Catch

A new way to hate television

Worst episode ever.

Comic Book Guy

 

La semaine dernière, les rédacteurs des CDC se gaussaient déjà du malheureux qui allait nalyser le RAW du 13 mai, qui promettait entre autres un Dance Off entre Jericho et Fandango. Ce qu'ils n'imaginaient peut-être pas, c'est que cette séquence n’aura pas été loin d'être un show stealer de la soirée, c'est dire le niveau du reste. Heureusement que, en parlant de show stealer, j'ai bénéficié pour m'aider dans ma review du coup de main d'un consultant exclusif qui a passé son lundi soir à tweeter.

 

 

Hi, I'm #HeelZiggler.

 

 

Nalyse de Raw du 13 mai

 

 

RAW commence avec une annonce : il y aura un match Fandango/Jericho à Extreme Rules… Ah. Soyons clairs, je ne suis pas un fan absolu des segments à la Capitaine Evident, les mecs se cherchent depuis des semaines, on sait bien qu'ils vont s'affronter au prochain PPV, est-ce qu'une annonce en grande pompe est vraiment nécessaire ?

 

 

Hein ? Alors ? Réponds gros loser, qu'est-ce que tu as à dire pour ta défense ?

 

 

Ben en fait, oui, c'est quand même mieux, ça donne en tout cas un sens aux segments qui font monter la pression entre les deux catcheurs. Là par exemple, bon je ne vais pas vous spoiler en vous disant que le Dance Off s'est terminé par un beatdown et je pense que personne ne s'attendait à ce qu'on assiste à un véritable concours de danse avec le perdant qui serre la main de son adversaire avant de retourner dans le vestiaire. Ca se frite, Booker T, Teddy Long ou une autre figure d'autorité générique arrive en disant que ça ne se passe pas comme ça dans son show etc. Si le match est déjà booké, épargnez nous le dance off, par pitié… Ca a été comme ça durant tout le show : on nous a dévoilé la quasi-intégralité de la carte d'Extreme Rules au cours de la soirée sans montrer quoi que ce soit à l'écran, ni le pourquoi, ni le comment, ni les réactions.

 

Mais passons parce qu'il est temps de danser. Et c'est serious business (à ne pas confondre avec this business qui viendra  plus tard), c'est Jerry qui le dit : ce n'est pas un concours de popularité, mais un concours de danse ! Quand ça vient du juge du dernier concours remporté par le Great Khali, ça a un certain poids. Fandango fait son entrée sous quelques huées, une première indication sur le public présent ce soir, qu'on aura du mal à qualifier de smart et globalement qu'on aura du mal à qualifier de bon. Le pauvre caméraman essaie bien de cadrer en plan serré les deux ou trois personnes qui lèvent mollement les doigts en rythme mais je pense qu'il faut se rendre à l'évidence, même avec la meilleure réalisation du monde, tu ne feras pas croire que Chicago ovationne Cena ou que la foule de ce soir donne dans le fandangoing.

 

 

Cette fois, avec cette référence à Une partie Homérique, c'est sûr que je vais la serrer la Kaitlyn.

 

 

Vêtu d'une veste rappelant les plus belles interruptions des programmes, Fandango est accompagné de Summer Rae. Pour ceux qui n'ont pas suivi, l'explication de l'alternance entre la diva blonde de NXT et la délicieuse inconnue vénérée par l'IWC, c'est que cette dernière suit des études et ne peut donc pas travailler à plein temps à la WWE. Niveau kayfabe par contre c'est bancal vu que la danseuse qui l'accompagne est amenée à prendre de plus en plus d'importance dans les storylines et que la relation à l'écran dépasse la simple danse. On aurait pu imaginer un personnage de tombeur avec chaque fois une danseuse différente à son bras, ou quelque explication cohérente mais malheureusement on n’a droit à rien de tel. Je passerai aussi sur Summer Rae qui il y a quelques épisodes a trahi Fandango en dansant avec Jericho sous ses yeux sans que ce soit mentionné ultérieurement. Enfin le plus gros souci dans le cas présent, c'est quand même que la brave Summer ne sait pas danser.

 

Fandango n'est pas beaucoup plus habile mais c'est moins voyant quand il est bien accompagné. Ce qui est le cas de son adversaire du soir, sorte de croisement entre Patrick Swayze et un Daft Punk, qui fait son entrée avec une danseuse professionnelle, qui était sa partenaire dans Danse avec les Stars, si j'ai bien compris. Bon pour la promo de Y2J, je vous la fais courte : « RAW is Jericho (…) never eveeeer (…) <insérez ici une modification humoristique du nom de Fandango> ». Pareil pour la danse de Fandango qui s'est écourtée rapidement : Summer Rae chute et se blesse à la cheville.

 

 

–  Oh my god Jerry, will she overcome the odds and retain her title ?

– Putain Michael, mélange pas tes fiches !

 

 

Fandango l'engueule et se barre pendant que l'autre danseuse puis Jericho vont aux nouvelles. Le danseur à la veste multicolore revient sur le ring et  agresse Y2J en le fracassant contre les escaliers, les barrières et pas mal de trucs, avant de le percuter avec une dalle du faux plancher qui était installé sur le ring pour l'occasion. Summer Rae se marre, se relève et repart en dansant avec celui-dont-on-doit-prononcer-correctement-le-nom. Le premier truc qui choque, c'est que ce segment n'était finalement pas si mal. Summer Rae s'est imposée comme valet au lieu de rester une simple accompagnatrice, la feud a avancé et ça a permis d… Attendez, le show a commencé depuis vingt minutes là ? Vingt minutes, d'entrée, pour un concours de danse ?! Mieux vaut ne pas y penser… Le vrai truc bien, c'est l'interview dans les coulisses de Jericho un peu plus tard, où il fait enfin une vraie promo, ajoutant de l'intensité à sa rivalité et surtout sans humour de bas étage. Il s'est fait humilier, il va le défoncer. Point final, pas de vannes sur les culottes de Vickie ou de « fandumbo ». Bon par contre ne rêvez pas, ce n'est pas encore maintenant qu'on aura du catch, juste un Ryback/Ryder. Meat hook/Shell shock, une minute douche comprise.

 

 

Oui oui c'est pas mal, mais tu as encore huit niveaux de Super Saiyan de retard sur Cena.

 

 

Double entrée de jobber pour continuer, avec les Prime Time Players et les Tons of Funk. Brodus Clay se fait piquer à la gorge par le peigne de Darren Young et Titus O'Neil fait le tombé par roll-up… C'est officiel, on vient d'assister à un match de divas.

 

 

 

Merci, Dolph.

 

Teddy Long arrive dans un costume rouge hideux et trois fois trop long pour faire une annonce et c'est à propos de Ziggler, justement. Les fesses de tous les smarts du monde se mettent à claquer. Teddy confirme que mon assistant personnel de nalyse ne sera pas apte à combattre pour Extreme Rules et qu'il doit prendre une décision à ce sujet. On note que l'action cigüe vient de prendre 194 points à la bourse de New York. Jack Swagger et Zeb Colter arrivent et le "père fondateur" exige que le champion soit destitué de son titre et que celui-ci soit attribué au Real American – ben oui après tout, ça ne coûte rien d'essayer, hein. Là-dessus, c'est AJ Lee et Big E Langston qui débarquent et c'est cette fois à la veuve éplorée de formuler ses demandes : une suspension ou carrément le renvoi de Jack Swagger pour avoir mis en danger la santé de son Zigglypuff. Mais Teddy est un homme juste : il n'enlèvera pas sa ceinture au champion poids lourds, et à Extreme Rules, ce sera un  #1 Contender I quit match entre Alberto Del Rio et Jack Swagger. Et ce soir, Big E Langston combattra l’un de ces deux hommes et ce sera aux fans de décider lequel.

 

 

Incroyable mais vrai : ce segment n'a pas donné lieu à un tag team match.

 

 

Commençons par le point positif : Ziggler conserve son titre. Ca montre que la WWE a des plans pour le Show Off. Dans le cas contraire, ils ne se seraient pas privés de mettre la ceinture en jeu à Extreme Rules, d'autant qu'il y a un historique sur le sujet au sein de la fédération. Mais c'est quand même sacrément dommage que le match le plus alléchant et le mieux booké d'Extreme Rules soit supprimé. Si Swagger et Del Rio sont deux excellents workers, l'intensité ne sera pas la même. Les fans n'attendaient qu'une intervention de Ziggler avant son cash-in et ont probablement été lassés par l'accumulation des confrontations directes entre les deux hommes : 4 confrontations directes avec des stipulations à peine différentes (5 en comptant le triple threat tag) en un mois alors qu'ils sortent d'un affrontement à Mania, ça fait beaucoup. Pourtant, les matchs en question ont été d'excellente facture, certains même meilleurs que leur match à WM.

 

Le plus gros souci reste celui de la cohérence vis à vis de Del Rio. Ayant perdu son titre, il a droit à son rematch. Parce que Swagger fait valoir ses arguments et intervient au moment où il fait jouer sa clause en weekly, on l'intègre à la rencontre, mais à la base il s'agit quand même du classique match retour entre le champion sortant et l'actuel. Et maintenant, il doit disputer un match pour avoir le title shot qu'il devrait déjà pouvoir faire valoir ? Ca n'a aucune logique.

 

Les mésaventures du Mexicain ne s'arrêtent pas là. Ricardo Rodriguez remporte un match contre Colter et Langston et donne ainsi à son patron le droit de choisir une stipulation, ce qu'il fait dans la foulée : un Ladder. Finalement, Teddy Long décide de mettre un I quit match, comme ça, parce qu'il le sent bien. Un Ladder match — au-delà du fait que c'est généralement plus sympa, surtout avec des mecs capables de prendre des gros bumps —, c'est un peu con sans ceinture accrochée donc je veux bien, encore qu'on aurait pu s'arranger en y mettant un contrat mais admettons. Ca ne m’aurait pas paru délirant de laisser à Del Rio le choix de la nouvelle stipulation et à ce moment-là, libre à lui de faire un speech expliquant qu’il veut humilier ce perro en le faisant abandonner ou je ne sais quoi. Là, le mec passe d'un rematch quand il veut où il veut avec la stipulation de son choix à un #1 Contender match avec stipulation choisie par le m… le… Enfin il fait quoi Teddy Long au fait ?

 

 

Zeb Colter est outré : ce domestique ne lui a même pas proposé d'aller accrocher sa veste.

 

 

Maintenant, c'est vrai que la situation est quand même compliquée, j'avais imaginé pas mal de scénarios dans ma tête et j'avoue que celui qui me bottait le plus, c'était de voir l'annonce du retrait de la ceinture de Ziggler avant que Big E Langston débarque pour dire qu'il prenait sa place dans le Triple Threat pour défendre les couleurs de son patron et lui donner une chance de conserver son titre. Ce qui aurait permis, une fois que Langston eût gagné le match, un tas de possibilités pour le futur de la Team Rocket : des liens renforcés par la loyauté du big man, Big E qui prend la grosse tête avec une inversion des rôles au sein de la stable, qui demande un title shot en loucedé vu qu'il a été capable de tenir tête aux deux prétendants… En tout cas, après son arrestation en plein push vers Wrestlemania, Swagger aura blessé le champion une semaine avant un PPV ; j'en connais un qui a envie de retourner jobber pour Santino Marella.

 

 

 

 

Quand je vous dis qu'on enchaîne les annonces importantes et simples montages promotionnels : le match pour le titre US opposera Kofi Kingston à Dean Ambrose ! On le sentait un peu venir, sur le papier ça me plaît énormément en tout cas, que ce soit pour le combat entre deux excellents catcheurs avec deux styles différents mais, j'en suis certain, complémentaires ou pour la poursuite de l'histoire du Shield. Parce que, vous vous en doutez, un peu plus tard dans la soirée (et toujours par le même procédé un peu fainéant), on nous a annoncé un match pour les titres par équipes entre Hell No et Rollins/Reigns, et pas un Tag Team match mais un Tornado match, c'est-à-dire avec les quatre hommes sur le ring. Et ça, c'est bieng à tous les niveaux. Mais en attendant c'est le champion US qui s'apprête à combattre.

 

 

 

 

En effet, ce n'est pas Dolph Ziggler qui fait son entrée sur le ring mais Damien Sandow. Sans chanter cette fois (même moi je l'aurais hué, là) parce que le thème d'entrée de Kofi, tout comme son règne, est ridicule aux yeux du sauveur intellectuel des masses. Match malheureusement très court mais agréable avec Sandow qui place rapidement son combo Russian Legsweep-Elbow of Disdain avant de continuer le travail entamé sur les côtes de Kofi en début de match par une soumission. Kingston revient dans le match, place son Boom drop mais Sandow évite son finisher et place un très élégant Corkscrew Neckbreaker pour le nearfall avant de se faire prendre par le Trouble in Paradise du Ghanéen.

 

J'ai assez pesté contre le traitement des champions secondaires pour ne pas saluer ce match. Je fais toujours la grimace quand il s'agit de voir Sandow perdre mais ici, Kofi a eu un match équilibré contre un challenger potentiel et finit par le gagner, c'est comme ça que ça devrait se passer, pas un squash contre le Big Show ou je ne sais qui. Le gros problème, c'est quand même de donner moins de trois minutes à un mec qui a montré qu'il était capable de sortir un des matchs de l'année quand il avait un peu de temps devant lui (Kingston/Cesaro à Main Event, si vous ne l'avez pas encore vu, foncez) et un jeune talent qui mériterait d'en avoir lui aussi la possibilité. Parce que là, si vous avez suivi un peu, les trois premiers matchs cumulés ont eu moins d'un tiers du temps alloué au dance off de début. Ca vous pose un show.

 

 

Convaincante, cette représentation visuelle de la carrière de Kofi Kingston.

 

 

Aujourd'hui, dans « les règles du catch par Mark Henry », le World’s Strongest Man nous a fait une démonstration du déroulement d'un Strap match (pour rappel, c'est la stipulation de son affrontement avec Sheamus à Extreme Rules) en touchant les quatre bords du ring, trainant par terre au bout d'une lanière Josh Matthews qui venait de lui demander comment sa force allait lui servir pour cette stipulation. C'était rigolo en tout cas. Sur ce, Sheamus débarque, se fait traiter de lâche par Henry qui lui demande de venir sur le ring alors que ce dernier a toujours sa sangle dans la main. L'Irlandais en récupère une sous le ring, les deux se frappent mutuellement mais c'est le fella qui prend l'avantage et Henry bat en retraite.

 

 

 

Cette feud me laisse complètement froid. D'un côté, on a Mark Henry que je trouve génial dans ses promos mais qui m'endort dès qu'il a autre chose à faire dans un match que détruire Zack Ryder, de l'autre Sheamus qui est insupportable dans sa gimmick actuelle mais qui met de l'intensité dans ses matchs et qui a été capable d'en sortir de très bons avec le Big Show dans une feud qui est quasiment similaire dans les rôles des deux hommes. Le problème c'est que Mark Henry n'est pas le Big Show, il n'a ni sa mobilité ni ses aptitudes sur le ring et s'il a mis dix ans à réussir à la WWE — ou plutôt si la WWE a mis dix ans à comprendre comment l'utiliser —, ce n'est pas un hasard.

 

Henry est une boule de puissance, il n'a pas besoin de gimmick ou de matchs contre des jobbers locaux pour imposer ça dans la tête des gens parce qu'il l'est, tout simplement. Le gros problème que j'ai avec cette rivalité c'est qu'elle a montré Henry comme l'homme le plus fort du monde mais qu'elle a laissé entendre que Sheamus n'en était pas si loin que ça, ce qui est une aberration monumentale. Quand Henry ridiculise au tir à la corde Tensai et Brodus Clay qui ne sont pas exactement des poids légers et que Sheamus arrive et lui résiste assez longtemps ou quand les deux hommes ont un bras de fer disputé, j'ai beau suspendre mon incrédulité aussi longtemps que possible, je ne peux pas faire autre chose que soupirer devant mon écran.

 

Une semaine après avoir cassé les deux bras du fils de Mark Henry sous ses yeux pendant qu'ils s'affrontaient dans un combat de pouces hardcore, il vient de lui prendre ses écharpes. Quel taquin ce Sheamus !

 

 

Ca n'a strictement aucun sens. Il faut juste savoir quelle histoire tu veux raconter. Le big man qui se retrouve confronté au big man des big men ? Très bien, dans ce cas tu montres qu'Henry est une force de la nature, et pas juste à moitié. Tu ne le montres pas mis à mal par Sheamus au bras de fer une semaine avant de lui faire tirer deux semi-remorques dans le parking. Juste une confrontation entre big men ? Dans ce cas les protagonistes sont mal choisis. C'est exactement le même problème que contre Ryback où l'histoire racontée avant le match ne concordait pas avec celle racontée au cours du match. Ryback fait jeu égal avec Henry dans un concours de développé couché (really ? really ? really ?) et on nous vend une confrontation entre deux monstres alors que le match a juste montré une domination écrasante de Mark Henry et une démonstration de force de Ryback pour montrer que, quand même, il est balèze aussi. Ah, et ce match était ennuyeux à mourir.

 

Une petite pause pub maintenant avec un teaser, « 12 rounds 2 Reloaded » avec Randy Orton. Un film d'action comme les scénaristes en écrivent quinze par jour mais produit par WWE Studios et avec le mec le moins expressif du roster en acteur principal… Ca provoque chez moi une sorte de curiosité morbide. Ce n'est pas pour autant que je regarderai une seule minute de ce truc, restons sérieux.

 

 

Le personnage principal apprend que sa femme vient d'être enlevée par un génie maléfique.

 

 

Le problème c'est qu'à la sortie de ce trailer, on voit Antonio Cesaro sur le ring. Je ne me formalise pas trop pour l'entrée de jobber sachant que seul Damien Sandow a eu une entrée complète avant son match et que ça ne lui a pas vraiment réussi. Mes craintes se portent sur le timing de cette apparition, et bingo : c'est bien Orton qui se pointe. Un match que l'on a vu il y a moins d'une semaine. Vous ne vous souvenez pas ? C'était deux jours après que le Suisse ait fait une promo où il annonçait qu'il valait mieux que les adversaires qu'on lui donnait. Mais si, on disait même qu'il allait enfin avoir un push bien mérité ! Et oui, le push de Cesaro, tout ça. Bref, revenons à notre match : clothesline, clothesline, powerslam ah non évité, ah powerslam quand même, DDT de la seconde corde ah non évité, RKO du coup. Trois minutes.

 

 

Une fois débarrassé de ce Suisse, l'ouïe surdéveloppée de l’Apex Predator lui permet de repérer un autre midcarder talentueux qui réclame un push. Il a trouvé son  jobber pour les quatre prochains RAW.

 

 

C'est un revenant qui s'avance : le Miz, et avec un nouveau t-shirt s’il vous plaît. Bon, je sais que mon opinion est clairement minoritaire mais moi j'accroche au Miz, il se défend bien dans le ring (beaucoup mieux que ce que certaines mauvaises langues voudraient faire croire) et sait jouer avec un public, il l'a montré de nombreuses fois en tant que heel et je suis persuadé qu'il en sera de même en babyface. Son adversaire de ce soir est Heath Slater, accompagné par ses deux compagnons de la chanson et là encore je crie « ouais » ! Ce mec est un vrai worker, il est divertissant,  excelle dans son rôle, et est un très bon seller (ce qui est une qualité énorme pour un mec qui a une gimmick de paillasson), Vader l'avait loué auprès des officiels après leur match peu avant RAW 1000. J'ajoute que même si malheureusement on le voit trop peu souvent, quand il fait autre chose qu'un job il sort de très bons matchs. Je vais encore faire de la pub pour Main Event mais son match contre Justin Gabriel il y a deux semaines est très bon (et figure dans le même show que le Kingston/Cesaro alors qu'est-ce que vous attendez ?).

 

Le match est dominé par le Miz qui déroule avant que Jinder Mahal n'intervienne et permette au leader des 3MB de prendre l'ascendant. Les deux hommes sont sur la deuxième corde, Slater se fait balancer sur ses deux partenaires qui se tenaient aux abords du ring et une fois de retour entre les quatre cordes, tape des deux mains sur une figure four leglock. Un match solide, le plus long et le meilleur de la soirée jusque là. Et oui, on en est là. A noter que par le même procédé utilisé tout le long du show, on nous a annoncé le pre-show d'Extreme Rules : The Miz – Cody Rhodes. Un match qui vient de nulle part sachant que les deux superstars ne se sont pas retrouvées ensemble devant une caméra depuis trois mois mais après tout, n'est-ce pas le propre d'un dark match ? Au moins, ce n'est pas une ceinture qui s'y retrouve reléguée et ça pourrait donner un bon match s'ils ont plus de trois minutes dans le ring (j'ai encore un peu les boules du pre-show d'une heure pour un title match de quatre minutes) donc pourquoi pas.

 

 

 

 

On passe donc au… 6-man tag team elimination match ? Etonnant de voir ce match placé aussi tôt dans le show, j'imaginais que ça allait être le Main Event. On finira donc sur le deuxième segment annoncé depuis le début de RAW : Triple H et Brock Lesnar face à face. Gé-nial. Mais un seul sujet d'énervement à la fois. Le 6-man match donc, exactement les mêmes protagonistes qu'il y a deux semaines avec une stipulation légèrement différente, le thème de la soirée est l'originalité. A noter qu'on annonce un Kane vs Seth Rollins à Main Event, miam.

 

Un début de match assez classique, le Shield et Hell No ont l'habitude de catcher ensemble et ça se voit. A 3vs3, les changements se font surtout entre Kane et Daniel Bryan et le match est comme d’habitude avec ceux-là : très bon. Durant son tag, Kane attaque les trois membres du Shield et amène le combat en-dehors du ring où il finira par se faire disqualifier pour avoir continué de les tabasser malgré les protestations de l'arbitre en utilisant le revêtement de la table des commentateurs (je ne sais pas comment appeler ça, c'est du plastique en plus non ?) et c'est donc un 3 contre 2. Le match bascule et on retrouve Cena dans un rôle qu'il connait mieux que quiconque, celui du face en péril. Il se fait bien maraver par les trois membres, prend quelques signatures moves (DDT d'Ambrose, knee drop de Rollins (ce n'est pas son finisher à la base ?)) résiste évidemment. Le bon point, c'est que du coup, le sauveur qui débarque pour tout casser s'appelle Daniel Bryan, avec des no kicks jusqu'aux crampes. L'American Dragon finit quand même par se faire éliminer par Ambrose qui, après un blind tag alors que Seth Rollins était en train de se faire malmener et qu'il allait être pris dans le no lock, parvient à placer son Headlock Driver (un peu botché d'ailleurs, beaucoup moins impressionnant que contre Kofi par exemple).

 

 

 

3 contre 1 donc. 3 contre Cena, plutôt. A ce moment-là, je me suis dit « Cena est le favori ». Un peu le genre de trucs que l'on dit pour conjurer le sort parce qu'évidemment, peut-on imaginer que Cena, qui est en plus blessé en kayfabe, puisse vaincre tout seul la stable invaincue, alors même qu'il avait perdu un 3vs3 contre eux en PPV, alors qu’il était accompagné de deux des top faces de l'époque ?  On en fait des tonnes sur son booking mais il ne faut pas pousser hein ! Haha, Cena qui bat le Shield tout seul, non mais on pense de ces trucs des fois.

 

 

 

 

Bon, d'accord il élimine Rollins malgré un gros moment fort du Shield qui l'a tabassé dans le coin mais c'est normal, c'est le champion quand même. Shoulder block, Shoulder block, Spin-Out Powerbomb, Five knuckle suffle, Attitude Adjustment, malgré la tentative d'intervention des deux membres du Shield, bon, pourquoi pas.

 

 

 

 

Intelligent ça ! Reigns se fait disqualifier pour avoir refusé de quitter le ring et a porté un spear à Cena, comme ça il sera revenu à 1vs1 donc booké fort, le Shield a fait sa heelerie et Ambrose pourra enchaîner les victoires de prestige ! Ah, Cena se dégage du tombé… Bon c'est vrai qu'Ambrose a mis du temps à faire le pin donc pourquoi pas, et puis ça sera l'occasion de mettre en valeur son finisher.

 

 

 

 

!!!

 

 

… Si je résume bien, les mecs sont invaincus en équipe depuis leur arrivée, c'est-à-dire cinq mois. Ils ont battu des équipes comme, dans l'ordre croissant d'importance dans la carte, Orton/Sheamus/Big Show, Cena/Ryback/Sheamus, Undertaker/Kane/Bryan et Gabriel/Khali/Ryder. Tout ça, de façon clean. Ils ont un match ce soir contre une équipe qu'ils ont déjà vaincue il y a deux semaines, chacun des membres de cette équipe ayant participé à de nombreux combats face au Shield, tous perdus. Les champions par équipe sont éliminés, cette stable jamais vaincue est donc face à un champion diminué par une blessure à la cheville. Et ils perdent par disqualification.

 

Je me fous de la manière, je me fous que ce soit sur une disqualification, je me fous du beatdown final et de l'image des trois membres du Shield debout au-dessus de Cena : on vient de donner au Shield sa première défaite et c'est contre Cena tout seul bordel de putain. Le Taker fait son premier match à RAW en trois ans et il a perdu, comme les autres, comme tous les autres babyfaces du roster. Tu as un nombre incalculable de possibilités pour que le champion soit montré fort, tu en as mille fois l'occasion, tu peux utiliser la disqualification volontaire de Reigns, tu peux tout simplement penser que le mec qui est seul contre trois, qui en élimine deux et qui perd contre le troisième c'est déjà pas mal. Mais non. Beatdown final, coup de chaise de Ryback sur la cheville de Cena. Ah oui tiens, la blessure, comme il sautille partout, qu'absolument personne ne l'a mentionné, on l'avait presque oublié mais c'est vrai, il est blessé. Il arrivera probablement au prochain show avec son strap.

 

 

Cena est blessé, comment va-t-il faire contre Ryback, c'est clairement l'underdog, je me demande s'il va réussir à déjouer les pronostics. Putain.

 

 

Le résultat du sondage tombe : c'est Jack Swagger qui affrontera Big E Langston. A ce sujet, j'ai toujours pensé que les votes des fans à la WWE étaient arrangés pour coller aux volontés des bookers, j'ai donc été assez surpris par ce résultat et les commentateurs le semblaient aussi (ils jouent peut-être très bien la comédie, remarquez). Un affrontement heel/heel et gros balèze/gros balèze, l'occasion d'entendre quelques "USA USA" (en opposition à cet étranger maléfique venu de Tampa, Floride) et autres chants pro-Swagger. Cette partie de l'Amérique est charmante. Le match commence avec des coups de bélier sur un Langston inamovible pour bien montrer qu'il est costaud — au cas où on ne l'aurait pas remarqué. Une belle superplex de la seconde corde par l'homme de main de Ziggler plus tard, Swagger place son ankle lock. Big E reste assez longtemps dans la prise puisqu'il prend ce qui doit être le chemin le plus long possible pour attraper une corde (vous savez, un peu genre Snake, avec plein de détours) et qu'il no-sell complètement en sautant sur ses deux pieds juste après. Quand on vous dit qu'il a tout pour devenir un top face.

 

Le mur velcro, une attraction pour petits et grands.

 

 

Le combat se poursuit hors du ring et Swagger évite une charge de Big E qui passe derrière la barrière de sécurité et qui perd le match par décompte à l'extérieur alors que le nationaliste est revenu sur le ring pendant que l'arbitre faisait son compte de 10. Là-dessus, Del Rio arrive pour attaquer Swagger mais se fait massacrer par ce dernier, avant que Ricardo n'intervienne pour lui balancer son seau. Je dois dire que j'adore ce running gag, j'étais absolument mort de rire sur la séquence avec Langston qui ne bouge pas d'un poil lors de leur match et on a eu la même chose ici. Langston intervient pour casser le cross armbreaker de Del Rio et tabasser lui-même Swagger, le Mexicain le dégage avec un Enzuigiri et fait passer son adversaire de dimanche par-dessus la troisième corde avant que sa musique ne retentisse pour lui permettre de célébrer… Ben rien en fait, d'être intervenu pour taper un type qui sort d'un match de sept minutes, probablement.

 

On enchaîne avec une Battle Roy… Ah non excusez moi, c'est juste la table des commentateurs. Table qui en plus des trois habituels de RAW accueille Kaitlyn et les Bella Twins. Une belle idée de merde, puisque le match qui a suivi a été complètement gâché par des commentaires déplacés et irrespectueux. On est habitué à la misogynie crasse d'un Lawler, mais quand tu as en plus deux divas dont la gimmick est d'être des pestes et que les autres commentateurs plongent également, ça donne une bouillie absolue (je sauve Kaitlyn qui était la seule à avoir l'air d'en avoir quelque chose à faire). Parce qu'en plus, vu que c'était probablement trop en demander que de faire une vidéo d'une minute backstage, la championne des Divas reçoit un cadeau de son admirateur secret en plein match. Même le caméraman ne se préoccupe pas de ce qui se passe sur le ring et autant dire que c'est sacrément dommage parce que ce sont deux vraies catcheuses qui s'affrontent : Natalya et AJ Lee. On a vu quelques beaux mouvements même si c'était difficile de suivre ce match qui a été sans surprise court (trois minutes) et assez haché et marqué surtout par une superbe soumission de la Geek Goddess pour contrer un Sidewalk slam de Natalya qui finira par taper pour signifier son abandon.

 

 

Non, je n'ai absolument rien de drôle à dire sur cette vignette, c'est juste que cette soumission est géniale.

 

 

On arrive à la fin du show (et de cet article, rassurez-vous) avec, je cite "HHH and Brock Lesnar face to face" comme promis tout le long du show. Je ne vais pas essayer de me la jouer objectivité ou quoi que ce soit : Triple H m'insupporte. Ca n'a pas toujours été le cas et j'ai longtemps trouvé les critiques un peu injustes vu qu'il sortait de très bons matchs en PPV. Mais là, je n'en peux plus. Je n'en peux plus de le voir monopoliser les part-timers qui pourraient à la place mettre en valeur des jeunes talents, je n'en peux plus de son personnage, je n'en peux plus de ces feuds qui prennent des semaines  à base de "HHH lance un message à Lesnar", "Lesnar répond à HHH", "HHH et Lesnar face à face", "Signature de contrat entre HHH et Lesnar", "Shawn Michaels fait son apparition trimestrielle pour montrer la marque de sa casquette"…

 

Pour rappel des précédents épisodes, on a Triple H qui envoie un e-mail pour dire qu'il ne sera pas là mais qui en fait est là tellement c'est un assassin cérébral, Triple H qui inflige son finisher à un manager de 47 ans en surpoids tellement il est balèze, Triple H qui dit qu'il se fout que Lesnar ait détruit son bureau et brutalisé ses employés tellement il est cool, Triple H qui dit à Heyman qu'il s'y connait aussi en extrême parce qu'il est un membre fondateur de DX (et rien n'est plus hardcore que faire des blagues de cul et pointer son entrejambe)… Ben ce soir, vous avez Triple H qui parle pendant dix minutes, qui coupe la parole à Paul Heyman après dix secondes, qui traite Lesnar de "bitch" tellement il est badass et qui le balance en-dehors de la cage tellement il a compris les règles de son futur combat.

 

 

Live Solo Sex Celebration.

 

 

Alors un message aux spectateurs du RAW d'après Extreme Rules. S'il perd, s'il vous plaît, ovationnez-le. "Thank you Hunter *clap clap clap*" ou "You're a real man, a badass, we believe you, stop showing your crotch *clap clap clap*" histoire qu'il puisse prendre sa retraite des rings — la vraie — et se consacrer au management backstage où il semble faire du bon boulot. Et qu'il laisse Lesnar être le monstre qu'il est plutôt que de l'humilier pour bien montrer que personne ne peut être plus cool que lui, le catcheur semi-retraité de 45 balais pour qui le monde se divise en deux catégories : les hommes et les putes.

 

 

 

 

Il y  a pas mal de choses à dire sur ce show. Il y en aurait même probablement plus que ce que j'ai fait, notamment la "nouvelle manière de regarder la télévision", qui consiste en gros à regarder des interviews dans les coulisses sur son smartphone pendant qu'un match se déroule ce qui en soi est assez révolutionnaire en effet. Au final, à froid, on a l'impression d'un truc construit à toute vitesse, avec les bookers qui se sont dit juste avant l'enregistrement ''ah mais oui c'est vrai que c'est le dernier RAW avant Extreme Rules" et qui programment en urgence les deux tiers de la carte en trois heures. Si les derniers shows avaient permis au moins de voir de beaux matchs (il y a deux semaines, quatre matchs de quinze minutes chacun) ici on a été cantonné au strict minimum et en mettant de côté le 6-man match, les sept combats ont duré en cumulé à peine plus de 20 minutes, c'est-à-dire le temps alloué au dance off ou à la confrontation entre Triple H et Lesnar… Autant dire qu'il n'y a pas grand chose qui puisse rattraper le sale goût laissé par cet épisode. On dit souvent que Smackdown est "dispensable mais sympa" dans la mesure où  les rivalités n'avancent pas mais qu'on passe un bon moment et qu'on a droit à de vrais bons matchs de temps à autre. Là c'est un peu l'inverse.

 

 

J'espère que vous avez pris plus de plaisir à lire cette nalyse qu'à regarder cette purge, merci !

 

 

 

 

Et merci Dolph, évidemment.

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