Catch

Les dix catcheurs les plus influents de la WWE

Habemus Papam

La totalité de l'humanité

 

Après la présentation des postulants et le vote, voici venu le temps de la proclamation des résultats. Ils étaient dix au départ, et sont toujours dix à l’arrivée. Oui, mais dans quel ordre ?

 

 

Euh… 7 ?

 

 

Concours des catcheurs les plus influents de tous les temps, les résultats

 

 

Dieu qu’il aura été long, ce concours des dix catcheurs les plus influents de l’histoire de la WWE ! Nous pourrions pointer du doigt le laxisme de la rédactrice chargée de son organisation, ou souligner l’agenda de ministre qui construit son quotidien, mais au lieu de cela, admettons plutôt qu’un classement de cette importance demande un temps de réflexion conséquent, condition indispensable à la tenue d’un vote serein et éclairé. Oui, j’ai laissé du temps au temps.

 

Quelque deux cents participants ont donc décidé du sort de dix légendes de la WWE. Pour ceux qui souhaiteraient se replonger dans nos archives, ou qui découvriraient cet article, voici les portraits des impétrants, patiemment brossés par notre équipe de rédaction :

 

 

Stone Cold Steve Austin

John Cena

André le Géant

Bret Hart

Hulk Hogan

Shawn Michaels

The Rock

Triple H

Bruno Sammartino

The Undertaker

Article récapitulatif avant le vote final

 

À présent, place à la présentation, ou plutôt à la proclamation officielle des résultats.

 

 

10e place : Bret Hart

 

C’est la petite – et mauvaise, disons-le – surprise de notre concours au long cours : le Hitman ramasse ses dents à la dixième et dernière place de ce classement ô combien prestigieux. C’est le résultat qui surprendra certainement le plus nos chers lecteurs et rédacteurs. Il nous semblait en effet que fort d’une légion de fidèles fans énamourés, Bret Hart tirerait un peu mieux son épingle du jeu et viendrait mordiller les mollets consciencieusement épilés et huilés du trio de tête. Après tout, le screwed de Montréal demeure pour beaucoup de suiveurs une référence technique, celui qui a réinventé un catch à visage « humain » que nous louons tous aujourd’hui, à une période où la compagnie de Stamford cherchait absolument à se racheter une virginité aux yeux du grand public. Dans la tourmente post-stéroïdes, il a incarné le renouveau de la WWE et a littéralement porté la fédération des McMahon sur ses épaules « banales », avec bien plus de talent pour la normalité que Celui-dont-je-n’ai-même-plus-envie-de-prononcer-le-nom. Cette révolution technique qu’a constitué l’avènement de Bret Hart, celle-là même qui a ouvert la porte aux Daniel Bryan et autres CM Punk, n’aura pas suffi aux yeux des votants. Vox populi, vox Dei, mais ça fait un peu chier quand même, bande de nazes.

 

 

Oh Bret, c'est effrayant, tu vas devoir changer de catchphrase!

 

 

9e place : Triple H

 

Honte sur la face de Bret Hart : il termine derrière The Game, pourtant férocement détesté par un gang de haters particulièrement audibles et qui ne manquent jamais une occasion de se payer le gendre de Vince. Souvent accusé de tout et n’importe quoi (au hasard et dans le désordre : de ne devoir sa carrière qu’à sa science de l’intrigue backstage, d’être le fossoyeur de l’évolution des plus jeunes talents ou d’être moins emballant qu’un balai sur le ring), il faisait figure de parfait dernier pour ce concours jugeant de l’influence exercée au sein de la WWE. Notre ami Toghril Majdar résume parfaitement le sentiment qui anime une bonne partie de l’IWC au sujet du Cerebral Assassin : « A-t-il durablement marqué les esprits ? Non, il passe pour un parvenu du catch, un Rastignac de la WWE, l'Iznogoud du sport-divertissement qui survend sa propre légende avec des matchs de référence bancals. » Même constat ou presque chez notre UGM national : « On peut raconter l’histoire du catch US en se permettant une impasse sur son nom. Cela veut tout dire. » Oui, cela veut tout dire. Et cela explique surtout cette neuvième place peu honorable qui ne rend peut-être pas hommage au travail de l’ombre effectué par Hunter depuis des années. Car l’influence, c’est aussi cela : peser en coulisses sur le cours des événements catchesques, ce que Triple H a toujours réalisé à merveille. Dura lex sed lex.

 

 

Neuvième? C'est pas bon pour le business.

 

 

8e place : André le Géant

 

Finalement, la fibre nationale n’aura pas joué. Seul Français à avoir tutoyé les sommets du sport-divertissement (avec Marc Mercier), Dédé doit se contenter d’une honorable huitième position, nos lecteurs ayant fait fi de tout chauvinisme au moment de voter. Pour autant, le Géant nous semble à sa place en queue de classement. Certes, il aura incarné mieux que personne la démesure et le Bigger than Life de la compagnie, certes, il est celui qui a mis cette raclure de Hulk Hogan sur orbite, certes, il a été la victime du plus célèbre Bodyslam de la riche histoire de la discipline. Certes, il faisait partie de la famille et faisait sauter la petite Stephanie McMahon sur ses énormes et cagneux genoux. Mille fois oui, le WWE Hall of Fame a été créé sur mesure pour lui rendre l’hommage qu’il méritait. Vince l’adorait, et le public aussi. Mais ceux qui le précèdent au classement ont d’autres arguments à faire valoir, contre lesquels notre Dédé ne peut pas grand-chose. Merdum don jai biene connum o pater.

 

 

Le père de Marc Mercier ? Oui, j'ai bien connu cette merde. Je lui ai mis une branlée au Madison Square Garden.

 

 

7e place : Bruno Sammartino

 

Si j’ai personnellement placé Bruno Sammartino un peu plus haut dans ce classement, cette septième place ne me semble pas si infâmante que cela. Pour quelqu’un que personne ou presque n’a jamais vu catcher et qui appartient indiscutablement à un autre temps, que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître, c’est même une très belle performance ! Contrairement à ses neuf concurrents, la légende vivante symbolise un catch que nous n’avons pas connu, cette époque heureusement révolue où les prises de l’ours et les clés de bras représentaient 90 % d’un match de catch. Un catch si vieillot que l’Étalon Italien n’a probablement inspiré aucun des grands champions qui font aujourd’hui l’actualité, ce qui est heureux et limite naturellement son influence. Mais son record de règne aura certainement incité nos lecteurs à offrir à ce monument du sport-divertissement une position honorable à ce concours. Vous aurez sûrement estimé, et à juste titre, qu’un type qui remplissait le Madison Square Garden sur son nom méritait un minimum de considération. De nobis fabula narratur.

 

 

O tempora o mores…

 

 

6e place : Shawn Michaels

 

Qu’elle doit sembler curieuse à certains, cette sixième place ! Qu’elle doit avoir un petit goût amer pour tous ceux qui n’avaient d’yeux (de Chimène) que pour Bret Hart ! Car en offrant à HBK cette très jolie position au classement, parmi dix légendes de la discipline, c’est le catch pur que nos lecteurs ont voulu récompenser, cette dimension artistique qui caractérisait justement si bien le Hitman. Oui, tous les UGM de la terre estimeront que la vie est mal faite, que les gens sont décidément très méchants et que cette place d’honneur revenait de droit à leur héros en collant rose. Mais finalement, c’est le Heartbreak Kid qui s’impose au grand jeu de l’esthétisme in ring, grâce à cette capacité à se transcender sur un ring, à en mettre plein les mirettes à un public debout pour ne rater aucune miette des fabuleux matchs de cette machine à produire le spectacle. Loin de pâtir de sa réputation de petite merde gâtée, il aura à coup sûr bénéficié à plein de ces duels qui nous émerveillaient encore il y a peu et sont encore tout frais dans nos mémoires, notamment ceux contre le Deadman. Deo gratias, pensera certainement ce born again à la lecture de cet article.

 

 

– Shawn, je peux te demander ce que tu penses de ma nouvelle catchphrase ?

– Vas-y, c'est quoi ?

– The tenth best there is, the tenth best there was, and the tenth best there ever will be !

 

 

5e place : The Rock

 

Sur les talons du quatrième, Dwayne devra se contenter d’une cinquième place, pas si déshonorante lorsque l’on sait qui le précède. Car à mesure que nous nous rapprochons du podium, le talent se bouscule au portillon et la concurrence se fait plus rude. Qu’aura-t-il manqué à cet entertainer né pour prétendre à un meilleur résultat ? Le temps, tout simplement ! Et l’exclusivité, ce dont ne peut se targuer celui qui aura été le contemporain d’un autre phénomène nommé « Stone Cold » Steve Austin. Car malgré toutes ses qualités, il faut bien admettre qu’il aura dû partager le statut de « visage de la compagnie » sans jamais parvenir à incarner l’Attitude Era à lui seul. Et puis, une partie des fans ne lui pardonnera jamais d’avoir cédé si tôt aux sirènes d’Hollywood. Imaginez un peu si ce concentré génial de charisme avait eu la passion du catch véritablement chevillée au corps à la manière d’un John Cena ! Nul doute qu’il figurerait aujourd’hui sur le podium de ce classement. Mais que voulez-vous, Ab oculis, a corde.

 

 

– Good game Dwayne, une belle cinquième place.

– Rien à foutre. Je suis pété de thunes.

 

 

4e place : John Cena

 

Au grand jeu de la détestation gratuite et infondée, John Cena n’a rien à envier à Triple H. Contrairement à ces deux-là, vilains petits canards des « smarty pants » de l’IWC, aucun des huit autres participants ne suscite autant de haine ni ne déchaîne ainsi les passions. C’est un fait : Johnny Boy est à ce point conchié que cette quatrième place fait presque figure d’exploit. Malgré ce handicap de poids, les électeurs auront probablement voulu récompenser une passion que l’on devine sincère et, quoi qu’on en dise, un parcours absolument remarquable de Poster Boy intouchable. Oui, le Marine irrite, exaspère et insupporte. Mais ce n’est pas non plus par hasard qu’il incarne la WWE depuis quelque dix années. Bosseur acharné, impeccable in ring, redoutable manieur de micro, invétéré défenseur de la veuve, de l’orphelin et du handicapé moteur ou mental, le Champ’ donne tout pour la fédération de Stamford, qui le lui rend bien : fort de ses treize Championnats du monde glanés au fil de combats titanesques, il n’est désormais qu’à une petite longueur de Triple H au palmarès pourtant long comme celui d’un beau-fils de boss. Ecce homo, qui termine tout de même à la place du con, au pied du podium.

 

 

Je pense que si le rédacteur qui a rédigé mon portrait avait publié cette photo, j'aurais terminé sur le podium.

 

 

3e place : Stone Cold Steve Austin

 

Je l’avoue sans fard, même si vous vous en foutez royalement : j’ai pendant longtemps détesté le Rattlesnake. Il faut me comprendre, je ne l’ai pas connu à l’époque de sa grandeur, celle où il assenait ses Stunners à quiconque se trouvait en travers de son chemin, Vince McMahon inclus. Et puis, je voue une haine farouche aux beaufs en quad, d’autant plus quand leur gimmick consiste à se faire couler de la bière le long du menton. Alors notre rencontre à WrestleMania XXV, j’en m’en serais bien passée. « Dégage, blaireau », proférais-je alors en me pinçant le nez devant mon écran. Et puis, un peu par hasard, presque par obligation, j’ai visionné son fameux duel contre Bret Hart à WrestleMania 13. Et j’ai compris. Oui, j’ai compris que ce mec respirait le catch comme à peu près personne et dégageait une intensité assez unique sur un ring. Qu’aurait été l’Attitude Era sans Stone Cold ? Certainement une ère moins innovante, moins bad ass, moins anticonformiste. Le serpent à sonnettes était tout cela à la fois et bien peu peuvent se vanter d’avoir bousculé les codes de la WWE à ce point, en restant peu ou prou eux-mêmes à la manière d’un CM Punk aujourd’hui. Où trônerait-il si les blessures ne l’avaient empêché de poursuivre sa carrière ? Peut-être bien à la deuxième place de ce classement, qu’il rate d’une poignée de votes seulement.

 

 

Troisième ? Ça se fête. Je me ferais bien dégouliner quelques bières le long du menton comme un gros beauf.

 

 

2e place : The Undertaker

 

Vieilli, usé, fatigué, le Papy Taker ? Peut-être. Mais à quarante-huit ans, il se paie toujours le luxe de voler le show une fois par an à WrestleMania, à l’occasion de son match annuel. Triple H, HBK et CM Punk, pour ne citer qu’eux, peuvent en témoigner : combattre le Phenom sur la scène du Biggest Stage of Them All est un honneur et la garantie de faire partie des classements récompensant les meilleurs affrontements de l’année. À sa manière, le Deadman est devenu une icône de la WWE et est à l’heure actuelle celui qui représente le mieux le catch américain dans tout ce qu’il a de plus grotesque (dans l’acception « positive » du terme), spectaculaire et bigger than life, ou du moins le catch américain d’hier, celui de votre enfance, où l’outrance de certains gimmicks ne connaissait que très peu de limites. À ce titre, traverser les époques sans lasser ni changer radicalement de personnage (exception faite de sa période biker bad ass), c’est une prouesse extraordinaire réservée aux plus grands. Cerise sur le gâteau, il peut également se targuer d’une longévité exceptionnelle dans un milieu qui épuise les corps et les esprits. Tout ceci explique certainement que sa notoriété dépasse largement la petite sphère du combat en slip de cuir. L’article qui lui est consacré dans le cadre de ce concours est d’ailleurs le plus lu de notre série, ce qui est tout sauf innocent. Chapeau bas, monsieur le Taker, mais faites-nous plaisir : n’enlevez plus le vôtre qu’en cas d’absolue nécessité, cette nouvelle coupe de cheveux est vraiment à chier. Et lux in tenebris lucet.

 

 

Le problème, c'est que j'ai l'air un peu con avec ce chapeau.

 

 

1ère place : Hulk Hogan

 

C’était certainement l’écueil de notre concours : qui était en mesure de disputer cette première place, acquise au Hulkster avant même que ne débute cette épopée électorale ? Personne, nous le savions dès le départ, au point que durant nos échanges ayant précédé le lancement de cette présentation des dix légendes du Connecticut, nos interrogations portaient surtout sur la deuxième place et les suivantes. La première marche du podium de l’influence, aucun catcheur au monde n’est susceptible de la lui ravir. Et quand bien même nous aurions décidé de ne pas limiter notre analyse à la seule WWE, le Californien l’aurait emporté tout aussi facilement. Pourquoi ? Parce que le sport-divertissement américain est aujourd’hui ce qu’il est grâce à Hogan, référence absolue de l’empire McMahon. Il n’était pas le meilleur in ring, ni le plus brillant au micro, mais il a embarqué derrière lui les foules comme personne ne l’avait fait avant lui et comme personne n’y arrivera à l’avenir. Icône de la culture pop, il a largement dépassé le cadre du catch pour imposer sa popularité aux quatre coins du globe. Détrôner le Hulkster ? Impossibilia nulla tenetur ! Et pourtant, Dieu sait si je trouve cette raclure de bidet aussi sympathique qu’un tueur en série homophobe, pédophile et de droite.

 

 

Marc Mercier, le peuple a tranché. Je suis le catcheur le plus influent des Etats-Unis. Réglons la question du titre mondial de l'influence sur un ring.

 

 

Le mot de la fin, nous le laissons au onzième homme de ce concours, victime de notre goût prononcé pour les comptes ronds :

E pluribus unum !

 

 

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