Catch

Un squelette à ronger

When the seagulls follow the trawler, it's because they think sardines will be thrown into the sea.

Eric Cantona

 

Bonsoir à tous ! Rien ne va plus dans ce pauvre monde : encore un statut Hornswoggle sur le forum et déjà la chance d'écrire un article. Pas n'importe lequel en plus : la nalyse du Smackdown d'après le Raw d'après Wrestlemania. Il ne manquerait plus que je sois cité dans les résultats de pronos, tiens. Mon but est de vous offrir une nouvelle lecture de ce show, en ajoutant quelques touches d'un humour fin et raffiné.

 

 

Fistinière World Tour.

 

 

Nalyse de Smackdown du 13 avril

 

 

Résultats :

 

Team Hell No massacre les Prime Time Players grâce à un double finisher, Daniel Bryan soumettant Darren Young dans le No Lock.

 

Wade Barrett met K.O. Santino Marella sur un Bullhammer.

 

Les Bella Twins et Tamina Snuka s'imposent face aux Funkadactyls et Kaitlyn après une distraction à l'extérieur du ring, Naomi prend le tombé effectué par une Bella.

 

Dans un match à handicap, Sheamus et Randy Orton l'emportent sur le Big Show par décompte à l'extérieur, leurs deux finishers ayant propulsé le Big Show hors du ring.

 

Kofi Kingston sort vainqueur de son affrontement avec Antonio Cesaro sur un Trouble in Paradise.

 

Dans le Main Event, Dolph Ziggler profite de la smala autour du ring pour battre Y2J en renversant ses Walls of Jericho.

 

Hey, Chris, j'imite qui là?

 

 

Smackdown débute avec une convaincante imitation de Ricardo Rodriguez par Big E Langston, pour présenter le nouveau champion poids lourds, Dolph Ziggler ! On remarque tout de suite que l'accueil du Show Off n'a rien à voir avec ce qu'on avait pu voir lundi dernier. On entend même quelques sifflets tiens, on en viendrait presque à croire qu'il est heel. Une première indication sur le public de ce Smackdown qui est beaucoup plus classique et attendu (ou alors le preneur de son est bien plus compétent, l'un ou l'autre).

 

 

Terminées les moqueries depuis que Colonel Reyel s'est dégoté ce pot d'hormones.

 

 

La voix éraillée, Dolph Ziggler commence son speech, se vantant de la pop qu'il a reçue lors de son cash-in mais aussi des  "We want Ziggler" lors du match pour le titre à Wrestlemania, ajoutant que peu importe le volume des chants ou le nombre de fois où les fans regarderaient la vidéo de son cash-in, ils n'auraient jamais la moindre miette de son succès, qu'il a obtenu seul et dont il profite seul. Cette promo est vraiment excellente, je regrette presque que l'on n'ait pas eu un public plus smart histoire que son discours prenne vraiment du poids en commençant applaudi et en finissant hué (je suis peut-être un peu naïf là-dessus remarque, il y aurait fort à parier que les aficionados resteraient derrière leur poulain peu importe ce qu'il dit). Prendre et accepter les réactions des fans pour les replacer dans le contexte souhaité, c'est vraiment le meilleur truc que peut faire la WWE, bien plus que nier la popularité de certains heels et de continuer à leur donner des discours "vous pouvez continuer à me siffler, je m'en fous".

 

Là-dessus, la musique de Jack Swagger retentit et c'est Zeb Colter qui prend la parole. D'abord pour féliciter Ziggler parce que c'est un vrai Américain, ensuite pour lui rappeler qu'il ne doit son titre qu'à Swagger qui a travaillé son adversaire avant le cash-in. Swagger a failli monter sur le ring mais s'est ravisé, j'espère d'ailleurs que son regard fait partie de son jeu d'acteur sur le thème "lavage de cerveau", sinon c'est inquiétant parce qu'il y avait plus de bœuf dans son regard que dans un plat de lasagnes surgelées. C'était très classique, beaucoup trop même pour des personnages aussi clivants. On aurait pu imaginer un début d'antagonisme vu que vraisemblablement Swagger n'est pas destiné à sortir de la title picture et que ce ne sont pas les sujets qui manquent (on parle quand même de deux mecs qui étaient dans la même équipe et qui ont connu des trajectoires opposées en termes de réussite), mais il semblerait que les heels soient toujours copains.

 

Et je souhaite tout le succès possible à Dolph Ziggler, AJ Lee et Big E Langston qui représentent parfaitement la diversité culturelle des Etats-Unis !

 

 

Nouvelle intervention, de Del Rio cette fois, qui prend le micro pour… Ben pour traiter Ziggler de perro et lui faire un clin d'œil, voyons. C'est Chris Jericho qui sera le troisième empêcheur de show off en rond. Pas la meilleure promo de l'année, c'est le moins qu'on puisse dire. Il semblerait que les conditions d'un face-turn impliquent de laisser cinquante points de QI à l'accueil et de mettre à la poubelle toute originalité. Du coup, Y2J lance des catchphrases, traite AJ de folle et fait gonfler sa carotide. Il ne manquait plus que "Storytime avec Chris Jericho". Ah, et lui annonce qu'ils auront un match en Main Event aussi, quand même.

 

 

Merde, j'ai un doute, je l'ai traité d'homo déjà ou pas ?

 

 

Ce qu'on peut retenir de ce segment, c'est d'abord que les protagonistes devraient rester sensiblement les mêmes pour le WHC, mais qu'on imagine mal une rivalité entre les deux anciens protégés de Vickie Guerreiro, vu qu'aucune piste en ce sens n'a été plantée. Dès qu'on sort de la confrontation heel/face classique, on dirait que les mecs ne peuvent pas se détester, c'est un peu étrange… Ensuite, qu'on devrait avoir un match vraiment pas dégueulasse en fin de show ! Et enfin, qu'AJ est définitivement brillante dans n'importe quel rôle, à réagir à tout ce qui se passe autour peu importe que la caméra soit braquée sur elle ou pas. Si vous avez l'occasion de revoir la promo en ne vous focalisant que sur elle…

 

On enchaîne sur le premier match de la soirée entre la team Hell No et les Prime Time Players, qui a duré moins de deux minutes avec un chokeslam et un no lock simultanés pour la victoire. Intervention vidéo assez dispensable du Shield, revenant sur les évènements de RAW pour dire que bon, hein, ils ne se sont pas enfuis, d'ailleurs ils n'ont pas peur. Entre cette confrontation et le retour de Hell No – Shield, on se croirait revenus en 2012. Je vais d'ailleurs prendre un peu de liberté sur le déroulement temporel du show en passant directement à un autre segment arrivé plus tard dans la soirée : le discours de Triple H.

 

 

Et la plus grosse injustice, ça reste quand même le peu de crédit accordé au règne de CM Punk, qui atteindra bientôt les 365 jours !

 

 

Arrivée de HHH, ses lunettes de soleil, sa bouteille d'eau, et son entrée plus longue qu'un match de midcard. Hunter n'a même pas le temps de se séguer plus d'une minute sur sa victoire, puisque les 3MB débarquent. Non, pas de faute de frappe. Ils sont fâchés parce que… Ben on ne sait pas en fait. Heath Slater a bien pris le micro, mais s'est contenté de dire au Game de la fermer et qu'ils allaient le taper. On aurait pu imaginer une révolte des catcheurs oubliés qui reprochaient au COO leur manque de considération (Jinder Mahal est déjà spécialiste de la chose puisqu'il avait attaqué l'Undertaker à RAW 1000 pour ce motif) mais rien de tout ça, ils se contentent de prendre un air menaçant et d'entourer le ring. Bon, d'un côté, on a un Indien sikh, un Ecossais et un rockeur sudiste dans une gimmick de groupe de musique mais qui ne fait rien d'autre que de l'air guitar, donc la cohérence hein…

 

On sait que Rufus 'Pancake' Patterson est le favori mais on va jouer nos chances à fond dans ce championnat des interventions improbables de jobbers.

 

 

Pour couronner le tout, le Shield débarque… Pour foutre dehors ces copieurs de 3MB et prendre leur place autour du ring. Daniel Bryan et Kane arrivent à la rescousse du Triple H et le Shield s'enfuit à nouveau (on apprendra probablement au prochain Raw qu'en fait, ils ne se sont pas enfuis et que d'ailleurs ils n'ont pas peur). J'ai été très déçu par ce segment pour une seule raison : c'était exactement le même que lundi dernier avec HHH à la place de l'Undertaker, et ça veut donc dire que ce dernier ne devrait pas avoir de rôle particulier dans cette feud, qu'il avait juste un rôle de légende sympa attaquée par les méchants. Hier le Taker, aujourd'hui The Game, demain HBK… C'était peut-être un peu optimiste mais j'imaginais déjà les Brothers of YEStruction contre le Shield, avec le Deadman qui reprendrait du service… On se dirige juste vers un énième 3vs3 avec un face inactif actuellement à ajouter aux Tag Team Champions, ou, au mieux un 2vs2 pour le titre. A noter que les réalisateurs ont encore brillé, eux qui après avoir loupé la photo de Daniel Bryan entre Kane et l'Undertaker, ont coupé au montage un segment comportant notamment un group hug entre HHH, Kane et le Dazzler… Et dont Vince McMahon a failli faire partie.

 

Retour du futur, le Tag Team Match vient de se terminer et on enchaîne sur un Barrett – Marella. A peine plus long que le match précédent, il se terminera sur un Bullhammer du champion intercontinental qui venait d'éviter le Cobra. Depuis qu'il l'envoie lancé, le finisher de Barrett est quand même plus impressionnant visuellement. Pas sûr que Santino soit l'adversaire idéal en revanche, il a gardé ses mimiques et ses spots de comedy match et ça a assez peu collé avec l'Anglais.

 

 

OK leur alchimie dans le ring n'est pas excellente, mais dans l'imitation du centaure, ils sont très bons.

 

 

Le troisième match est un 3vs3 entre les Bella Twins + Tamina Snuka et les Funkadactyls + Kaitlyn. Malgré sa durée très courte, il aura été pas mal du tout, surtout grâce à l’excellent travail de Naomi qui aura profité des 30 secondes mensuelles dont elle bénéficie (en-dehors de faire un cœur avec ses fesses, bien sûr) pour montrer qu'elle faisait partie du haut du panier des Divas. Les heels gagneront néanmoins, sur une distraction évidemment, et Naomi qui se fait… Euh, jeter en arrière et pin. En plein milieu du ring hein, pas sur les cordes ou à l'extérieur. Je me demande si je ne préférais pas encore les roll-up…

 

 

Toujours plus crédible que le People's Elbow !

 

 

Pourquoi avoir ajouté Kaitlyn et Tamina à ce match qui se place en pleine continuité de la rivalité Rhodes Scholars/Tons of Funk qui déteint sur leurs valets ? OK, pour l'exposition des divas et de la championne, mais pourquoi ressortir Tamina Snuka comme à chaque fois qu'on ne sait pas avec qui faire feuder la championne? Rien à dire sur son talent, mais il serait temps d'offrir autre chose à cette ceinture qu'une rivalité de deux jours, non ? Genre un AJ – Kaitlyn, comme ça, au hasard. Il y a eu pas mal de pistes en ce sens avant Wrestlemania mais sans suite… AJ aura droit à un title shot à NXT dans deux semaines en tout cas, au même titre qu'Adrian Neville pour la ceinture US et Bo Dallas pour la ceinture intercontinentale d'ailleurs.

 

 

Allez, zou, on retourne dans la cave. La bise à Alicia Fox.

 

 

Entretemps, on avait eu un segment backstage avec Sheamus et Randy Orton dans le bureau de Booker T. Le premier se plaint de la décision d'annuler son match à Raw, le deuxième est colère parce que le manager de Smackdown les a fait s'affronter. En toute logique, puisque deux faces veulent casser la gueule d'un heel, ce bon Booker décide d’organiser un handicap match. Big Show vient lui aussi se plaindre de la partialité du manager général et Booker lui répond qu'effectivement c'est une décision qu'il a prise un peu vite sans réfléchir aux implications et qu'il va tout faire pour… Non je déconne, il lui a dit "can you dig that", et "your match is right here, right now, in this building, in the city of the good people of Boston". C'est là que ça devient intéressant : le Big Show le menace de ne pas combattre, en lui rappelant qu'il a un contrat en béton et qu'il peut faire à peu près ce qu'il veut… Tiens, ça a du sens ça, c'est logique et intelligent !

 

Ah, non finalement.

 

 

Le match a bien lieu, un méchant est en face de deux gentils qui veulent se venger et Randy Orton est impliqué, pas besoin de vous faire un dessin je pense.

 

– RKO ! From out of nowhere !

– Wow, can you believe that Michael ?

 

 

Sheamus et son fella font goûter au Big Show leurs finishers respectifs et remportent le match par décompte à l’extérieur (le géant a roulé hors du ring). Sheamus est satisfait et lors d'une interview d'après-match avec Renee Young, explique que ce n'est pas la taille qui compte mais le cœur qu'on met à l'ouvrage. Dans un ring de catch. Là-dessus, Mark Henry lui tombe dessus et l'envoie dans une table qui passait par là avant d'affirmer son désaccord avec l'affirmation de l'Irlandais, lui reprochant son ton péremptoire sur la question du gabarit des athlètes dans un poignant discours dont voici le verbatim :

 

"THAT'S WHAT I DO."

 

Bon, pourquoi pas hein, même si je ne vois pas ce que le World’s Strongest Man vient faire là-dedans. Le fait est qu'il va falloir en faire un peu plus pour me faire haïr le Big Show. JBL l'a d'ailleurs bien expliqué aux commentaires : il n'a rien fait de mal, n'a trahi personne, a combattu le Shield comme ses partenaires, n'attaquant Sheamus et Orton qu'après la défaite. Il se plaint d'être mis à l'écart et persécuté, on lui met un 2vs1. Je sais que c'est une tradition mais si la WWE pouvait faire en sorte que les heels ne soient pas toujours ceux dont le discours est le plus cohérent, ça aiderait à avoir les réactions voulues de la part du public. Teddy Long a encore défié l'autorité de Booker T et ce dernier l'a encore fixé en faisant les gros yeux, sinon.

 

Mais on enchaîne directement sur Cesaro – Kingston. Difficile d’imaginer un résultat logique dans cette confrontation entre les deux jobbers de luxe de 2013, si ce n'est un double décompte à l'extérieur. Ou une double disqualification, pour continuer sur le gag des matchs de Kofi qui ne vont jamais à leur terme.

 

Oui Antonio, c'est cette petite fille avec un T-shirt de la Cenation, ton prochain adversaire. Tu préfères perdre sur une soumission ou un tombé?

 

 

Match assez agréable bien que court entre deux très bons performers avec une victoire de Kofi sur un Trouble in Paradise. On les imagine feuder pour Extreme Rules, ce qui devrait donner un bon match si on laisse le temps de s'exprimer à deux garçons aussi talentueux. Le reste donne beaucoup moins de raisons de se réjouir : soit le Suisse va à nouveau se retrouver dans une situation ridicule où il perd tout le temps mais gagne chaque fois que le titre est en jeu, soit le Ghanéen va à nouveau se retrouver avec une ceinture de midcard parce qu'on ne sait pas quoi en faire et, alors que ça pourrait être LE point positif de ce scénario, Antonio Cesaro risque de ne pas pouvoir se lancer pour un titre majeur vu comme la carte est bouchée.

 

Autant d'étrangers qui convoitent un bien américain, ça rend vraiment furieux Zeb Colter.

 

 

Fandango fait son entrée, avec moult mouvements du cul et même sa silhouette lumineuse au-dessus du ring… Avant un match où il n'est impliqué ni de près ni de loin. Ca aurait été sympa de justifier ça d'une quelconque manière. Ne serait-ce qu'en le mettant à la table des commentateurs plutôt qu'au bord du ring car c'était assez ridicule pour le coup. Bon, le match en question impliquait Chris Jericho (oppésé à Ziggler), donc on a tous compris pourquoi il était en ringside et comment ça allait se finir…

 

– Big E ! From out of nowhere !

– Wow, can you believe that Michael ?

 

 

Bon match (vu les protagonistes, pouvait-il en être autrement ?) mais très prévisible. Fandango distrait l'arbitre pendant que Ziggler est pris dans les Walls of Jericho, Big E frappe Y2J, Ziggler fait le tombé et beatdown final. Jericho aura eu droit à la totale, Zig Zag, Big Ending et évidemment le leg drop du danseur qui conclut ce Smackdown par un "Faaan-daaan-gooo". Vu que cette rivalité a une date d'expiration, il serait de bon ton de donner un petit truc à Fandango, histoire de préparer l'après-blessure de Jericho qui coïncide étrangement avec le début de sa tournée. 

 

Le gros souci avec cette période de l'année, c'est que tout ce qui est diffusé conditionne une bonne partie de ce que l'on va voir dans les semaines et les mois à venir, et on se met à interpréter tout et n'importe quoi plutôt que de l'apprécier pour ce qu'il est, c'est-à-dire un show sympa, plutôt au-dessus de la moyenne. Ce Smackdown a lancé beaucoup de pistes, la suite nous dira lesquelles se confirment et lesquelles sont jetées à la cave (on pense fort à toi, flirt entre Kaitlyn et Cody Rhodes). En conclusion, la WWE est une terre de contrastes. Merci !

 

– Et là Chris, j'imite qui ?

– Putain Dolph, essaie de faire des devinettes dont la réponse n'est pas Orton, de temps en temps…

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