Catch

La Gazette de SmackDown

Je rêve de rejoindre le Levant par le Ponant.

Christophe Colomb

 

Après cette citation introductive qui ne sert à rien d'autre qu'à faire ma pub, en sale marketeur que je suis, je vous propose de passer à une libre adaptation d'un format cher aux Cahiers du Football : la gazette. Il m'a semblé pertinent de voir le dernier SmackDown en date sous cet angle, la continuité narrative du show étant à mon sens à placer à l'arrière-plan d'un certain nombre d'observations et d'analyses qui je l'espère seront plus intéressantes pour vous, chers lecteurs !

 

 

Et si vous n'êtes pas de mon avis, je dirai à Daniel Bryan que c'est vous qui avez planqué son peigne et son rasoir ! Sauf bien sûr, si vous êtes très convaincants en commentaires de cet article…

 

 

Nalyse de SmackDown du 31 mai

 

 

Kane bat Seth Rollins sur tombé

Roman Reigns bat Daniel Bryan par DQ

Curtis Axel bat Sin Cara sur tombé

Big E Langston bat Alberto Del Rio sur tombé

Ryback bat Kofi Kingston sur tombé

Chris Jericho bat Cody Rhodes par soumission

Randy Orton bat Dean Ambrose par DQ

 

 

Ce qu'il faut retenir de cet épisode

 

Incontestablement : Daniel Bryan. Le barbu bondissant a proposé une partition soignée en solo pendant son match, des segments promos rondements menés, et surtout une dernière minute d'antenne au cours de laquelle il met en déroute le Shield presque tout seul, finissant acclamé dans le ring entre Orton et Kane lui levant les bras sous un ouragan de "Yes !". Le split avec Kane est désormais plus proche que jamais, et aussi dorée que fut la cage constituée par l'équipe, il est temps pour le plus petit des deux cinglés de s'envoler vers les étoiles ! Si un doute devait subsister, son omniprésence médiatique pour la WWE ces six derniers mois devrait achever de rassurer les plus sceptiques sur la cote du garçon en coulisses.

 

 

Et imaginez les retombées publicitaires en cas de partenariat avec l'Oreal !

 

 

Big E Langston continue de battre régulièrement le challenger officiel au titre de champion du monde poids lourds, sans tricher outre mesure ni déparer au milieu de catcheurs bien plus chevronnés que lui. On a également vu lors de son passage à NXT (où il officie par ailleurs toujours en temps que face) que le garçon avait une bonne interaction avec les foules. De bon augure pour lui, non ?

 

 

Désolé Kofi, on peut pas avoir deux noirs qui réussissent en même temps. Consigne du patron.

 

 

Les observations en vrac

 

Alberto Del Rio n'est déjà pas le gentil présenté comme le plus fort du roster (une hiérarchie kayfabe subjective le plaçant vraisemblablement derrière Cena, Sheamus, Orton, HHH voire Jericho), mais il semble en plus marquer le pas en termes de popularité, tout juste sauvé par la cote d'amour de son Ricardo de valet. Il n'est pas sifflé à la Cena, non, pire, il indiffère…

 

Popularité toujours, Ryback est lui plutôt bien soutenu pour un heel, puisqu'on l'a même vu martyriser Kofi Kinston ce vendredi sous les vivats d'une foule enthousiaste. Est-ce qu'il échoue à faire ce qu'on attend de lui, ou est-ce que la distinction face/heel a vécu ? Comment en effet dans le contexte télévisuel actuel attendre d'un public qu'il continue de chérir un Great Khali chiant comme la mort, tout en huant un Dolph Ziggler ou un Seth Rollins pourvoyeurs de spots d'anthologie ?

 

 

Exemple pertinent : cette spectaculaire claque digne des meilleurs catfights !

 

 

On reste sur Ryback et Kofi : à la fin de leur match, le béhémoth a fait passer le gentil Ghanéen à travers trois tables, le laissant bien mal en point et… dans une ambulance (clin d'oeil à la stipulation du prochain match pour le titre WWE). Ce final est en réalité un work, permettant d'attribuer au musculeux affamé une blessure à l'épaule existante de Kofi Kingston, pour laquelle il va devoir passer par un bloc opératoire. Durée estimée de l'absence : un à deux mois.

 

Cet épisode de SmackDown était le dernier de la série d'émissions au pays de la feuille d'érable entamée ces derniers jours par la WWE. Or, il y a un catcheur canadien dans le vestiaire de la fédération de Stamford dont le retour à l'antenne est un serpent de mer… Et si on ne revoyait jamais Christian à la WWE ?

 

 

On est également sans nouvelles de Mason Ryan, Ezekiel Jackson et David Otunga.

 

 

Big E Langston affrontait Alberto Del Rio ce vendredi pour la sixième fois en une semaine, dont quatre à l'antenne. Une volonté des bookers ? Pas vraiment. Dolph Ziggler blessé, son noir de compagnie le remplace au pied levé. Or dans le même temps, le troisième impétrant de la title picture pour le WHC, Jack Swagger, n'est pas autorisé à quitter le territoire, suite à ses soucis de drogue au volant. Ceci explique cela !

 

Chris Jericho gagne en faisant briller son adversaire, à montrer dans toutes les écoles de catch ! Kane et Seth Rollins offrent une démonstration de catch grand contre petit, à montrer dans toutes les écoles de catch ! Roman Reigns tire un match tout juste correct de Daniel Bryan dans une configuration similaire, et face à un worker faisant partie des tout meilleurs. Il a été dans quelle école de catch lui déjà ?

 

 

La même que Cody Rhodes, Tamina Snuka ou Curtis Axel.

 

 

Aucune diva en action dans le ring, une seule diva à l'antenne (AJ), tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour la division féminine !

 

Les segments évitables

 

Le RAW rebound, est-il besoin de détailler pourquoi ?

 

La séquence Sandow/Sheamus. Damien Sandow est à l'aise au micro, son personnage intéressant, et ses différents jeux et questions des moments toujours intéressants à regarder. Mais le problème, c'est que quand on le place avec un personnage relativement incompatible avec lui, comme peut l'être Sheamus, ça se finit forcément mal. Et là, le Brogue Kick hebdomadaire totalement incompatible avec la doctrine B.A. Star il était plus évitable que jamais… A ce propos, illustrons la psychologie de Sheamus en quelques vignettes :

 

 

L'autre jour j'ai rencontré une fille qui faisait son jogging. Elle m'a dit : "Coucher avec toi ? Faudrait déjà que tu me rattrapes, lourdaud !"

 

 

Mine de rien, elle courait vite cette conne, pas possible de refaire mon retard…

 

 

…du coup j'ai sorti un flingue, je l'ai abattue et j'ai honoré son cadavre.

 

 

Techniquement, j'ai rien fait de mal. C'est pas moi qui fixe les règles !

 

 

*OUAIIIIIIIS ce gars est un exemple pour nous tous !*

 

 

Mon avis sur SmackDown

 

Je pourrais commencer par copier-coller les avis éditoriaux de tous les observateurs du show bleu depuis des semaines : bien mais pas top, show morne, matchs corrects. Est-ce que ça serait faux ? Certainement pas. Du coup, plutôt que de m'attarder sur le constat, je vais proposer une piste de réflexion.

 

La WWE regorge de talents, au point de devoir remplir des charrettes pour l'échafaud. On va voir débarquer à l'antenne prochainement les Wyatt's boys, après le retour de Curtis Axel, et tout ça alors que des catcheurs méritants comme Punk, le Miz ou Wade Barrett sont peu ou pas présents à l'antenne ces derniers temps, pour diverses raisons. Pendant ce temps, dans l'antichambre que constitue NXT, on a une densité de talents sans doute jamais vue depuis la grande époque des territoires, avec pas mal d'anciennes gloires de l'indy.

 

 

Deux des membres du Roster de NXT : PAC et El Generico

 

 

Or à un moment donné, avoir les meilleurs sous contrat pour les empêcher de partir vers la concurrence c'est bien, mais en faire quelque chose c'est mieux (et la rumeur envoyant JoMo à la TNA ne viendra pas me démentir) !

 

Alors oui, la brand separation ne fait plus sens aujourd'hui, alors que les réseaux sociaux ont fait déborder les histoires hors du cadre télévisuel. Comment un catcheur censé officier le vendredi pourrait-il ignorer ce qui se trame le lundi ? On peut suspendre son incrédulité bien haut, mais il y a des limites.

 

 

– Je vais lui péter la gueule !

– Allons, allons maîtrisez vous monsieur Reigns.

– Mais il a dit qu'il voulait éviscérer ma mère !

– Oui, mais il l'a dit lundi à RAW, et là nous sommes vendredi et à SmackDown, vous ne pouvez donc pas être au courant !

 

 

Mais est-ce que l'on doit pour autant voir exactement la même chose, les mêmes protagonistes et les mêmes histoires à RAW et SD ? Mais bon sang, non !! Si les suiveurs étaient les mêmes, on pourrait envisager de commencer une histoire le lundi et la poursuivre le vendredi. Mais comme ce n'est pas le cas, l'histoire développée dans le show secondaire doit, tel le premier épisode de Plus Belle La Vie venu, n'apporter aucun rebondissement, rendant inepte tout l'intérêt de la démarche !

 

Ne pourrait-on pas voir des catcheurs différents et des histoires distinctes d'une émission à l'autre ? Bien sur que si ! On recréerait ainsi artificiellement une brand separation éphémère et flexible, dictée par les feuds en cours. Del Rio, Ziggler, Cena et Orton s'envoient des noms d'oiseaux ? Parlons-en le lundi. Pendant ce temps, Sheamus dansera la gigue avec Rhodes et Big Show le vendredi. Après quelques semaines, Orton se désintéresse de la question tandis que Rhodes fait quelques promos pour dire que Cena pue ? On laisse Cody s'exprimer le lundi tandis que Randy part danser avec les autres le vendredi ! Ca parait pourtant si simple comme concept…

 

 

Ok, mettons que j'aie rien dit, dites-lui d'arrêter m'sieur McMahon !

 

 

Vouloir concentrer les talents dans les tous nouveaux RAWs de 3h avait une logique tout à fait respectable : maintenir le vaisseau amiral de la fédération à flot, et l'envoyer voguer vers le succès. Mais aujourd'hui que les talents pullulent, il serait temps de se rappeler qu'abondance de biens ne nuit pas, pour nous offrir un programme télévisuel enfin au diapason du potentiel du roster de la fédération. Car oui, c'est non seulement possible, mais surtout souhaitable si la WWE veut sauver SmackDown !

 

 

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