Catch

Ça aurait pu être bien pire

Qu'un potage soit immangeable, cela ne tient parfois qu'à un cheveu.

Jules Romains

 

Franchement, avec une carte pareille, et la merde que nous avait pondue Stamford il y a seulement trois semaines, on avait tous les fesses qui faisaient bravo en attendant ce tout nouveau PPV dénommé Battleground. Force a été de constater que la WWE s’en tire plutôt bien compte tenu du programme et du booking pré-PPV. Si tout n’a pas été rose, la soirée n’est pas à jeter, il y a même pas mal de choses à sauver. Tour d’horizon de la première édition du Champ de Bataille !

 

 

Certaines images sont insoutenables ! Cliquez à vos risques et périls.

 

 

Nalyse de Battleground 2013

 

 

Comme abordé dans mon propos liminaire, les Vinnie Boys ont échappé au pire. En effet, malgré un net regain de forme dans les épisodes hebdomadaires au sortir de Night of Champions, la WWE est vite retombée dans ses travers en nous bookant une midcard indigeste, et encore, quand celle-ci était ne serait-ce que simplement bookée.

 

Car voilà, on nous a ressorti cette fichue manie que j’exècre au plus haut point, à savoir celle de proposer en PPV des matchs surprises, venus d’absolument nulle part, et sans aucun enjeu. C’est ainsi qu’immédiatement après l’opener, que nous aborderons tout de suite après, les dirigeants de la plus grande et de la plus sérieuse des fédérations de catch, qui savent ce qu’ils font hein, nous ont proposé un match opposant Santino et le Great Khali, flanqués de l’infâme Horny, aux Real Americans.

 

 

Gatsby, le nainquidéfèque. Une production WWE, sur vos écrans en avril 2014.

 

 

Bah ouais bande de flans, le titre n’étant pas défendu sur ce PPV, il serait bien dommage de proposer au public, ayant déboursé l’argent de son dur labeur, un match mettant aux prises des équipes en forme d’une division en plein regain d’intérêt comme les Usos, les Prime Time Players, les frères Wyatt voire même Los Matadores ! Non, non, non… Proposons plutôt une affiche RAWesque opposant le pitre Santino et son incapable de géant Khali aux paillassons de service Antonio et Jack Pffwagger. Y’a bon pour le business.

 

Le match est parfaitement sans intérêt si ce n’est celui d’avoir montré en PPV que Cesaro peut porter son incroyable, mais vraiment incroyable, Giant Swing sur le Great Khali. Je dois bien avouer que c’était un bon moment. Mais sinon, quelqu’un en a quelque chose à foutre que les vrais ricains aient gagné contre les clowns ? Non ? Ok match suivant.

 

 

Ça c'est ce qu'on appelle une petite quenelle de 160, dans vos fions.

 

 

Enfin match suivant, match précédent devrais-je dire, car cette bouffonnerie prenait place après un très bon opener qui n’était nul autre que le match pour la ceinture poids lourds d’Alberto Del Rio, mise en jeu contre Mister PPV : ROB ! VAN ! DAM !

 

La feud arrivant à un point où il était nécessaire d’empêcher tout finish foireux, duquel le champion pourrait s’échapper sans encombre, le match était donc un HARDCORE RULES MATCH !! WOW !! Sachez que cela n’a rien à voir avec un No DQ, un No Holds Barred, un Unsanctionned Match, un Chairs Match, un TLC Match, un Extreme Rules Match, un Street Fight ou encore l’inévitable Attention Tu Peux Faire Ce Que Tu Veux Tu Seras Pas Disqualifié Oui Même Avec Une Fourchette Dans Les Yeux Match.

 

 

Vas-y vas-y tire plus fort sur mon doigt, je sens que j'en ai un beau là !

 

 

J’ai beaucoup aimé le choix des bookers sur ce coup. Vu la faiblesse manifeste de la carte, ce match était très certainement le plus à même de remplir cet emplacement ô combien stratégique. Bryan/Orton était dévolu au Main Event pour des raisons évidentes, Punk/Ryback s’annonçait trop peu spectaculaire, il n’y avait peut-être que le match entre les frères Rhodes et le Shield qui pouvait prétendre à l’ouverture d’émission, mais nous verrons plus tard qu’il n’en était pas question et c’est tant mieux.

 

Non ce choix était très judicieux. Le match était un des rares à susciter un réel intérêt de la part des suiveurs, il était également un des rares à avoir un quelconque enjeu (Punk/Ryback n’en ayant au fond aucun), qui plus est prestigieux. Du coup, on se dit que la soirée commence au poil. Surtout que les deux gars ne se foutent pas de notre gueule. A peine deux trois patates échangées que voilà déjà les chaises, les poubelles, les échelles et tout l’arsenal des Même Si Tu Fais Un Truc Qu’Est Pas Trop Trop Permis Ca Passe Match.

 

Alberto Del Rio est décidément incapable de faire un mauvais match. Depuis le début de l’année je ne me souviens pas d’un seul impair pour le « Mexican Greatest Export », que ce soit contre Big Show, Christian, Swagger, Ziggler ou maintenant Van Dam. Encore une fois, il est au top de sa forme. Mais il serait injuste de ne pas récompenser le superbe travail de RVD qui lui aussi enchaine les bons matchs, même si ses promos laissent à désirer, dude.

 

Comme je vous le disais, tout l’arsenal y passe et on a même droit à un peu de mise en scène bien fun avec Ricardo Rodriguez qui tabasse son ex mentor à coups de seau pour la plus grande joie du public. Mais c’est finalement Bertie qui l’emporte, montrant au passage qu’il ne recule devant rien en utilisant la chaise pour démolir le bras de son adversaire avant de l’emprisonner dans le terrible Cross Arm Breaker. Très belle victoire de Del Rio qui prouve qu’il peut aussi gagner sans discussion et ainsi renforcer son règne de champion de fort belle facture, malheureusement trop peu mis en avant.

 

 

Bordel le dimanche les poubelles c'est pour toi Rob !

 

 

Et cela ne risque pas de s’améliorer quand on voit le traitement réservé à son potentiel challenger, Damien Sandow. Non content de perdre match sur match, celui qui se proclame le futur champion poids lourds garanti s’est retrouvé cantonné au preshow sur ce PPV, dans un match contre Dolph Ziggler probablement tiré sur une RAW Roulette perdue dans un bureau au fond d’un couloir à Stamford.

 

Et on pourrait croire que le détenteur de la mallette toute en cuir allait se refaire la cerise contre le gars qu’on envoie pour rendre les autres beaux et forts. Mais non. Damien se couche après dix minutes bien pauvres, alors qu’on était en droit d'attendre un peu de spectacle de la part de ces deux sérieux workers.

 

Triste mise en bouche youtubienne dont on peine à discerner le réel intérêt pour les deux hommes, voire même pour le public. Car dans le même temps, le barbu magnifique vend une blessure au genou qui a causé sa perte et qui hypothèque sérieusement une intervention de « cash in » plus tard dans la soirée. Non vraiment je ne vois pas.

 

 

Il devrait la laisser attachée au ring constamment, ça lui ferait gagner du temps. 

 

 

On reprend le fil normal des évènements avec donc, suite au 2v2 clownesque, une affiche de gala histoire de relancer la machine : Curtis Axel contre R-Truth pour le titre Intercontinental. Le public retient son souffle. Cette rivalité longue de plusieurs mois va-t-elle enfin accoucher du triomphe du héros de tout un peuple, R-Truth, brandissant haut la ceinture la plus convoitée des techniciens de ce ring ?!

 

Non ! Parbleu ! Curtis Axel l’emporte sous une bronca assourdissante après un énième coup de fouine qui sans nul doute conduira les deux hommes à une revanche sanglante dans un mois.

 

 

– Vite appelez le physio, mon Curtis fait encore une crise de somnambulisme !

– Et en plus il a une érection regardez !

 

 

Bon, allez. Curtis Axel l’emporte tout ce qu’il y a de plus clean, dans un silence de cathédrale, à la suite de sept petites minutes qui ne casseront pas ne serait-ce qu’une patte au plus boiteux des canards. Si j’étais parfaitement honnête, je reconnaitrais sans doute que les deux ont tout de même fait tout pour rendre la copie la plus propre possible. Sauf que quand on arrive en PPV sans la moindre histoire commune, à la suite d’un match absolument out-of-nowhere, pour défendre une ceinture qui ne suscite presque plus aucune émotion, eh bien il faut s’attendre à passer pour des branleurs. Et c’est ce qui s’est passé.

 

Et cette andouille de Curtis Axel a manqué une belle occasion de briller je trouve. Il y a un mois il avait été nommé M-V-P de la sinistre Nuit des Champions, pour sa faculté à s'effacer intelligemment contre des adversaires plus prestigieux tout en faisant du bon boulot. Cette fois-ci, il affrontait un ennemi faible au cours d’un match dans lequel il se devait d’endosser le costume du champion dominant, conquérant, prêt à écraser l’adversité pour montrer qu’il n’est pas là par hasard. R-Truth est tout sauf une menace crédible. Mais non, c'était un match sans panache ni moment marquant qui ne sert pas le champion et qui plombe une soirée qui redescend clairement d'un cran malgré le très bon opener.

 

 

Et là, pew pew pew, R-Truth est mort et on gagne le match héhé. Ouais voilà, pew pew pew.

 

 

Alors là vous me direz, il est temps de passer à la vitesse supérieure. La midcard est trop faible pour se permettre d’enchainer trois rencontres de bas de tableau à la suite tout en conservant l’intérêt de la foule.

 

 

– Les gants noirs c'est pour quoi Brie ?

– Pour la quenelle de 180, Nikki, je pense que je vais en avoir besoin après celle de Santino.

– Ah sœurette t'est vraiment trop géniale!

 

 

 

Oh.

 

Quelle carte mes amis, quelle carte. Bon depuis Money In The Bank et le magnifique AJ/Kaitlyn, le soufflé est vraiment retombé chez les filles. Les matchs sont de nouveau sans consistance, sans histoire, sans rien du tout en fait. C’est encore une partition brouillonne, sur fond d’ersatz de feud de téléréalité, qui nous a été servie. Profitez en donc pour soulager vos vessies remplies de l’excitation débordante dont jouit ce PPV pendant cette pause justement méritée…

 

 

Même si vous auriez alors manqué le retour de Beth Phoenix.

 

 

Alléluia, nous arrivons au bout du tunnel, voilà un VRAI match. Vous savez, un match qui ne vous donne pas l’impression d’être dans une émission hebdo. Un match avec un enjeu, un match dans lequel le public peut s’investir émotionnellement, un match qui vous donne le sentiment de regarder un moment important de votre émission de catch préférée.

 

Les frères Rhodes, accompagnés du Dream, Dusty Rhodes, défient les terribles champions par équipe du Shield. La récompense de la victoire pour les deux frères : la sauvegarde du boulot de leur papounet et deux contrats de Superstar pour eux. La défaite en revanche les enverrait à jamais dans l’oubli. Cette stipulation couperet a été rappellée lors d'une interview en coulisses d'avant match avec la famille au complet. L'occasion également pour chacun des membres de mettre en valeur les autres, promo touchante tenant compte du passé tumultueux des trois hommes. On se dit qu'on va assister à quelque chose de spécial.

 

Et l’attente aura donc été longue, mais nous tenons enfin notre match de la soirée. Et pas seulement le match de la soirée, c’est un pur bijou. Un modèle de booking, le « Comment construire un feelgood moment pour les nuls ». Un régal pendant un quart d’heure qui se termine donc sur une victoire orgasmique des deux frangins, Cody Rhodes couchant Seth Rollins d’un Crossrhodes d’une intensité encore jamais vue.

 

 

– Purée je me sens pas bien, je sens que je vais…

– Attends Cody, je vais chercher Dean, il s'y connait.

 

 

– Alors Dean t'en penses quoi ?

– Il a un truc coincé, tu devrais lui coller un gros spear Roman ça fera l'affaire.

– T'es un vrai chef Dean.

 

 

Mais avant cela, les six comparses nous auront fait passer par toutes les émotions. Le doute tout d'abord, quand la machine bien huilée du Shield prend les commandes d’un match qu’il ne semble pas pouvoir laisser échapper. Mais très vite la peur quand Roman Reigns semble donner un avantage déterminant à son équipe en maltraitant longuement l’ainé Goldust et faisant étalage de sa puissance.

 

Puis l’espoir avec les « hot tags » successifs qui emballent la foule de Buffalo totalement conquise par le spectacle proposé et fermement derrière les gentils ! Et enfin l’allégresse, la jouissance la plus totale quand Ambrose tente d’intervenir mais est séché d’un coup de coude signature du Dream. Goldust s’occupe alors de Reigns tandis que Cody, dans le ring, en finit une bonne fois pour toutes avec Seth, prouvant ainsi que la famille et ses valeurs sont plus fortes que la froide mécanique du Shield.

 

Le match est un bonheur à voir et revoir encore et encore. Il est un peu court pour être qualifié de potentiel MOTY (Match de l’année) et manque sans doute de gros spot, mais c’est une vraie pépite dans la construction et la montée en puissance. Et même si il est dénué de gros spot, la nostalgie qui entoure certains enchainements de Goldust, ou la puissance et la fougue de Rhodes sur ses Disaster Kicks, son Alabama Slam ou son terrible Muscle Buster (tous portés avec plus d’intensité que d’habitude), sont un vrai régal. A noter également le Moonsault de Cody de toute beauté. La soirée est d’ores et déjà sauvée, merci messieurs.

 

 

Tiens regarde mon doigt petit.

 

 

OK c'est n'importe quoi ! Mon coude dans ta gueule !

 

 

Bray Wyatt et Kofi Kingston arrivent alors dans une position où la foule a besoin de souffler. Et ma foi, ils remplissent plutôt bien leur mission. Ce match arrivait comme un cheveu sur la soupe lui aussi, mais il aura au moins été placé plus intelligemment sur la carte.

 

On attend encore une vraie feud pour les tarés des marais, mais j’accroche plutôt bien à Wyatt dans un ring. Il développe bien son personnage flippant, ajoutant à sa panoplie son coup de l’araignée la tête à l’envers, style exorciste, vraiment vraiment malsain (dommage qu’il l'ait un poil botché). Et son spear en se jetant le corps en travers est sacrément dingue.

 

De son côté Kofi est une valeur sure. Alors ça donne certes un match sans éclat, solide sans plus, et qui ne fait avancer le schmilblick pour aucun des deux combattants ; mais ça permet à Bray de glaner une victoire et au public de se calmer un peu. On continue à retrouver de la cohérence tout en voyant des choses qu’on ne voit pas à RAW.

 

 

– Il sent la weed celui là Bray, j'en fais quoi ?

– Pose-le à côté là, je le boufferai plus tard…

 

 

CM Punk contre Ryback… Pour le dernier nommé, ce match est important à mes yeux. Il s’incruste dans une feud de haut niveau mais qui peine à retrouver son souffle depuis le stupéfiant Punk/Lesnar de Summerslam. La comparaison avec The Beast est inévitable et nul doute qu’il était très attendu au tournant sur ce match qui avait pour objectif assez évident de faire durer la feud encore au moins jusqu’aux Series.

 

Sauf que le bon Ryback, il est encore passé à côté. Néanmoins, avant de s’acharner sur Goldberg 2.0, il faut mentionner que CM Punk, aussi intouchable soit-il, n’a pas non plus fait grand-chose de remarquable dimanche soir. On peut même dire qu’il a été en deçà de ses dernières sorties, et ce n’est pas seulement la faute de Ryback.

 

Ryback n’a donc vraiment rien montré de spécial dimanche. Rien d’autre que ce qu’on lui connaissait déjà en réalité. Il est puissant, il bouge plutôt bien, mais son problème, c’est que le public s’en fout de lui j’en ai bien peur. Ah si seulement on lui avait filé la ceinture à Hell in a Cell… Le Ryback heel ne prend pas. On entre-aperçoit de temps à autres des fulgurances qui prouvent que le gars a quelque chose, au micro notamment lors d’excellents segments backstage avec son sourire de con quand il fait le « bully ». Mais pour le moment, ses matchs sont quand même très proches du néant et le problème, c’est que ça dure depuis un peu trop longtemps.

 

 

Ryback est un bully ! Je déteste les bullies !

 

 

Bah.. ?

 

 

Test de passage manqué à mon sens donc pour le nouveau Heyman Guy. A voir comment sa prestation sera perçue du côté des décideurs mais il serait vraiment temps qu’il démontre tout son potentiel aussi bien au micro que dans le ring, puisqu’il semblerait qu’il en ait tant.

 

Pour Punk et Heyman, je trouve dommage que la feud s’embourbe de la sorte. Ce match était quelconque, aussi bien de par la prestation des intéressés que par sa simple raison d'être. Ok Ryback est un Heyman Guy, Punk déteste Heyman, donc Punk veut cogner Ryback. Sauf que au final, Punk bat Ryback sur un low blow après un match vraiment banal et on voudrait nous faire croire que l’ex-champion WWE est heureux ?

 

Heureux d’avoir récupérer sa défaite honteuse du mois dernier ? Heureux d’avoir été plus malin que son ex-mentor ? Ça fait un peu léger pour un mec qui prétend vouloir « arracher la face » de Paul Heyman et le détruire lui et tous ses potes.

 

Non… On marque clairement le pas du côté de cette histoire qui pourtant nous a montré par le passé qu’elle avait le potentiel pour nous régaler pendant des mois durant. Le prochain RAW je l’espère remettra sur de bons rails cette rivalité qui pour l’instant commence à me faire flipper quant à son dénouement.

 

 

– Haha te voilà sur les roses Punk ! Haha tu comprends ? Sur les roses ! La corde… elle est…

– Finis-moi, Paul.

 

 

Il ne nous reste donc plus qu’à couvrir le Main Event de la soirée. Daniel Bryan et Randy Orton, pour le championnat suprême. J’ignore si les règles ont été clairement définies en début de combat, et si oui alors fouettez moi dans les commentaires de vos verges fermes, mais j’aurais aimé qu’on nous explique bien les différentes possibilités. Car pour moi devant ma télé, je ne savais pas par exemple si en cas de DQ ou de décompte à l’extérieur, nous avions un nouveau champion ou pas.

 

Passé ce détail, j’ai personnellement moins aimé ce match que celui de Night of Champions. Pourtant, je les ai trouvés beaucoup plus sérieux et appliqués cette fois-ci, c’était plus en contrôle et chaque geste avait du sens, ce qui était beaucoup mieux de ce côté-là. Sur l’ensemble rien à dire, les deux gars sont excellents et peuvent tenir une demi-heure de très haut niveau tous les soirs sans souci. Et ils sont capables de renouveler leur arsenal de contres et de légèrement modifier leurs prises signature pour surprendre la foule.

 

Mais le finish nous fout dedans, clairement. Après vingt-cinq minutes de combat méthodique et prenant, Bryan prend Randy dans son Yes Lock, la foule est en délire ! Maddox, qui a été nommé en charge du show et responsable de tout ce qui pourrait se passer de « mauvais pour le business » par Triple H qui devait s'absenter en milieu d’émission, déboule avec le Big Show pour intervenir ! Bon on s’y attendait tous, mais pourquoi pas, attendons de voir la suite ! Le Gros Spectacle ne se met pas à chialer pour une fois, bien au contraire, il chope le pied de l’arbitre, à lui en déboiter la cuisse, et l’empêche de signaler l’abandon ou pas de Randy Orton ! Bon ça aussi, on s’y attendait, mais ça se tient.

 

 

Allez y M'sieur Daniel ! Vous pouvez le faire ! Faites taper ce salaud comme la petite salope qu'il est !

 

 

Bryan casse la prise et vient alors expliquer au Géant que son intervention lui met sérieusement les couilles dans un étau et qu’il serait de bon ton qu’il s’excuse platement. Sauf que Show ne l’entend pas de cette oreille et étale le Barbu d’un direct dans les gencives. Carnage à Buffalo.

 

Maddox, tout goguenard, appelle Scott Armstrong ! Wow overbooking quand tu nous tiens, voilà qu’un arbitre renvoyé pour corruption débarque pour faire le sale boulot. Le mec était déjà en tenue, donc tout était prévu encore une fois ? Quelle bande de petits génies ça alors.

 

Ca y’est c’est foutu, Randy Orton va donc être champion pour la dixième fois de sa carrière, Bryan est maudit, mais qu’à cela ne tienne, la chasse pour le titre continuera et il finira par les avoir tous ces enfoirés de la direction ! Ouais, j’aurais aimé conclure là-dessus en fait.

 

 

Haha chien tiens je te laisse contempler mon triomphe !

 

 

Mais ça c’était trop facile parce que voyez-vous, on l’avait tous prédit ce finish quasiment. Et à la WWE on aime bien surprendre pour surprendre parfois, en dépit de toute logique, c’est ce qu’on appelle un « swerve ». Le rebondissement scénaristique dont on se passerait bien. La trace de pneu au fond du slibard quand on pensait juste avoir fait un superbe pet trompette.

 

Big Show se rebelle donc, là, maintenant, tout de suite, alors que pendant des semaines il s’est fait piétiner les pruneaux par Stephanie et ses talons aiguilles. Et il décide donc que le dentier de Scotty n’est pas bien en place et qu’il aurait bien besoin d’un arrangement buco dentaire. PAF, KO Punch, plus d’arbitre. Orton n’est vraiment pas content, il dit à Show qu’il vient de se mettre dans une merde noire. Qu’à cela ne tienne, perdu pour perdu, ce sont les chicots de Randall qui sautent également.

 

Le Big Show triomphe donc, en haut de son turnbuckle turgescent tandis que sa musique retentit, que les deux protagonistes principaux sont au sol étendus, que Maddox est coi et que le public ne sait que penser. Clap de fin. Paye ton image finale.

 

 

Et encore, ça aurait pu être pire. Randy aurait pu nous dire ce qu'il a vu dans la barbe de Daniel Bryan quand ce dernier lui a avoué avoir un faible pour les cuni depuis qu'il est avec Brie Bella.

 

 

Bon certains me diront que ce finish se justifie, on pourra en débattre. Pour moi le Big Show qui pète un câble et se rebelle de cette manière, ça n’a pas de sens. Il chiale depuis des semaines comme une madeleine. Stephanie le tient en laisse et par la peau des bourses (oh oh double jeu de mots), ça a été clairement expliqué à l’antenne. En faisant ça, il vient de signer son arrêt de mort et la fin de son contrat à la WWE. C’est garanti. Triple H va rouster Brad et Stephanie va virer Show.

 

Alors pourquoi avoir fait ça ? Surtout après avoir décalqué la tête de Bryan ! Donc grosso modo, il obéit, parce qu’il n’a pas le choix sinon il est viré. Puis finalement, OH FUCK MY LIFE, il désobéit et accepte donc de se faire virer.

 

On serait alors dans une logique de baroud d’honneur pour Show ? Il veut partir de la WWE la tête haute. Pourquoi pas… Si on cherche bien, ça peut se tenir, mais bordel qu’est-ce que c’est tiré par les cheveux comme finish. Surtout qu’on laisse tout le public sur le cul, et pas au bon sens du terme, et c’est mon deuxième grief concernant cette conclusion. Je comprends que Show étant devenu parfaitement incontrolable, Maddox ne pouvait se permettre d’envoyer un troisième arbitre sous peine de violer allègrement les droits de l’homme et le respect de la vie humaine. Mais il aurait pu prendre au moins le micro, ou alors appeler un arbitre qui aurait compter depuis le haut de la rampe, pour expliquer qu’on avait là une double DQ ou un double décompte de 10. Bref il aurait pu FINIR le match ! Donner une fin au PPV !

 

Là j’avais juste le sentiment d’un beau bordel qui ressemble à tout sauf à une fin de PPV. Et si le but était de faire passer Show finalement pour un héros, c’est raté car à mes yeux, en tant que spectateur, je lui en veux de foutre en l’air un Main Event qui était de très belle qualité ! Et si on pousse le raisonnement à la logique commerciale la plus simple, ce match nous avait été vendu principalement comme celui qui allait enfin couronner le nouveau champion WWE une bonne fois pour toutes, et il fait tout l'inverse. Bref c'est un non-sens selon moi de finir sur une telle image, sans explication aucune.

 

 

– Attends je dois cogner qui déjà, Orton je crois…

– Show !

– Merde merde merde… Non c'est Bryan en fait, faut que je cogne Bryan.

– SHOW !

 

 

Bref vous l’aurez compris, ce final me laisse un goût amer. Et c’est d’autant plus dommage que le PPV avait bien remonté la pente après une première moitié chaotique. On pourrait même dire que sans cela il était plutôt bon. Une gestion intelligente de l’opener, un match de milieu de show absolument délicieux, un Main Event de très beau calibre malgré une conclusion foireuse, ça reste un bilan plus que correct. Surtout quand on voyait la pauvreté de la carte, tant en profondeur de storyline (cinq matchs sur neuf sans build quasiment) qu’en qualité des affiches proposées.

 

Et le PPV en lui-même n’avait pas une place facile. Pris dans un calendrier surchargé de façon totalement incompréhensible (Night of Champions, Battleground et Hell in A Cell espacés chacun de trois semaines), il peine également à se démarquer de par son concept indéfinissable. Installer un pay-per-view sans gimmick quand vous sortez de la nuit des champions et que vous allez vers Hell In A Cell, puis les Survivor Series et TLC, ça peut difficilement parler au grand public. On ne sait pas ce qu’on doit attendre, et la carte donnait tout sauf envie…

 

On est d’accord, ça aurait pu être bien pire. On peut même dire qu’on n'a pas passé un trop mauvais moment. Les histoires pour le titre WWE et les frères Rhodes s’écrivent toutes seules, il n’y a donc plus qu’à espérer que les forces créatives de la famille McMahon investissent toutes leurs facultés intellectuelles dans le développement de Punk/Heyman et de la midcard d’une manière générale, et on devrait avoir une fin d’année au top.

 

Sur ce, à dans trois semaines pour l’enfer dans la cage. Eh oui, déjà !

 

 

If you smell what Heyman is cooking!

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