Catch

Le vrai catch selon l’Ultimate Georges Michaels

N'inspirer aucune antipathie, c'est jouir de la quiétude des insignifiants.

Pascal Brückner

 

L'UGM est de retour. Et nous souhaiterions en profiter pour faire un appel aux dons auprès de nos généreux lecteurs. Les coordonnées d'un compte PayPal vous seront bientôt communiquées. Merci d'avance, c'est pour payer la thérapie de l'Ultimate Georges Michaels et le psy dit qu'il va y en avoir pour un paquet. Mais du genre balaise, le paquet.

 

 

– Et si on travaillait en équipe !!!
– Hum, oh oui !!!
– Appelle-moi maître !
– Maîîîtreeeeee…

 

 

Le vrai catch selon l’Ultimate Georges Michaels, épisode 5

L'épreuve initiatique

 

Sébastien prenait le soleil. Une énorme plaque rouge bandait son front. Ses lèvres étaient toutes sèches. A 14 heures, il s’était posté devant notre point de rendez-vous. A 17 h 30, je le rejoignais enfin. Trois heures et demie à m'attendre en pleine canicule. Pauvre gamin. Je dois reconnaître que sur ce coup, il m'en a bouché un coin. Moi qui le prenais pour un Jabu (le Chevalier de la Licorne qui ne vaut pas une thune – le Barry Horrowitz du Zodiaque), je commençais à voir en lui le courage d'un Shiryu.

 

Sur le parking du Relais des Routiers, que les habitués appelaient également le Restau de Nicole, il n'y avait rien d'autre que des cailloux blancs. Du tout-venant qui vous chauffait la poire à cause de l'impitoyable réfraction du soleil. Il y avait de quoi dorer comme un Hulk Hogan dans une boîte à UV. Sauf que les alentours n'étaient pas aussi colorés que le bord de plage de Venice Beach. La route nationale 57, ses panneaux rouillés et ses glissières de sécurité fichaient le cafard au premier venu. Personne ne restait chez Nicole, c'était trop moche. Les paysages bitumesques repoussaient sans cesse les transporteurs dans l'enfer du pneu. Pour ces derniers, la modeste halte du midi et du soir faisait office de trêve dans une guerre à cinq ou six vitesses. Et cette trêve, elle était précieuse. Sébastien en savait quelque chose : son oncle Hubert était routier. Le seul de la famille. Un sacré personnage. De gros battoirs velus, une barbichette à la Bastion Booger soigneusement entretenue, il avait en outre les mimiques d’un bûcheron pas commode. Peu de choses étaient en mesure de le distraire. Vraiment peu. Excepté les courses de Moto GP, rien ne l’intéressait. Hubert était un homme qui aurait tué père, mère et enfants pour assister à une course, l'opium de sa vie motorisée. Portrait de Valentino Rossi sur le Scania, il vieillissait au rythme des saisons en 500 cm3 comme d’autres bornaient les kilomètres de leur existence avec les chiffres romains de la saga WrestleMania. Il suivait la compétition à la radio pendant qu'il était au volant et se raidissait devant la télévision des hôtels et relais pour en voir les images, les résumés ou les rediffusions. Ce rituel, des milliers d'autres routiers y participaient. Un été, Sébastien avait pris la route une semaine durant avec son oncle pour livrer des marchandises en Belgique. C'était dans les années 90, époque de l’hégémonie du pilote australien Doohan, le « Kangourou », comme Hubert le surnommait. Fallait voir tous ces hommes rivés au poste de télévision pour épier les tours de piste de leurs motos favorites. Barbus, gringalets et tatoués communiaient dans un silence monastique. Dans ces moments-là, seules les friteuses et les cafetières osaient l’ouvrir sans crainte de représailles. La plus jolie des femmes aurait pu se déhancher entre les tables, ses arguments n'auraient jamais troublé la concentration de ces fous de Grand Prix. Sébastien avait été témoin de cette hypnose collective. Il m'avait raconté cette anecdote lors de nos longues discussions sur le thème de la passion sportive. Moi le catch, Hubert la moto et d'autres, le turf. C'est ainsi que l'homme était fait. Fait de tout ce qui pouvait le défaire. Fait de passions qui le déchiraient.

 

Le danger vous guette !

Dans les Relais routiers, méfiez-vous des femmes.

 

Le relais de Nicole représentait l'endroit idéal pour confronter la passion de Sébastien à des passions étrangères. Tester la foi de mon protégé. Sa foi dans le catch, le pro-wrestling, la lutte professionnelle. Je considérais que la foi ne se testait que dans l'adversité. Une vie plate, sans défi à relever, sans combat à mener condamnait les convictions à l’engourdissement. C’était ma philosophie de redoublant du baccalauréat. Mon petit apprenti disait aimer le catch, en être épris au point d'y songer nuit et jour ; je voulais découvrir jusqu'où il y irait pour défendre ce qu'il chérissait.
En cette journée de Grand Prix des Etats-Unis, sur le circuit de Daytona, le troufion de Darty allait devoir prouver sa valeur.

 

 

Kurt Angle utilise un protège-dents.
Samoa Joe regrette de ne pas avoir acheté un protège-front.

 

Je me garai dans un coin du parking et indiquai à mon étudiant de me rejoindre. D'ici une bonne heure, les premiers routiers viendraient se garer pour dîner et dormir dans leur cabine.
Sébastien arborait un jogging en toile des plus amples. Il avait le look des stars de hip hop US, mais pas le physique. En plus, il était blanc comme le fond d'une coquille d'huître.

— Excuse-moi gamin, j'ai un peu de retard.

— Ce n'est rien, maître. Je n'ai pas vu le temps passer, affirma le jeune homme au bord de l’évanouissement.

— Te souviens-tu de notre conversation au sujet de ton oncle Hubert ?

— Oui, maître.

— As-tu une idée de ce que j'attends de toi aujourd’hui ?

— Plus ou moins…

— Je t'écoute.

— Vous voulez que j'aille me battre contre un de ces routiers et que je le mette K-O avec une prise de catch, n'est-ce pas ?

— Pas exactement.

— Ah bon ?

— Aujourd'hui, c'était la course de Moto GP de Daytona. Le résumé va être diffusé sur la première chaîne aux alentours de 19 h 45.

— Et alors ?

— 19 h 45, c'est l'heure à laquelle commence SmackDown

 

Le visage de Sébastien se décomposa. Sa blancheur faillit bien s'effondrer en un tas de petits flocons de neige sur mon fauteuil passager.

 

— Je veux que tu entres dans ce restaurant et que tu changes de chaîne au moment où l'émission des sports mécaniques commencera. D'une part, il te faudra subtiliser la télécommande. Ensuite, il te sera obligatoire de camper devant la télé pour bloquer l'accès aux éventuels importuns qui souhaiteraient zapper depuis le moniteur.

— Mais…

— Si tu tiens le choc jusqu'à la fin du générique d’ouverture de SmackDown, que le gong du premier combat résonne, j'oublierai la débâcle de ton examen précédent.

— Mais…

— Encore une histoire de télécommande. Le destin nous joue parfois de drôles de tours.

 

Je vis mon élève serrer la toile de son jogging dans ses petits poings d'homme en devenir. Il peinait à réprouver sa panique. Mon attitude nonchalante le contraignait à essayer de masquer ses émotions. Je voulais qu'il me croie capable de croire en lui. Et j'y parvins presque. Quel menteur je faisais ! Le fils d'une mère adultère a la tromperie dans le sang. Il y a cinq litres de sang dans le corps d'un adulte. J'étais plein de mensonges.

 

Le premier camion vint se garer à quelques mètres de nous. Ma montre indiquait 18 h 45. Les yeux écarquillés, Sébastien observait la machine manœuvrer. Une plaque métallique sur le tableau de bord le renseigna sur le nom du conducteur : Fifi. Les routiers avaient toujours des petits noms originaux. Fifi, Dédé, Jéjé, le Tof, Samy, Freddy…

 

— Plutôt kitsch tous ces luminaires autour du pare-brise, déclarai-je pour rompre la tension dans l'habitacle.
— Je crois qu'il y a un calendrier avec des femmes nues à l'arrière.

— C'est la déco de base, Sébastien. Le marcel, la clope et l'antenne de CB complètent le tableau.

— C’est cliché, maître. Les routiers sont des types sympas en général. Mais, il ne faut jamais les enquiquiner.

— Est-ce que tu insinues qu’ils sortent facilement de leurs gonds ?

— Oui.

— Alors, c'est qu'ils ne sont pas si sympas que ça.     

— Vu comme ça…

— La façon dont ils gèreront le conflit te permettra d’ajuster ton opinion sur eux. Tu verras.

A 19 h 05, le parking était plein. Les allées et venues chez Nicole se succédaient mélodieusement grâce aux aigus d’une porte d'entrée mal graissée. Un certain Joachim s'extirpa de son camion au prix d'un effort surhumain. Il cracha un épais truc jaune et s'alluma une gitane en tirant sur son t-shirt trop court. Son nombril refit aussitôt surface, telle une grosse tétine. Mal fagoté, le chauffeur se dirigea vers le perron du relais. Il se tourna brièvement du côté d'un conducteur Norvégien et lui fit signe de la tête avant de disparaître derrière la porte du Relais. Crâne rasé à blanc, barbe fournie, le Norvégien enchaînait les séries de pompes avant de passer à table. Drôle de prestation. Sébastien ne soupçonnait pas que ces as du volant pouvaient avoir une telle hygiène de vie. Voyant les triceps saillants de l'individu, le gamin avala bruyamment sa salive. Se battre contre des routiers vikings ne le réjouissait guère.

 

— C'est l'heure mon coco, déclarai-je joyeusement.

— …

— Suis-moi. On va s'installer au bar et se rincer le gosier avec une mousse. Tu disposes de quarante minutes pour trouver la télécommande.

— …

— J'aurais dû te demander d'apporter un protège-dents, ça t'aurait donné un côté Kurt Angle.

Sébastien se fendit d'un sourire de supplicié vaguement amusé à l'idée de mourir. On veut toujours vivre un peu, pensai-je. Finir au bord d'une route nationale, agoniser sous les coups de pattes des ours de Poids-Lourds… je sentais ces idées lui trouer l'estomac. J'admirais toutefois sa vaillance, car à sa place, j'aurais déjà filé depuis belle lurette. Les minutes s'égrainaient et j’avais l’impression qu’en simultané les morceaux de sa fidélité s’assemblaient. C'était presque aussi jouissif que de faire l'amour pour la première fois avec ma belle-sœur.

Quand nous entrâmes dans le restaurant, je fus saisi par le spectacle impressionnant d'un grand blond aux bras secs comme des sarments de vignes qui s'agitaient sur un flipper. Il tapait dessus rageusement tandis qu'une tablée d'hommes à casquette le raillait bière à la main. Sébastien se faufila jusqu'au bar et tourna le dos à la salle de peur que ses occupants ne se jettent sur lui.

— Du calme petit, tempérai-je. Personne ne va te mordre. En tout cas, pas pour le moment.

— Je vais commander à boire, souffla Sébastien pour se détendre.

— Et tu paieras, par la même occasion, s'il te plaît.

Une grosse dame s'approcha de nous. Elle avait la poitrine fendue par une énorme raie, aussi longue que mon avant-bras, et dont les côtés s'arrondissaient sous un chemisier brodé. Je louchai sur ses seins opulents et tendit ma main vers eux dans un réflexe stupide. Habituée à ce genre d'incivilité, Nicole – puisque c'était la maîtresse des lieux – dégagea mes doigts de son col d'une petite tape dénuée d’agressivité. Gêné par mon geste, je pivotai sur mon siège pour me cacher et repérai le poste de télévision. Il était là, à l'autre bout de la pièce avec une soixantaine de chaises orientées dans la direction de l'écran.

 

— Qu'est-ce que je vous serre ? demanda Nicole.

— Une télécommande, répondit l'évadé de Darty.

La grosse patronne fronça. Sébastien se reprit.

— Deux demis, madame.

— Hum… grogna-t-elle suspicieuse. J'aime mieux ça.

Les verres furent déposés sous notre nez. La note s'élevait à cinq euros. Sébastien en offrit dix en demandant à la dame de basculer sur la chaîne du catch à 19 h 45. Nicole lui rendit cinq euros en secouant la tête, les lèvres en V inversé. Daytona avait la primauté sur les camarades de Sheamus. Cette tentative de soudoiement tentée par Sébastien m'exaspéra, mais je dus admettre que je n'avais posé aucune réelle condition sur la méthode à employer pour zapper d'un programme à l'autre.

A 19 h 40, Nicole empoigna la télécommande dans sa paluche boudinée et augmenta le son du téléviseur, à la demande de ses clients. Elle reposa la zappette à côté de la caisse et recula dans la cuisine pour aider au service. Alors que je donnais de l'œil à une routière pleine de ressources – ça existe –, Sébastien passa à l'action. Il contourna le comptoir et déroba le précieux objet. Puis, il fonça près de la porte des toilettes. Il ne put malheureusement y entrer puisque Nicole l'avait déjà rattrapé.

— Rends-moi cette télécommande, jeune crétin.

— Que si vous mettez le catch à la télé !

— On s'en fout de ton catch à la noix.

 

A ces mots, Sébastien se débâtit. Il s'arracha à l'étreinte de la patronne en la traitant de grosse vache et serpenta entre les chaises pour se positionner sous la télévision.

 
A 19 h 44, SmackDown approchait. Une publicité séparait l'enfant de l'exploit. La télévision sur une épaule, il menaçait l'assemblée.

 

— Je vous préviens, si vous approchez, je lâche cette putain de télé. Donnez-moi cinq minutes et je vous la rends. Cinq minutes, bon Dieu. Cinq minutes.

Je n'avais pas envisagé que Sébastien s'y prendrait ainsi. Avec cette façon d'agir, mon élève passait encore à côté de l'enseignement que je souhaitais pour lui. La confrontation des idées dont j’avais rêvé se transformait en terrorisme cathodique.

Nicole demeurait statique, attendant qu'on lui rende son appareil. Un téléviseur Thomson. Un bel outil qu'elle avait acheté après avoir repris l'affaire de son père. Une belle télé qui pesait bien 25 kilos avec son écran et son tube cathodique assassin. SmackDown tardant à venir à cause d'un clip du gouvernement sur la lutte contre le tabagisme, Sébastien sentit le poids de l'objet se démultiplier. Ses petits bras, plutôt habitués à soulever des écrans plasma et LCD, se désistaient. Lorsqu'il vit dans mon regard que je désapprouvais ce prosélytisme à deux balles, il céda. La boîte noire lâchée, une chute d’un mètre soixante-dix et un grand flash pas très funky déclenchèrent les foudres de la dame aux gros seins.

L'équipe de routiers ne broncha pas. Il y eut cependant quelques soupirs d'étonnements lorsque Sébastien vola à travers le restaurant, bien aidé par Nicole.

La matrone repoussa l’auteur de ce terrible attentat en vitupérant. Un des routiers, le Norvégien, tenta de la retenir. La bousculade continua néanmoins jusque sur le parking. Nicole était furieuse. Elle avait la main leste.

Roulé dans la poussière, frappé à coups de pieds dans les côtes par ce mammouth de 150 kilos, Sébastien cherchait à ferrer mon regard pour m'inciter à intervenir. Mais, je ne mouftai pas. Je voulais que cet idiot disparaisse parce qu'il ne comprenait rien à ma philosophie du catch. Il se défilait, ne savait pas et n'osait pas la défendre. J'espérais qu'il changerait de chaîne et rallierait ces routiers à notre cause, qu'il s'exposerait à leur critique. J’étais prêt à entendre ces gros moustachus affirmer que le catch est un sport de tapettes, que c'est du chiqué, que les catcheurs ne se touchent pas. J'espérais que Sébastien leur donnerait une bonne leçon, qu’il rétorquerait à haute voix que l'affrontement de deux hommes en slip valait tout autant qu'une succession de tours de pistes effectuées par des motards habillés en cuir moulant. Et Sébastien n'a rien tenté de tout cela. Il méritait une bonne branlée, ce petit con de merde de profane de mes couilles. Qu'il crève.

La furie de Nicole baissa quelque peu en intensité. Au bout de trois minutes, elle n'avait plus le cardio nécessaire pour shooter dans les reins de mon futur ex-protégé. Elle reprit son souffle et vociféra :

— Tout ça pour son catch de merde ! De la merde ! Jamais tu ne verras de catch dans ma télé, ça ne devrait pas exister.

 

A moitié aveuglé par la poussière, la bouche barbouillée de salive, Sébastien se recroquevilla et lui répondit :

 

— Tu te trompes. Le catch mérite autant de respect que tes courses de bolides…

 

Nicole ricana. Sébastien ressemblait à Jabu. Il perdait toujours.

 

— Il en redemande l'impertinent. Il veut pas dégager le plancher. Non seulement, je vais t'en remettre une, mais en plus, tu vas me rembourser.

Une autre gifle partit plus vite que l'éclair. La roulade de Sébastien le propulsa à mes pieds. Pour un peu, j'allais aider Nicole, et ce, même si ses déclarations m'avaient blessé.

 Je contemplai la misère du gamin. Ses vêtements étaient blancs de poussières et ses coudes rouges d'égratignures. Ses yeux, eux, étaient d'une autre couleur. Ils étaient verts de complicité. Ce regard me dérouta. Je ne compris sa provenance que dans la seconde qui suivit. Dans un dernier effort, le petit salopard me donna une grande tape sur la main et cria : « TAG ! »

D'un coup, une décharge électrique éclata au milieu de mon thorax. Sous l’effet de cette violente réanimation que je qualifierais de tag team momentum, je me mis à fixer Nicole. Elle était à présent dans mon collimateur. Une cible aussi grosse… je ne pouvais pas la rater. Elle approcha d'un pas lourd. Ses mimiques de pachydermes ne firent qu'aggraver son cas. Elle avait pété la tronche de mon partenaire et en plus sa gueule difforme avait sali le catch sans le moindre argument. Mon corps fit écran.

— Pousse-toi de là, que je dérouille ce mioche.

— J'aime pas qu'on dise que le catch est de la merde !

— Et pourtant, c'en est. Ecarte-toi et si t'es pas content, c'est pareil.

— Je ne bougerai pas.

 

 

L’art du coup de tronche, par Hirooki Goto.

 

 

Les routiers chuchotaient dans notre dos. Un pas de plus de Nicole et tous entendirent le même bruit sourd. Le bruit caractéristique des coups de boule. Tête contre tête. Ma tête dans la tête de Nicole. Moi qui voulais mettre la tête dans ses seins quelques minutes auparavant, j'ai encore eu un mauvais réflexe. J'avais bloqué récemment sur la série de combats entre Katsuyori Shibata et Hirooki Goto, la feud de 2013 au Japon. J'avais parlé de Kurt Angle et de son protège-dents. Ce même catcheur qui avait réussi un superbe coup de tronche dans la face de Samoa Joe lors d'un célèbre épisode d'IMPACT. Et l'inspiration m'est venue comme ça. Pas vraiment pour défendre Sébastien. Plutôt pour m'excuser de l'avoir envoyé au massacre. Ce n'est pas en essayant de convertir d'autres hommes, ou du moins en les forçant à entendre notre voix, que l'on prouve sa foi. Ni en provoquant volontairement des débats dont on sait qu'ils finiront en baston. Tout cela était bien trop radical. Du putain d'intégrisme. Chose que j'ai en horreur. Aborder la question sous la forme de la foi était déjà une erreur. Ni Sébastien ni moi, l’Ultimate Georges Michaels, n'étions des croisés. Ce n'était pas en attaquant les passions des autres que la nôtre vivrait mieux.

On s'était croisés, tout simplement.

Et finalement, c'est en fuyant Darty à toutes enjambées que notre véritable triomphe avait commencé.

Nicole saignait. Sa télévision crépitait.

Nous partîmes dans la confusion la plus totale. Les routiers nous regardaient éberlués.
L'un d'eux jeta sa cigarette.

Il portait un t-shirt à l'effigie de Randy Orton.

L’âge de l’Ultimate Georges Michaels, c’est pour quand ?

 

Au pire moment de cette chronique, Sébastien était comme ça.

 

 

Au meilleur moment de cette chronique, l’UGM était comme ça.

 

 

 

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