Catch

SmackDown est mort !

Puisque la mort est inévitable, oublions-la.

Stendhal

 

La séparation des brands est chaque jour un peu plus évidente, à tel point que la WWE y a officiellement renoncé en house show. Pour fêter cela, elle a invité Ryback à SmackDown, histoire de bien renforcer le message : Raw rules. Mais lorsque l’épisode est réussi, faut-il s’en plaindre ?

 

 

La réponse est non, Playa!

 

 

Nalyse du SmackDown du 3 mai

 

 

SmackDown en un 😉 

 

Ryback bat Daniel Bryan lors d’un opener emballant de quelque douze minutes.

Fandango s’impose face à Zack Ryder, dans l’indifférence générale.

 

C’est après que cela se complique, essayez de vous concentrer quelques secondes :

 

Ricardo Rodriguez l’emporte sur Zeb Colter par disqualification, après une intervention illicite de Jack Swagger. Mais Teddy Long déboule et…

 

Tag Team Match, playas ! Les Mexicains se fightent avec les Real Americans, jusqu’à ce que Big E et Dolph Ziggler, qui mataient le match en ring side tranquilou, viennent casser la tête de Swagger et celle de Del Rio. Le combat est interrompu, mais Teddy Long déboule et…

 

Triple Threat Tag Team Match, playa ! Alberto Del Rio & Ricardo Rodriguez prennent le meilleur sur leurs rivaux.

 

Randy Orton atomise Damien Sandow. Après sa victoire, le Big Show vient le narguer et déconcentre la Vipère. Conséquences aussi tragiques que classiques : Sandow en profite pour lui péter la gueule, ce qui fait bien rigoler le Géant. Ah ah.

 

Dean Ambrose exécute Kane, tout seul, comme un grand. Après le match, il bastonne le Big Red Monster avec ses potes, car il est comme ça, Dean. Il aime bien partager.  

 

Big E aussi aimerait bien tout partager.

 

 

 

Le Makommentaire éclairé

 

La division des brands est officiellement morte, du moins en house shows, qui ne seront désormais plus ceux de SmackDown ou de Raw, mais tout simplement ceux de la WWE. Et pour bien le signifier, l’épisode de vendredi dernier s’est ouvert sur une promo de Ryback visant son rival du moment, l’incontournable John Cena. Oui, la soirée a débuté sur un développement de la storyline principale de Raw : SmackDown est mort, vive RawDown !

 

La fédération de Stamford a semblé hésiter longuement au sujet du positionnement de son produit secondaire. She Mamuse, en son temps, nous avait par exemple brillamment expliqué que les épisodes de SmackDown ne devaient plus être considérés comme autant de parties d’un feuilleton, mais bien comme les éléments d’une série où chaque opus dispose de son intrigue et de son dénouement. Puis la brand bleue a paru se réapproprier les ingrédients d’une histoire propre, narrée sur la durée, notamment via le Championnat du monde poids lourds, sa ceinture attitrée. Aujourd’hui, l’objectif des bookers est tout autre, puisque si le côté telenovela a l’air de retour, c’est avec un léger bémol : il n’y a désormais qu’un seul roman télévisé ; les aventures principales sont réservées au lundi soir, tandis les rebondissements du vendredi n’influent qu’à la marge sur les scénarios en cours. Pourquoi pas. D’ailleurs, le show de ce week-end est à mon sens une réussite. Mais il faudrait en revanche que la WWE choisisse définitivement une formule et s’y tienne, pour ne pas courir le risque de lasser les fans. Et les téléspectateurs que nous sommes.

 

 

Dans la nouvelle formule, rêvons un peu, Summer Rae se fighterait contre Paige pour le titre Diva au lieu de faire le grand écart au bras d'un tocard.

 

 

Le match de la soirée

 

C’est entendu : Ryback n’avait pas grand-chose à faire à SmackDown, si ce n’est consacrer par sa présence au show du vendredi la mort officielle de la séparation des brands. Ce qui ne l’a pas empêché de disputer le meilleur duel de la soirée, contre Daniel Bryan, peut-être bien même l’affrontement le plus emballant du Big Hungry depuis ses débuts sur les rings de Stamford. La qualité technique de son adversaire y est certes pour beaucoup, mais il serait à mon sens terriblement injuste de décerner les lauriers de la réussite au seul American Dragon. Le morfale a parfaitement tenu son rôle entre les cordes et paraît bien plus à l’aise dans ce costume de heel qui lui sied à merveille. Ce nouveau positionnement lui va comme un gant et lui permet enfin de s’exprimer autrement que par un regard méchant, yeux exorbités et respiration saccadée. Douze minutes d’un excellent match contre le Petit Prince de l’Indy, voilà qui vaut certainement bien plus que douze squashs sans guère d’intérêt contre des jobbers inconnus. Ryback s’offre ici une victoire de prestige, clean, après avoir exécuté son rival d’un imparable Shell Shocked. Je lève mon pouce en guise d’approbation, même si je ne me fais pas beaucoup d’illusions quant à l’issue de la feud opposant le néo-heel au Marine.

 

 

Tu veux un match 4 étoiles, Ryback?

 

 

Ah ben, ça m'arrangerait bien, oui. Ça me bookerait fort contre Cena.

 

 

 

 

Ah ben, c'est cool, SmackDown, je reviendrai.

 

 

Les filles

 

Rien à signaler, mis à part une courte séquence backstage rebondissant sur le soupirant secret et transi de la chevaline Kaitlyn. La Championne, émoustillée par les déclarations enflammées de son mystérieux prétendant, a lu une lettre d’amour fraîchement reçue, en présence du Great Khali et de celle qui semble être devenue sa biatche à l’écran, la pauvre Natalya. Les plus optimistes d’entre nos lecteurs se réjouiront sans doute qu’un embryon de storyline soit enfin offert à celle qui règne sur la division féminine, tandis que les indécrottables pessimistes, dont je fais partie, leur rétorqueront qu’ils l’auront bien dans le cul le jour où Hornswoggle jaillira de dessous le ring pour tenter de rouler une pelle à Kaitlyn. À l’heure où la WWE nous annonce un tout nouveau programme, Total Divas, entièrement consacré aux Amazones de Stamford et dont le lancement est prévu le 28 juillet prochain, on ne saurait trop conseiller à Vince McMahon de faire fructifier intelligemment les quelques minutes d’antenne dont ces demoiselles bénéficient à SmackDown ou à Raw. Les voies de la politique commerciale de la compagnie du Connecticut sont décidément des plus impénétrables.

 

 

Depuis le départ de Kelly Kelly, la place de la jolie blonde à forte poitrine et sourire étincelant est libre. C'est le moment ou jamais pour Summer Rae. Pour le niveau in ring, on verra plus tard.

 

 

La promo

 

Le choix n’est pas évident lorsqu’aucune promo ne se détache vraiment. Ryback y a été de son petit speech, en ouverture de show, histoire de redire à quel point il méprise John Cena. Puis, c’est Zeb Colter qui a débité son discours xénophobe et haineux, moustache au vent. Avant que les gars du Shield ne débarquent en backstage pour nous expliquer que Kane allait prendre cher, aussi cher que son crétin de frangin la semaine précédente. Du grand classique dans les trois promos du soir. J’aurais tendance à accorder ma préférence à l’acolyte de Jack Swagger, que je trouve décidément parfait dans ce rôle de raciste bas du front conspué par la foule, même si j’apprécie à sa juste valeur le nouveau gimmick de Ryback. Depuis qu’il parle, on en sait enfin un peu plus sur les capacités du Big Hungry, très à l’aise au micro, ce qui était assez loin d’être une évidence. Du moins pour l’auteure de ces quelques lignes.

 

 

L'anti-promo : la séquence du rire forcé du Big Show, longue, trop longue, et affreuse, trop affreuse. Longuement affreuse.

 

 

Le Show

 

Glissons sur ce que nous avons déjà abordé pour nous concentrer sur le reste. Parfois dispensable. Après l’opener, Fandango s’est par exemple imposé contre Zack Ryder, devant un public assez impassible, preuve que le phénomène ChaChaLaLa est en train de méchamment retomber. Un tube, on s’en lasse vite, et si l’idée de Stamford est de construire quelque chose autour de Curtis, il va falloir faire évoluer le personnage très, très rapidement. Dans le cas contraire, je prédis un crash plus violent encore que celui de Brodus Clay ou de Tensai. En attendant, Ryder sert de chair à canon à un mec qui combattait contre Jericho à Mania, il y a de cela un mois. Le depush doit être brutal. Bref, pour le moment, c’est zéro storyline pour le danseur de tango.

 

 

Profite Curtis, profite. Tu feras moins le malin quand tu danseras le tango avec le Great Khali et Hornswoggle à Saturday Morning Slam.

 

 

Dans la foulée, les candidats au titre de Dolph Ziggler se sont affrontés lors d’un joyeux bordel organisé par un Captain plus « obvious » que jamais. Les râleurs déploreront peut-être l’abandon de Dolph, pris dans l’Armbreaker de Del Rio, mais je ne les accompagnerai pas sur ce terrain. Ziggy a beau être un frimeur, il doit son trophée à un cash in vicieux, fuit volontiers le combat, peut compter sur le renfort de Big E et d’AJ pour s’imposer lorsqu’il le faut, quand la ceinture est en jeu. C’est un vil heel calculateur, on ne peut plus classique. Qu’il cède, soumis par une clé qui en a piégé d’autres, ne me choque pas particulièrement. Ça ne l’empêchera de l’emporter à Extreme Rules, sur une bonne vieille arnaque, après un Ladder Match plein de « oh my god ».

 

Le match suivant mettait aux prises Randy Orton à Damien Sandow, quelques jours seulement après le match entre la Vipère et l’acolyte du barbu en peignoir, Cody Rhodes, qui a volé le show à Raw. Du coup, la comparaison n’a pas vraiment joué à l’avantage de Sandow, terrassé après un réglementaire RKO. Mais l’essentiel était ailleurs. Le Big Show a fait irruption dans la salle, distrayant Randy qui fêtait sa victoire. Et je vous le donne en mille, Damien Sandow en a profité pour lui péter la gueule, ce qui a déclenché un violent éclat de rire du Géant. Et voilà. On s’en fout ? Oui, passons à la suite, mais pas sans souligner que Randy Orton n’a toujours pas fini de mâchonner son pain noir. Voici un mec extrêmement populaire auprès du WWE Universe, en PPV comme en house show, très talentueux, quasi hypnotique in ring, qui est réduit à végéter en midcard. Vivement la pénitence et la réconciliation entre Vince et sa Vipère.

 

 

Me réconcilier avec Vince? Impossible, il exige que je lui embrasse le cul.

 

 

Après la corde, le bras de fer. Vendredi, c’est entre gros bras et main dans la main que se sont tenus les débats. À ce petit jeu, Mark Henry a rapidement pris l’avantage sur le vaillant Sheamus. Normal, on parle tout de même du World’s Strongest Man. Taquin, le Celtic Warrior a défié son rival dans une revanche où l’on utiliserait cette fois-ci la main gauche. Mais avant que le duel ne commence, l’Irlandais a mis un énorme pain dans la tronche de son adversaire, comme ça, pour rigoler, suivi d'un Brohgue Kick. Ou l’éternelle rengaine du babyface qui endosse les habits d’une ignoble crapule sous les vivats de la foule, puisque le positionnement prévaut sur l’action. Be a Bully Ray, be a Star.

 

Enfin, en main event, Dean Ambrose a pris le dessus sur Kane. Post match, les trois gars ont passé le Big Red Monster à tabac, avant de brandir les deux ceintures de Champion du monde par équipe (ils avaient bastonné Bryan un peu plus tôt dans la soirée). Le message envoyé par les rookies est clair : ils ont pour ambition de s’attaquer à un titre, ce qui est une excellente nouvelle. Qui représentera le Bouclier en cas de tag team match ? À SmackDown, ce sont Seth Rollins et Dean Ambrose qui paradaient avec les ceintures en conclusion du show. Faut-il y voir un signe ? S’ils l’emportent, bénéficieront-ils de la jurisprudence Freebirds, qui autorise un clan à codétenir un trophée, chacun des membres du groupe étant habilité à le défendre ? Réponse après Extreme Rules, où je vois bien les petits jeunes être sacrés.

 

 

Une image à laquelle il va falloir s'habituer.

 

 

Le « lol » moment

 

J’aime bien Teddy Long. Constamment sur la corde raide, remis en cause par sa hiérarchie, humilié par toutes les figures d’autorité de la WWE ou presque, notre ami Teddy parvient toujours à se faufiler entre les gouttes et à sauver ses fesses. Et il est assez jouissif de le voir enfin s’affirmer un peu, quitte à opérer une sorte de heel turn tout relatif, tant il est difficile de détester ce personnage maltraité et sympathique, même lorsqu’il subit les pires avanies. Vendredi dernier, Captain Obvious était de sortie, se caricaturant lui-même en transformant d’abord un duel entre Ricardo Rodriguez et Zeb Colter en Tag Team Match, puis en y incluant Big E et Ziggy, pour un Triple Threat Match électrique qui a vu Alberto Del Rio faire abandonner le Champion du monde. La séquence, délicieusement bordélique et jouant avec malice avec le caractère de Long et ses décisions « obvious », est une franche réussite. Ajoutez à cela un Ricardo Rodriguez au top de son art de comedy wrestler, excité à l’idée d’affronter Colter, et vous obtenez un excellent moment, drôle et musclé.

 

 

Le Triple Threat est terminé? Bataille Royale avec tous les membres du roster, playa!

 

 

Le « what the fuck ? » moment

 

Khali a un don, une capacité extraordinaire, un talent unique : à chaque apparition, sur le ring ou simplement en coulisse, il est LE candidat naturel au « what the fuck ? » moment de la soirée. Et quand Hornswoggle n’est pas dans les parages, il ne connaît pas de concurrence crédible. Sa seule présence irradie l’écran. Vendredi dernier, c’est un dispensant quelques conseils à Kaitlyn que le Géant s’est illustré. Ne me demandez pas quelle fut la teneur des précieuses recommandations du débile démesuré : lorsqu’il s’exprime en anglais, il semble le faire avec quelques litres de bouillie dans la bouche, ce qui rend ses propos parfaitement indéchiffrables. Même sans catcher, ce mec est une calamité. Mais il se tape quand même Natalya. Allez comprendre.

 

 

Nous ne disposons pas d'images de Khali pour cet épisode. Alors, pour illustrer le "what the fuck" moment, j'ai choisi un autre type à l'air niais, dont tout le monde se fout, mais qu'heureusement, on voit assez peu.

 

 

Le « oh my gosh ! » moment

 

Le moment-choc de la soirée (très relatif) est à mettre au crédit de l’homme qui semble parler à l’oreille des bœufs, Roman Reigns, encore auteur d’un Spear monumental, cette fois-ci aux dépens de Kane. J’avoue sans fard kiffer cette prise de finition « bête comme chou », mais dont il émane une puissance phénoménale dès lors qu’elle est exécutée par le mahousse costaud du Shield. Je frissonne à chaque impact et je suspends bien volontiers mon incrédulité quand la Brute percute ses adversaires. Ce qui n’était pas vraiment le cas lorsqu’Edge était à la manœuvre, par exemple.

 

 

Ça me vient de mes années de football américain. C'est beaucoup plus violent que le catch. A l'entrainement, on apprenait à stopper un buffle au galop d'un seul coup d'épaule.

 

 

L’info en plus

 

Les trois gars du Shield paraissent bien partis pour aller disputer le Championnat du monde par équipe de la Team Hell No. Il était temps. Les lancer dans le grand bain et en faire un bouclier de la justice qui tape sur tout ce qui bouge et qui est face, ça va cinq minutes, il fallait passer à autre chose. La feud entre Dean Ambrose, Seth Rollins et Roman Reigns d’un côté et Daniel Bryan et le Big Red Monster de l’autre devrait logiquement se poursuivre et amener les rookies à un match pour le titre, vraisemblablement à Extreme Rules. À l’heure où est rédigée cette modeste nalyse, le duo comique totalise 233 jours de domination sur la division Tag Team, soit le cinquième règne le plus long de l’histoire de la ceinture. Autrement dit, l’heure est venue de céder la place : le Shield fera un très beau champion, à même de redynamiser une catégorie qui s’essouffle un peu depuis que l’emprise des Hell No est devenue trop évidente.

 

 

Maintenant, Kane believes in The Shield.

 

 

La suite

 

La suite, on a envie de la voir, preuve s’il en fallait encore que la WWE a délivré un show consistant et réussi. Les feuds avancent, à leur rythme, le catch est bon, les éléments s’enchaînent de façon fluide et logique, en bon complément de Raw, que demander de plus ? Cet épisode a tenu son rôle. L’objectif du Shield se précise, la storyline autour du championnat poids lourds est parfaitement gérée, et promet un match un match à l´échelle palpitant lors du prochain PPV. Et si elles ne passionnent peut-être pas nos lecteurs, les feuds entre Mark Henry & Sheamus et Randy Orton & le Big Show se poursuivent tranquillement, un brin chiantes et convenues, c’est entendu, mais efficaces. Sur une heure trente de show, les scories sont très peu nombreuses : elles se résument aux aventures de Fandango et au segment du Great Khali. Extreme Rules approche, sa carte est alléchante est bien buildée. On devrait kiffer notre race.

 

 

– Tiens, avant que la nalyse se termine, prends ça!

– Ahhhhh, t'es con, ça fait super mal!

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