une popularité certaine auprès des femmes et des enfants, des attitudes de boy-scout et surtout, un goût de la défaite qu'il ne teste que très rarement. Le roi de l'air-guitar détient le IWGP Heavyweight Championship pour la sixième fois (record) et l'a porté en tout quelque 1100 jours en tout (quasi-record). Le puroresu est donc un sport-spectacle qui se dispute le plus souvent à deux, et à la fin c'est Tanahashi qui gagne. C'est amplement mérité, étant donné les capacités du bonhomme, mais ç'a tendance à agacer les plus « smarts » des suiveurs, lassés de le voir ne laisser que des miettes à Suzuki, Nakamura et les autres. Tanahashi aura une nouvelle fois tout le public derrière lui ce soir, pour un troisième et ultime match contre Okada qui s'annonce plus qu'électrique.

 

 

Le match

 

 

Tout est parti lentement, et on pouvait bien logiquement s'attendre à un affrontement de longue haleine. À raison : plus d'une demi-heure au chrono, et un match largement à la hauteur des attentes suscitées autour des deux hommes. Comme il se doit, l'histoire racontée a été absolument parfaite, et chacun des deux combattants a eu l'occasion de briller, et de mettre en avant ses grandes qualités de catcheur.

 

 

Exemple pour Tanahashi

 

 

Les contres se succèdent, et chacun des deux hommes survit aux signature moves les plus impitoyables de l'autre : Okada se montre particulièrement résistant, et se sort coup sur coup du Texas Cloverleaf, de la Dragon Suplex et surtout, fait rarissime, du High Fly Flow, le frog splash si mortel de son adversaire. Alors que le vent semble tourner et que le heel a placé son elbow drop et tente le RainMaker qui aurait mis fin au match, nouveau déluge de contres, qui aboutit à un duel final d'une intensité rare afin de porter le Tombstone Piledriver du challenger, Et finalement…

 

 

Entrer dans l'histoire : 1/4

 

 

Entrer dans l'histoire : 2/4

 

 


Entrer dans l'histoire : 3/4

 

 


Entrer dans l'histoire : 4/4

 

 

Je faisais partie de ceux qui voyaient l'heure d'Okada arrivée, je me trompais. Qu'importe, ce dernier a tout l'avenir devant lui, et sera à coup sûr multiple champion du monde dans les années à venir, j'en veux pour preuve l'intérêt manifesté autour de lui par la WWE depuis ce combat qui aura tenu toutes ces promesses. Il était écrit qu'aucune ceinture ne changerait de main ce soir, et la NJPW aura préféré le feel-good moment de la victoire de Tanahashi (comme en 2012, 2011 et 2009) pour conclure une soirée qui restera dans l'histoire de la fédération, parachevée par deux main events aussi différents qu'excellents. Tanahashi défendra sa ceinture contre Karl Anderson lors du prochain iPPV de la fédération, un show qui devrait être, comme à chaque fois du côté de la plus grande compagnie japonaise, absolument terrible.

 

 

Tout ça valait bien une pose de Legend Killer.

 

Alors, Wrestle Kingdom 7 a-t-il été le PPV du siècle ? Avec quatre grands matchs, il a en tous cas tutoyé la perfection et installé durablement à la place de meilleure fédération mondiale une NJPW qui n'a jamais semblé aussi sûre de son fait. On disait le puroresu moribond au milieu des années 2000, délaissé par les fans, moins attractif. Il renaît désormais de ses cendres, plus beau que jamais.

 

 

Allez, encore une petite pour le plaisir

 

Quoi, c'est déjà fini ? Mais non ! Flying Panda vous a concocté une vidéo magistrale récapitulant les plus beaux moments du PPV !

 

 

[video:http://www.youtube.com/watch?v=CP9hoZcChPc&feature=youtu.be]

 

 

Quatre heures trente résumées en quinze minutes, ça fait… euh… quatre heure et quinze minutes de gagnées !

 

 

 

Merci Antonio.

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