Catch

Same old… WHAT ?

Tout le bonheur du monde est dans l'inattendu.

Jean d'Ormesson

 

Cette semaine à Smackdown : des Raw rebounds, des avancées de feuds mineures, des squashs, et un match solo de l'Undertaker contre un membre du Shield.

 

 

Tiens ? Un chauve. Chauve qui peut.

 

 

Nalyse de Smackdown du 26 avril

 

 

Je ne l'avais pas vu venir : persuadé que j'étais que le match à trois contre trois de lundi serait la dernière apparition du Phenom pour 2013, je n'aurais pas parié sur sa présence dans un B-Show dont il a fait les belles heures certes, mais dont il n'a plus foulé le ring depuis octobre 2010 ! Pourtant, le Taker était bien là, tout fier, tout bedonnant, prêt à en découdre face au clan qui l'a mis à l'amende lors du dernier Raw. Face à lui, Dean Ambrose, dont la présence n'est pas moins surprenante. Première sortie solo pour l'ancien catcheur de la CZW, et deuxième sortie en un contre d'un membre du Shield après le Rollins/Show avorté au bout d'une minute il y a quelques semaines. Suprême honneur donc d'affronter le catcheur encore non tout à fait retraité le plus prestigieux du roster, qui plus est en main event du show. Vous voulez savoir comment ça s'est passé ? Eh bien il faudra attendre la fin de cette nalyse.

 

 

– Il y a quand même quelque chose qui me turlupine, Dean… Pourquoi aller affronter le Taker alors que tu sais que tu vas te faire démolir la gueule ?

– Parce que jamais je ne céderai devant la barbarie !

– Ah ouais… exactement comme moi !

 

 

Parlons plutôt des événements n'intéressant pas grand monde qui se sont déroulés ce vendredi : Layla, à domicile, a battu Aksana. Wade Barrett a squashé William Regal, dans un derby qui aura duré moins d'une minute. Maintenant que c'est fait, passons aux choses sérieuses. Enfin, un peu sérieuses : Fandango a battu Justin Gabriel en à peu près autant de temps qu'il m'a fallu pour taper cette phrase. Johnny Curtis a tranquillement déroulé ses Signature Moves, du coup de pied sur le tablier jusqu'à l'Alabama Jam qui lui sert de finisher. D'ailleurs, son espère de Reverse STO me fait beaucoup penser à la Russian Legsweep de Damien Sandow, transition d'une roulade arrière jusqu'à la position debout comprise. Un point commun de plus entre deux hommes au gimmick haut en couleur et très bien tenu, mais qui peinent à me passionner entre les cordes.

 

 

L'avantage avec une Russian Legsweep, c'est qu'elle prouve une nouvelle fois que le Soviet Éponge.

 

 

Et le public dans tout ça ? On sait les Anglais prompts à la gaudriole, et les spectateurs de Londres n'ont cette fois encore pas dérogé à la règle : sans doute chauffés par le physique avantageux de Summer Rae, qui danse aussi mal qu'elle est jolie, ils ont copieusement encouragé le danseur de salon, s'époumonant en chœur sur le thème d'entrée de Fandango, tout en levant les index alternativement. Voilà qui fait plaisir à entendre, SAUF quand ce chant intervient intempestivement dans les autres combats. Et malheureusement, ce fut le cas, tant dans les squashs cités ci-dessus que dans le match entre Sheamus et Big Show proposé juste après. Le Fandango-ing semble désormais un symbole de dépréciation, de rengaine lancée quand le spectacle ne passionne pas les bonnes gens de l'arena, et là où le Yes ! Ou le What soulignent l'action, le thème d'entrée de Curtis en est, lui, complètement déconnecté, et ne semble finalement que déstabiliser les catcheurs présents sur le ring à ce moment là. En 2013, le public smart de la WWE a décidé de tout faire pour que le show ne soit qu'à propos d'eux-mêmes, et ce n'est pas vraiment une bonne nouvelle.

 

 

Des chants pas rigolos et qui ne parlent pas de saucisse ? Tiens, on dirait de l'humour juif !

 

 

Allez, soyons honnêtes : l'affrontement entre le Grand Chauve et l'Irlandais qui fait la promo de Extreme Rules (promo vue trois fois lors du show, oui oui, exactement la même) a été aussi lent et mou que leurs affrontements de l'automne dernier pour le titre WHC. Plus de dix minutes d'affrontement, dont au moins la moitié avec les deux adversaires au sol, en somme. Finalement, alors que Sheamus semblait prendre le contrôle, portant son White Noise sur le géant, puis s'apprêtant à lancer son coup de bélier depuis la troisième corde, une intervention extérieure ! Mark Henry est en rivalité avec le rouquin et donc est contractuellement obligé d'intervenir dans les matchs de ce dernier. En l'occurrence, en renversant l'escalier du coin. Boucan du tonnerre, distraction, KO Punch (particulièrement impressionnant cette fois), victoire du Big Show, définitivement montré comme fort. Bien évidemment, le Guerrier celte ne pouvait pas s'en tenir là, et la collision entre Randy Orton et Mark Henry, elle aussi vue mille fois, s'est finie en eau de boudin, après un Brogue Kick asséné en fourbe au World's Strongest Man. Mark renverse les escaliers, Sheamus lui fout un Brogue Kick dans la gueule. À ce rythme là, on peut se demander où l'escalade va se terminer !

 

 

J'aime me battre.

 

 

Là non plus, pas grand chose à dire sur le match entre l'ancien haltérophile et la Vipère, qui a finalement porté son RKO juste après l'intervention de son meilleur pote au monde actuel. Les deux tag teams « Top Faces dont on ne sait pas quoi faire » et « Géants Heels dont on ne sait pas quoi faire » fonctionnent assez bien, même si la rivalité peine à vraiment intéresser qui que ce soit. Toutefois, entre l'arrivée programmée du Shield dans la division par équipes et celle, déjà actée, des deux alliances en présence, voilà qui pourrait revitaliser la title picture. À moins que la rivalité entre Orton et Sheamus, annoncée déjà depuis longtemps, prenne finalement forme après Extreme Rules ? Comme souvent à la WWE, ce qui intéressera le plus dans la feud en question sera moins où on est que où on va.

 

 

Hé Mark ! Comment est ta blanquette ?

 

 

Comment est quoi ?

 

 

COMMENT EST QUOI ?!

 

 

Finalement, les deux matchs les plus intéressants d'une soirée qui en aura compté sept (et aucun segment backstage, exception faite d'une brêve apparition du Shield) auront été le main event et l'opener. Ce dernier (dans l'ordre de la phrase qui précède, pas dans l'ordre du show, vous suivez?) aura vu une énième revanche du match de Wrestlemania pour le titre World Heavyweight. Alberto Del Rio contre Jack Swagger donc, comme la semaine dernière, mais cette fois sans disqualification. Difficile de bien comprendre où veut en venir la WWE dans son booking d'un triple threat logique, mais qui a l'air de l'embarrasser : cet empilement de matchs entre le vrai patriote et le Mexicain couillu est-il supposé donner un second souffle à leur rivalité, ou au contraire servir de conclusion à la feud ? Dans les deux cas, l'absence du champion, qui semble se tenir au dessus de ces considérations géopolitiques, nuit à l'intérêt qu'on peut ressentir pour le match programmé à Extreme Rules.

 

 

La main sur le coeur pour le président Coty !

 

 

Le match en lui même fut franchement bon. Évidemment, on n'allait pas attendre d'un match de weekly un déferlement de violence : les singapore cane ont été les principales armes utilisées, même si une échelle est venue s'immiscer le temps de quelques bumps. Chaque catcheur a tranquillement déroulé son arsenal, un enzuigiri de l'un répondant à une intervention du manager de l'autre. Finalement après la victoire par roll-up de Del Rio vendredi dernier, c'est cette fois Swagger qui s'est imposé. Pas par soumission, comme on peut s'en douter, mais grâce à la très jolie Gutwrench Powerbomb, qu'on voudrait voir plus souvent. Un partout, donc, la belle la semaine prochaine ?

 

 

Évidemment, c'est une arme de bébé !

 

 

Mais l'attraction principale de cette semaine, c'était lui. Le Deadman est de retour à Smackdown ! Pensez un peu : à l'époque de son dernier match dans le show bleu, Paul Bearer était vivant, Kane champion du monde et le Nexus au top de sa puissance. Autant dire que ça fait longtemps, et que ça fait plaisir de le revoir. D'autant plus plaisir d'ailleurs que, contrairement à certains semi-retraités, quand il passe faire coucou en weekly, le Taker est à la lutte avec des catcheurs présents ou futurs, non contre d'autres mégastars qui n'ont rien à gagner d'un affrontement avec lui. Le Phenom, donc, a mal pris la défaite concédée lundi par son équipe face au Shield, et le roll-up victorieux de Dean Ambrose sur Daniel Bryan a eu un goût si amer qu'il est bien décidé à venger cette offense. Pas de tag team, pas de Wrestlemania, non : juste un bon vieux un contre un des familles. On ne l'avait pas vu dans cet exercice depuis… Oui, au moins ça.

 

 

Et comme je dis tout le temps, quand c'est long, c'est trop long !

 

 

Autant le dire tout de suite : avec moins de cinq minutes au compteur, l'affrontement n'a pas vraiment répondu aux attentes. Difficile de blâmer qui que ce soit, pourtant : le Taker a paru assez en forme, et a d'ailleurs pris pas mal de bumps. Ambrose, quant à lui, a montré quelques petites choses et a dominé l'essentiel du match : son front dropkick est intéressant, tout comme le snap DDT qui lui a quasiment offert la victoire, suivant un lowblow. Mais il était dit que le fossoyeur était encore un cran au-dessus, et c'est par soumission que la victoire s'est finalement faite, d'un hell's gate ne laissant aucune chance à l'ancien Jon Moxley. Les événements post-match seront finalement les plus intéressants de ce show : un spear à travers la barricade puis une triple powerbomb à travers la table des commentateurs, voilà ce qui attendait l'Undertaker, 48 ans au compteur ! Le deadman n'aura pas ménagé sa peine pour mettre en valeur le clan du bouclier, et pourra désormais revenir dans son état végétatif l'esprit tranquille.

 

 

– Bon, Mark, alors à la fin du match tu passeras à travers la table pour justifier ton absence. Considère ça comme des vacances !

– Je ne connais pas ce mot.

 

 

Le Shield semble définitivement parti pour taper un grand coup, et la prise des titres tag-team devrait être la prochaine étape de leur folle ascension. La title picture WHC est stable, et la midcard voit l'émergence de deux grosses équipes qui pourraient frapper fort, ou pas. Le show bleu, sorti épisodiquement de sa léthargie par un événement exceptionnel, devrait tranquillement retomber dans le marasme dès la semaine prochaine. On a hâte d'y être !

 

 

Jobbeur 117 se tient prêt, en tout cas.

 

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