Catch

Can you spell New York for me ?

A knife, a fork, a bottle and a cork
That's the way we spell New York, Jim

Dillinger, dans Cocaine in my brain

 

Cela fait un an que McOcee repousse toute demande de rendez-vous pour la semaine du 8 avril 2013, celle du plus grand show de l’année à la WWE. Car s'il y a un épisode qu’elle aime chroniquer, c’est bien celui-ci, le meilleur d’entre tous.

 

 

Allo? Une rencontre avec Barack Obama la semaine du 8 avril? Allo, t'es rédactrice aux Cahiers du Catch et tu rates la nalyse de l'année? Nan, mais allo quoi!

 

 

Nalyse du meilleur Raw de l’année

 

 

C’est promis. Un jour j’irai. À New York, avec toi, à Los Angeles, toute seule, ou à la Nouvelle Orléans, en famille ; mais c’est décidé : je ne reculerai pas. Je planifierai ce voyage initiatique et extatique à la manière d’un pèlerinage, d’une odyssée dont on revient profondément transformé, pour l’éternité. Oui, un jour, j’assisterai au plus grand show que la WWE organise chaque année, je ferai partie de cette foule formidable et irrévérente qui s’empare du spectacle, le sublime et le transcende. Croix de bois, croix de fer, si je mens je vote à droite : un jour, je dépenserai une fortune pour me régaler de cet événement exceptionnel que constitue l’épisode de Raw tourné au lendemain du Biggest Stage of Them All.

 

C’est depuis longtemps la tradition : ce show est tout aussi passionnant que Mania lui-même. Si ce n’est plus. Il en représente un prolongement naturel, un épilogue nécessaire à la compréhension des histoires qui viennent de se conclure et de celles qui s’apprêtent à nous être contées. Ainsi qu’un bon moyen de faire ce qu’on n’a pas pu ou pas voulu entreprendre la veille. Ce PPV mythique est devenu une sorte de package qui se déroule désormais sur une semaine, jusqu’à SmackDown. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ces trois spectacles se tiennent tous dans la même ville et si la WWE commercialise des billets groupés pour WrestleMania, Raw et SmackDown. Trois jours de rêve (SD est tourné le mardi) pour tout amateur de mandales simulées.

 

 

En revanche, pour la coiffure, il ne faut pas se tromper sur le show. À moins d'avoir des cheveux qui poussent très vite.

 

 

Déjà l’an passé, la fédération de Stamford a mis les petits plats dans les grands au lendemain de la victoire du Rock à Miami. Le Brahma Bull avait annoncé son intention de reconquérir le titre de Champion WWE, Daniel Bryan s’était offert une merveilleuse séquence de communion avec un public en transe, tandis que Brock Lesnar fracassait le crâne du Marine sous le regard narquois des contempteurs de Johnny Boy. Le tout sous les yeux d’une assistance survoltée qui avait foutu le feu aux travées de l’arène floridienne. Cette année encore, les bookers ont concocté une sorte de feu d’artifice catchesque et émotionnel, propre à faire chavirer le cœur des fans les plus exigeants de l’industrie du sport-divertissement.

 

 

Les fans savent maintenant qu'il ne sert à rien de claquer 70$ pour assister à Mania en PPV. Le lendemain est bien meilleur et gratuit.

 

 

Lundi dernier, le grand héros de cet épisode de Raw au parfum si enivrant fut incontestablement son public déchaîné, emportant toute l’arène dans un tourbillon de chants, parfois moqueurs, souvent fervents, cette foule qui a offert une atmosphère unique à tous ceux qui ont eu la chance d’assister au spectacle, sur place ou devant leur petit écran. On parle d’ordinaire des fans, et à juste titre, comme d’une composante essentielle de ce microcosme où des mecs en slip font semblant de se foutre sur la gueule. Eh bien, ceux qui avaient fait le déplacement à l’IZOD Center méritent incontestablement d’entrer au Panthéon des meilleurs publics de l’histoire de la fédération de Stamford : ce lundi, la partie la plus excitante du show s’est jouée dans les tribunes. Pour autant, je dois avouer avoir plus vibré l’an passé, les spectateurs de ce Raw enfiévré pêchant parfois par un certain excès d’enthousiasme et un manque de considération total pour certains acteurs de la soirée. Cela pourra vous paraître paradoxal, après la description dithyrambique que vous venez de vous fader, mais je dois admettre avoir été par instants dérangée par cette légion de fans électrique et « électrifiante ». Oui, il m’a semblé que nos amis les smarts en faisaient un peu trop, sans doute désireux de s’accaparer complètement les débats. Et c’est bien là que le bât blesse. Lorsque le public entonne « We are awesome », il s’écoute chanter et cède aux sirènes d’une volonté quelque peu curieuse d’être le show au lieu de le magnifier.

 

 

Et puis, il y a toujours un crétin pour te faire de fausses joies.

 

 

Entendons-nous bien, ce public est absolument irréprochable et merveilleux lorsqu’il communie avec Dolph Ziggler, enfin champion poids lourds et débarrassé de cette petite mallette bleue déformée par les coups, et peut-être aussi par l’utilisation déviante qu’ont pu en faire Ziggy et AJ, dans le secret de leurs chambres d’hôtel (pour celles et ceux qui ne comprendraient pas l’allusion, je la refais en plus directe : si ça trouve, la Crazy Chick et son Show-Off ont baisé comme des porcs sur la mallette, qui mériterait si c’est le cas le surnom de baise-en-ville). Oui, cette symbiose entre Dolph et son public avait quelque chose d’unique, d’aussi magique que cette foule qui n’en pouvait plus de s’époumoner en lançant des Yes à la gloire de Daniel Bryan l’an dernier. De la même façon, comment nier qu’il s’est passé un truc assez exceptionnel autour de Fandango ce lundi, les fans reprenant son theme song en chœur et « dansant le tango » dans les tribunes du stade ? Certes, leur héros a vu son match contre Kofi Kingston interrompu par Chris Jericho, et s’est mangé un bon vieux Codebreaker dans les dents après avoir hurlé de douleur, emprisonné dans les Walls of Jericho. Mais tout ceci n’a aucune importance : le WWE Universe veut voir cette feud continuer, et l’a bruyamment manifesté, créant de toutes pièces un nouveau favori des smarts en la personne de Fandango. À l’image de l’ovation réservée à l’American Dragon en avril 2012.

 

 

Les deux se sont tapé AJ. Big E sait ce qu'il lui reste à faire s'il veut percer dans le business et devenir le héros de Mania.

 

 

En revanche, j’ai la curieuse sensation que l’assistance sort de son rôle, si tant est qu’il puisse être défini de façon si précise, lorsqu’elle prétend s’approprier le spectacle, quand elle affiche une volonté manifeste de devenir un acteur direct du show, au détriment de ce qui se passe sur le ring. Ainsi, la réaction de cette foule me dérange si elle se désintéresse totalement de l’action, notamment à l’occasion du match entre le Miz et Wade Barrett, mais surtout durant le duel qui a mis aux prises Randy Orton à Sheamus. Ces quatre-là ne méritaient pas cela. Les premiers ont livré une joute très solide, agréable, sans soutien appuyé des tribunes, tandis que la Vipère et le Celtic Warrior ont vécu un véritable calvaire, le public de smarts ayant décidé de pourrir leur combat par des chants complètement décalés. À gloire de RVD, de Randy Savage, de JBL ; et même à leur propre gloire, quand les fans entonnèrent comme un seul homme un ahurissant « We are awesome ». Non pas qu’ils ne le furent pas dans l’ensemble, mais certainement pas à cet instant un brin nombriliste de la soirée, pas lors de ces longues minutes passées à chier sur le travail de deux mecs qui n’ont pas pour habitude de s’économiser. Sinon, le match entre Randy et Sheamus s’est conclu par un no contest : le Big Show a de nouveau étalé les deux hommes avant de s’acharner comme une brute épaisse sur RKO.

 

 

Ce que l'image ne dit pas, c'est que Randy était assis sur la chaise!

 

 

Trêve de digression : avant d’entrer dans le vif du sujet, évacuons l’accessoire, les résultats du show, et offrons-nous au passage un panorama global de la soirée, au moyen de ce court paragraphe au style télégraphique, certes, mais pédagogique en diable et bougrement visuel.

 

En promo d’ouverture, John Cena se fout de la gueule du public. Et a l’air d’y prendre plaisir. Mais à quoi joue-t-il ?

 

Big E éclate Daniel Bryan.

 

Wade Barrett redevient champion intercontinental en terrassant le Miz.

 

Alberto Del Rio l’emporte contre Jack Swagger et Zeb Colter, mais…

 

Dolph Ziggler encaisse son contrat de Mister Money In The Bank et s’empare du titre du Mexicain ! Délire de la foule.

 

Dong dong dong, c’est le Taker ! Et qui déboule au même moment ? C’est le Shield ! Mais voilà que débarquent aussi Kane et Bryan ! Oh my god, les Brothers of Destruction & l’American Dragon vs. The Shield ? Comme aucun GM ne traîne dans le coin, il faudra attendre la semaine prochaine pour en être sûr.

 

Team Cobro & R-Truth battent les 3MB, mais tout le monde était parti faire le plein de bière et soulager sa vessie.

 

Sheamus vs. Orton. Avec le Big Show. No contest. Les fans sont revenus, mais s’en foutent. Et le manifestent avec force.

 

Fandango l’emporte par DQ contre Kofi Kingston, mais se fait éclater le crâne au passage par un Chris Jericho revanchard.

 

Les Tons of Funk plus deux filles remportent leur match prévu la veille contre les Rhodes Scholars plus deux meufs.

 

Main event, baby ! John Cena contre Mark Henry. Si Marco gagne, il aura son title shot ! Mais il perd ! Donc ne l’aura pas !

 

Après la victoire de Johnny par décompte à l’extérieur, Ryback explose la tronche du Marine et fait un bras d’honneur au public. Oh my gosh !

 

 

Le subtil clin d'oeil de Ryback aux bookers de la WWE

 

 

Passons maintenant à l’essentiel et répondons aux six questions fondamentales qui se posent à la vue de ce Raw pas comme les autres. Pourquoi six ? Car c’est un nombre mythique, qui évoque le rayon du soleil, l’énergie cosmique qui se fixe sur terre, un symbole ésotérique fort. Les six mercenaires, les six doigts de la main, les mystérieuses six thés d’or… on retrouve des traces du six solaire dès l’Egypte antique. Il imprègne nos sociétés occidentales et constitue la clé d’une nalyse réussie. Voilà pourquoi.

 

 

Le fan-tango, courant musical pérenne ou éphémère tube de l’été ?

 

C’est la question qui est sur toutes les lèvres, y compris sur celles, brûlantes, de Jade Stevens. Le tango de Johnny Curtis est-il appelé à s’installer durablement sur nos écrans ou ne constitue-t-il que la énième resucée d’une lambada exécutée sous coke et champagne, dans la moiteur d’une nuit du mois d’août, sur les dancefloor d’un bar de plage andalou ? N’est-il qu’un tube aussi idiot qu’évanescent dont on connaît tous les mouvements, mais que l’on oubliera aussitôt la bise du mois de septembre venue ? Autrement dit, faut-il accorder une quelconque importance aux quelques pas de danse entrevus dans les travées de l’IZOD Center ou n’y voir qu’un épiphénomène engendré par la frénésie d’un public frondeur et porté par la vibe d’une soirée post Mania électrique ? Prout.

 

 

Il faudra bien que la WWE tranche entre le gimmick de danseur de tango et celui de pornstar gay.

 

 

Poser cette question un brin ridicule, c’est déjà y répondre. Certes, la rumeur, dont nous devons nous méfier comme de la déclaration de patrimoine d’un ministre du budget socialiste (le charentais sortit sa bite à la hâte et recouvrit son ordi d’un litre de foutre chaud et poisseux. « Pas de bol pour l’écran », grogna-t-il satisfait), le bruit de couloir cavalant avec insistance sur le net veut que Vince McMahon lui-même adouberait le gimmick de Fandango, convaincu qu’il est du potentiel heelesque d’un personnage dont l’arrogance se caractérise par la nonchalance de son mâché de chewing-gum et quelques litres d’une laque grasse et brillante. Ce qui expliquerait pourquoi il s’est retrouvé si vite sur les rings du Biggest Stage, qui plus est pour y signer une victoire de prestige contre un Canadien multititré.

 

Eh bien, malgré cette confiance présidentielle, malgré l’engouement de l’assistance taquine et joueuse, lundi dernier, j’avoue ne voir en Fandango qu’un effet de mode qui retombera aussi rapidement qu’un soufflé laissé sans surveillance ou que la verge d’un sexagénaire privé de petite pilule bleue. Vous pouvez me citer si cela vous chante : la hype autour du danseur gominé ne passera pas l’été, s’éteindra avec la fin de sa feud contre Chris Jericho, et Fandango rejoindra sous peu le cimetière des éléphants au gimmick débile. Il y sera en bonne compagnie.

 

 

Garde-nous une place au chaud, Fandango, on arrive.

 

 

Mais à quoi joue donc Johnny Boy ?

 

Notre Marine préféré a récité une bien étrange partition lors de cet épisode de Raw fantasque et débridé. Vêtu d’un nouveau et curieux t-shirt, particulièrement laid, même pour quelqu’un qui dispose de goûts aussi douteux que John Cena, le leader de la Cenation a en effet affiché l’attitude d’un type arrogant envers le public, volontiers moqueur à l’encontre de la foule le conspuant, un sourire vicelard vissé aux lèvres. Oui, tu me lis bien, lecteur interloqué : l’espace d’un soir, le Superman de la WWE, le défenseur de la veuve et de l’orphelin a endossé le costume du connard qui s’assume et se fout de la gueule du monde en y prenant un malin plaisir ; il a revêtu les fringues du heel irrévérencieux, imbu de sa personne et satisfait de lui-même. Les fans ne veulent pas de célébration, malgré ce onzième titre de Champion WWE, un record ? Fuck les fans, j’encule les smarts, je fêterai mon trophée tout seul, orné d’un t-shirt à ma propre gloire. Voilà ce que nous a crié à la face un Marine se foutant éperdument des sifflets qui descendaient des tribunes, et qui paraissait même s’en délecter.

 

 

Les sifflets? C'est ce que je préfère au monde. Avec les obèses.

 

 

S’agit-il là de la révolution comportementale d’un athlète qui accepterait enfin d’être conspué, mais s’en contrefoutrait comme de son premier titre mineur remporté, ou de sa première obèse fourrée ? Rien n’est moins certain. Cet accès d’effronterie me semble plus relever du clin d’œil à un public frondeur, qui aurait de toute évidence vomi le discours du champion quel qu’il soit, que de la transformation en profondeur du personnage. Les smarts le sifflent et le critiquent en permanence ? Réclament à cor et à cri un heel turn contraire aux règles du business ? Offrons-leur l’espace d’un soir ce dont ils rêvent : un Johnny débarrassé de son obligation de plaire à tout le monde, de ma belle mère à mon neveu le plus jeune, en passant par les aficionados de catch indépendant hardcore japonais. Un Cena dont le t-shirt vous crie au visage qu’il vous emmerde, vous et vos inlassables récriminations ; que le Champ est là, et que c’est lui. Lundi dernier, Johnny Boy a brandi son majeur, bien haut. Et a montré virtuellement son cul à la composante de l’IWC qui le déteste, et tu en fais partie, toi, là, honteux et rougissant devant ton écran. Mais que les mômes se rassurent, ce n’était qu’un pied de nez destiné à déminer une situation de toute façon explosive. En mode face habituel, il aurait été tout autant sifflé comme une daube, dépassé sur sa droite et sur sa gauche, aussi perdu que Pépère à l’Élysée. (le charentais se précipita sur sa braguette, mais ne put que constater les dégâts. Un long et puissant jet de sperme coulait maintenant le long de ses jambes et lui réchauffait les cuisses. Damn, j’ai pas senti le coup partir, s’exclama-t-il, un sourire béat illuminant son visage poupon). Les bookers l’ont accepté, intégré, et ont filé une sucette aux contempteurs de leur Top Guy : un heel turn d’un soir. Car dès la semaine prochaine, la vie aura repris son cours, et Superman redeviendra ce mec sympa, consensuel à en être aussi lisse que le postérieur d’un babouin, et pote avec tout le monde, ce babyface qui gagne toujours à la fin et qui exaspère certains d’entre nous, les amateurs du grand guignol de Stamford.

 

 

La double personnalité de Johnny est même devenue visible à l'écran.

 

 

Le plus ennuyeux au sujet du Champ, c’est cette déclaration faite par Booker T, alors que Mark Henry venait d’annoncer son envie de caresser les côtes de Johnny et de le délester de son titre WWE le soir même, ce que le Marine accepta, mais pas le GM : le Rock a droit à sa revanche, c’est peu ou prou ce qu’a affirmé le tout nouveau Hall of Famer. Et ça, c’est flippant. Car cela signifierait que les comptes ne sont pas encore réglés entre le Brahma Bull et son rival et que l’on est reparti pour une feud dont l’acteur principal est un intermittent de la fédération de Stamford dont le futur catchesque est derrière lui. Il ne faudrait peut-être pas trop tirer sur la corde ni jouer de façon excessive avec les nerfs du WWE Universe. Je fais partie de celles et ceux qui ont apprécié le retour du Rock sur les rings, mais qui aimeraient maintenant que l’on passe à autre chose et que l’on regarde vers l’avenir. Il faudra bien se pencher sur la problématique de la moyenne d’âge des matchs de main event à Mania (soit les trois derniers), que je ne calcule pas, mais qu’au doigt mouillé je trouve bien trop élevée.

 

 

Les main eventers de Mania sont tellement vieux que la WWE filme désormais une partie de ses épisodes en noir et blanc, pour mieux cadrer avec son nouveau produit destiné au troisième âge.

 

 

Henry vs. Johnny a donc constitué la tête d’affiche de cet épisode de Raw inoubliable. L’enjeu : un title shot pour Marco. Cena s’est imposé, par décompte à l’extérieur, mais l’essentiel n’est pas là. À la fin de leur duel, le Big Hungry s’est pointé, a fait mine de jouer le mec trop cool avec le leader de la Cenation, lui a tendu la main… pour mieux lui asséner un Shell Shocked létal et annonciateur de lendemains musclés. Ryback s’incline à WrestleMania, mais semble se diriger vers un statut de challenger du Champion WWE, en attendant peut-être que l’emploi du temps du Rock se dégage un peu. Va comprendre. Le public du New Jersey a acheté cette conclusion rocambolesque, mais surtout parce qu’elle a vu Cena mordre la poussière. Patientons et voyons ce que la WWE en fera et quel rôle tiendra vraiment le Brahma Bull. Et croisons les doigts pour que cela soit celui du jeune retraité qui passe faire coucou de temps à autre.  

 

 

Même pas un petit coucou de temps en temps?

 

 

Dolph Ziggler aurait-il dû encaisser son contrat à Mania ?

 

Encore une interrogation existentielle qui anime les débats virtuels sur ces pages et ailleurs : fallait-il faire casher Ziggy au Biggest Stage et lui offrir ce WrestleMania moment qu’il mériterait au regard d’on ne sait trop quoi ? Est-ce un crime es smartitude de ne l’avoir consacré roi des poids lourds que le lendemain, pour le bonheur du public new-yorkais ? J’avoue que je suis bien en peine de répondre à cette grave et profonde question. Ben alors pourquoi t’écris sur les Cahiers du Catch si t’as pas d’avis, reste dans ta cuisine, hey pétasse ! pensera certainement le lecteur un tantinet sexiste qui sommeille au plus profond de chaque mâle amateur de catch, mais je n’en ai cure. J’ai du mal à avoir une opinion tranchée sur le sujet et je le revendique fermement.

 

 

En tout cas, le doute n'est plus permis sur un point : Big E a plus de seins qu'AJ.

 

 

D’un côté, il y a ce constat que nous assumons tous : il a manqué à cette vingt-neuvième édition du Granddaddy ce grain de folie qui fait les grands événements de la fédération de Stamford, cette baffe dans la gueule que tu te manges sans t’y attendre, ce retournement de situation qui te décroche la mâchoire de surprise et de jubilation. Et dans ce contexte, le sacre du Show-Off aurait apporté son grain de poivre au PPV. Mais en aurait-il été moins fade ? Ce n’est pas certain. Voilà des mois que Ziggy claironne qu’il va casher le 7 avril. Avouez-le : s’il était passé aux actes, votre sentiment concernant la soirée de dimanche dernier n’en aurait pas pour autant été modifié. Trop attendu, trop classique, trop convenu. Cela ne nous aurait rien soutiré d’autre qu’un bâillement prolongé assorti d’une sentence qui ressemblerait à quelque chose comme : « mouais, je le savais, paie ta surprise. »

 

 

Lorsque Dolph et AJ se roulent des belles, Big E a la délicatesse de tourner le dos. Ce qui nous permet d'affirmer qu'il a également plus de cul que la Crazy Chick.

 

 

Et puis, il fallait bien prendre en compte l’épisode de Raw du lendemain. Traditionnellement, ça pète dans tous les sens, la WWE fait don d’un petit cadeau à la composante la plus smart de son public, celui-là même qu’elle ne lui a pas remis la veille, mais qu’elle gardait bien au chaud. Cette année, le cash in de Dolph, c’était la cerise sur le cheesecake du Raw new-yorkais, l’offrande à une foule proche de la fusion, l’instant qui a permis à l’arène d’exploser de bonheur. Bref, anticiper le sacre du nouveau champion, cela aurait été déshabiller Kevin pour habiller Bryan. Je sais ce que vous allez me dire. J’avais promis de ne pas répondre à la question, mais au fur et à mesure de mes digressions, on sent bien que ma position n’est pas aussi vague que je voudrais bien le faire croire. Alors, bas les masques et cartes sur table : oui, je pense que ce Raw était le bon moment pour que Ziggy accède au trône.

 

 

Lorsqu'il a appris que tant d'étrangers seraient présents à New York, Zeb Colter a menacé de ne pas y venir.

 

 

Vainqueur à Mania, défait le lendemain, le Miz est-il un gros loser ?

 

Voilà un résultat étonnant auquel peu d’entre nous devaient s’attendre. Au lendemain de leur confrontation en préshow de WrestleMania, le Miz et Wade Barrett ont remis le couvert à Raw, le premier nommé défendant son titre de champion intercontinental fraîchement conquis la veille. Pourquoi pas, c’était une bonne occasion d’offrir aux spectateurs de New York un match intense et à fort enjeu. Ce qui est surprenant, c’est que le trublion de la WWE s’est incliné contre l’Anglais, vingt-quatre heures seulement après s’être emparé de son trophée. Ce va-et-vient (entre ses reins, han han) était-il prévu de longue date ? L’idée était-elle de préserver l’invincibilité du Miz à Mania, mais en laissant la ceinture autour des larges hanches du Britannique barbu ? Ou les bookers de la fédération ont-ils simplement ajusté leur plan au dernier moment, en pariant fort justement sur un public à fond les ballons derrière Barrett ? Difficile à dire. Ce qui est certain, c’est que les deux hommes ont délivré un duel plein et disputé, à l’occasion duquel le Miz a une nouvelle fois apporté la preuve qu’il n’est pas l’abominable quiche que certains aiment moquer sur nos pages. Ces quelque treize minutes bien fun et agréables à suivre, j’en redemande plus souvent.

 

Même quand il balance un Superkick, le sage regarde la lune.

 

 

Brodus Clay, Tensai et consort sont-ils les cocus du Biggest Stage ?

 

Huit matchs (plus le pré-show) se sont déroulés lors de la vingt-neuvième édition de WrestleMania. Mais comme vous le savez certainement si vous avez lu l’article du Panda relatant les péripéties du Granddaddy of Them All, un neuvième affrontement a été déprogrammé à la dernière minute, celui qui devait opposer les Tons of Funk & les Funkadactyls aux Rhodes Scholars & les Bella Twins. Pas de bol, le timing était visiblement trop serré pour se tienne ce sympathique Comedy Match. Cocus de l’histoire, ces participants qui se faisaient une joie de prendre part à la grande fête annuelle de la WWE ? Sans aucun doute. Est-ce un scandale pour autant ? Une sorte de mauvais tour joué au public, à la limite de la publicité mensongère comme on a pu le lire çà et là ? Soyons honnêtes : qui parmi les fans a vraiment regretté cette annulation fortuite ? Où fallait-il gratter du temps d’antenne pour leur offrir la possibilité d’en découdre ? Qu’est-ce qu’on en avait à foutre de cette pause pipi dispensable ? Et puis, les bookers ont eu la délicatesse de reprogrammer ce match au lendemain du Biggest Stage, lors de l’épisode de Raw le plus important et probablement le plus suivi de l’année, devant une foule exceptionnelle et bien plus bruyante que celle de la veille. Si Dolph Ziggler (et la WWE avec lui) considère son cash-in de lundi comme SON WrestleMania moment, alors les protagonistes de ce combat par équipe peuvent aussi remercier le ciel et Vince d’avoir pu savourer cet instant privilégié. Le public leur a d’ailleurs rendu un hommage mérité et appuyé, en participant pleinement à l’action de cet affrontement court et plaisant remporté par les gentils.

 

 

Curieux, cette façon de se servir du pied de Brodus comme d'un Sex Toy. Et la Bella me semble un peu présomptueuse : je ne suis pas sûre que le pied entre complètement dans sa teuch.

 

 

Big E Langston est-il un gros naze qui pue ?

 

Last but not least : pourquoi tant de haine à l’encontre du jeune allié de Dolph Ziggler ? C’est quelque chose que je peine à expliquer. Comment un rookie que personne n’a jamais vu catcher ou presque peut-il être la cible de tant de critiques acerbes quant à ses capacités in ring ? Certes, on se souvient tous de ses débuts au micro, loin d’être convaincants. Mais rappelez-vous des premières promos du Show-Off, d’une platitude jane birkinesque, sans saveur ni intensité, à tel point que le management de la WWE a jugé préférable de le faire évoluer dans le giron du Cougar avant de le laisser voler de ses propres ailes. Aduler Ziggy aujourd’hui et railler les balbutiements maladroits de son Big E, c’est avoir la mémoire aussi courte que celle de Jean-François Copé, qui crie haro sur le Cahuzac et semble avoir oublié les Rolex offertes et les journées à la piscine avec cette crapule patentée de Ziad Takieddine, marchand d’armes de son état et fraudeur fiscal plus qu’avéré. (le charentais s’astiquait le chibre depuis de longues minutes, le pantalon sur les talons, bien décidé à ne pas être piégé une fois de plus, au détour d’une phrase anodine. Las, la lecture de cette blagounette retorse de McOcee lui fit l’effet d’un kilo de bromure mélangé dans son bol de corn-flakes. Son sexe jusque-là turgescent et fier s’écroula subitement et devint aussi consistant qu’un salsifis trop cuit. Satisfaite de sa fourberie, la pasionaria des Cahiers du Catch pouvait continuer le récit de ce formidable épisode de Raw. Salope ! hurla le rédacteur furieux).

 

 

C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

 

 

Lundi dernier, Big E était opposé à Daniel Bryan, pour ses grands débuts en individuel. Le choix de son adversaire est bien trouvé, puisqu’il est presque impossible de réaliser un mauvais match lorsqu’on affronte l’American Dragon. Déjà auteur d’une bonne prestation à Mania, le colosse au cul rebondi a parfaitement récité sa partition. Crédible dans son rôle de Powerhouse mahousse costaud, notamment quand il a soulevé le partenaire de Kane a bout de bras pour le balancer sur le Big Red Monster en ring side, il s’est rapidement imposé en exécutant l’enfant chéri de l’IWC d’un Big Ending imparable. Et a confirmé au passage que les critiques dont il est l’objet sont un brin exagérées et pour le moins prématurées. Ce duel très court (un peu plus de deux minutes) ne nous permet pas d’assurer crânement que ce mec a un bel avenir devant lui, mais il ne nous autorise pas plus à affirmer le contraire.

 

 

Effectivement Monsieur Raymond. Rien n'indique dans votre agenda que vous vous êtes rendus par deux fois au domicile de Dédé et de sa Lili. Mais il ne nous autorise pas non plus à affirmer le contraire.

 

 

Ainsi s’achève le récit d’une soirée extraordinaire, sublimée par un public en feu, magnifié par un encaissement et un sacre que tout le monde ou presque attendait en trépignant d’impatience. Certes, on pourra reprocher à ce Raw certaines absences dommageables. Punk ne parlera que la semaine prochaine, The Rock était blessé et Triple H s’exprimera à SmackDown, ce qui est sans doute plus prudent au regard de l’atmosphère particulière qui régnait à l’IZOD Center. Sans eux, le show est qualifié d’exceptionnel. Avec leur présence, il aurait certainement atteint la perfection. Merci aux bookers, la Road Post Mania est lancée de la plus belle des façons. Et s’annonce passionnante.

 

 

XXX, un logo tout droit sorti d'une affiche vantant les vertus d'un film de cul sur une chaine cablée réservée aux adultes. Le prochain WrestleMania devrait être chaud comme la braise!

 

 

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