Catch

Tennessee j’avais su…

C'est à Madureira

Tu verras les cariocas

Sortir des maisonnettes

Pour s´en aller à la fête

A la fête des sambas

Dario Moreno, Si tu vas à Rio

 

La France verra le Brésil, quoi qu'il arrive ça restera une bonne semaine ! Et pendant ce temps-là justement, dans le petit monde de la WWE ? Eh bien les bookers ont essayé lundi soir de nous faire croire qu'il y avait dimanche un des quatre shows majeurs de la plus grosse fédération du monde. Mon œil ouais !

 

 

– Aïe, mon œil !

– Non Ryback, c'est ton poignet ça.

 

 

Nalyse de Raw du 18 novembre

 

 

De tout temps, les nombreux peuples qui se sont succédé sur Terre ont eu leurs croyances, leurs mythes, partie intégrante de leur culture bien que nous n'y voyions plus aucune véracité aujourd'hui. Les Égyptiens antiques pensaient ainsi que c'est en repoussant chaque nuit les assauts du maléfique Apophis que le dieu Rê faisait se lever le soleil ; les Aztèques imaginaient que notre monde était le cinquième soleil de la création et qu'il serait comme les quatre précédents détruit par de multiples cataclysmes ; et encore aujourd'hui les États-Uniens restent persuadés que Nashville, Tennessee est la capitale mondiale de la musique ! C'est donc à ce mythe désuet que nous devons à l'émission de lundi soir d'avoir été un « Raw country », tout dédié à la musique des hommes aux chapeaux de cow-boy.

 

Hélas, quand on a une guitare dans les mains il ne reste pas beaucoup de doigts libres pour écrire un bon show ; la soirée a été largement oubliable, et en tout cas indigne du statut supposé des Survivor Series qui nous attendent dimanche. Les PPV qui ont suivi le génial Summerslam n'étaient pas brillants, mais ici je dois dire que je n'ai guère le souvenir d'une carte de PPV aussi mal foutue que celle qui conclura notre repos dominical ! Non pas que les matchs programmés soient catastrophiques, il y a du bon là-dedans ; mais l'ensemble donne nettement l'impression d'un remplissage un peu approximatif, avec des catcheurs associés ou opposés au petit bonheur la chance. Et quand un PPV (vaguement) majeur fait penser au fourzitout de Fabienne Lepic, c'est qu'il y a une couille quelque part.

 

 

Et il y en a qui n'en perdent pas une goutte !

 

 

Après leur absence de la semaine passée (ils n'allaient quand même pas aller jusque dans le tiers-monde pour voir les fans, restons sérieux), HHH et Stephanie étaient de retour, pour regretter que rien ne se passe comme il faut dès qu'ils ont le dos tourné. Randy Orton est venu leur reprocher de ne pas l'avoir protégé, ce qui allait être le leitmotiv de sa soirée d'ailleurs. Maddox et Vickie sont arrivés à leur tour, tout penauds, Maddox prenant bien soin, en gentleman, de préciser que tout était de sa faute à elle. Résultat : un match pour chacun, contre rien moins que Randy Orton et AJ !

 

Ça c'est de la préparation de PPV les enfants : le champion WWE et la championne des Divas, contre deux « civils » pas catcheurs… Idéal pour valoriser les titres et leurs porteurs juste avant un grand rendez-vous, vraiment ! D'ailleurs ce petit monde en a été troublé : en réponse à Triplache qui lui demandait à qui il pensait parler, Orton a répondu « au champion de la WWE et face of this company ». Je ne sais pas qui a buggué, peut-être plutôt Hunter qui aurait dû dire « pour qui est-ce que tu te prends » ; l'incident a vite été oublié mais c'est assez rare dans les « grosses » promos. Bref, Corporate Kane a fait une courte apparition et Orton a dans la foulée démoli ce pauvre Brad, l'arbitre devant même arrêter le match.

 

 

Je me demande s'il n'y a pas plus que de l'amitié entre eux.

 

 

Vint ensuite un match de championnat : Curtis Axel contre Big E. Langston, pour le titre Intercontinental du premier nommé donc. Un match assez rapide mais qui a couronné un nouveau champion pour ce titre légendaire (légende, n.m. : récit à caractère merveilleux, ayant parfois pour thème des faits et des événements plus ou moins historiques mais dont la réalité a été déformée et amplifiée par l'imagination populaire ou littéraire ; ah ouais, ça colle bien au titre Intercontinental !) – Langston l'a emporté, et voit ainsi son turn couronné d'une belle ceinture. Franchement je préfère le voir champion plutôt qu'Axel ; il est bien Langston, plutôt populaire… N'empêche qu'il faudra quand même de belles et solides rivalités pour que le titre Intercontinental regagne un peu de panache et pour que Langston continue à percer, attendons la suite.

 

Et la suite parfois c'est horrible. Là par exemple chronologiquement nous avons eu, après un petit segment backstage où le Shield et Orton se promettaient de se protéger mutuellement, un segment in-ring où les divas ont livré une terrible bataille de… chaises musicales. Si si, je vous jure. Il faut dire que si j'ai bien compris la saison 2 de Total Divas débarque, et nos catcheuses se retrouvent donc divisées en deux, celles qui y sont et les autres. Ce qui nous donnera dimanche un Traditional Survivor Series Elimination Tag Team match (ouf) à 7 contre 7. Ce qui veut dire, les plus malins d'entre vous l'auront compris (bien ouèj les gars), que Kaitlyn et AJ, qui étaient encore aux dernières nouvelles quand même vaguement en compétition pour le titre, se retrouvent coéquipières. Ce qui veut dire que la WWE nous prend pour des poissons rouges.               . Désolé, je ne fais pas très bien le poisson rouge.

 

 

Tiens, un aquarium.

 

 

Après avoir vu Orton affronter le terrible Brad Maddox, son adversaire de dimanche le Big Show allait-il affronter, genre, le guichetier du stade ? Non. Mais pas si loin, en fait : il s'est fadé Ryback, qui ne sert plus à grand chose jusqu'à nouvel ordre. Il a quand même mené la vie dure à Paulo, il faut le reconnaître ; mais il a perdu. Orton bien sûr n'était pas loin, mais Big Show a repoussé son assaut post-match d'un violent Spear (enfin pas si violent que ça mais avec Show ça doit faire mal quand même). Et ce pauvre Randy de se lamenter peu après à l'infirmerie que ni le Shield ni « the Authority » n'aient été là pour le protéger. Pour le protéger du catcheur qu'il était venu agresser, donc. Tout va bien.

 

Venons-en au match suivant et faites bien attention car sa conclusion est peut-être l'info majeure du soir : le Miz est redevenu heel ! Dans un affrontement contre les Real Americans il a refusé le tag demandé par son partenaire Kofi Kingston, qui a dû abandonner entre les mains sadiques et expertes de Swagger. Enfin ! Le run face du Miz aura été un bide retentissant ; il a du talent cet homme, mais son principal savoir-faire est sans doute de savoir se faire détester comme peu savent le faire à la WWE. Le Miz on veut le siffler, le huer, donner des cailloux à nos mômes pour qu'ils lui balancent à la tronche. Il est né pour ça ! Il affrontera Kofi en pré-show dimanche, mais ce retour dans le côté obscur pourrait ensuite, c'est d'ailleurs amusant, lui valoir un retour sous les feux de la rampe.

 

 

Super, je vais pouvoir lui donner des baffes !

 

 

Une autre qui sait se faire haïr, c'est même certainement la meilleure dans ce registre, c'est bien sûr Vickie Guerrero. Elle a simulé un évanouissement avant son match contre AJ, il a fallu l'amener jusqu'au ring sanglée sur une civière et alors qu'elle hurlait à la mort, il a aussi fallu que Tamina veille au grain pour l'empêcher de fuir – mais le match a eu lieu : une seule prise, soumission, abandon de Vickie, fin du match. Tout ça ne servait absolument à rien mais Vickie est quand même sacrément douée !

 

Tout comme, dans leur genre, Damien Sandow et Dolph Ziggler. HHH leur avait programmé un « Broadway Brawl », mais de son propre aveu il ne savait pas ce que c'était – les deux catcheurs allaient devoir improviser, sur un ring rempli d'instruments de musique. On notera quand même la légère pointe d'autodérision d'une WWE qui abuse quand même souvent des stipulations grotesques… Mais le match lui-même, s'il y eut de bons passages, se termina comme on pouvait le craindre en grosse blague, Ziggler faisant passer Sandow à travers un tambour. Pas grand chose à retenir donc, si ce n'est hélas que ces deux-là vont encore devoir attendre pour que les bookers pensent à les utiliser correctement.

 

 

Finalement, j'ai réfléchi, je peux récupérer ma mallette ?

 

 

Le fil rouge continue avec Orton, qui demande cette fois au couple infernal s'ils lui font confiance ; on va y réfléchir lui répond Stephanie, ce qui n'est pas la réponse qu'on veut entendre quand on pose cette question à son boss. John Cena, lui, s'en fout – comme d'ailleurs tous les grands catcheurs non-impliqués dans l'histoire se foutent de ce qui se passe au sommet de leur compagnie depuis des mois… Non, le Marine était venu parler au peuple, qui se demandait avec angoisse s'il allait pouvoir tenir sa place dimanche après les événements de Smackdown (un concours de bras de fer qui avait mal tourné, pour ceux qui auraient raté ça).

 

Le bras gauche en écharpe, Cena a néanmoins tenu à rassurer ses fans : il est le Champ, dimanche le PPV c'est chez lui, devant sa famille, et il ne va pas rater ça sous prétexte de quelques os en vrac. Il a ajouté devant un public conquis qu'il pouvait encore moins sécher les Series qu'il vient tout juste d'être nommé quatrième catcheur le plus influent de tous les temps par le CDC Universe, que c'est un immense honneur mais qu'il entend bien mettre les bouchées doubles pour remporter le concours la prochaine fois. Del Rio est bien venu le provoquer, le mettant au défi de lever sa ceinture de champion avec son mauvais bras, mais Cena a vite enlevé son brassard pour attaquer le Mexicain ! C'est pas fourbe, c'est malin. Sacré John.

 

 

Seulement quatrième… Je me demande s'il n'y a pas des lecteurs des Cahiers du Catch qui nourrissent quelques doutes à mon égard…

 

 

Vinrent ensuite les Rhinestone Cowboys – en réalité les 3MB, subtilement déguisés en autochtones comme huit jours plus tôt à Londres. La vache, si ces trois-là viennent en France ça fait peur d'avance. En tout cas Jinder et Drew ont affronté R-Truth et son nouvel ami, Xavier Woods. Premier match pour ce dernier, et pas une vignette, pas une vidéo, que dalle ; s'il a un autre boulot, qu'il ne le quitte pas tout de suite, ça part quand même pas super fort cette histoire. Mais il a gagné, c'est déjà ça.

 

Ce grand match a en tout cas permis à Stephanie et Hunter de réfléchir et de faire partager leur managériale réflexion à Orton : oui Randy, on te fait confiance. On te fait tellement confiance que dimanche ne compte pas sur nous, ni sur le Shield, ni sur personne en fait, tu te démerdes quoi, on te fait confiance. Heureusement pour ce pauvre Randy il a tout de suite pu profiter du concert organisé en guise de pause avant le main event. Eh oui, un concert ; c'est Raw, le dernier avant un PPV, le moment où on a toutes les histoires à terminer pour amener le spectateur au show du dimanche ; eh bien les bookers ont tellement peu de choses à raconter dans les histoires en cours qu'ils ont réussi à caser cinq minutes de concert ! En un mot : arf. Ou argh, j'hésite.

 

 

C'est quoi cet ersatz ? Sans la barbe, quelle barbe !

 

 

Heureusement que nous avons eu un bon main event au final ! Il faut dire qu'il mobilisait pas loin de douze hommes (en colère, forcément), pour un 6 vs 6 explosif. Ou plutôt un 2+2+2 vs 3+3, voire un 1+1+2+2 vs 3+3 selon comment on voit les choses. En clair : Punk, Bryan, les Uso et les Rhodes contre le Shield et les Wyatt. Bon, ça a toujours un goût de fourzitout, mais avec des restes de luxe ce coup-ci. À tel point qu'on se demande pourquoi on ne nous a pas servi ce match à Survivor Series. À tel point aussi que quand un go home show se termine par un match réunissant les protagonistes de la midcard du PPV à venir, ça fait réfléchir sur la qualité et l'intensité des rivalités principales (on va dire qu'aux Series les matchs par équipes sont les plus importants)…

 

On peut donc le dire, même si ça ne faisait aucun doute, il y a du talent à revendre à la WWE ! Et voir une grosse part de ce talent dans un même ring ça fait plaisir. Punk et Bryan bien sûr, je ne vais pas épiloguer (c'est les Cahiers du Catch ici), les Uso qui progressent encore et encore, les Rhodes qui sont au top (vers un duel fraternel à Mania ? Why not…), le Shield qui fête sa première année d'existence et qui demeure une équipe épatante de cohésion, et les Wyatt qui n'ont vraiment pas à rougir de leur performance… C'est la fête ! Et à la fin c'est les gentils qui gagnent, CM Punk réussissant le tombé décisif sur Dean Ambrose.

 

 

Pierre-feuille-ciseau pendant un match, c'est pas sérieux ça les gars !

 

 

Évidemment, il y a toujours des mauvais coucheurs pour gâcher la fête. La droite française par exemple (ou l'extrême-droite, je ne sais plus trop où est la limite), dont les plus sinistres représentants sont capables d'être nauséabonds même après une victoire comme celle de l'équipe de France mardi soir. Ah, que ne méditent-ils pas la sagesse de Bill Shankly, qui disait en paraphrasant Aristote (voir ci-dessus) que le foot n'est pas une question de vie ou de mort, c'est bien plus que ça…

 

Il y a aussi, dans un registre moins tragique heureusement, les Real Americans, venus s'en prendre aux vainqueurs après le match. Mais pas de panique, le sauveur du soir était là : Rey Mysterio, venu aider ses gentils amis à se débarrasser des vilains – tous les faces sont copains, même CM Punk et Rey Mysterio donc, apparemment (ça va la famille Rey ?) ; franchement, c'est compliqué de leur demander d'hésiter une seconde et demi avant de se congratuler comme de vieux potes ? Bref, vraie surprise que ce retour pour moi qui n'avait pas lu les sites de news, mais bonne surprise. Maintenant, dans quel état est-il, pour combien de temps est-il là, quelles histoires raconter avec lui… Pour l'heure on le verra dimanche dans un autre Traditional etc., avec les Rhodes et les Uso contre le Shield et les Real Americans. Welcome back Rey !

 

 

C'est fou ce qu'il y avait comme poils sur ce ring.

 

 

En conclusion, comme on dit non sans pertinence quand on est rendu plus près de la fin que du début, que retenir de ce Raw ? Peu de choses hélas, comme on en a pris la triste habitude. Le turn du Miz, le retour de Rey, un excellent match final… C'est peu, trop peu alors qu'on rêve d'histoires flamboyantes et de feuds haletantes. Il y a clairement un problème d'écriture en ce moment à la WWE : il y a de bonnes bases, plein de catcheurs doués et populaires, mais en associant tout ça rien à faire, ça ne prend pas. Il y a sans doute eu un problème de promesses non tenues : cet été on a rêvé de rivalités épiques pour le pouvoir au sein de la compagnie, mais les plans machiavéliques sont au placard. On se dit sans cesse qu'il y a quelque chose de plus gros de prévu mais rien ne vient. Ça vivote, ça bouine.

 

Il y a peut-être aussi un problème d'alignement des catcheurs ; parce que même avec des nuances de gris le catch ça reste le gentil contre le méchant, et c'est très bien comme ça. Mais HHH et Orton, ils sont quoi ? HHH fait des crasses au méchant Orton, mais c'est quand même un méchant. Orton combat Maddox, qui est un méchant aussi… Pareil chez les filles en fait : les « Total Divas » sont les faces mais sont des pestes, le capital sympathie est plutôt à l'avantage des autres, supposées être plutôt les heels, d'autant que la championne heel, AJ, a mis une raclée à la heel Vickie Guerrero ce lundi. Et puis Cena dont le positionnement reste délicat, et puis Punk et Bryan dont on ne comprend plus ce que la compagnie veut en faire, et puis Ziggler ou Sandow en roue libre… Il y a bien trop de flou dans ce roster pourtant attachant ; les enjeux sont dilués, pas assez prenants pour se passionner pour eux. Résultat, on regardera Survivor Series en se demandant une fois de plus où tout ça nous mène, en attendant la Road. Putain d'automne. En plus il pleut.

 

 

Bon, ça fait deux jours là c'est plus marrant, quelqu'un peut venir me dégager ?

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