Catch

La grande bouffe

GAVAGE!!
Arnaud Allard (Olivier Brocheriou), Quatre garçons pleins d’avenir
 
Faire une nalyse de Smackdown est quelque chose de spécial. Le show ne propose plus que des rematchs ou des variations de ce qui s’est passé le lundi précédent. A deux précisions près : c’est plus court et les matchs sont d’un niveau supérieur. Nous avons eu suffisamment de temps pour digérer nos souvenirs des Survivor Series et du Raw suivant et pour assister à des développements concernant la midcard en prévision de TLC, qui aura lieu dans une grosse quinzaine de jours. Sauf que là, c’est le spécial Thanksgiving.
 
 
– Randy, vous comprenez bien que "fourrer la dinde" à Thanksgiving n'a rien de sexuel et que ça ne me concerne pas?
– Et "balancer la purée" non plus, j'imagine? Bien. Trop tard.
 
 
Nalyse de Smackdown du 29 novembre
 

Thanksgiving, ce rendez-vous traditionnel qui ne dépasse pas les côtes américaines du Pacifique et de l’Atlantique, permet très souvent des séquences assez étranges, stupides ou totalement ahurissantes comme l’exécution en 2010 du Soaring Eagle de Jack Swagger par le facétieux Hornswoggle. Mais avant de voir ce que nous a concocté la script team pour 2013, un rapide aperçu des choses inintéressantes ou presque de ce Smackdown:
 
– Mark Henry a écrabouillé Curtis Axel, les deux étant accompagnés de Big E Langston et de Ryback. Un surprenant teaser pour le Raw à venir avec, sans doute possible, un match entre les deux enforcers.
– Randy Orton ne veut pas répondre aux questions de Renee Young sur le match de TLC et le défi proposé par John Cena.
– Los Matadores ont battu les 3MB. Tororigolo a catché et les heels étaient surnommés The Plymouth Rockers. Il aurait été plus judicieux de se foutre de la gueule d’un quasi-local, Michael Bolton, mais plus personne ne le connait. Et oui, j'ai bien compris le lien entre le nom et Thanksgiving. Merci.
 
 
Retrouvez prochainement à Oklahoma City, les 3MB dans "The Jumping Creepy slap".
 
 
C’est tout, car ce show a eu trois autres arcs narratifs très différents, allant du navrant au fantastique. Le premier, d’un niveau correct et intrigant, concerne pourtant des personnages qu'on aimerait éviter d’évoquer. R-Truth et le rookie au look de vieux, Xavier Woods, se félicitent de l’entrée de ce dernier à Raw avec les Funkadactyls et la musique de Brodus Clay. Ce dernier arrive tout bougon, estimant que Woods lui a volé son gimmick et qu’un débutant ne devrait pas se prendre pour un maint eventer comme lui. Bousculade, intervention de Tensaï pour calmer les esprits et un match entre les quatre se booke facilement.
 
Le match en lui-même n’a que peu d’intérêt, Sweet T et R-Truth se la donnent plutôt gentiment, dans une ambiance très amicale et dans l’esprit de fête de Thanksgiving. Par contre, dès que Brodus rentre sur le ring, on range les cotillons et les flûtes de champagne et ça défonce. Ca faisait un peu trop longtemps que le diplodocus dansant se la jouait cool mais en écrasant Woods, il met en application l’affirmation “un bisounours reste un ours”. Avec la réaction des danseuses, compatissantes pour un Woods inerte, et la séquence initiale, peut-on s’attendre à un développement autour de Cameron et Naomi?
 
 
Comprenez-le, les amis. Ca fait deux ans qu'elles lui tournent autour et jamais il n'a pu leur coller son jambonneau. Elles ont trop peur.
 
 
J’avoue que j’aimerais bien voir tout ce petit monde évoluer vers quelque chose, pas de plus intelligent mais plus intéressant. Les danseuses s’engueulant et prenant parti pour l’un ou l’autre, sans pour autant faire turner Brodus, serait un bon point de départ. 
 
Le navrant, lui, est typiquement lié à la thématique du show. Tout le monde est réuni en coulisse pour gloutonner comme des porcs. Enormément de plats se mélangent, les heels Sandow et Hunico discutent au milieu d’une assemblée fortement face et Vickie Guerrero a l’originale idée, au moment où les Philippines crèvent après un typhon, de faire un concours du plus gros mangeur. Chose que je n’ai pas vue depuis le film “Stand By Me” et dont la séquence me reste encore en travers des yeux.
 
 
En perte de vitesse, le Great Khali décide de sniffer une dinde entière.
 
 
Donc, nous avons le droit de voir Titus O’Neil et le Great Khali s’affronter et se baffrer sous les encouragements d’Hornswoggle, Zack Ryder et Aksana. Titus en sort vainqueur après que l’Indien se soit évanoui dans la farce et obtient le droit de combattre Antonio Cesaro.
 
Avant d’évoquer la suite, parlons un peu de ce concours. Apparemment, il ne fallait pas manger le plus vite tout un assortiment de plats mais de ne pas lâcher prise. Drôle de jeu. On a encore dû changer les règles via l’application pour mobile WWE App. Pour gagner, la stratégie était de ne pas se goinfrer mais de manger calmement en espérant que l’autre mourra étouffé. Et sachant que l’autre est un mec qui beugle pour un oui ou pour un non, fallait être sacrément débile pour jouer le jeu à fond. Puis quand même, je me serais renseigné un peu sur le gain avant de concourir. Ils sont cons ces catcheurs. 
 
 
Après "Don't Try this at school" et "Don't be a bully, be a star", la prochaine campagne de la WWE sera "Don't eat like Titus, be a gourmet".
 
 
Donc, le match Antonio Cesaro versus Titus O’Neil n’a pour simple but que de voir le Prime Time player dégueuler ou se faire directement dessus. Le Suisse en profite pour faire tournoyer son adversaire, lui filer quelques directs au foie et le faire courir à droite et à gauche du ring. 
 
Evidemment, le Real American gagne (par DQ, après une intervention de Darren Young) et Titus finit par poser une galette dans le chapeau de JBL en forçant bien le relent. Et bon appétit bien sûr! Quel segment formidable! Et pour bien dégoûter le téléspectateur, Titus enchaîne en mettant le stetson sur la tête de Michael Cole, lachant un autre renard sur Zeb Colter et, pour re-citer ce film “Quatre garçons pleins d’avenir”, un dernier “Raoul” sur son partenaire de tag-team.
 
 
On pourrait trouver n'importe quelle légende pour cette image, mais honnêtement, elle se suffit à elle même.
 
 
WTF ce segment? L’humour pipi caca de Vince McMahon est vraiment sans limite. A croire qu’il se bidonne tout seul dans son bureau en lisant le script d’une de ses petites-filles. En tout cas, si on cherchait encore un moment à signaler pour nos récompenses annuelles, la WWE vient de sortir un gros lot. Vive Thanksgiving.
 
Une fois dégoutée de la dinde et de la purée de pois, la WWE nous a offert un segment fantastique de plus d’une demi-heure. Et autant dire qu’à ce niveau de visionnage, on ne peut pas s’attendre à quelque chose de ce style.
 
 
Je n'en peux plus Johnny, je n'en peux plus… Trouve moi un billet pour la Syrie, je veux être au calme et redevenir reporter de guerre.
 
 
En effet, une nouvelle fois, on nous propose un match pour la ceinture tag team entre les tenants actuels et les anciens. Certes, on a vu cent fois ce match, mais contrairement à un Miz – Kingston, on ne s’en lasse pas. Et, avec le nouveau statut acquis par Roman Reigns, la reprise du titre est très possible.
 
On assiste donc à un formidable match où Cody Rhodes et Seth Rollins s’en donnent à coeur joie, où on se demande encore où Goldust cache son énergie tout en prophétisant sur l’avenir de Reigns. Vingt minutes de haut niveau! Que dis-je, de très haut niveau, tutoyant peut-être le meilleur des weeklies. 
 
 
Ça te dit, dans douze ans, on réunifie les titres mondiaux à Wrestlemania?
 
 
Après avoir manqué un springbroad, Seth Rollins s’écroule sur un Cross Rhodes d’une rare intensité et ne doit son salut qu’a Dean Ambrose venu de la table des commentateurs (où l'on espère que Michael Cole a pu se doucher après la séquence dont j’ai précédemment parlé). Le champion des Etats-Unis s’acharnant ensuite sur Rhodes sans que l’arbitre ne puisse faire autre chose que sonner la cloche pour DQ et donner la victoire aux frères Rhodes. 
 
Puis, voulant se venger du spear mangé lundi, CM Punk déboule et vient au secours des frangins. Vickie, sentant le vent en poupe (ou les pets de Titus et de Khali), depuis le titantron pour éviter une bronca terrible, propose de relancer le match en trois contre trois! Joie! Joie! Joie!
 
 
L'élève rampe sous la godasse de son maître.
 
 
Ambrose et Punk se foutent donc sur la gueule, jusqu’a ce que la lumière s’éteigne au bout de dix minutes de re-match et qu'on voie arriver la famille Wyatt aux abords du ring, ce qui perturbe l’enfant chéri de Chicago, qui subit donc les assaults du Shield, les bouseux attendant un tag pour intervenir et obtenir une seconde fin de match par disqualification.
 
 
– Dis Bray, c'est possible de ramener le peinturluré à la maison?
– Tu penses que c'est une âme salie qui mériterait d'être sauvée par le diable?
– Non, je suis amoureux.
 
 
A trois contre six, le combat est inégal. Donc, séparément, les Usos et Rey Mysterio viennent prêter main-forte aux gentils! Vickie, cette fois sous le titantron (pourquoi ne pas rester en coulisses?), demande de l’ordre et impose un six contre six qui durera encore une bonne dizaine de minutes et verra les Usos double kicker Reigns et Rowan, Mysterio redoubler d’hurricanranas et faire du barbu rouquin sa victime de 619 avant que CM le termine par un Go to Sleep. Woaw.
 
 
– Tiens, toujours cette odeur de fromage, tu n'as pas changé de slip depuis dimanche?
– Quel slip?
 
 
On peut reprocher à la WWE de nous resservir des affiches du dernier Pay per view dans un fourre-tout limite crédible, de préférer regarder dans le rétro pour booker ses shows hebdomadaires et de ne s’occuper qu’à la dernière minute de 80% du pay per view à venir. Mais, parfois, ça nous fournit des purs matchs comme celui-ci.
 
 
Ah, ça vous a plu? Très bien. Pour le prochain Smackdown, Iron man match entre Curtis Axel et Bo Dallas. Thanksgiving est passé, ce sera le Black Friday.
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