Catch

Halloween Revenge Blues

Les feux de l’aurore ne sont pas si doux que les premiers regards de la gloire.

Vauvenargues, Réflexion et Maximes

 

Question shows ayant eu lieu à Halloween nous avons tous quelques moments horrifiques en mémoire, notamment du côté de Stamford. Malgré quelques incongruités, la purge n’est pas au rendez-vous ce soir. Avec cinq affrontements au programme dont quatre revanches de Bound for Glory, le A de Total Non-stop Action reprend ses droits, en même temps que s’agrandit la brèche pour la course au titre suprême. Les bonnes nouvelles allant toujours de pair, les enregistrements avaient de nouveau lieu devant la bruyante foule de Salt Lake City.

 

 

Ce soir j’ai décidé de ne pas être transparente.

 

 

Nalyse TNA Impact du 31 octobre 2013

 

 

Welcome to the Dixieland ! C’est une nouvelle fois la patronne de la fédération qui est à l’honneur du segment d’ouverture. Je pense qu’il faudra s’habituer à cette nouvelle omniprésence, et le fait est qu’elle se débrouille de mieux en mieux au micro. Le problème principal réside dans ses deux expressions et demie du visage (« La peur de faire sauter son botox ? » demanderont les mauvaises langues), mais gardons espoir, Vickie Guerrero ne s’est pas construite en un jour.

 

Dixie prend acte du départ d’AJ Styles, considère qu’il a réalisé l’erreur de sa vie et qu’elle n’a pas à lui courir après. Il peut bien se prétendre World Champ et se balader avec la ceinture partout où il voudra, aux yeux de la compagnie il n’est plus le tenant du titre. Par conséquent elle annonce la mise en place d’un tournoi qui s’étalera sur plusieurs semaines pour déterminer le nouveau Champion. Il comportera huit participants, mais déjà ça sent l’entourloupe puisque seulement sept d’entre eux sont conviés. Tous anciens Champions TNA. Alignés sur la rampe d’entrée, ils sont successivement annoncés et introduits par des courts clips de présentation : James Storm, Samoa Joe, Kurt Angle, Jeff Hardy, Austin Aries, Bobby Roode et Chris Sabin.

 

– Euh c’est pour déterminer la prochaine coupure budgétaire ?

– Non pas cette fois-ci, t’inquiète.

 

 

Bonne initiative que ce procédé simple et éternel du tournoi. En un coup de baguette magique, des catcheurs éparpillés dans diverses storylines, voire n’ayant aucun plan en cours, se retrouvent aux premières loges. On peut reprocher la redondance et la trop grande proximité avec les BFG Series, mais la nature différente de ce tournoi-ci devrait éviter l’écueil de la répétition. De la même façon que coexistent en football la lutte de longue haleine pour le championnat et les matchs de coupe à élimination directe.

 

L’alignement des candidats au titre sur la rampe d’entrée contribue à donner un caractère solennel à la future compétition. À titre tout personnel, il me rappelle aussi les heures fastes du Pride FC, défunte organisation d’arts martiaux mixtes. De la nécessité de transcender le réel pour créer une aura particulière autour d’un fait somme toute ordinaire : l’annonce d’une liste de challengers. Toujours préférable à l’envoi d’un fax froid et impersonnel.

 

Dixie embraye au sujet de la manière dont sera attribuée la place vacante, quand un Bully Ray rageur (pléonasme) déboule pour avoir une explication sur son absence. Avant de lui répondre, Dixie précise que la dernière place va se jouer dans un gauntlet match plus tard dans le show. Puis rappelle sa double défaite contre AJ Styles, raison suffisante pour l’exclure d’office selon elle. Les lumières s’éteignent… Et voilà Mr Anderson fonçant vers le ring poursuivre sa croisade contre le leader des Aces & Eights.

 

J’aime bien le principe d’une Dixie GM détestable, capable néanmoins de ne pas aller toujours dans le sens des réclamations heels. Ainsi Bully paye logiquement le fait d’avoir déçu et « mis en péril » le futur de la compagnie. Par ailleurs j’ai un peu tiqué sur les chants « You Tapped Out » à l’égard de ce dernier, pourtant battu par tombé les deux fois.

 

 

Je te préviens, si je me retrouve en midcard contre Norv Fernum je signe à la FFCP.

 

 

On se retrouve sur le parking où Mr Anderson est fermement menotté et encadré par deux agents de sécurité. Brooke l’insulte copieusement puis Bully le matraque avec sa chaîne. Le leader abandonne son ennemi en piteux état, et l’incite vivement à ne plus se mêler de son business. Segment un peu cheap mais le public embarque bien. Beau numéro de sadisme de Brooke dans le rôle de celle qui soutient les agissements de son homme. Un petit non-sens, sans grande importance, se glisse en route lorsque les « agents de sécurité » obéissent sans coup férir à Ray et lui livrent Anderson. Normal quoi.

 

Au détour d’un couloir, Gareth Bischoff est interrogé sur l’acte que vient de commettre son chef de clan. Il affirme que les affaires du groupe ne concernent qu’eux, commence à s’énerver contre l’intervieweur lorsque surgit Mike Knox. Ce dernier s’étonne que son coéquipier perde du temps en palabres. Knox évoque  une belle occasion à saisir ce soir et requiert l’aide de son partenaire. Les deux s’éclipsent. Ce petit aparté des deux derniers sbires estampillés Aces & Eights laisse la porte ouverte à beaucoup de supputations. La plus vraisemblable est celle d’une amorce de split définitif du clan.

 

MATCH 1 : l’équipe BroMans s’impose dans  le rematch contre James Storm & Gunner et conserve les titres Tag Team.

 

À noter l’utilisation de la triche par Bobby Heenan, jambe de l’adversaire retenue depuis l’extérieur du ring pendant le pin. Permettez-moi cette petite référence au Ultimate Warrior/Rick Rude de WrestleMania V, première fois où je vis ce type de finish.

Peu de choses à relever concernant cet affrontement d’à peine plus de quatre minutes, sinon que les tenants du titre sont apparus très faibles, dominant seulement lors d’un passage à deux contre un. En gros il fallait par convention se débarrasser de la clause de rematch, voilà qui est fait.

 

 

Mince je pensais que ça n’avait jamais été fait moi !

 

 

Dixie reçoit Sting dans son bureau et lui propose de mettre entre parenthèses la clause l’écartant de la course au titre (qui date de mémoire de sa dernière défaite contre Bobby Roode). Pour cela il doit participer et remporter le gauntlet match précédemment mentionné. L’homme masqué, en l’occurrence habillé en civil, répond de manière lasse, rappelle qu’il n’a jamais dû le moindre de ses accomplissements à quiconque. Il précise ne ressentir aucun signe de fatigue et quitte le bureau brusquement. La patronne se demande si elle doit prendre sa réflexion pour un « oui ». Pour ma part, j’ai encore en mémoire sa prestation de BFG contre Magnus et me demande si sa persévérance à catcher est une bonne nouvelle.

 

 

Si tu continues à donner du temps d’antenne à Norv Fernum, j’annonce ma retraite pour la 99e fois.

 

 

Après un clip rappelant le retour du Monster Abyss, nous retrouvons les membres de Bad Influence, déguisés en enquêteurs façon Sherlock Holmes. Ils inspectent à la loupe l’état de forme d’un technicien en backstage et ne lui attribuent que des tares. Daniels évoque ensuite l’objet principal de leur enquête du soir : Abyss. Kaz glisse alors une allusion fine « au titre TV qui semble avoir disparu ».

Belle autodérision de la compagnie envers sa tendance à être dépassé par ses propres créations. Le feu titre féminin par équipe en remue encore de honte.

 

MATCH 2 : Ethan Carter III domine une nouvelle fois Norv Fernum, rematch improbable de BFG. La foule réagit un peu plus qu’au PPV, notamment lorsque Carter traverse une phase en position de faiblesse.

Cette construction de streak poursuit son caractère étrange. Wait and see.

 

 

Ne me demandez rien les gars je découvre les choses en même temps que vous.

 

 

Bobby Roode s’entretient en coulisse avec le docteur de la fédération. Il veut être assuré de pouvoir compter sur lui concernant l’aptitude à combattre de Kurt Angle.

Discours à double sens réjouissant d’un Bobby décidément de plus en plus comparable au Cerebral Assassin Triple H.

 

Promo d’ODB en coulisses au sujet de son opportunité de reprendre le titre ce soir. Elle pense avoir tous les atouts de son côté. Bad Influence vient enquêter à son sujet, notamment à propos de sa proéminente poitrine. Tandis que le nom d’Abyss est remis sur le tapis, Eric Young provoque leur départ et les invite à se méfier : ce soir c’est la nuit préféré des monstres…

Encore un segment court et dispensable, de ceux dont la compagnie semble pourtant raffoler.

 

MATCH 3 : Magnus remporte le gauntlet match et prend donc le dernier ticket du tournoi pour le titre poids lourds.

Magnus crée la surprise et élimine Sting en dernier lieu. The Icon a l’air outragé de la façon opportuniste dont son disciple l’a sorti, puisqu’il était lui-même en train de travailler sur Kaz. L’Anglais tente d’atténuer le malaise en lui faisant signe et en incitant le public à applaudir la légende des rings.

 

Bonne alternative à la victoire que l’on pouvait craindre de Sting. Espérons que la fédération aille au bout de son audace à présent et que Magnus s’empare de l’or pour lancer une nouvelle ère. Il est hélas plus probable qu’un Sting frustré s’arrange pour l’éliminer du tournoi et que les deux poursuivent leur feud. Une chose est claire : on se dirige vers une double séparation de ce qu’il reste des clans Aces & Eights et Main Event Mafia.

Accessoirement, je m’insurge contre l’intitulé du match qui, en fait de gauntlet, est une bataille royale avec entrées successives. Comme dirait l’autre, les mots ont un sens. Je rappelle que Mike Adamle avait été placé sur le bûcher pour moins que ça.

 

 

Hmm est-ce que je vais continuer le groupe à 1 ?

 

 

Kurt Angle sort de l’entretien avec le docteur. Il se dit prêt à botter les fesses de Roode.

 

Dixie commente la qualification de Magnus pour le GoldRush Tournament. Elle semble ravie et amusée par les derniers rebondissements. Elle dévoilera d’ailleurs le tableau des matchs du tournoi un peu plus tard.

 

MATCH 4 : Gail Kim domine ODB et conserve le titre des knockouts.

À noter que Lei’D Tapa a droit à sa musique et son entrée individuelle sous le Titantron alors qu’elle ne vient que pour accompagner la Championne. Originale. C’est par l’intermédiaire d’un de ses stratagèmes (distraction Sensationnal Sherri Style de l’arbitre) que survient la défaite d’ODB, un roll up d’école suffisant à régler l’affaire.

Combat bien monté dans l’ensemble, nous gratifiant notamment d’un enchaînement de prises de soumission. On peut regretter que Kim apparaisse aussi faiblarde, mais il s’agit toujours de la meilleure ficelle pour rendre un règne de heel si détestable, et sa fin prochaine si jouissive.

 

Bad Influence évoque à nouveau le mystère du monstre Abyss, reprend les tenues d’enquêteurs et s’amène sur le ring. Le duo procède à un numéro clownesque auprès du public, prétendant débusquer le Mick Foley Wannabe. Daniels fouille sous le tablier du ring, mais n’en ressort qu’une citrouille. Il la définit comme semblable à Abyss : ronde, lourde, dénuée de talent comme tous les légumes. Tandis que Kaz chambre le public, Eric Young arrive tout sourire et se jette dans la gueule des loups. Il perd rapidement l’avantage et doit s’en remettre au sauvetage d’Abyss. Bad Influence ne peut rivaliser contre la détermination du fauve. Même Young se montre impressionné et méfiant devant la démonstration de force de son partenaire.

Cette séquence souffre d’un défaut de longueur, est finalement injustifiée compte tenu de l’absence d’éléments nouveaux. De plus, la confrontation préalable en coulisse entre Young et les deux anciens Fourtune brise l’éventuel effet de surprise. Je suis aussi partagé au sujet du rôle alloué à un catcheur aussi talentueux que Chris Daniels. Côté ying l’important temps d’antenne qui lui est offert, côté yang son enterrement dans le midcard alors qu’il incarne avec Styles et Joe le meilleur témoignage vivant de la TNA des origines.

 

 

– Et voilà ça ne loupe pas, on est encore écarté de la course au titre.

– Je ne pipe rien à ce qui nous arrive.

 

 

Au retour d’un spot pub le tableau du tournoi s’affiche à l’écran sans aucune autre forme de préavis. Les affrontements du premier tour seront Hardy/Sabin, Roode/Storm, Angle/Aries et Magnus/Joe. Dommage que ce programme détaillé des oppositions à venir soit expédié de la sorte. Une annonce circonstanciée aurait été idéale pour prolonger le caractère événementiel donné au tournoi.

 

Dans son bureau Dixie procède, en présence des deux intéressés, à un tirage de roue pour déterminer la stipulation du match Hardy/Sabin. Ce sera un Full Metal Mayhem. Dixie semble excitée comme une jeune fille à sa première boum, elle suggère à Sabin qu’il aura du fil à retordre et à Jeff qu’il sera lui dans son élément. Le combat aura lieu la semaine prochaine.

Et maintenant un gauntlet pour vous attribuer un look décent.

 

 

MATCH 5 : Bobby Roode s’impose face à Kurt Angle lorsque ce dernier ne se relève pas au compte de dix. Il semble complètement K-O et manifeste des spasmes sous l’attention inquiète des officiels.

Le show se conclut sur un Angle au centre du ring, incapable de se relever.

Une opposition davantage centrée sur le brawl par rapport au duel technique de BFG. Le public joue une grande part dans l’intensité du choc. Hélas ce final laisse augurer d’une nouvelle absence de plusieurs mois d’Angle, lui qui venait tout juste de revenir à l’action. Le temps presse pour ce quarantenaire bien sonné, surtout s’il vise de nouveaux titres pour sceller sa place au Hall of Fame. Je mise sur la révélation d’un complot ourdi entre Roode et le docteur pour mettre le médaillé Olympique hors du tournoi. Dès lors qui serait susceptible de le remplacer ? La suite s’annonce palpitante.

 

On termine avec les récompenses du soir :

« Le moment dont on se souviendra encore dans un mois » : Le lancement du tournoi pour couronner un nouveau Champion TNA.  

« La séquence drôle de la soirée » : L’allusion de Kazarian au titre TV, propos à la limite de briser le kayfabe puisque pointant la défaillance des scénaristes.  

« Le Match de la soirée » : Kurt Angle vs Bobby Roode, what else ?

« La Phrase de la soirée » : Dixie Carter, répondant à Bully Ray demandant si elle savait bien qui il était : « Oui mon cher, je sais qui tu es. Tu es celui qui a perdu, pas une mais deux fois, contre AJ Styles.»

« La Pop de la soirée » : Abyss

« Le Heel Heat de la soirée » : Bully Ray

 « Le « On comprend pas tout » de la soirée » : Un match annoncé à trois reprises comme un gauntlet qui se révèle une mini bataille royale de type Royal Rumble.

« La mention spéciale » : Au booker qui a su imposer l’idée d’un rematch entre Ethan Carter III et Norv Fernum, il fallait avoir une sacrée paire entre les jambes pour souhaiter revoir ça.

 

 

Halloween ou pas, le moment du panoramique sur Christy Hemme c’est toujours du bonbon.

 

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