Catch

Nouvelle Ère (?)

Take me to the magic of the moment

On a glory night

Where the children of tomorrow dream away

In the wind of change

Scorpions, Wind of Change

 

Vous le savez, bienveillants lecteurs, le Raw suivant un PPV de qualité est en général attendu avec une impatience teintée de fébrilité et d’un peu de bave aux lèvres. C’est dire si, après l’ébouriffant Summerslam de dimanche dernier, nous étions tout frétillants à l’idée de découvrir quelles révélations stupéfiantes et rebondissements extraordinaires la WWE allait bien pouvoir offrir à nos yeux d’enfants émerveillés. Et nous ne fûmes pas déçus. Parce que, voyez-vous, ce Raw était peut-être bien le plus important de ces dernières années. Si.

 

 

C'est renversant.

 

 

Nalyse de Raw du 19 août

 

 

Allez hop, c’est parti.

 

On s’en fout :

 

Les Funkadactyls et les Bella Twins ont eu une engueulade à propos de l’émission Total Divas. Après, elles ont gagné face à AJ et Layla. Sur un roll-up, forcément, puisque c'était un match de divas.

 

Zack Ryder et Justin Gabriel ont fait de la pub pour des godasses. Fandango est arrivé en dansant tout raide et a volé une paire de grolles. Ce garçon est exaspérant.

 

 

Fandango commence vraiment à me soulier.

 

 

Ça passe le temps mais ça ne sert à rien :

 

Bray Wyatt a squashé R-Truth mais, vu le niveau de cet adversaire, ce n’est pas forcément cela qui va renforcer son personnage, apparu bien faible à Summerslam face à un Kane qu’il ne put battre qu’avec l’aide de ses frangins.

 

Les Uso ont battu Heath Slater et Jinder Mahal.

 

 

Ryback est plus bête que méchant

 

Triste destin que celui de Ryback. Hier encore main eventer, il en est aujourd’hui réduit à jouer les grands benêts agressifs qui embêtent les petits de sixième. Là, il a forcé un gars qui s'était trompé de vestiaire à aller tout habillé sous la douche. Avec son sac de sport. Ouvert. Ce qui a mouillé le gars. Et ses affaires. Celles qui étaient dans son sac. Et celles qu'il portait.

 

 

Et maintenant, je vais aller pisser dans le casier de Zack Ryder ! Satan, Grand Cornu, montre-moi la voie !

 

 

Fandango delenda est

 

Fandango consolida la ferme résolution qu'il avait prise d’emmerder le Miz. Ce soir, c’est pendant son match contre Wade Barrett qu’il intervint. Ceux qui, comme moi, n’ont jamais été convaincus par Mizou et qui estiment que Fandango est un catcheur médiocre dont la gimmick a atteint les limites de son potentiel de distraction quinze jours après ses débuts sont autorisés à s’en faire battre une sans faire bouger l’autre.

 

 

Les années 80 ne sont pas mortes

 

Un petit segment vidéo fit le teasing de l’arrivée prochaine d’une nouvelle équipe : Los Matadores ; il s’agit apparemment d’un recyclage de la gimmick de Tito Santana, avec le masque d’Aldo Montoya (personnage incarné autrefois par celui qui devint plus tard Justin Credible). Il se murmure dans les milieux autorisés que Los Matadores ne seraient autres que Primo et Epico, décidément spécialistes des gimmicks foireuses et éculées (un peu comme moi avec les jeux de mots).

 

 

– Un petit café ?

– Olé !

 

 

Cody Rhodes a tout de même l’air moins con sans moustache

 

Dans un match revanche de Summerslam, Cody Rhodes a encore vaincu Damien Sandow, prouvant si besoin en était qu’il est donc meilleur que le porteur de la mallette, et qu’il pourrait bien s’élever un brin dans la carte et dans un avenir plus ou moins proche, ce qui ne serait que justice.

 

 

Il est vrai que cette gimmick de moustachu commençait à être un peu rasoir.

 

 

Sin Cara est décidément bien maladroit

 

Quelques secondes après le début d’un match contre Alberto del Rio, voilà-t-y pas que le Mexicain masqué dût abandonner le combat. En effet, le pauvret s’était… tordu le doigt. Si. Il semblerait que cette blessure ne soit pas un work (on voit d’ailleurs mal quel serait l’intérêt scénaristique de la chose) et que l’attitude de l’ex Mistico ait été assez mal vue par ses collègues qui estiment inadmissible de faire cesser un affrontement pour un bobo aussi bénin. N’est pas Mick Foley qui veut… Bref, même les défenseurs de Sin Cara (dont je fais partie) doivent reconnaître que ce garçon apparaît de plus en plus comme le Gaston Lagaffe du ring.

 

 

Horreur et déréliction ! Je crois que je me suis coupé en faisant la vaisselle ! Dites à ma femme que je l'aimais…

 

 

L’après-combat n’en fut cependant pas fondamentalement changé : del Rio se lança dans un discours démago dans lequel il se posait en héros de la communauté latino, avant d’être interrompu par son ancien larbin Ricardo Rodriguez, utilisant cette fois sa verve pour annoncer un Rob Van Dam qui péta la gueule du champion à la grande joie d’un public totalement acquis à sa cause. Si l’association Roddiguez / Van Dam s’avère durable, elle pourrait bien apporter un peu d’intérêt au retour de Arevidi, qui laisse certains un peu froids… Mais il est permis de trouver que d'autres mériteraient davantage une rivalité pour le titre WHC. Une suite de la feud de Del Rio avec Christian serait autrement plus riche de suaves promesses !

 

 

Brad Maddox est agaçant

 

Dolph Ziggler ayant eu l’imprudente impudence de dire du mal de Triple H sur Twitter, le General Manager décida de lui donner l’occasion de briller dans un match à handicap contre les primesautiers membres du Shield. Car voyez-vous, Brad Maddox est un homme de paix qui déteste le conflit. Dès qu’il sent un conflit venir, hop, il envoie le Shield arracher la colonne vertébrale du fauteur de trouble.

 

 

Ne le répétez pas, mais l'ONU pense à moi pour régler le conflir israélo-palestinien.

 

 

Malgré les efforts de l’homme dont les génitoires furent longtemps vêtues de rose, il fut vaincu par un spear de Roman Reigns et son corps inanimé fut l’objet d'acharnement bien peu thérapeutique.

 

Un peu plus tard dans l’émission, c’est le Big Show qui s’attira les foudres de Maddox, pour les mêmes raisons et avec pour résultat la même punition. Voilà qui est original. Donc, nouveau match à handicap contre le Shield, dont les membres étaient cette fois autorisés à être tous présents sur le ring en même temps. Fatigués par leur précédent match et faisant face à un adversaire d’un gabarit imposant, les Bouclier Men remportèrent la victoire avec difficulté.

 

Pour la suite des événements, le Big Show a annoncé en interview son intention de se lancer à la conquête du titre tag team avec Mark Henry ; quant à Dolph Ziggler, on l’imagine volontiers se lancer dans une feud avec Dean Ambrose pour la ceinture US, histoire de remonter doucement vers le main event et de reconquérir un titre majeur pour un règne que l’on espère plus long que le précédent…

 

 

Les homossessuels sont gentils

 

Vainqueurs des fascistes Cesaro et Swagger, les Prime Time Players ont donc simultanément quitté leur statut de jobbers et effectué un face turn. Comme ça. Sans raison. Juste après le coming out de Darren Young. Et contre une équipe à la gimmick de méchants de droite. L'on y verra, au choix, ou une cynique opération de séduction de la communauté gay, ou bien une belle preuve d’ouverture d’esprit.

 

 

– Avec Castrol, on s'envole.

– Ah ? Alors donnez-moi de la Motul.

 

 

Paul Heyman est meilleur manager que stratège

 

Après un rappel cinglant de la défaite de CM Punk à Summerslam face au doux Brock Lesnar, Paulo tenta de flatter son ancien protégé en reconnaissant que l’homme au zizi tatoué sur le torse avait dû utiliser la totalité de ses ressources afin de remporter la victoire. Il affirma même qu’il aimait toujours Punk, qu’il voulait le mener à nouveau vers le championnat et le main event, et qu’il était grand temps de mettre fin à cette querelle familiale (notons qu’il utilisa en anglais le terme de « family feud » et que c’est toujours cocasse de voir quelqu’un utiliser le mot feud pendant une promo). Poussé par un élan de générosité hyperbolique, Heyman tendit à Punk la main fraternelle du pardon… à condition que le straight-edge piétine sa fierté et fasse caca dessus. Eh oui, Heyman voulait des excuses ! Le bâtard.

 

Vexé comme une anguille et énervé comme un lynx, Punk y alla quelques minutes plus tard de sa propre promo. Résolu à en découdre, il demanda à Heyman de le rejoindre sur le ring afin de lui expliquer sa façon de penser à grands coups de botte dans le fondement. Le manager des brutes, courageux mais pas téméraire, se présenta bien sous le Titantron, mais accompagné de Curtis Axel. La discussion apparut bien vite comme devant à très court terme se déplacer du terrain de l’argumentation vers celui de la confrontontation physique. Heyman intima alors à Curtis Axel l'ordre de se préparer au combat. Oui. Curtis Axel. Face à un gars qui, de l’aveu même du fondateur de l’ECW, avait poussé Brock Lesnar à puiser au plus profond de ses capacités. Même si Punk était censé être blessé, reconnaissons que la pertinence de cette stratégie était pour le moins discutable. Du coup, que croyez-vous qu’il advint ?

 

 

Bah oui, forcément.

 

 

La séquence se conclut donc sur l’image du regard déterminé d’un Punk dominant Mr Perfect Junior face contre terre. La feud avec Heyman continue donc, mais si Lesnar en est évacué et que Punk se concentre sur le seul Curtis Axel, il sera bien difficile de ne pas y voir une régression.

 

 

John Cena est un homme outré

 

Par un habile et audacieux retour en arrière, revenons au tout début du show, marqué par la promo d’un Cena toujours bien hué par la foule. Humble, l’homme coloré reconnut la supériorité technique de Daniel Bryan et avoua avoir été battu par plus fort que lui ; il assura donc son ancien adversaire de son indéfectible soutien moral et de son éternel respect, et exprima le profond dégoût que lui inspirait l’attitude inqualifiable de cette grosse chiennasse de Triple H. Enfin, après avoir fait une annonce de toute première importance donc je ne parlerai qu’un fin d’article pour vous forcer à me lire jusqu’au bout, il laissa la place au valeureux petit barbu.

 

 

Déçu par sa carrière en catch, Daniel Bryan s'entraîne maintenant pour devenir champion du monde de je te tiiiens tu me tiiiens par la barbicheeetteuh.

 

 

Daniel Bryan est un homme outré aussi, mais encore plus

 

Mais c’était sans compter avec le sans-gêne du patronat de la fédération. Avant d’avoir pu en placer une, Dani Brillant fut interrompu par le thème musical vulgaire et désagréable de l’accorte Stephanie McMahon, venue débiter un discours un peu convenu pour excuser son traître de mari qui, selon elle, n’avait pedigré la gueule de Bryan que dans l’intérêt de la compagnie, la fédération ne pouvant se permettre d’avoir un champion aussi moche et mal foutu, ce à quoi le petit dragon répondit en affichant sa surprise de voir Triple H le rebelle devenu un larbin de l’ordre établi. Ouais, ça c’est envoyé. Bien évidemment, l’affrontement verbal s’envenima et l’ancien champion fut promptement foutu à la porte par les membres de la sécurité à la solde de la famille McMahon.

 

 

La famille McMahon n’a aucun honneur

 

Retour à l'ordre chronologique. Hop. La séquence finale du show nous montra que Triple H avait mis les grands plats autour des petits pour rendre hommage au nouveau champion Randy Orton. Le roster tout entier aligné sous le Titantron, le Shield assurant la sécurité aux abords du ring, la famille McMahon réunie… tout était prévu pour faire du couronnement de la Vipère un moment emprunt d’élégance et de solennité. Le discours du patriarche et de son gendre, quoique redondant par rapport à celui de Stephanie en début d’émission (ça n’a rien de personnel, on aime toujours Daniel mais on a fait ça pour le bien de la compagnie parce qu’il est tout laid et qu’on ne peut pas se permettre de l’avoir comme champion), était assez efficace pour provoquer les réactions de haine attendues de la part du public. Le nouveau champion suscita d’ailleurs les mêmes réactions lors de son arrivée et de ses accolades hypocrites avec la famille royale ; Orton est décidément fait pour être heel.

 

 

La Vipère et la Morue

(Jean de la Fontaine)

 

 

Bien sûr, il fallait s’attendre à ce que la fête soit gâchée. Daniel Bryan qui, rappelez-vous, avait été expulsé en début d’émission, avait réussi à re-rentrer en se faufilant dans le bâtiment aussi discrètement qu’une ombre de ninja, se jouant d'un service de sécurité dont Vince McMahon devrait peut-être songer à reconsidérer le contrat.

 

 

Dépêchez-vous, M. Bryan. On nous attend à Cannes, où nous devons assurer la sécurité d'une exposition de bijoux au Carlton.

 

 

L’air faussement paternel, Triple H proposa au grand perdant de Summerslam de venir chialer un bon coup sur son épaule avant d’aller oublier tout ça en se versant un pastis derrière la cravate à la buvette. Certes, ça sentait le piège, mais Daniel Bryan est un homme courageux. Un courage malheureusement bien peu utile lorsque Roman Reigns lui speara la couenne avant de laisser Orton finir le travail par un RKO qui humilia encore le désormais ancien champion WWE. Et c'est sur le triomphe de l’alliance contre-nature Orton – McMahon que Raw trouva sa logique conclusion.

 

Et même si l’on peut déplorer que le premier titre WWE de Bryan ait été gâché par le cash-in d’Orton, force est de constater que la situation est parfaitement logique d’un point de vue dramaturgique. Daniel Bryan a un personnage de technicien travailleur qui affronte les coups du Destin avec courage et humilité mais ne cesse de s'en prendre la gueule. Le voir se heurter douloureusement au mur de l’ordre établi pourra lui apporter une aura de rebelle digne de celle qui nimba CM Punk lors de l’historique « Summer of Punk » et pourrait lui permettre de se hisser définitivement au plus haut rang des catcheurs légendaires. Vous verrez que son triomphe lorsqu’il conquerra à nouveau le titre n’en sera que plus grand.

 

Et là, vous me direz que tout ça a l’air effectivement diablement efficace, mais d’un classicisme confondant. Où sont donc les bouleversements aux diemensions cosmologiques dont nous parlait ce sombre crétin d'Henri Death au début de sa nalyse ? C'est simple. Prenons en considération le fait suivant :

 

 

Cet homme a mal au coude.

 

 

Et il doit se faire opérer. Il a annoncé pendant sa promo en début de show qu’il allait être absent pendant quatre à six mois.

 

Ce qui veut dire que la voie est libre. Cena convalescent, CM Punk occupé loin du titre majeur, Daniel Bryan va pouvoir devenir le top-face ultime, la Méga Superstar de la compagnie et, si son personnage accroche suffisamment le public (ce qui ne semble pas trop improbable), ouvrir la voie à une nouvelle ère, une ère où les plus grandes stars de la WWE seraient aussi les plus grands techniciens, une ère où le personnage actuel de John Cena n'aurait plus sa place. Et puis allez, tiens, même si personne n’y croit, plaisons-nous à imaginer un retour de Cena au Royal Rumble, suivi d’un vrai heel-turn propre et net, et on aurait là une affiche de rêve. Cena heel contre Bryan pour le titre WWE à Wrestlemania XXX, ça aurait de la gueule…

 

Après la Kids Era, après la Reality Era, nous venons peut-être d’assister au début de la Wrestling Era.

 

 

J'ai bien dit « peut-être »

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