Catch

Mater une rébellion pour les nuls

Parfois la démocratie doit être baignée dans le sang.

Augusto Pinochet

Lundi dernier, dans la nalyse fort appréciable de l’ami Henri Death, nous apprenions que la rébellion avait d’autres visages que celui de Daniel Bryan, que l’Empire s’amusait à tabasser des vieux avec l’aide du gros nounours, que Scott Armstrong n’avait pas d’explication et qu’un nouveau couple était né. Smackdown allait-il continuer sur cette voie ou nous proposer un concours de pets entre Rod Van Dam et Jinder Mahal ? Ils en sont capables, vous savez.
 
 
Et RVD est prêt à tout. À TOUT !
 
 
Nalyse du Smackdown du 20 septembre
 

 
Heureusement, dès l’arrivée de Vickie Guerrero sur le ring énumérant la durée des règnes de CM Punk et Bob Backlund en préambule de l’introduction de Daniel Bryan, on peut s’attendre à ce que les dirigeants ne laissent pas la rébellion sous silence et à ce qu’elle morfle un peu. Rebondissant sur les propos initiaux de Vickie, Daniel précise qu’il préfère être le champion d’un jour qu’une suce-boules corporate à vie. Facile. Cheap pop. 
 
Vickie (re)présente alors à Bryan, les dix hommes venus à son aide lundi dernier, soit les Usos, les Prime Time Players, R-truth (“what a shame” dixit La cougar), Kingston, RVD, Ryder, Gabriel et Ziggler, ainsi que leur châtiment : un gauntlet match contre les trois membres du Shield. Dix fois, un match un contre trois. Elle terminera, dans un rire porcin, en précisant que le onzième et dernière homme du gauntlet sera Bryan lui même…
 
 
Grouiik Grouiik Daniel, je t'ai choisi en dernier comme dans la cour de l'école, grouiiik, t'es derrière Justin Gabriel, grouiiik grouiiik, parce que t'es nul!
 
 
Un show qui démarre comme ça, sent la purge, la boucherie et un final évident. Si j’avais été dans le public de l’US Bank Arena, j’aurais un peu gueulé d’avoir payé pour assister à des exécutions sommaires, proposé à mon voisin de gauche d’aller voir les Bengals prendre une dérouillée face aux Green Bay Packers ce dimanche ou encore de discuter autour d’une bière fraîche du dernier épisode de Breaking Bad.
 
 
Comme au catch, c’est l’histoire d’un mec en slip.
 
 
Non, mais c’est vrai… À ce niveau du show, qu’est ce qu’on risque d’avoir ? Dix squashs presque similaires avec un peu de révolte sur les gros noms jusqu’à l’arrivée de Daniel Bryan porté par sa légendaire fougue, tenant une petite dizaine de minutes, avant de céder sous les assauts cumulés du Shield. Mais, avant de voir si ma prophétie aura lieu, passons rapidement en revue quelques autres éléments du show :
 
– AJ a battu Naomi, Natalya était aux commentaires. On peut en conclure que la Canadienne de bonne famille aura son title shot à Battleground mais que ça serait trop subtil de nous le dire franchement.
 
– Les Real Americans décident de jeter leur fiel sur Santino Marella, le “ressortissant italien”. Vivement leur feud contre le fils de Godzilla, Yoshi Tatsu. On notera que Marella bat le Swag sur une petite ruse appréciable, une variante de roll-up. Enfin, ça nous fera pas relever la nuit pour le youtuber des milliers de fois, soyons clair.
 
– Randy Orton vient nous dire que son échec à Night of Champions est 100% pour sa gueule, qu’il a bien compris le message de Stephanie McMahon et qu’il a prouvé sa dangerosité en écrabouillant le Miz devant sa ville et ses vilains parents. Ok. Merci Randy, à lundi.
 
 
Exclu Cahiers du catch : la première photo réunissant les deux voix de Randy Orton.

 

 

Et voilà ! C’est fini ou presque. Si on promet un match voyant quatorze catcheurs s’activer, ça laisse peu de temps pour les autres… Mais il y a toujours un peu de place pour Paul Heyman et ses conquêtes. Avant toute chose, c’est quand même étrange de voir la ceinture autour du vieux monsieur plutôt qu’avec le détenteur officiel. Je pense d’ailleurs qu’on aura un match voyant l’intercontinental passer du coté des muscles de Ryback.
 
Ryback d’ailleurs, signale qu’il a décidé de punir tous les vilains énergumènes qui s’acharnent à persécuter les hommes grassouillets présents sur un ring comme CM Punk ou ceux qui ne respectent pas la charte du catcheur en ignorant et méprisant les spectateurs et surtout les enfants. Et le premier qui va subir cette correction est Nick Nardone ! Le lutteur local au nom de glacier lyonnais a ignoré des fans et a refusé de signer des autographes. Ryback l'a vu et va le punir ! Donc, on est revenu au Ryback versus les régionaux. Youpi. C’est n’importe quoi mais ça peut être fun de voir le gros streum faire son joli scout.
 
 
Je suis Nick Nardone et toi, t'es qui putain?

 
 
Vient enfin le temps annoncé du calvaire, le gauntlet match (avec Vickie à coté de la table d’annonce) où le seul intérêt sera de savoir, comme au Royal Rumble, qui sera le catcheur à venir défier Rollins, Ambrose et Reigns ! Pour vous la faire de façon amusante, lançons le chrono.
 
Numero 1 : Darren Young des Prime Time Players : quarante quatre secondes, subissant le tombé de Reigns.
Numéro 2 : Titus O’Neil de la même équipe : soixante huit secondes, même raison.
 
C’est bien, hein ? Ah la la, quel suspense pour la suite !! Allez, devinez qui vient après ?
 
 
– L'homme rayé, c'est lui le troisième !
– Non Roman, c'est l'arbitre.
– Chut Dean, on le démonte quand même !
 
 
Perdu, c’est Ziggler ! Oui, je suis surpris aussi. Le match dure un peu plus longtemps, trois minutes et trente secondes, mais Dolph est défait par count out après un gros spear en ringside de Reigns, qui est décidément dans tous les coups.
 
Le quatrième entrant est Kofi Kingston, qui arrive à dynamiser sa partition en exécutant un Trouble in Paradise sur Reigns (toujours lui) et tente même un tombé ! Mais son action est de courte durée: le Ghanéen ne reste qu’une minute et trente secondes, après avoir subi un Bulldog Driver de Dean Ambrose.
 
 
– Alors Kofi, heureux d'être dans une feud d'envergure ?
– Roh ta gueule, Dean…
 
 
Le cinquième… Oui oui, il nous en reste encore six, est Rob Van Dam. Qui, lui aussi, se fait bien plaisir en sautillant partout et en faisant scander ses initiales au public désarçonné par tant de tristesse et de mauvais goût. Il se prépare pour un frog splash quand…
 
Motorhead et son King of Kings résonne dans l’US Bank Arena !! Le trop con Rob Van Dam ne comprend pas trop, mais HHH s’approche en gueulant “qu’est ce que c’est que ce bordel ?”. Il demande à l’arbitre de stopper la purge et convoque, right now, Vickie dans son bureau. OUI ! Enfin ! La bonne décision est prise ! Tardivement certes, surtout qu’après RVD, il ne restait que Ryder, Gabriel, Truth et les Usos, soit presque que des catcheurs d’un niveau bien plus faiblard que ceux étant déjà passés.
 
 
Femme ! Un peu de pouvoir et tu fais n'importe quoi ! Retourne laver nos slips !
 
 
En tête à tête, Triple H réitère sa question sur ce booking merdique de la part de Vickie. Cette dernière utilise la seule carte en sa possession “it’s good for business”. HHH répond “si on envoie les dix rebelles au pilori, dix autres se réveilleront et encore dix et encore dix etc, etc. Et ce sera la fin de l’Empire et de l’étoile noire !! Hein, les cons, pardon, les catcheurs ont besoin de se sentir en sécurité et d’avoir des vrais challenges, alors on va donc foutre en main event Daniel Bryan et les Usos contre, euh, ben le Shield tiens.
 

Oui, c’est sûr que c’est également très légitime de mettre trois hommes frais affronter ceux qui viennent, certes sans trop de difficultés, subir les attaques de cinq adversaires émérites.
 
Et maintenant ? Que va-t-on foutre des trois autres alors ? Merde, même pour cinq secondes, je crois que Justin Gabriel avait envie de se foutre en slip devant les gueux de Cincinnati. Et-h bien, l’ami Hunter, sans le dire à l’écran, y a pensé. Lui et le broski boy vont se coltiner les barbus de la Wyatt Family.
 
 
Justin, je t'avais dit que Hunter était toujours mon Broski, on évite de se faire humilier par le Shield!
 
 
Si si, c’est mieux et apparemment plus sécuritaire que de se taper à un contre trois. Evidemment, les gentils se font dérouiller assez rapidement par Harper (le brun) et Rowan (le roux), Ryder subit le tombé, Wyatt lève le cul de sa chaise, monte sur le ring et une sister Abigail plus tard, étale le mec de Long Island. Gabriel, lui, a eu que très peu de temps pour montrer qu’il existait toujours, il a juste pris une grosse semelle de la part de Rowan en faisant le gros cake sur le turnbuckle. Tant pis. 
 
Concernant la Wyatt Family, il serait temps de leur donner une petite histoire, non ? Par exemple, en les voyant emporter le corps d’une de leurs victimes sacrificielles dans leur bayou. La difficulté serait surtout de vendre la storyline, uniquement via des vidéos où Ryder, que je vois en bon client, subirait mille humiliations et leçons d'endoctrinement. Au final, il deviendrait un porte-parole utile montrant l’efficacité des méthodes Wyatt. On nous l’a vendu quand même comme un prêcheur barjot n’ayant pas peur du diable ! L’inconvénient de cette idée serait l’absence de réaction des amis de la victime.
 
 
– On emmène Zack avec nous, dans le Bayou, il ne reviendra jamais ! Fini votre Long Island Iced Z ! 
– Ils s'en foutent, Bray, fallait venir fin 2011.
 
 
RVD lui, se fait manipuler le coude par un infirmier, sans raison valable vu que je n’ai pas vu signe de blessure durant sa minute passée sur le ring. Sûrement un coup pour obtenir un certificat du médecin et l’autorisation de consommer de la marijuana médicinale. HHH, décidément proche des faces durant ce Smackdown, vient à sa rencontre lui signifier qu’il a droit a un nouveau match contre le champion en titre Alberto Del Rio à Battleground. Sûrement parce que c’est bon pour le business.
 
Ce sera une nouvelle fois pour nous un moment dégueulasse de subir les borborygmes de l’homme au catogan, probablement atteint d’Alzheimer pour répéter ad vitam aeternam que ses initiales sont le R, le V et puis le D. Lassé de ce grotesque personnage, sortant d’on ne sait où dans cette salle d’urgence médicale, Alberto Del Rio percuta violemment son rival avant de soumettre, sur le ring cette fois, le dernier larron des révoltés, un Ewok dans l’univers Star Wars, R-Truth.
 
Alors j’ai quand même deux questions, la première concernant Rod Van Dam. Arrêtera-t-il un jour de demander au public de scander son nom ? Il les prend pour des cons ? Vous allez me dire que c’est sa “catch phrase”, et bien je vous rétorque que c’est de la merde.
 
La seconde est plus idiote mais, cette salle de soins de l’US Bank Arena, elle est foutue comment ? Il sort de l’armoire à pharmacie pour que personne ne s’aperçoive de sa présence dans une salle soi-disant close ? Vous allez pas me dire qu’ils se sont installés dans un couloir à la con juste pour cet effet de style ? Ça m’énerve un peu moi. Mais, faut dire que le spectacle proposé à ce moment entraîne ce genre de digression mentale. Ça, et le fait de chercher vainement des plans architecturaux de la salle de Cincinnati.
 
 
Le moment précis où RVD se rend compte que tout est factice dans cette séquence, y compris Philip l'infirmier. Dommage que ce soit après avoir subi un toucher rectal.
 
 
Heureusement que vient enfin le moment du main event. Et c’est ce qui sauve ce show. Là, les yeux hagards rivés sur l’heure qui passe, le public reprend goût à la vie et au spectacle. À croire que Daniel Bryan vole vraiment le show en entraînant tout le monde dans son sillage. On assiste à un match d’un bon quart d’heure, très rythmé, enthousiasmant avec une alchimie efficace entre les Samoans et Daniel Bryan. Je crois avoir pris mon pied lors de cette séquence finale où Usos et Shield “s’éliminent” en ringside avec ce mouvement original de Jimmy ! Évidemment, parce que ça peut difficilement être autrement, les faces remportent le match.
 
 
Signature move n°37: La catapulte infernale !
 
 
La grande perdante de ce Smackdown est Vickie. Sa décision de punir d’une façon si grotesque les amis de Bryan lui est finalement revenue sur le coin du nez. Malgré son intervention tardive, car je considère qu’attendre le cinquième gus n’est pas très finaud, Triple H montre une autre facette. Oui, le business est important, mais il faut toujours penser que le catcheur peut agir comme il veut (sauf le Big Show) et que ce n’est pas en faisant d’eux des Spartacus du XXIe siècle que la WWE pourra contenter son public.
 

 
– Je suis Daniel Bryan !
– Non, je suis Daniel Bryan !
– Non, c'est moi !

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