Catch

Fajitas, Mezcal et Guacamole

Il n'y a pas de mal qui dure cent ans.

Proverbe mexicain

 

Il est bien loin le temps où SmackDown pataugeait dans la semoule, incapable de prendre ses marques face au Supershow : le programme du vendredi soir est redevenu ce moment enthousiasmant et dynamique rythmant le weekend des fans de la WWE. Pour le plus grand plaisir de McOcee qui nous livre ses sensations dans cette nalyse synthétique d’un show tourné à San Diego et faisant la part belle à ses héros mexicains quasi locaux.

 

 

Conscient que sa petite taille est parfois un handicap pour sa carrière, Rey Mysterio semble avoir trouvé la parade.

 

 

Nalyse de SmackDown du 1er février

 

 

SmackDown en un 😉 

 

En ouverture de show, Booker T réunit sur le ring une poignée d’anciens Champions poids lourds (Sheamus, Khali, Randy Orton et la Team Hell No) et leur annonce que les places dans l’Elimination Chamber ne sont pas acquises. Chacun d’entre eux devra donc impressionner le GM de SmackDown s’il veut en être. Tout le monde a l’air d’accord. Même Jack Swagger qui effectue un retour-surprise et déclare qu’il entend bien s’incruster dans la carte du match en cage.

 

Rey Mysterio & Sin Cara battent la Team Hell No.

 

Le Great Khali atomise Jinder Mahal.

 

Sheamus s’impose par disqualification face à Damien Sandow, après une énième intervention-surprise du Shield.

 

Randy Orton terrasse Wade Barrett.

 

Le revenant Jack Swagger soigne son come-back et exécute Kofi Kingston.

 

En main event, Alberto Del Rio prend le dessus sur Dolph Ziggler.

 

 

Le Makommentaire éclairé

Le show du vendredi est redevenu ce programme dynamique et bien construit, dont l’identité est de nouveau affirmée. Et c’est tant mieux. Depuis la transformation de Raw en Supershow, l’été dernier, SmackDown tâtonnait méchamment et peinait à trouver sa place. Ces temps sont derrière nous. Cet épisode a correctement déroulé son fil rouge autour de la participation des membres du roster de la brand bleue à l’Elimination Chamber qui se profile et offert son lot d’affrontements de bonne facture. Que demander de plus ?

 

 

Encore quelques détails à éliminer et SmackDown retrouvera son lustre d'antant.

 

 

Le match de la soirée

Trois bons matchs ont rythmé cet épisode très agréable, voire véritablement enthousiasmant. En opener, le duo latino a d’abord mis le feu au ring, sous les ovations d’un public de San Diego tout entier acquis à la cause du Master of 619, héros local de cette charmante bourgade colorée et presque mexicaine. J’avoue sans fard marker comme une malade quand ces deux virtuoses évoluent entre quatre cordes. Rey n’a plus vingt ans, mais assure encore comme une bête lorsqu’il s’agit de faire le spectacle. Quant à son acolyte masqué, on ne le reconnaît pas. Son catch est désormais plus précis, plus dynamique, plus consistant. Bref, je les kiffe. Comme le public de San Diego qui a acclamé l’Underdog après l’enchaînement 619 / Splash qui mit fin à la joute.

 

 

À San Diego, les gays ne sont pas à la fête : ils sont obligés de porter un masque s'ils veulent vitre leur amour au grand jour.

 

 

En milieu de show, Jack Swagger s’est rappelé au bon souvenir des observateurs que nous sommes et qui déploraient son absence prolongée des programmes télévisés. Toujours aussi technique, il est venu à bout de Kofi Kingston, chair à canon favorite de la WWE, sur une prise de soumission qui devrait faire à nouveau des ravages sur les rings de Stamford, au terme d’un duel très agréable et disputé sur un excellent rythme. Le Ankle Lock de Swaggy est dans la place, rock on baby ! En revanche, ça pue un peu du cul pour Kofi : le Ghanéen semble s’est encore mangé le plafond de verre de la fédération de Stamford en pleine gueule.

 

 

– Mais quel est ce monde effrayant dans lequel tu me précipites, Jack? J'y vois une fausse blonde péter sur un géant infirme sous le regard narquois d'un nain débile.

– C'est la midcard de SmackDown, Kofi.

 

 

Mais c’est le main event de la soirée qui a offert au public LE match de ce SmackDown. Alberto Del Rio y était opposé à Dolph Ziggler et les deux gars ont délivré aux fans de San Diego un véritable festival de catch. Le Mexicain y est apparu survolté, comme transfiguré par son récent face turn. J’aimais déjà beaucoup le Champion du monde poids lourds en version heel, mais je le trouve carrément bluffant en babyface. Il a notamment survécu à un Dropkick magistral contrant son envol depuis le haut de la troisième corde, avant de s’imposer en faisant taper son adversaire emprisonné dans les filets de sa prise de soumission mortifère. Le tout sous le regard haineux d’une AJ plus frapadingue que jamais en ring side. Une histoire simple, un dénouement attendu, mais un gros kif de dix minutes. Et le match de la soirée.

 

 

Pocahontas avait l'air vachement plus sympa en dessin animé qu'en vrai.

 

 

Les filles

Rien à signaler. Veuillez passer votre chemin, les Divas faisaient relâche ce vendredi, ce qui est assez logique : il n’y a plus assez de combattantes dans le vestiaire ! Du coup, c’est toute la stratégie de la pause pipi des suiveurs qui s’en trouve bouleversée. Heureusement pour les buveurs de bière, les fans à la vessie capricieuse et les petites pisseuses, le Great Khali était dans la place. Et pour ceux qui urinent plusieurs fois pendant un show, les Raw Rebounds offrent toujours de précieux créneaux, tout au long de l’émission.

 

 

L'Inde, l'autre pays de la contrefaçon : après s'être inspiré du Big Show pour ses grandes claques sur le torse, Khali pique la prise de finition de Maitre Yoda.

 

 

La promo

En tout début de show, Booker T a réuni sur le ring le Great Khali, Daniel Bryan, Kane, Randy Orton et Sheamus, tandis que Ziggler, sa meuf et son black faisaient bande à part et les malins en ring side. Et le GM leur a annoncé que, dawg, can you dig it ? la chasse aux places à l’Elimination Chamber était ouverte et qu’il attendait de chacun des prétendants qu’il l’impressionne afin de mériter sa participation au fameux match en chambres d’élimination. Précision de taille : son vainqueur ne remportera pas le titre poids lourds, mais gagnera un title shot à WrestleMania. Sur ce, Jack Swagger a surpris tout son monde en effectuant son come-back télévisé, toujours en mode bad ass, et en affirmant que voilà, maintenant qu’il est de retour, ben il faudra compter sur lui, et pourquoi pas dans la course à la ceinture qui se profile. Booker T a répondu que, ouais, pourquoi pas, dawg, mais on verra.

 

 

Air niais, cheveux sur le langue et regard dénué d'expression: pas de doute, Swagger est de retour.

 

 

Après, Dolph a trop rigolé en disant que lui, il n’avait pas besoin de faire le blaireau ni de risquer sa peau dans une cage vu qu’il a une petite mallette bleue qui lui permet d’obtenir la même chose sans se faire chier comme un con. Alors Booker a déclaré qu’il avait le droit de faire sa flipette pour le prochain PPV, mais qu’il lui faudrait mettre ses couilles sur la table pas plus tard que ce soir, en main event, contre Alberto Del Rio. Et Dolph a crâné en affirmant que même pas peur, puis s’est barré avec sa gadji et son renoi. Et Booker a fait son truc des gros yeux, comme le Bouillon quand il est en colère.

 

 

Le « lol » moment

Les Rhodes Scholars, c’est terminé. Les deux compères ont mis un point d’honneur à le signifier très officiellement à Booker T et à Ted Long. Mais, ils ont tenu à le préciser : si chacun poursuit désormais sa propre route, ils resteront les deux meilleurs amis du monde. Et les ex-partenaires de se serrer dans leurs bras, longuement et chaleureusement. Moi je dis, ils sont homosexuels. C’était en tout cas assez amusant. Sinon, pour les amateurs d’un humour moins subtil et plus direct, un nain débile a dansé comme un con sur le thème musical d’un Indien attardé.

 

 

Le bide, l'autre arme fatale du Mexicain volant.

 

 

Le « what the fuck ? » moment

Lorsque le Great Khali est sur le ring, entouré de son fidèle nain et de sa pétomane attitrée, c’est l’assurance d’avoir quelque chose à se mettre sous la dent au moment de rédiger le « What the fuck moment » du show. Opposé à Jinder Mahal, le Honte du Punjabi a fait honneur à son statut de Ceinture de Plomb : une dizaine de tracteurs collés au cul, un regard aussi expressif que celui d’une truite morte depuis une bonne semaine et une motricité qui fait flipper. Je ne sais pas vous, mais moi, quand je le vois chuter sur le sol, j’ai toujours peur qu’il se brise en mille morceaux. Putain, mais butez-le ! On achève bien les chevaux.

 

 

On a longtemps cru que ça ne pouvait pas être pire. Eh bien si : maintenant, il danse.

 

 

Le « oh my gosh ! » moment

Pendant une bonne partie du show, Alberto Del Rio a attendu son rival colossal sur le parking du stade qui accueillait SmackDown. En civil, menaçant, voire carrément vénère, et avec une barre de fer en main pour lui péter la gueule. Après quelques fausses alertes, le Big Show est arrivé, dans un énorme camion poids lourds, certainement pour mieux rappeler qu’il est très grand, et l’explication entre les deux hommes a pu commencer. Mais elle a rapidement tourné court : après une vitre explosée, et une partie de chat bite autour d’une voiture, le Géant est parvenu à s’enfuir au volant d’un autre véhicule, plantant là le pauvre Mexicain qui aura patienté des plombes pour rien. Tout ça pour ça, serais-je tentée d’écrire. Car si sur le papier, j’aime cette idée de voir deux adversaires prolonger leur conflit en dehors des rings, j’ai trouvé ce segment un peu mou et mal mené. Et puis, lorsque le Big Show se barre en bagnole, son propriétaire ayant gentiment laissé les clés sur le contact, c’est toute mon incrédulité volontairement suspendue qui me hurle « PUTAIN, MAIS C’EST COMPLÈTEMENT CON » à la face.

 

 

Le car jacking aux USA, un phénomène de plus en plus violent.

 

 

L’info en plus

Cet épisode de SmackDown a été tourné à San Diego, charmante et grosse bourgade de 1 300 000 habitants située un peu au sud de Los Angeles, à quelques kilomètres seulement de la frontière mexicaine. Peuplée de quelque 30 % d’Hispaniques, cette ville qui sent le bon les fajitas, le mezcal et le guacamole est tout naturellement bourrée d’influences mexicaines, dans son architecture, sa population, sa gastronomie et ses héros locaux. Rey Mysterio en est un, et a été à l’honneur ce vendredi, en effectuant le tombé sur Daniel Bryan, devant son public de bouffeurs de chili con carne. Plus globalement, grâce à Sin Cara, Alberto Del Rio et Ricardo Rodriguez, ce sont tous les latinos originaires du pays qui a inventé le burrito qui ont été à la fête.

 

 

Le Mexique est un charmant pays. Il faut juste faire attention à sa police, à ses institutions judiciaires et aux plus hautes autorités du pays.

 

 

La suite

Cet épisode très solide et réjouissant a atteint son objectif : donner aux suiveurs l’envie d’en savoir plus. La course aux places à l’Elimination Chamber a débuté et si une carte commence à se dessiner, plusieurs inconnues demeurent, qui constitueront le fil rouge des shows à venir. Le catch, c’est tout de même plus intéressant avec un scénario, fût-il réduit à sa plus simple expression. Ainsi, le Great Khali devrait en être, de même que Randy Orton, Sheamus et Swagger. En revanche, j’imagine assez bien la Team Hell No défendre son titre contre Sin Cara & Rey Rey au PPV qui se profile à l’horizon. Quant à Alberto Del Rio, il devrait poursuive sa feud intense contre le Big Show : le Géant a conclu le show en massacrant Ricardo Rodriguez en backstage, ce qui appelle une vengeance en bonne et due forme. Et une revanche à Elimination Chamber. Bref, mission accomplie pour les bookers : vivement le weekend prochain.

 

 

 

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