Catch

Le bouquet final de l’été

C'est un amour de vacances, une histoire sans lendemain,

Mais à laquelle on repense, les yeux plein de chagrin,

Avec la même impuissance, face au temps assassin.

Christophe Rippert, Un amour de vacances

 

Pour la dernière étape de mon marathon estival, je suis comblé, car l'épisode de Smackdown de cette semaine a été pour ainsi dire parfait ! Avec une histoire principale parmi les plus passionnantes qu'il m'a été donné de suivre depuis que je regarde du catch, cela dit, c'était une évidence…

 

 

Putain, il a osé mettre une chanson de Christophe Rippert en intro… Il est vraiment crevé le Kovax, il est plus que temps qu'il parte en vacances !

 

 

Nalyse de Smackdown du 30 août

 

 

La ligue de l'injustice

 

L'essentiel de cet épisode s'est donc concentré sur le règne tyrannique de Triple H, et c'était tout simplement génial. Tout a commencé par un nouvel opus de Miz TV, avec comme invités Big Show et Dolph Ziggler. Le Miz voulait revenir sur les événements survenus à Raw et racontés avec talent par Flying Panda dans sa nalyse. Les trois hommes semblaient vraiment vouloir vider leur sac, mais la situation est tellement délicate (il faut dire que critiquer son patron, c'est s'exposer au mieux à une punition, au pire à un renvoi) que le géant et le Show Off n'arrivèrent pas à dire un mot, partagés entre leur envie de révolte et leur impuissance. Et ce fut d'autant plus difficile pour eux que Triple H débarqua sur le ring, histoire de leur rappeler qui est le patron, et que si on est dans un pays où on est libre d'exprimer ses opinions, lui est également libre d'en faire baver à ceux qui voudraient soutenir Bryan dans son combat contre les cadres dirigeants de la corporation.

 

 

Les gars, si vous n'êtes vraiment pas contents de ma façon de gérer la fédération, vous n'avez qu'à en parler à votre syndicat !

 

 

Et Triple H ne se gêna pas pour punir les trois participants de Miz TV, pour mater cette rébellion qu'il juge aussi inacceptable qu'injuste, lui qui fait tout pour le sacro-saint business et qui en faisant de Randy Orton le visage de la compagnie assure par ricochet la sécurité financière de tous les catcheurs de la WWE. Ainsi, pour le Miz que Triple H juge aigri d'être loin des lumières et du titre de champion de la fédération depuis longtemps, le Cerebral Assassin décide de faire une fleur à l'Awesome One en lui donnant l'occasion de briller dans un match contre le champion de la WWE, Randy Orton. Comme quoi, le Miz a bien fait de présenter son talk-show en slip de combat, ce qui avait d'ailleurs "étonné" Triple H : comme l'a expliqué le Miz, un combat peut arriver à tout moment, et sur ce coup, il a eu un bon "pressentiment"… Je pinaille un peu là, mais je reconnais que j'ai bien aimé le fait que ce détail ait été inclus dans les dialogues entre les deux hommes dans un souci de cohérence. Le cas du Miz réglé, restait pour Triple H à prononcer la sentence pour ses invités. Pour Dolph Ziggler, ce sera le Shield tout entier qu'il devra affronter, histoire d'assurer son rang de Show Off et lui fermer sa grande gueule. Quant à Big Show, le châtiment que lui a réservé Triple H est beaucoup plus malin et sadique : le géant a dû passer toute l'émission assis, devant le ring, et ne manquer aucune miette du spectacle sans avoir le droit d'intervenir.

 

 

Franchement, je ne te comprends pas, Show : pourquoi t'infliger toute cette souffrance, alors qu'il te suffit de claquer les doigts pour redevenir Heel et kiffer la vibe ?

 

 

La situation du Big Show, qui a été le fil rouge de la soirée, était captivante tant la punition est perverse : voir sa frustration et sa colère grandir alors qu'il voyait ses amis se faire exploser sans pouvoir les aider a créé une grande tension tout au long de l'épisode qui passait extrêmement bien à l'écran. Il n'avait qu'une envie, porter secours à ceux qui comme lui ne supportent pas le joug de Triple H, mais ne pouvait en même temps rien faire sous peine de se faire renvoyer. À ce propos, merci à JBL qui d'une petite remarque a essayé de conserver un peu de cohérence dans la continuité générale en disant que Triple H avait visiblement déchiré en miettes le contrat en béton armé que le géant se vantait d'avoir lors de sa dernière période en tant que Heel.

 

 

JBL m'a chargé de vous dire : "you're welcome".

 

 

Au final, cet épisode de Miz TV était tout simplement magnifique, et comme souvent dans ce cas, c'est surtout dû fait que le Miz n'a presque pas parlé pendant ce segment. La chose à retenir dans ce début d'émission, c'est que Triple H est un Heel tout simplement génial. Comme vous le savez, au cours de sa carrière, un catcheur est souvent amené à être tantôt Heel, tantôt Face. Toutes les excuses sont bonnes pour passer d'un côté à l'autre de la Force, mais une chose est sûre, c'est qu'il est très difficile d'être aussi bon dans le rôle du gentil que dans celui du méchant. Généralement, chaque catcheur est plus à l'aise dans l'un des camps plutôt que l'autre. Et autant je n'ai jamais pu supporter Triple H en héros du peuple, autant je l'adore sans le rôle du méchant ultime ! Il est retors, grande gueule, autoritaire, méprisant, et joue ce rôle à la perfection. Rien que pour ça, c'est un régal de suivre cette histoire qui me permet de voir pour la première fois Triple H se lâcher en Heel. Et c'est aussi avec grand plaisir que je revois Orton du côté obscur de la Force, qui est selon moi son rôle naturel, tant il a la gueule de l'emploi.

 

 

Après, il y a aussi des gars qui sont tout simplement mauvais, quel que soit leur alignement, mais c'est une autre histoire.

 

 

Le champion de la WWE, justement, devait donc affronter le Miz dans le premier match de la soirée. Le combat en lui-même n'est pas inoubliable en soi, mais il est l'occasion de voir les changements d'attitude de Randy Orton, qui confirment son changement d'alignement. Il a arrêté son enchaînement "corde-à-linge, corde-à-linge, Scoop Powerslam", il a ralenti son rythme, il s'est remis à piétiner méthodiquement chaque membre de son adversaire… Logiquement, Orton a dominé l'ensemble du match, et lorsque le Miz s'apprêtait à reprendre le dessus, le Shield a choisi ce moment pour débarquer aux abords du ring, fournissant le moment de flottement nécessaire à Orton pour reprendre la main. Et c'est le champion qui a gagné, avec un RKO bien évidemment. Après le match, le Shield monta sur le ring pour passer le Miz à tabac, toujours sous les yeux du Big Show, impuissant. Mais un homme se dresse contre l'oppression et vous le savez, cet homme, c'est Daniel Bryan ! Tel Zorro, ce dernier fit fuir le Shield et Orton, armé d'une simple chaise en métal et de sa rage. Et ça, c'est la classe. Mais bien évidemment, cette bonne action n'allait pas rester impunie, comme nous le verrons un peu plus tard.

 

En attendant, Dolph Ziggler a lui aussi subi sa punition, et il a passé un sale quart d'heure. Il faut dire qu'à trois contre un, le pauvre Show Off, malgré toute son énergie, ne pouvait rien faire et a fini fort logiquement submergé par la puissance de Rollins, Ambrose et Reigns (ce qui peut expliquer leur fuite précipitée face à Bryan un peu plus tôt : ils avaient sans doute comme priorité d'exploser Ziggler, et se sont donc sans doute préservés dans ce but). Encore plus que pendant le match précédent, on sentait que le Big Show en avait gros sur la patate, et même s'il était extrêmement malhereux de voir le sort réservé à Dolph, il resta "enchaîné" à sa chaise pendant que le Shield, une fois la victoire remportée, continuait de tourmenter leur victime devant le géant avant de lui coller une Triple Powerbomb dévastatrice.

 

 

Depuis, Dolph déprime, constatant que Daniel Bryan a préféré secourir le Miz plutôt que lui.

 

 

Il faut dire que cette fois, si le Yes Man ne vint pas à la rescousse, c'est parce qu'il avait un empêchement : en effet, lui aussi allait devoir subir le courroux des hautes sphères. Et ce n'est pas Triple H qui prononça la sentence, mais la patronne de Smackdown, Vickie Guerrero. Furieuse du comportement de Daniel Bryan, et vraisemblablement soucieuse de prouver son allégeance au grand patron, Vickie convoqua Bryan dans son bureau pour lui passer un savon. Selon elle, l'attaque de notre face de chèvre préférée était scandaleuse, digne du comportement d'un "bully". C'est vrai quoi, s'en prendre à quatre hommes qui étaient en train de passer à tabac une victime innocente, et seul de surcroît, c'est tout à fait inacceptable ! Et comme la mauvaise foi de Vickie l'a poussé à comparer Bryan à un caïd de cour de récré, quoi de plus naturel que de le sanctionner en l'obligeant à affronter dans notre main event de la soirée le petit caïd officiel de la WWE, Ryback ! Après Wade Barrett la semaine dernière, on peut reconnaître à Vickie que cette fois, la menace lancée sur Bryan est quand même plus crédible. Pas de beaucoup certes, mais un peu…

 

 

– Ça suffit, Daniel ! Pour te faire passer le goût de l'insolence, tu vas affronter Ryback !

– Oh là là, j'ai peur… Et la semaine prochaine, tu me réserves quoi ? Un match à handicap contre Sin Cara et JTG ?

 

 

Voilà donc notre main event bouclé, et Daniel Bryan étant en feu en ce moment, c'est fort logiquement que l'on vît Ryback perdre rapidement son sourire goguenard pour mieux se faire exploser la tronche ! L'arrivée de Randy Orton en plein combat permit à Ryback de reprendre temporairement l'avantage, mais Bryan, loin de se laisser démonter, finit par triompher de la bête en l'enfermant dans son Yes Lock. Voyant que tout était perdu, Orton décida alors d'intervenir et attaqua Bryan, provoquant la disqualification de Ryback, mais plutôt que de subir, Bryan bondit sur l'occasion et enferma le champion à son tour dans le Yes Lock ! Mais alors que l'on pensait enfin voir le Bien triompher, le Shield vint mettre un terme à nos espoirs et passa à tabac le pauvre Bryan. Cette fois, c'en fut trop pour le Big Show, qui se décida enfin à intervenir et dispersa le trio maléfique sous un tonnerre de joie descendant des travées de l'arène. Mais la liesse du public fut de courte durée : Triple H, furieux de voir que le géant lui avait désobéi, arriva à son tour en trombe aux abords du ring et ordonna au Big Show de quitter immédiatement les lieux et de laisser le Shield dispenser leur vision très personnelle de la justice. Show, contrit, hésita avant de finalement courber l'échine, et obtempérer, laissant Ambrose, Rollins et Reigns faire leur Triple Powerbomb sur le pauvre Daniel Bryan, totalement hors d'état de nuire. Suprême humiliation, Randy Orton apparut pour tabasser à son tour son challenger pour le titre, avant de lui peindre un "no" noir sur le torse, en représailles pour ce que Bryan a fait à la voiture de la Vipère offerte par Triple H. Ainsi, malgré tous les efforts de nos héros, cette semaine, ce sont bien les forces du Mal qui ont eu le dernier mot. Et si la résistance commence à s'organiser, la lutte promet d'être des plus difficiles. Mais pour nous, spectateurs, c'est l'idéal, car ça nous promet des semaines géniales devant nos écrans en suivant cette fabuleuse histoire !

 

 

Si si, Daniel, ne sois pas si pessimiste !

 

 

Et le reste ?

 

 

Tout d'abord, Curtis Axel a eu la gentillesse de ne pas nous infliger un match. Mais il a fait pire : il a pris le micro ! Le champion Intercontinental (si si, je vous jure) a fait une petite promo mettant over son mentor Paul Heyman. Curieux, d'habitude, c'est le boulot du manager de vendre son poulain, pas l'inverse. En tout cas, après le Raw Rebound nous montrant le passage à tabac de Punk par Heyman, ce dernier prit à son tour le micro pour un superbe discours, expliquant qu'il n'avait pas eu d'autre choix que de corriger ce fils ingrat qu'est le straightedge selon lui, et promettant qu'à Night of Champions, étant au pied du mur et mort de peur, cette dernière, loin de le faire fuir, lui donnera l'énergie de vaincre, car un homme qui a peur pour sa vie est capable de tout. Par ce discours, Heyman a encore une fois prouvé qu'il était un orateur exceptionnel. Il est quand même dommage que cette rivalité des plus intenses ne voit pas le titre Intercontinental mis en jeu, ça ajouterait un enjeu supplémentaire (Punk pourrait dire qu'il comptait ainsi arracher à Heyman tout ce qu'il a de plus cher, comme le prestige de s'occuper d'un champion) et ce serait surtout juste logique en vue d'un pay-per-view dont le principe de base est de remettre tous les titres en jeu, bon sang !

 

 

– Ah ouais, merde ! J'ai une ceinture de champion en fait ! J'avais oublié, lol !

– Brock me manque, mais d'une force…

 

 

Plus tard, Rob Van Dam a battu Damien Sandow dans un squash sans grand intérêt, suivi d'un petit discours de Del Rio, histoire de vendre le match de championnat du prochain pay-per-view. Plus j'y pense, plus je trouve que la rivalité pour le titre de champion du monde poids lourds n'a pas de sens. C'est surtout à cause du fait qu'Alberto Del Rio fait de son futur match à Night of Champions un combat qui a pour enjeu l'honneur du peuple latino, sauf que son challenger, ce n'est pas Ricardo Rodriguez, mais Rob Van Dam, qui n'est pas vraiment le premier nom qui me vient à l'esprit si on me demande qui représente le mieux cette communauté. Certes, Del Rio a dit que si RVD est devenu challenger pour son titre, c'est seulement grâce à la trahison de Ricardo Rodriguez, mais il n'empêche que du coup, le thème de cette rivalité me semble à côté de la plaque. Il faut dire que l'association RVD/Rodriguez est comme l'union entre la carpe et le lapin, totalement improbable. C'est là le nœud du problème à mon avis, la rivalité aurait eu beaucoup plus de sens si le challenger de Del Rio et le nouveau patron de l'annonceur de ring le plus classe du monde était lui aussi un latino : le première fois que Ricardo est venu déclarer qu'il représentait quelqu'un d'autre, je rêvais d'un retour de Rey Mysterio, j'étais loin d'espérer l'arrivée de Rob Van Dam…

 

 

Voilà, LÀ, on est dans le ton !

 

 

Enfin, dernier squash de la soirée, les disciples de Bray Wyatt, Erick Rowan et Luke Harper, ont facilement disposé des Tons of Funk. Comme d'habitude, après une victoire aussi rapide que le match a été inintéressant, le gourou du bayou a collé son finisher sur Tensai avant de rire aux éclats comme un méchant de série B… Après avoir complètement loupé sa prestation à Summerslam, Bray Wyatt n'a pourtant pas de quoi pavoiser, car lui et sa famille de tarés m'indiffèrent totalement, surtout quand au même moment on assiste à une histoire autrement plus intéressante et mieux écrite.

 

 

Hou hou, y a quelqu'un ?

 

 

Verdict

 

 

D'habitude, je râle toujours un peu quand je vois les histoires qui animent habituellement Raw viennent squatter le vendredi. Mais cette fois, je ne le ferai pas, tout simplement parce que même si c'est effectivement le cas, j'ai vu le meilleur épisode de cet été. L'histoire de Daniel Bryan, du règne tyrannique de Triple H et du champion par procuration qu'est Randy Orton est bien partie pour être la rivalité de l'année. Il faut dire que tous les ingrédients sont réunis : on a une histoire bien écrite, des acteurs parfaits dans leurs rôles respectifs, des enjeux élevés… Comment ne pas être emballé par cela ? Rien que le jeu du Big Show, tiraillé tout au long du spectacle, vaut le détour, même si du coup on peut s'interroger sur l'avenir de son duo annoncé avec Mark Henry, qu'on ne voit presque plus depuis la semaine dernière. Orton et Triple H sont des Heels naturels et sont excellents à chacune de leurs apparitions, Bryan est formidable dans son rôle de héros seul contre tous, on va sans doute assister à des développements intéressants à l'avenir quand la résistance s'organisera pour de bon comme on peut déjà le voir avec Big Show, Dolph Ziggler et le Miz… Certes, la rentrée approche et c'est triste, mais les mois qui arrivent risquent d'être les plus passionnants à la WWE depuis un bail ! Voilà qui devrait vous aider à garder le sourire alors que les jours raccourcissent de plus en plus…

 

 

Quant à Kovax, il va enfin prendre des vacances bien méritées… On en a bien besoin !

 

 

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