Catch

Le meilleur des jobs d’été

Ce n'est pas l'employeur qui paie les salaires, mais le client.
Henry Ford

 

Salut à tous ! Je suis un lecteur audacieux ayant déposé de son plein gré sa candidature aux Cahiers du Catch afin d'y publier un article pour cet été et permettre à la Rédac de prendre un peu de vacances. Il faut dire aussi que j'ai eu la témérité de voir Les Reines du Ring dès sa sortie, à la première séance de la journée, un film que je vais vous narrer en détail ici.

 

 


Ne vous inquiétez pas, on ne m'a pas imposé de tenue de travail.

 

 

Nalyse des Reines du Ring

 

 

Ce film se distingue par son thème : le catch. La marque de fabrique made in France n'est en aucun cas une particularité à souligner, car notre discipline favorite (enfin peut-être pas pour vous) n'est pas mal vue qu'en France. En effet, de mémoire, je me rappelle que d'autres audacieux lecteurs ayant eu la chance de partir aux States pour Wrestlemania XXVIII ont pu témoigner de cette atmosphère négative ressentie lors de leur voyage. Si ce film a pu voir le jour, c'est grâce au réalisateur Jean-Marc Rudnicki qui est fan de catch et en regardait dans sa jeunesse avec ses parents. D'ailleurs, il a choisi de tourner dans le Nord (à Roubaix principalement), berceau du catch en France.

 

Le casting principal est composé de Marilou Berry, Nathalie Baye, Audrey Fleurot, Corinne Masiero et André Dusssollier, des noms qui n'ont plus besoin de faire leurs preuves dans le petit ou grand écran et qui pouvaient se permettre de prendre des risques dans leur carrière. Pour ceux qui sont intéressés par d'autres membres supposés du casting, je vais être direct avec vous : CM Punk, The Miz et Eve n'étaient pas réellement présents. Dans le film, on ne peut les apercevoir que lors d'un reportage M6 sur le house show de la WWE à Paris-Bercy et durant une séance d'autographes à Virgin (RIP) où l'on voit Mizou-Mizou perdre au bras de fer contre un fan. Par contre, je vous confirme bel et bien la présence de Christophe Agius et Philippe Chéreau ; j'ignorais totalement la participation de ce dernier, ce qui m'a fort surpris, après l'avoir déjà entendu la veille commenter Cena-Punk dans Very Bad Trip 3.

 

 


– Ah ! Vous êtes le stagiaire ! (merde, je reconnais ce gaucho)
– Je suis intérimaire, M. le charentais.
– Peu importe, gay-sty.

 

 

Le film commence avec Rose (Marilou Berry) à terre sur le ring, et qui, apparemment, va encaisser un Frog Splash d'une luchadora à très forte corpulence dont on apprendra plus tard dans le film qu'elle mesure 1m70 pour 170 kg. Rose s'exprime en voix off en expliquant pourquoi elle s'est retrouvée dans ce ring alors qu'elle n’y connaissait que dalle en catch il y a trois mois de cela.

 


– Citoyenne, je t'explique : ce film sera en grande partie un flash-back.
– Merci, Captain Obvious. Grâce à vous, je dormirai moins conne ce soir.

 

 

La scène suivante nous présente le début de cette histoire rocambolesque. Dans un supermarché, une caissière menace de se suicider en se jetant du toit de l’édifice où elle travaille et attire naturellement l'attention de tous. Elle justifie son geste par des critiques envers ses rondeurs qui n'iraient pas avec son costume alsacien, mais l'intervention de Rose la dissuade de passer à l'acte : en jetant une pastèque d'un client du toit, elle lui fait comprendre que ce scénario se répétera avec sa tête si elle a le cran de se jeter dans le vide, à moins de tomber sur le dos et de se retrouver en fauteuil roulant pour la fin de ses jours.

 

Le boss du supermarché en personne, Sandrine Pedrono (Isabelle Nanty), femme peu scrupuleuse ne pensant qu'à augmenter son chiffre d'affaires (elle va jusqu'à imiter la voix de Muriel Robin en disant que sa choucroute est la meilleure), félicite Rose, tout en prétextant maîtriser la situation, et découvre par la même occasion que celle-ci est sa nouvelle employée. Elle présente à cette dernière Colette (Nathalie Baye), la déléguée du personnel et également caissière, qui lui apprend les rudiments de la profession.

 

En dehors du boulot, Rose est une ancienne prisonnière vivant dans un foyer et qui espère pouvoir retrouver la garde de son fils de dix ans (onze ans d'après le synopsis). Elle a l'occasion de le revoir après plusieurs années de séparation, mais le garçon a grandi et est devenu, comme la plupart d'entre nous, un fan de catch, à la vie, à la mort. Et il ose même répondre avec l'arrogance de l'adolescence lorsque sa mère croit qu'il s'agit d'un boxeur qui est représenté sur son t-shirt, alors qu'il s'agit d'un catcheur, Triple H en l'occurrence. Sur ce point, j'aurais aimé qu'on insiste sur le fait qu'il porte un slip et que les boxeurs ne combattent pas en slip.

 

Ainsi, elle rate sa chance de renouer avec son fils et ne trouve qu'une solution pour se rattraper : faire du catch afin d'attirer son attention. Et l'entraîneur le plus plus proche du coin se trouve être Richard Cœur de Lion (André Dussollier), ancien catcheur qui passe du bon temps dans un petit gymnase et se trouve être aussi le client à qui Rose a dérobé la pastèque balancée dans le vide au début du film!!!

 

Après des pourparlers infructueux de la part de Rose, celle-ci en profite pour attaquer Richard par-derrière avec un Sleeper Hold mais le vétéran se délivre rapidement de la prise et place un Full Nelson. Rose doit maintenant relever un défi. Oui, je parle bien sûr du Masterlock Challenge. A-t-elle réussi ? A-t-elle échoué ?

 

 


C'est l'heure de la révélation.

 

 

Elle a donné un coup de tête avec l'arrière de son crâne en plein dans le nez de Richard, qui a lâché prise et s'est incliné. Pas bête, Babette ! La dernière fois qu'un type m'a immobilisé par-derrière en me ceinturant, j'ai eu le réflexe de lui donner un coup de fesse dans le ventre, et il l'a bien senti, je vous l'assure ! Le retraité n’accepte d'accéder à la requête de la caissière que si elle se trouve des partenaires, tout en lui expliquant que le catch n'est pas qu'une compétition où l'on cherche à écraser son adversaire, mais que celui-ci est aussi notre partenaire. Il a également pris la peine de lui annoncer qu'il sera un coach cruel qui lui fera cracher ses tripes.

 

 


Espérons qu'il ne sera pas aussi cruel que lui.

 

 

Par conséquent, Rose propose à ses copines du travail d’apprendre à catcher avec elle et commence par leur montrer un match de Divas (Kelly Kelly & Eve vs Beth Phoenix & Natalya à Raw, 6 jours ou 13 jours avant Vengeance 2011 pour les intéressés) pour leur présenter ce qu'est l'illustre activité bénie par l'IWC. Ainsi, elle convainc Jessica (Audrey Fleurot) et Évelyne, la caissière qui voulait se suicider. Mais Colette impose une condition quant à son recrutement qui est de refuser l'entrée dans le groupe de la rustre bouchère qu'est Viviane (Corinne Masiero), une gothique avec un putain d'accent de ch'ti (en effet, le film se passe dans le Nord) qui est la seule fan de catch du lot. Et sa volonté est respectée tel un droit de veto du gouvernement russe. À noter une jolie rime de Viviane, « Hé ! C'est Alicia Fox ! Elle rox ! ». Un peu simplet, mais efficace.

 

Dès la première séance d'entraînement, Richard Cœur de Lion montre sa fermeté à ses apprenties et après une brève démonstration, perd rapidement une de ses élèves, Évelyne, qui a eu l'idée de monter sur la troisième corde et perd aussitôt l'équilibre en tombant à l'extérieur du ring. Rassurez-vous, elle n'est pas morte. Elle se retrouve juste en fauteuil roulant et Viviane a été choisie pour la remplacer malgré l'opposition de Colette. Pas de veto qui tienne cette fois, t'as perdu ma poulette ! Et voici comment se compose l'équipe de Rose.

 

 


Tu sais que tu es fan de catch quand tu as pensé aux Horsemen avant les 4 Fantastiques dès que tu as vu cette image.

 

Très vite, on apprend qu'un promoteur du nom de Tonio (Jacques Frantz, plus connu pour faire les voix de Robert de Niro ou Mel Gibson) organisera un gala au Zénith de Lille où les rookies devront faire face, dans un match par équipes et sous le nom de Reines du ring, à quatre luchadoras, dont deux sont le stéréotype de la catcheuse obèse qui nique sa race, que l'on voit dans tous les films et séries faisant référence au catch. Cela dérange Richard qui pense que ses filles vont déguster et compte rebrousser chemin, avant de finalement continuer l'entraînement de ses protégées pour ce match.

 

Cette période de préparation est pas mal mouvementée du fait que les caissières travaillent et doivent aménager sans cesse leurs horaires pour pouvoir s'entraîner. De plus, tout comme Rose, chacune a ses petits soucis de la vie quotidienne qui les touchent et rendent leur personnage attachant.

 

D'abord, on a Colette, 50 ans, qui ne se sent plus désirée par son mari régulièrement absent et n'arrive pas à avoir confiance en lui (ce coquin a déjà eu une aventure avec une autre femme) même si ce cher Bel Ami dit ne plus fréquenter de maîtresse. Enfin, « cette » maîtresse, plus précisément.

 

Parallèlement à Colette, Jessica (plus régulièrement Jesse dans le film), rousse incendiaire qui ravira tous les fans d'indy fantasmant sur Scarlett Bordeaux (valet de la stable de la ROH The House of Truth avec Truth Martini, Matt Taven, Seleziya Sparx et anciennement Roderick Strong, Michael Elgin et Rhyno), Jessica, donc, est une allumeuse qui n'a pas de mal à séduire les hommes. Sauf qu'elle tombe sous le charme de Jonathan (Cyril Gueï), chirurgien en interne suivant des cours de boxe dans la même salle où elle pratique le catch, et qui résiste à ses avances. Ce type est exactement le stéréotype du gentil noir qui écoutait toujours sa maman quand elle lui disait d'être sage, qui fait de longues études pour réussir sa vie, et quand un type va s'amuser à l'appeler Mamadou, Bamboula ou Uncle Ben's, il lui répondra d'un accent du plus français qui soit « Mon nom est Jonathan ». Après avoir entendu cela, j'ai été choqué de l'entendre dire « Hé ! T'as oublié tes fringues ! ». Bien que Jesse soit refroidie par ce côté trop intello, elle va continuer à persévérer dans sa démarche.

 

Et enfin, Viviane ne supporte pas qu'on lui impose de devoir incarner un personnage de méchante dans le ring au vu de ses allures sinistres, alors qu'elle veut jouer une gentille. Un moment épique de son entêtement est le moment où elle simule son entrée sur le ring, vêtue d'un tablier blanc sur le générique de La petite maison dans la prairie tout en sautillant. Finalement, une gamine du cours de danse de la salle (décidément, tout le monde est dans la salle) lui demande un autographe en disant qu'elle préfère les méchants comme Terminator et Freddy et qu'elle est inscrite aux cours de danse parce que ses parents l'ont forcée. Bien sûr, quand elle sera grande, elle sera méchante comme Viviane ou Kill Biloute, la bouchère de Béthune. Le pseudo est une contraction entre le film Kill Bill (elle explique avoir les mêmes yeux que Beatrix Kiddo la Mariée) et le terme biloute (popularisé par Bienvenue chez les Ch'tis) vu qu'elle est ch'ti. Quant à l'appellation « la bouchère de Béthune », il s'agit d'un hommage au bourreau de Béthune, une des vedettes du catch français dans les années 1960 avec l'Ange Blanc et le Petit Prince. Par ailleurs, le personnage de Viviane sera le premier à être déterminé.

 

 


Le public peut s'estimer heureux qu'elle n'ait pas dit avoir les mêmes yeux qu'Elle Driver.

 

 

Dans la construction des autres personnages, Jesse a essayé le déguisement de pompier qu'elle a vite abandonné après un quiproquo où l'on a cru qu'elle était un vrai pompier et sollicité ses services, ce qui a causé la mort d'un chien ressemblant légèrement à Z de Télé Z. Elle a ensuite emprunté une gimmick de bimbo fringuée avec le swag qui se la pète en portant un poste radio et qui répond au blase de Jessie J, comme l'interprète de Price Tag.

 

Quant à Colette, elle a jeté un coup d'œil sur les comics de son fils et semblait réticente à s'habiller comme eux. Étant dans la chambre du petit, elle prend son sabre laser et part dans un délire « Luke, je suis ta mère. Rejoins le côté obscur ». Bien que répétitive, cette blague passe toujours, même si on crache sur Star Wars ; et c'est la première fois que j'entends une femme le dire. Et bien sûr, il faut que Colette brise un objet en batifolant avec le sabre laser. Elle trouvera tout de même son inspiration dans les comics de son môme et deviendra Wonder Colette, un gimmick tiré tout droit de Wonder Woman. Son personnage est censé être un face classique pouvant paraître fade, mais cela correspond parfaitement à Nathalie Baye qui est naturellement souriante, douce et gentille ; du moins, elle donne cette impression.

 

Et Rose. Rose a essayé le look de Lara Croft et se nomme désormais Rosa Croft. Je suis désolé, mais je ne peux vraiment pas en dire plus parce qu'il n'y a rien à dire. La seule chose qui vaut la peine d'être cité, c'est qu'elle a voulu tirer avec un faux gun qui se trouvait être un vrai flingue, chez Jessie, dont les voisins se sont empressés de gueuler ; après tout, ce sont des voisins.

 

 


Et si ça dégénère, on appellera Henry Leconte.

 

 

Le point le plus déroutant du film est survenu lors d'une sortie en boîte entre les filles. Un mec branche lourdement Colette qui se défend avec une clé de bras ; réaction en chaîne avec des interventions des deux camps, mais les caissières et la bouchère les écrasent littéralement, notamment avec des coups de pieds violents.

 

Un autre évènement aura lieu suite à un entraînement de catch sur le toit du supermarché avec un matelas. Rose lance un ballon de grossesse sur Colette qui l'esquive et ce ballon tombe et percute une décoration qui va tomber pile sur la voiture de Mme Pedrono. Colette va prendre la défense de son amie, mais lorsqu'elle est convoquée dans le bureau de son supérieur, celle-ci va lui avouer une chose concernant sa protégée : elle qui disait avoir fait de la prison pour de nombreux vols a été en réalité incarcérée pour avoir été impliquée dans une bagarre mortelle. Mme Pedrono souligne aussi que l'arrivée de Rose a fortement perturbé la bonne vie au sein du lieu de travail. Colette n'ayant pas digéré ce mensonge le fait comprendre à son amie qui s'est défendue avec le prétexte que le cacher à un maximum de personnes pour éviter que son fils l'apprenne lui donnait une chance de le récupérer. Mais elle ruine cette chance lors d'une petite représentation de catch où elle se montre très stiff face à Colette ; son fils, présent lors de la répétition, comprend que sa mère a l'intention de faire réellement du mal à celle qu'elle considère comme son ancienne amie et décide par la suite de ne plus revoir sa mère qui en plus d'avoir perdu son boulot, a perdu son fils.

 

 


– Ouais, j'ai été dans une baston à mort et même qu'il y avait Ronnie Radke.
– Quoi !? C'est à cause de toi qu'il a été viré du groupe Escape the Fate et qu'ils ont engagé cette merde de Craig Mabbitt comme chanteur ?
– Ouais, mais maintenant, on peut faire des blagues comme « Mabbitt en studio », « Mabbitt en live ».

 

 

Bien que Colette et Rose se réconcilient, celle-ci a perdu toute motivation à combattre les Mexicaines au Zénith, car son fils est tout pour elle.

 

On voit ensuite que la bagarre dans la discothèque a aussi gagné en popularité. En effet, un jeune homme typé maghrébin reconnaît Colette dont il a vu le brawl sur internet et la félicite avec un big up. Dommage qu'il n'a pas dit « sahtek ». D'ailleurs, cette vidéo a fait le buzz et a même encouragé la clientèle à forcer Mme Pedrono à non seulement réengager Rose, mais aussi à aménager l'emploi du temps de leurs héroïnes afin qu'elles puissent avoir le temps de s'entraîner. Leurs arguments « on va aller chez Lidl » et « là-bas, c'est moins cher et c'est meilleur » ont suffi pour faire céder l'avide gérante. Si vous voulez savoir, ne me demandez pas comment tout le monde sait d'un coup qu'elles font du catch.
 

 


Avec un regard comme ça, ce petit va devenir un McMahon, je vous le dis.

 

 

Dans les diverses aventures, Jesse a réussi à avoir un rencard avec Jonathan qui lui attribuera le nom de Calamity Jesse (en référence à Calamity Jane) après ses jolies performances de tireuse dans une fête foraine, ce qui donne une idée de gimmick à Jesse. Pour éviter de tourner trop longtemps autour du pot, elle a des symptômes de la fille amoureuse, c'est Viviane qui lui fera comprendre cela et le John se décoince peu à peu avec elle et enfin, ils s'embrassent et sortent ensemble. Pour la baise chez Jesse, c'était mort. La faute à Colette.

 

Celle-ci se trouve avec ses deux plus jeunes enfants dans la cage d'escalier de chez Jesse, ayant enfin pris son courage à deux mains pour quitter son mari qui continuait ses infidélités dont la rousse flamboyante (comme le chevalier) lui a fait part après avoir constaté cela de ses propres yeux. Elle décide enfin de divorcer et sortira finalement avec Enrico, un vigile du supermarché qui avait toujours les yeux rivés sur elle.

 

Il n'y a rien à dire de particulier sur Viviane. Celle-ci est parue bien plus sociable depuis qu'elle est devenue amie avec les caissières et montre une volonté de fer pour le match contre les Mexicaines. Elle explique qu'elle a toujours été une battante, car son père le charcutier lui disait toujours qu'elle ne serait jamais bouchère. Elle se dévoile encore plus en confessant à Jesse qu'elle aussi a déjà été amoureuse.

 

Il y a eu aussi un moment où le match du gala a été annulé et pour espérer le remettre à l'affiche, Richard Cœur de Lion a joué avec le promoteur Tonio à celui qui va craquer en premier en s'enchaînant des bières. Comme personne n'allait capituler, ils se sont départagés à la mouette, jeu consistant à être le premier à pisser sur une mouette au bord de la mer. Et c'est de cette manière que Richard a permis aux filles de participer au gala du Zénith de Lille.

 

 


En revanche, moi je préfère plutôt jouer à la biscotte.

 

 

Le jour J arrive, les catcheuses assistent en avant-première à une démonstration de force d'une des luchadoras tant redoutées lorsqu'elle s'en prend à un type qui a fait involontairement tomber les affaires des Mexicaines. Le stress monte lorsqu'elles découvrent à quel point la salle est grande, mais le problème principal est l'absence de Rose, celle-ci ayant perdu la motivation de catcher après avoir été reniée par son unique raison de vivre. Richard partant à sa recherche, aperçoit le fils de Rose qui a décidé de venir au gala lorsqu'il a vu à la télévision que sa mère devait se produire au Zénith de Lille. L'entraîneur lui demande de la persuader de venir au gala et part avec lui à sa recherche. Après avoir trouvé Charlie Rose, cette dernière dit la vérité à son fils en lui expliquant comment elle a été amenée à faire des erreurs de jeunesse une fois séparée du père de son enfant (je tiens à préciser que Rose a 30 ans et est déjà maman à 20 ans). Son fils lui répondra en fin de compte qu'il est très bien dans sa famille d'accueil et n'a aucune intention de se séparer d'eux. En revanche, il accepte d'aller voir sa mère le week-end. Ce contretemps fera rater à Rose le début du gala, mais elle en assurera le main event avec ses amies.
 

 


Take your pants off !

 

 

Alors que c'est l'heure du main event, voici Phillippe Chéreau et Christophe Agius dans le ring pour annoncer les participantes. Le commentateur vedette de l'IWC commence par introduire et vanter les terribles luchadoras (qui seront les heels du match) dont seulement deux d'entre elles arrivent (pas les grosses). Ensuite, c'est au tour de son associé d'introduire la délicieuse Calamity Jesse qui n'a pas laissé de marbre Christophe, à voir sa tête. La seconde Reine du ring ne se fera pas attendre plus longtemps, voici Wonder Colette, arrivant par les airs.

 

 


– On ne m'a pas prise pour la Reine des abeilles, j'espère?
– Pire, ils t'ont prise pour Lindsay Lohan en Reine des abeilles.

 

 

Le match commence et on salue les performances in-ring de Jesse et Colette. Poil de Carotte a même sorti un joli Running Crossbody. Son adversaire peut s'estimer heureuse de ne pas avoir Mike Knox en face. Jesse ayant commencé le match, fait le tag à Colette qui garde l'avantage et nous épate avec une merveilleuse prise.

 

 


BATISTA BOMB!!!

 


Pause…

 

 


JE RIGOLE ! C'était en fait un Sunset Flip.

 

Ce qui n'empêche pas Wonder Colette de faire un tombé gagnant. Cependant, il fallait enchaîner plusieurs tombés victorieux pour remporter ce match. Et c'est alors que du renfort arrive dans les deux camps avec l'arrivée de Kill Biloute, la bouchère de Béthune, munie d'une tronçonneuse. Un personnage trash, tout à fait détestable qui est même allé jusqu'à découper la table des commentateurs.

 

 


– Et nous présentons toutes nos condoléances à la famille de Spanish Announce Table ainsi qu'au CDC Universe et à la rédac' des Cahi…
– Tais-toi, Philippe. Personne ne devait savoir qu'il était là.

 

 

La fille du charcutier s'empresse de livrer une performance classique de heel mais est vite mise en échec par l'intervention-surprise des deux autres luchadoras (les grosses), cachées sous le ring et qui écrasent Vivi en sandwich en exécutant simultanément un Running Body Attack. La domination des luchadoras sur Kill Biloute est sans appel. Elles la balancent même en dehors du ring alors que l'une lui tenait les chevilles et l'autre les poignets.

 

Alors que ses partenaires, impuissantes, la regardent se faire massacrer par ces colosses, Rosa Croft arrive enfin et avec un nouveau déguisement. Initialement, elle ne devait pas se produire et c'est assez normal qu'elle n'ait pas de costume. Richard Cœur de Lion, en bon homme prévoyant qu'il est, lui a prêté la tenue de sa femme défunte, ancienne catcheuse. Et c'est ainsi qu'elle arbore un look de Viking. Son come-back retentissant permet à son équipe de revenir au score. Pendant sa performance, elle nous sort un Hurricanrana en contre d'une Powerbomb, un Head Scissors et même une acrobatie périlleuse (peut-être un Slingshot Crossbody, je ne me rappelle plus vraiment) et nos commentateurs préférés nous ravissent enfin de leur phrase déjà culte « Et elle passe PAR DESSUS LA TROISIÈME CORDE !!! ». On reconnaîtra encore Christophe Agius dans son rôle de commentateur de catch après une altercation à l'extérieur entre Richard Cœur de Lion et le manager de l'autre équipe qui se prendra un poteau dans la tête et se fera écraser la main par la botte de Calamity Jesse sur le tablier (apron si vous êtes endoctriné par la culture de la langue anglaise) et prendra naturellement la défense des heels, comme d'habitude. À noter que Rose a fait une dédicace à son fils en exécutant le fameux Double underhook facebuster de Jeff Jarrett (Pedigree, bande d'ignares).

 

 


– Et Calamity Jesse qui se fait étrangler avec la tête suspendue PAR DESSUS LA DEUXIÈME CORDE !!
– SEULEMENT DEEEEUUX !!

 

 

Mais après un âpre combat face à la principale vedette mexicaine, Goya Kong, Rose ne peut qu'encaisser les coups de son adversaire et après une tentative infructueuse de tombé, elle lui demande si elle peut la laisser gagner pour son fils, ce à quoi l'athlète lui répond d'un franco-espagnol « No esta la mienne ». Ensuite arrive la scène introductrice du film où la luchadora s'apprête à exécuter son Frog Splash. Dans le doute, on peut s'attendre à un caprice de Rose qui va éviter le coup pour espérer gagner coûte que coûte, mais va finalement encaisser la chute et accepter la défaite prévue sans bavure.

 

 


En même temps, on comprend que ça puisse lui faire peur même si c'est du spectacle.

 

 

Les Mexicaines célébreront rapidement leur victoire et ensuite, tout le monde vient fêter l'exploit des Reines du ring, épatantes du début à la fin, elles qui ne savaient même pas catcher il y a de cela trois mois. Et voilà comment se conclut ce film. Les histoires des filles ayant abouti avant le combat final, il était inutile de rajouter autre chose, comme Rose qui va catcher aux États-Unis, Jesse qui va avoir un enfant métis sans âme ou autre connerie du genre.

 

 


Huit ans plus tard, après sa rencontre due au hasard avec le vétéran Chris Jericho, Rose est convaincue qu'elle peut devenir l'héritière de Trish Stratus que tout le monde attendait depuis si longtemps.

 

 

Je félicite tout d'abord les performances in-ring des stars du film qui se sont entraînées pendant trois mois pour effectuer elles-mêmes un maximum de cascades. Les moves réalisés sont vraiment appréciables (je pourrais insister sur tout le long du film également), que l'on reconnaît facilement, étant des incontournables de la profession. Quant aux « Mexicaines », je ne sais pas si elles étaient de vraies lutteuses ou pas, mais elles ont aussi été propres.

 

Les actrices principales ont vraiment assuré. Marilou Berry a été crédible dans le rôle d'une femme en pleine rédemption, avec un côté espiègle, ce qui permet de ne pas avoir un protagoniste fade. Malheureusement, on ne peut pas en dire autant de son gimmick, mais le coup du déguisement viking passe bien, surtout avec l'effet de surprise créé sur le moment.

 

Nathalie Baye, dont l'image a été médiatisée, a la même importance que Marilou Berry, voire plus grâce à sa notoriété plus importante que la fille de Josiane Balasko. Elle a bien joué le jeu d'une femme délirante, mais qui se sent vieillir avec la peur de ne plus vraiment satisfaire son mari (et les autres hommes). Par ailleurs, je ne l'avais jamais vu en blonde, et il faut l'avouer que ça lui va plutôt bien.

 

Audrey Fleurot s'est encore montrée excellente dans un rôle de la femme sexy du film (elle était Magali dans Intouchables, la femme que Driss branchait et qui s'avérait être lesbienne), prête à tout pour attirer dans ses bras l'homme qu'elle désire.

 

Corinne Masiero, qui était la moins connue du lot, m'a régalé avec son accent de ch'ti. Habituée aux rôles de gothique, elle a été la seule qui a osé montrer ses seins à l'écran lors d'une douche commune avec les copines, après qu'ellles eurent été maltraitées par des anciennes catcheuses, amies de Richard et de sa femme. Elle a su également, à l'instar de ses camarades, rendre son personnage attachant et s'est bien démarquée. L'idée de développer son personnage in-ring et hors ring plus vite que les autres est une bonne idée qui a permis de mieux se concentrer sur les autres personnages pendant le reste du film. Mais elle n'a pas été négligée pour autant.

 

Isabelle Nanty est marrante dans son rôle de directrice désagréable qui aime autant l'argent que le Capitaine Krabs.

 

André Dussollier a été bien classe dans le rôle plus que connu du coach sévère, mais avec un cœur tendre et d'une détermination sans faille pour réussir à mener ses chouchoutes au sommet.

 

 


Et aussi dans ma cave.

 

Est-ce que ce film est à voir? je ne voudrais pas trop influencer vos choix avec mes réponses même si c'est que je vais faire en vous disant clairement ce que je pense.

 

D'abord, si vous êtes là uniquement pour le contenu catch, passez votre chemin. Bien que cela soit le thème principal du film, il a été abordé sur de nombreux points, mais de façon une peu légère ou insuffisante. En revanche, si l'on peut traiter la WWE d'hypocrite pour voir son nom s'afficher à l'écran, ainsi que ceux de plusieurs de ses vedettes alors qu'elle a fortement limité leur exposition, on ne sait pas si elle aurait même contribué au financement du film, mais il faudrait éviter les jugements hâtifs. Sachez que la fédération de Vinnie Mac verse à bon nombre de ses anciens catcheurs un chèque de 3 000 $ par trimestre alors qu'elle n'a plus aucune obligation envers eux. Ce détail a été révélé par Tommy Dreamer qui explique que la WWE n'est pas aussi cruelle que beaucoup de personnes le croient et que l'on ignore pas mal de ses bonnes actions, mais passons, cette parenthèse devient trop longue.

 

Le registre se classe clairement dans un film de nanas. Les filles qui veulent voir une comédie bien fun et s'éclater seront servies. Pour les mecs, il faut savoir relativiser et accepter ce côté gonzesse, avec ce genre de comportement, on donne un point aux féministes pour se plaindre. Ce n'est pas comme si on vous demandait de jouer à Barbie ou de vous travestir, c'est juste de se prêter au jeu pour rire un bon coup et comprendre plus ou moins certains faits de société. Les femmes se sont adaptées à la situation en regardant des films d'action et autres productions réservées à la gent masculine, je pense qu'on peut en faire autant, nous les bonshommes, surtout qu'il s'agit d'une comédie française vraiment agréable, bien vivante sans qu'on ait le temps de se lasser. Le registre comique, très présent dans l'œuvre de Rudnicki, est utilisé subtilement sans en abuser. C'est un film qu'on regarde facilement, quel que soit notre âge.

 

 


Entraînée désormais par Chris Jericho, Rose va apprendre le secret de la 1005e prise que même Y2J en personne n'a jamais été capable d'exécuter.

 

 

Ensuite, le catch a été vu comme un phénomène croissant malgré le déclin actuel de l'engouement des Français pour cette discipline. La scénarisation du catch a été rapidement expliquée, mais rattrapée par l'effort exigé par cette pratique, que l'on constatera régulièrement dans le film ; cela a permis de très bien mêler le vrai et le faux avec brio quand les Reines du ring ont été époustouflées par le Diving Moonsault d'Eve Torres, quand elles redoutent le combat contre les luchadoras ou quand Rose règle ses comptes avec Colette. Certains clichés sont présents, comme le fait que la seule fan de catch à l'origine dans le groupe soit Viviane, la plus timbrée. On verra aussi une scène où Mickaël fait du catch dans le jardin avec ses potes, même si c'est dangereux et qu'il ne faut pas faire ça chez soi ou à l'école. Soyons honnêtes, quel fan de catch a toujours écouté à la lettre ces conseils ?

 


Mais ils sont cons ou quoi ? Le minot, s'il veut catcher, il n'a qu'à aller chez le voisin, c'est pas chez lui.

 

Donc, vous pourrez voir que le catch a été représenté à bon escient par Rudnicki (pour son premier film au cinéma), sans référence erronée (on a même pensé au bourreau de Béthune, c'est pour dire), avec ses bonnes valeurs comme le fait que ça se pratique à deux minimum, comme l'amour, et on n’est pas allés trop loin en partant dans une histoire où le catch devient leur passion, rendant les filles totalement accros. Ce qui était au début un service rendu à Rose est devenu simplement une bonne activité pour se défouler après le travail et une vie privée pas forcément évidente à gérer pour chacune d'entre elles. Leur investissement n'a que le gala pour finalité et on ne sait pas si elles vont continuer à catcher par la suite, même si elles ont gagné le respect de milliers de personnes. Les sujets comme les sacrifices que font les catcheurs pour leur passion n'ont pas été traités, comme le fait qu'ils ne peuvent pas vivre du catch sans faire des sacrifices, le catch ayant été montré directement comme un hobby pour les caissières et la bouchère.

 

Un autre détail intéressant à noter est que les Reines du ring avaient un rôle de face dans leur match à l'exception de Kill Biloute. L'incohérence s'oublie quand on sait que l'union fait la force et que faces et heels doivent se mêler à la même cause qui est souvent de battre d'autres heels. On a en mémoire des exemples comme John Cena & Randy Orton vs Jerishow en 2009, pu Christian & Jack Swagger vs The Hart Dynasty à ECW dans la même année. On a eu aussi récemment John Cena & Ryback vs The Shield qui aurait pu avoir lieu, mais Cry Baby s'est désisté. D'autres faits sont plus marquants comme l'union de la Team WWE face au Nexus à Summerslam 2010 où Edge et Chris Jericho se sont alliés à John Cena & cie et même The Miz avait l'intention de le faire avant de se faire jeter comme une merde. Certains se rappelleront du plan vicieux de Triple H qui a ordonné à John Cena et Randy Orton de se battre ensemble face à tout le roster de Raw en 2008 même si le groupe était limité à des athlètes de second plan, hormis JBL et Umaga. Il est toujours possible de faire allusion aux autres unions des rosters comme les Smackdown vs Raw des deux éditions de Bragging Rights ou le Smackdown vs RAW lors des Survivors Series 2005, issu d'une brillantissime feud. Nous pouvons également inclure des angles d'invasion comme l'Alliance en 2001 ou la ECW en 2006. On peut aussi évoquer une référence à la CMLL où Ultimo Guerrero qui était un rudo (heel) , s'était uni à des tecnicos (face) comme Blue Panther face aux Villanos, clan de frères masqués rudos étant également apparus à la WCW, alors qu'il faisait souvent équipe avec Atlantis en affrontant régulièrement des tecnicos. Les origines des victimes des sacripants ont été un point fort de leur union connue sous le nom des Los Laguneros Guerreros, si je ne me trompe pas.

 

Si vous voulez bien délirer devant un film, celui-ci est parfait avec des ami(e)s ou la famille. Vous pourrez toujours le regarder seul si vous le préférez, le fou rire sera garanti. Vous pourrez également le conseiller à des amis même s'ils ne sont pas fans de catch. Peut-être que vous pourrez même initier à votre passion vos proches, et qui sait, ce film sera peut-être le second souffle du catch en France.

 

 


VENEZ VOIR LE FILM OU JE VOUS PRENDS TOUS À LA FOIS ET VOUS DÉFONCE AVEC UN SHELL SHOCKED !

 

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