Catch

Le plaisir innocent du vendredi soir

You're my funky love that I always hide

It's a little thing, like a child's pure revelation

The one you hide for life, baby!

Pacific!, Sunset Blvd

 

Eh ouais on est à la bourre en ce moment ! Vous attendez tous le compte rendu du d’ores et déjà mythique Cena/Punk de lundi dernier ? Comme je vous comprends. Mais il s’agirait également de ne pas oublier qu’il y’a un show le vendredi soir aussi.  Difficile de dire si les bookers l’ont oublié, eux, ça dépendra sans doute de votre sensibilité. Dans mon cas, le résultat est assez prévisible.

 

 

Yeah ! Faites juste bien gaffe à vous écarter de moi quand je mate Smackdown ! 

 

 

Nalyse de Smackdown du 1er mars

 

 

Smackdown, tout le monde s’accorde à le dire, est devenu le B(ig)-Show de la compagnie. Jalonné de « Raw Rebounds », souvent privé des méga stars de la compagnie, rarement le théâtre d’avancées majeures dans les storylines, il a néanmoins regagné quelques lettres de noblesse récemment avec les apparitions de Cena, de Punk et surtout du Rock.

 

Mais cela ne suffit pas à faire de l’émission du vendredi soir un immanquable aux yeux du public. On pourrait même pousser la critique à dire qu’on rate rarement grand chose à faire l’impasse sur un Smackdown. Bah ouais. Mais est-ce si grave ? M’est avis que pas tant que ça. Prenez ce rendez-vous hebdomadaire comme une petite friandise ! Un instant de récréation et de détente devant votre passion préférée qui vous aide à vous défaire du train-train de la semaine et du stress du boulot.

 

 

DETENDEZ VOUS !

 

 

Et puis parce que c’est la mode, et parce que je suis un peu feignant, je vais me servir du modèle de nalyse en vogue du moment.

 

 

It smells like caca

 

C’est en ces termes peu flatteurs que Del Rio qualifiera l’haleine de Sandow, son adversaire du soir en ouverture du show. Chelou. J’avoue avoir été assez décontenancé devant mon petit écran d’ordinateur à l’écoute de cette punchline de conclusion. D’une part car j’ignorais totalement que ce mot évoquait quoi que ce soit aux oreilles pleines de sauce barbecue des habitants d’Oklahoma City (et du reste des USA hein, c’est juste un habile subterfuge pour caser le nom de la ville qui abritait l’épisode de vendredi) ; d’autre part car c’est juste nul à chier.

 

Enfin bon toujours est-il que cela faisait écho à une promo bien amusante comme d’habitude de Sandow en introduction, trainant dans la boue la syntaxe, le choix de mots et l’utilisation de l’anglais de manière générale du champion Del Rio censé montrer l’exemple.

 

Le match qui s’ensuivit fut tout sauf soporifique. Alors OK Damien Sandow n’a rien d’un technicien, ni d’un brawler, ni d’un highflyer. Il n’est pas particulièrement doué pour raconter une histoire, n’a pas forcément un charisme de fou. Bref il est assez banal. Mais il a ce je ne sais quoi qui fait que je ne fais JAMAIS avance rapide sur ces matchs. Il me fait marrer, j’ai envie de le voir catcher et je sais que je ne vais jamais m’emmerder. Et c’est bien là l’essentiel au final. Même si je serais incapable de vous dire pourquoi !

 

Bon sinon c’est Berti qui gagne sur une clé de bras bien évidemment, mais le match fut long, accroché et Sandow en sort renforcé je pense. Tout bénéf.

 

Note segment : 4 tartes au chocolat Ikea sur 5

 

 

Ah beurk Damien, c'est toi qui a fait caca par terre ? Ouais ça peut que être toi avec ta caca barbe sur le visage qui sent le caca!

 

 

FAPATHON

 

Offert sur un plateau, le « Raw Rebound » du match d’anthologie entre les deux plus grandes superstars actuelles de la WWE. Miam et re-miam, on en veut encore. Vous n’allez tout de même pas cracher sur ce rebond cru !

 

Note segment : 10 Kleenex triple épaisseur sur 5

 

 

Tous les moyens sont bons dans ces cas là pour empêcher le sang de descendre vous filer une grosse érection.

 

 

JE CATCHERAI À L’AVEUGLE ! NON, JE CATCHERAI À L’AVEUGLE !

 

Dans leur segment backstage de la soirée, ce qui devient presque un passage obligé deux fois par semaine, Bryan et Kane nous ont encore régalé d’une de ces passes d’armes orales dont ils ont le secret. Je ne me lasse pas de rire devant leurs segments loufoques.

 

On ne le souligne d’ailleurs peut-être pas assez mais c’est un exploit de plus à mettre au crédit de l’immense talent des deux hommes. Ca fait quoi ? Quatre ou cinq mois qu’ils ont formé Hell No ? Tenir ce niveau d’humour et de divertissement avec cet angle, qui avec beaucoup d’autres serait fatalement tombé dans la case humour lourdingue, tient de la prouesse dramaturgique !

 

Sinon, le cœur du segment reposait sur l’inversion des rôles de lundi. Kane serait cette fois celui qui catcherait les yeux bandés tandis que Daniel aurait une main liée derrière le dos. Voyons voir si Kane fera mieux que le chef d’œuvre de comédie cinq jours plus tôt.

 

Note segment : 5 barbes majestueuses sur 5

 

 

Prochaine étape, catcher tout un match crucifié !

 

 

WWE App ? Ma bite ouais.

 

Et tout de suite après la pub, que voilà ? Un 2-out-of-3 Falls pour le titre US entre Antonio Cesaro et le Miz !

 

Outre le fait que je n’ai pas souvenir d’avoir vu cette stipulation depuis le Sheamus-Bryan d’Extreme Rules en mai dernier, soit dix mois, j’aime surtout beaucoup l’attention apportée à cette rivalité après des semaines interminables de joutes sans lendemain pour le Suisse.

 

La rivalité avec le Miz a été intense et travaillée. Elle a su redonner un peu de lustre à la ceinture frappée de la bannière étoilée. Mais elle a surtout fait énormément de bien au Marine #3 ! Même si la greffe Flairienne prend assez mal sur le Miz, ses multiples matchs contre Cesaro semblent faire effet. Je ne me prétends pas expert, mais je suppute que le fait de fréquenter régulièrement le polyglotte a permis à Mizanin de beaucoup apprendre et progresser, même si les résultats ne se verront pas de manière éclatante dans l’immédiat.

 

 

Je tiens à rappeler que je tiens toujours à me débarasser de cet objet !

 

 

Le premier tombé intervient après un énième enchainement à couper le souffle de Mister Castagnoli qui attrape le Miz en plein vol alors que ce dernier tentait sa fameuse corde à linge en pleine course avec l’adversaire acculé dans un coin.

 

Sérieux, je crois que depuis qu’il est à la WWE, à chaque fichu match, Cesaro a réussi à trouver un nouveau moyen de se saisir de son adversaire à la volée et de faire étalage de sa puissance brute ahurissante. Je ne sais pas si c’est la grande diversité de ses adversaires qui donne cette impression ou juste son putain de talent, mais c’est vraiment kiffant de voir un mec dont tu sais qu’il est capable à chaque match de te surprendre à nouveau.

 

Cela vaut d’ailleurs aussi pour son somptueux uppercut européen. Bref Cesaro l’attrape, Neutralizer et ça fait un à zéro ! Direction la pub pendant que le Miz reprend ses esprits.

 

 

– J'annonce trois uppercus inédits après la pub!

– Rock on!

 

 

Enfin c’est ce qu’on était en droit de supposer. Sauf que non, pour promouvoir sa WWE App dont tout le monde se fout, les Vinnie Boys ont cru bon de booker l’égalisation du Miz pendant la réclame !

 

Oui oui, l’Awesome One a placé sa prise en quatre pendant la pub. C’est bien joué en plus pour une prise qu’on veut mettre en valeur à tout prix comme son nouveau finisher mais qui ne prend absolument pas auprès du public.

 

 

Meeeeerde! Pendant la pub personne ne me voit à la télé c'est vrai…

 

 

Bref, passé ce scandaleux foutage de gueule qui manque de respect à tous les téléspectateurs devant leur télé vendredi, l’action reprend et elle reprend bien. Le travail sur les genoux reprend, le Miz claque son magnifique low-DDT et enflamme le match. Sauf que les deux lutteurs ont déjà utilisé leur prise ultime pour arracher leur point respectif, on se dit alors qu’une conclusion alambiquée s’annonce. A moins que l’ex Chick Magnet ressorte son Skull Crushing Finale de sa poche ?

 

C’est finalement le ref bump qui est choisi par Cesaro ce qui empêche à l’arbitre de voir que le Miz tient le compte de trois !! Antonio retourne le tombé ! Puis encore le Miz ! Puis encore Cesaro avec cette fois la main fermement agrippé sur le slibard du challenger !!! 1, 2…. 3 ! Le champion conserve son bien après onze minutes de beau catch, rythmé et dramatique. Mais malheureusement entaché d’un fait, ou plutôt d’un non fait, incompréhensible…

 

Reste maintenant à savoir si la feud se terminera sur ce match. C’est une conclusion acceptable mais je ne cracherais pas sur une revanche à Mania avec la concrétisation d’un turn qui est encore un peu mi-figue mi-raisin.

 

Note segment : 1 gros doigt d’honneur dans la gueule des fans sur 5

 

 

 

Oh! Mmmh.. Oui, mmmmh. C'est bien les culs de la creative team que je sens sur mon écran.

 

 

Dey took err jobs !

 

Il se passe rien à Smackdown ? Que nenni, voici le retour du grand Jim Ross ! Oklahoma oblige, le commentateur de légende est de sorti et il va ce soir conduire une interview avec Jack Swagger, également régional de l’étape, et Zeb Colter son nouveau gourou.

 

Je passerai rapidement sur le contenu qui reprend la même conception politique malsaine que les dernières allocutions de Zeb à RAW. Le fond ne m’intéresse pas des masses ici, le débat me rebute pas mal et ne m’est très probablement pas destiné à la base.

 

Mais même si la storyline m’en touche une sans faire bouger l’autre, je serais de mauvaise foi si je lui retirais tout intérêt.  Il y a un vrai travail de fond derrière cette histoire. Comme le souligne très bien L’Aleph dans un commentaire éclairé sur le forum, que j’invite à venir poursuivre dans les commentaires (!!!), c’est finalement l’exposition d’un point de vue politique pas moins valable qu’un autre de façon posée, argumentée et finalement assez « politiquement correcte » qui suscite les plus vives réactions auprès du public smart. Alors qu’au quotidien, les heels volent, truandent, insultent ouvertement et commettent toutes sortes de délits bien plus condamnables que l’exposition de leurs opinions politiques, aussi polémiques qu'elles puissent être.

 

 

Détrompez-vous, c'est hyper dur de garder une telle pokerface quand on est totalement défoncé à la weed.

 

 

On notera pendant ce segment l’application apportée à la castration verbale du personnage de Swagger. Zeb Colter répond à toutes les questions de Ross, pourtant adressées au challenger numéro un au titre poids lourds. Comme si celui-ci avait été lobotomisé et était manipulé par Coulter. C’est d’ailleurs probablement là que se trouve la porte de sortie de cette histoire qui ne tiendra pas dans la durée. S'il soulève plein de points passionnants, cet angle reste avant tout très court-termiste et construit dans le but d’une opposition avec le champion étranger Del Rio à Mania.

 

On peut aisément supposer une issue par la voie d’un retour à la raison de Jack, face turn ou pas à la clé. Mais tout ça, c’est pour après Mania.

 

Note segment : 3,5 moustaches de patron sur 5

 

 

Oui, j'ai la même au dessus de ma bite.

 

 

Comment ils respirent les catcheurs avec ça sur la tête ?!

 

On arrive au match gimmick entre les PTP et les Hell No. C’est Kane qui commence, affublé d’un sac noir sur la tête à l’effigie d’une tête de chêvre pour lui ôter temporairement la vue. S’ensuivent alors quatre minutes rafraichissantes et pleines d’humour. Juste un vrai bon moment de catch comme on en demande plus souvent. Et truffé de bonnes idées !

 

Darren Young essaie de faire valdinguer Kane en se mettant à quatre pattes derrière lui, mais rate à chaque fois à cause d’une sorte de sixième sens du Big Red Monster. Titus se sert de son sifflet ! Kane chokeslamme Young mais ne peut pas le trouver pour le tombé. Ou encore Kane qui manque d’étrangler son partenaire avant de le reconnaître en touchant son incroyable barbe !

 

Bref que du plaisir, pour une victoire finale des PTP qui prennent leur revanche. Kane, quant à lui, se rend compte après coup qu’il a fait le guignol avec une goatface sur la tête et colle un petit uppercut à Daniel avant de partir.

 

Note segment : 5 barres de rire sur 5

 

 

Ah ça c'est bien mon Big Red Goatface à moi ça!

 

 

Ah sinon y’a eu Fandango qui a failli faire ses débuts. Pas de bol, Roberts ne savait pas prononcer son nom. Ca sera donc pour la semaine prochaine pour l’acteur porno qui fait du tango.

 

 

Ouais en fait je viens pas vraiment catcher, je venais juste dire à Chris Jericho qui si il cherchait son matos, j'étais dans le parking, place 108, et qu'il pouvait passer tout récupérer j'en ai plus besoin.

 

 

DA MAIN EVENT : Big Show vs. Randy Orton vs. des intermittents

 

Un Main Event intrigant que voilà ! Deux hommes sans véritable feud actuellement, bookés plutôt fort, plutôt dans le haut de la carte, et surtout à qui il faut trouver un adversaire pour WrestleMania.

 

Bref un véritable match clé pour les deux hommes, si on se borne au kayfabe. Gagner ce soir serait un argument de poids pour le vainqueur et un désaveu terrible pour le perdant. Et comme souvent dans ces cas-là, c’est un match nul qui conclut la soirée.

 

Après une dizaine de minutes agréables entre deux hommes qui se connaissent bien mais encore capables de nous surprendre (magnifique top rope DDT de Orton, superbement tenu par le Géant), le Shield fait son entrée pour martyriser sa victime préférée du moment en la personne de l’Apex Predator.

 

Bon, comme ils avaient conclu un pacte plus tôt dans la soirée pour éviter ce genre de désagrément, its a shameful thing, lobster head, Sheamus débarque à toute berzingue car there is too many limes et il faut défoncer le Shield !

 

 

Non ne prenez pas Randy ! Prenez moi ! L'Irlande a perdu en Ecosse le week-end dernier, je n'ai plus de raison de vivre…

 

 

C’est le chaos dans le ring. Tout le monde tape tout le monde. Non du genou, pas les membres du Shield entre eux… Et un fait étonnant survient alors, le Big Show décoche une droite terrible dans les gencives de Reigns ! Le groupe commando est sous le choc et décide de battre en retraite, visiblement totalement décontenancé par cette représaille du heel Big Show.

 

L’histoire racontée ici fait plus état de balle perdue. Show n’était pas la cible du Shield et cette patate dans le crachoir du Samoan fait suite à un cafouillage et non pas à une situation préméditée. Du coup, le doute est entretenu ici, les alignements sont plus flous.

 

Le Gros Spectacle va-t-il s’allier avec Sheamus et Orton pour Mania contre le Shield ? Rien n’est moins sûr pour le moment, mais j’avoue que ça aurait de la gueule.

 

Note segment : 4 colliers en dents de Roman Reigns sur 5

 

 

A trop monter et descendre les escaliers toutes les semaines depuis des mois, Roman finit par avoir la gerbe, c'est normal.

 

 

C’est sur cette image de chaos que se clot un Smackdown bien fun à suivre. Encore une fois, pas de gros noms, pas d’avancées majeures, pas de match cinq étoiles… Mais de bons moments, une belle défense de titre US et une redistribution des cartes intéressante autour du Shield et de l’équipe qui lui fera face.

 

Smackdown est un B-Show qui s’assume et ça c’est cool ! Loin des projecteurs aveuglants des soirées du lundi, le show bleu continue son bonhomme de chemin dans cette Road qui me passionne. Sans prétention aucune, Smackdown vous donne l’assurance d’un bon petit moment sans prise de tête à l’orée du week end et permet à un paquet de bons gars comme Cesaro, le Miz, les PTP ou Zig… – Ah non tiens il était étrangement absent celui là ! – de gratter du temps d’antenne bien mérité.

 

Alors les gars, partagez-vous ce constat ? Profitez donc de cet article pour venir crier votre amour pour cet oasis de fraicheur et de détente qu’est Smackdown dans la Road to WrestleMania !

 

 

Sinon je vous souffle dans les naseaux!

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