Catch

Les Japonais à la WWE : un bilan nippon… nippon

Hate me
Do it and do it again
Waste me
Rape me, my friend

Nirvana, Rape me

 

Depuis plusieurs mois, la WWE garde un œil sur un jeune talent japonais, en passe de devenir l’une des plus grosses stars de la décennie à venir d’une Puroresu en pleine renaissance : Kazuchika Okada, actuel champion poids lourds de la NJPW. Potentiellement une bonne pioche, vu le pedigree de l’intéressé, mais qui n’occulte pas les antécédents désastreux des compatriotes ayant signé chez Vince McMahon avant lui.

 

 

Et ce n’est vraiment pas beau à voir.

 

 

L’histoire des catcheurs japonais à la WWF/WWE

 

 

A l’instar des marchés mexicain et europée, le marché japonais — et, par extension, le marché asiatique — représente pour la WWE un terrain prometteur, mais pas encore exploité à son potentiel maximal. Pourtant, l’exposition du Great Khali (et à degré moindre,  de Jinder Mahal) dans le paysage catchesque s’inscrit dans cette initiative. Même si le béhémoth indien est désormais cantonné à des segments de comédie de second plan,  il demeure une figure extrêmement populaire dans son pays natal, et est régulièrement amené à s’impliquer dans les relations publiques qu’entretient la WWE dans le deuxième pays le plus peuplé au monde.

 

 

 – …  John et Nikki se marièrent, vécurent heureux dans leur palace. Et ils eurent beaucoup d’enfants, fin.

– Bwaaa bwa bwa !

 

 

Aussi, la WWE a tendance à multiplier ses tournées en Asie et en Moyen Orient, qui affichent systématiquement complet. Mais elle ne dispose pas de figure de proue à laquelle le fan asiatique puisse s’identifier, à l’instar d’un Rey Mysterio pour les mexicains. En réalité, la quasi-totalité des catcheurs japonais venus s’essayer à la WWE se sont révélés être des échecs cuisants.

 

Avant de procéder au cas par cas, citons les multiples raisons communes : la première nous renvoie à la tendance grotesque qu’ont les officiels de la WWE d’abuser des stéréotypes en confiant aux catcheurs « étrangers », un personnage qui les renverra inévitablement à leurs origines. Si tu es mexicain, alors tu rentreras sur une musique latino et  tu veilleras à insérer des mots en espagnol pendant tes promos ese ! Si tu es noir, on te flanquera du bon gros rap comme musique d’entrée, et on se servira de n’importe quelle occasion pour montrer au public que tu as le rythme dans la peau !  Et de la même manière, si tu es japonais, tu rentreras sur une saleté de musique traditionnelle japonaise, et tu imprimeras un drapeau japonais sur ta tenue.  En bref, les catcheurs jaunes ont une gimmick de jaunes, ce qui les conduit à souffir d’un booking catastrophique.

 

 

Sans déconner, vous l’imagineriez se battre avec une marinière et un bérêt?

 

 

Une autre raison est la barrière de la langue. Au Japon, et en général en Asie de l’Est, aussi bizarre que cela puisse paraître, l’anglais est très peu parlé. Il est enseigné à l’école, sans pour autant qu’il soit pratiqué régulièrement dans la vie active, comme nous le faisons avec nos langues LV2 choisies au lycée. Cette difficulté est d’autant accrue que les Japonais ont un alphabet et une prononciation différente des langues occidentales. Il suffit de voir par exemple, un Yoshi Tatsu galérer au micro avec un accent incompréhensible pour se rendre compte de l’ampleur de la tâche que doivent se coltiner les catcheurs japonais dans un univers où les storylines et les promos représentent le point focal des émissions hebdomadaires.

 

Nous pouvons également citer le rapport qu’entretiennent les Japonais avec le catch. Vu comme un spectacle par les Américains, comme une religion pour les Mexicains, il est apprécié en tant que sport à part entière par le public japonais, qui valorisera avant tout la performance physique sur le ring. Ce public est d’ailleurs bien loti sur son territoire avec trois grandes promotions (NJPW, NOAH et AJPW, bien que les deux dernières soient en nette perte de vitesse) offrant un spectacle de qualité. L’équivalent du Wrestlemania de la NJPW, Wrestle Kingdom 7, est à juste titre, considéré comme l’un des tout meilleurs PPV de l’histoire du catch par les spécialistes. Et les combattants y sont bien, voire très bien payés. Dès lors, pourquoi un aspirant japonais quitterait sa famille, ses proches, et un pays natal qui lui offre déjà d’immenses opportunités pour percer, avec une fanbase fidèle et connaisseuse, pour aller dans un pays avec une culture et une mentalité diamétralement opposées à la sienne, dans une entreprise qui est certes, la plus grosse du monde, mais qui a une vision du catch fondamentalement différente de ce qui se fait au pays du soleil levant ? Cela explique en tout cas le faible nombre de kamikazes venus se crasher sur les rings américains, et le fait que la majorité de ces hommes n’ont ni la renommée, ni le talent d’un Mitsuharu Misawa.

 

 

Et pourquoi pas ? On s’amuse bien ici.

 

 

Le classement qui suit ne comporte que les catcheurs étant apparus régulièrement à l’antenne, et sera dévoilé par ordre chronologique de leur arrivée à la WWE. Je négligerai volontairement les catcheurs américains avec une gimmick de Japonais. Donc exit les Tensaï, Rikishi et Yokozuna. Notez quand même que ces deux derniers ont eu une carrière honorable, avec en point d’orgue un double titre de champion du monde pour le défunt Yokozuna. J’ai également choisi de ne pas mentionner les managers/valets associés aux catcheurs, car peu pertinents dans ce contexte, comme les inoubliables Mr. Fuji et Yamaguchi-San ou le nettement plus oubliable Sakamoto. Enfin, nous ne tiendrons compte que des catcheurs ayant évolué à la WWE à partir du rachat en 1982 par Vince McMahon Junior. Donc pas d’Antonio Inoki, qui a fait quelques incursions à la fin des années 1970 et membre du Hall of Fame, et pas de catcheurs ayant évolué à la ECW ou à la WCW sans faire le saut chez Vince McMahon à leur faillite, comme Masato Tanaka, Kaz Hayashi ou the Great Muta.

 

 

 

LITTLE TOKYO

 

Comme un symbole, le premier catcheur japonais à fouler les rings de la WWE est un nain, affublé du doux pseudonyme de Little Tokyo. Parce qu’il est originaire de Tokyo. Et parce qu’il est tout petit. Ah ah ah… Nous ne savons que peu de choses sur son parcours. Il a passé le plus clair de son temps dans des petites fédérations régionales de catch, avant de connaître la consécration à la WWE à 46 ans grâce à une participation à Wrestlemania III dans un combat « mixte » par équipes avec King Kong Bundy et Lord Littlebrook, contre Hillbilly Jim, the Haïti Kids et Little Beaver. Pour la petite histoire, le match s’est fini sur une disqualification en faveur de cette dernière équipe, car il était interdit aux big men de combattre les nains, et King Kong Bundy n’avait pas pu s’empêcher d’écrabouiller le pauvre Little Beaver devant 93000 spectateurs.

 

Dommage que certains n’aient pas eu la même présence d’esprit dans leurs heures les plus sombres.

 

 

 

AKIO SATO

 

Après avoir accumulé les clients américains comme AJ accumule les boyfriends, Mr. Fuji décide enfin d’introduire une équipe heel tout droit débarquée du Japon nommée Orient Express, composée de Akio Sato et Pat Tanaka (d’origine hawaïenne hors kayfabe).

 

Les débuts sont prometteurs : Orient Express se lança immédiatement dans une longue feud avec les jeunes Rockers Marty Jannetty et Shawn Michaels. Dotés d’un niveau technique très correct pour l’époque, ils offrirent l’un des meilleurs matchs de Wrestlemania 6 contre les Rockers. Akio Sato est même reconnu comme étant le premier lutteur à introduire la Sit Out Powerbomb sur le sol américain.

 

Malheureusement, le début de la fin intervient lorsqu’ils se retrouvent impliqués dans la feud opposant la Legion Of Doom et Demolition, ces derniers étant revedenus entretemps clients de Mr. Fuji. Orient Express passa alors au second plan dans une feud décevante. L’équipe Demolition disparut progressivement des écrans, laissant les pauvres Sato et Tanaka enquiller les raclées contre Hawk et Animal. La suite ne fut pas plus glorieuse, avec des rivalités sans relief contre les Bushwhackers, Jim Duggan, Tito Santana et autres anciennes gloires passant le plus clair de leurs temps à jobber. Dégoûté, Akio Sato décide de quitter la WWE en décembre 1990, remplacé par le catcheur masqué Kato, alias Paul Diamond. Il revint en 1991 pour une série de matchs 3v3 en house shows, pour un résultat non concluant, puis en 1995 pour à son tour devenir manager d’un autre catcheur japonais, Hakushi.

 

 

Et se faire porter pâle au bout de quelques mois. Une habitude chez lui.

 

 

 

BULL NAKANO

 

Première, et jusqu’à présent, seule catcheuse japonaise à avoir signé à la WWE, Bull Nakano gravit vite les échelons en trustant les titres majeurs à la All Japan Women’s Pro Wresting, puis au CMLL en devenant la première championne féminine de l’histoire de la fédération mexicaine. Elle débarque à la WWE en août 1994 en tant qu’arme secrète de Luna Vachon, alors en pleine rivalité avec la championne Alundra Blayze. Elle détone d’entrée par son look extravagant, son catch puissant et ses qualités athlétiques malgré un gabarit imposant, ce qui était une véritable innovation dans le catch féminin américain de l’époque. Nakano remporte la feud et le titre féminin à Tokyo en novembre 1994. Elle conservera alors le titre pendant cinq mois. Aujourd’hui encore, elle est considérée comme l’une des meilleures catcheuses ayant foulé le sol américain.

 

Pas de chance pour elle, son run de championne intervint à une époque où la WWE est au creux de la vague, délaissée au profit de ses concurrents en raison d’un produit vieillissant et ringard. Son aventure prit brusquement fin en mai 1995 lorsqu’elle fut surprise en possession de cocaïne dans les vestiaires de la WWE et renvoyée fissa. Deux ans plus tard, elle décide de mettre fin à sa carrière suite à des blessures récurrentes aux genoux.

 

 

Quelle déchéance pour Desireless.

 

 

HAKUSHI

 

Certainement un des talents les plus sous-estimés des nineties. Hakushi incarne un pèlerin bouddhiste silencieux drapé de blanc, et son corps est entièrement recouvert de tatouages représentant des symboles japonais. Avec une gimmick travaillée et un style athlétique, Hakushi fait très vite réagir le public, et sa carrière démarre sur les chapeaux de roue : après une série de victoires en midcard, il vient s’attaquer à nul autre que Bret «The Hitman » Hart après que Jerry Lawler a accusé le Canadien d’être raciste. S’en suit alors une série de matchs exceptionnels durant l’été 1995, qui n’aboutira à rien du tout…

 

Hart remporte évidemment la rivalité, ensuite Hakushi feude brièvement avec The 1-2-3 Kid avec de nouveau un excellent match à Summerslam, puis fait un face turn foireux le mois suivant qui amorce une descente inéluctable dans la carte. Il subira même une défaite humiliante contre le jobber attitré Barry Horowitz. Pour sa dernière apparition, Hakushi perdra contre Justin Hawk Bradshaw, et se fera littéralement marquer au fer rouge alors qu’il est inconscient !

 

Retourné au Japon la queue entre les jambes, il occupe toujours un rôle important sur la scène catchesque japonaise, puisqu’il est président de la réputée Michinoku Pro Wrestling. Mais on ne peut que déplorer le depush incompréhensible dont il a été victime, alors qu’il aurait pu faire un midcarder tout à fait crédible. Pour vous rendre compte de l’ampleur du gâchis, je vous recommande chaudement sa première confrontation contre Bret Hart lors de l’opener du PPV « In Your House 1 ». 

 

 

Ô venerable maître, comme disait Confucius, la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute.

– Franchement, ta gueule.

 

 

 

TAKA MICHINOKU

 

C’est Mick Foley qui en parle le mieux : "If the WWE was all about who was the most talented, then Taka Michinoku would be the WWE Champion." En écho à l’ouverture des fédérations concurrentes aux poids moyens et au high flying, la WWE décide de lancer en 1997 un tournoi pour une nouvelle ceinture faisant son apparition : le Light Heavyweight Championship. Le tournoi est remporté par Taka Michinoku, 23 ans, over auprès du public (et de la gent féminine), et surtout très spectaculaire. Il conservera son titre jusqu’en octobre 1998 et une défaite contre Christian, pour un total de 315 jours.

 

Sa carrière part ensuite en sucette. Il feude avec le catcheur porno Val Venis contre Kaientai, puis se joint à eux sur un twist tout pourri où on découvre qu’il est en fait le beau-frère du manager de Kaentai (pour vous remémorer cette feud qui restera dans les annales du WTF, allez vous marrer devant cet article http://www.lescahiersducatch.com/site/node/2270). Il passa le reste de son temps en équipe avec Funaki en low card comme comedy jobbers. A chaque entrée, les deux zigotos servaient une promo en japonais pour intimider leurs adversaires, mais étaient volontairement mal doublés en anglais par une voix-off cartoonesque et complètement désynchronisée. Il obtient un derner baroud d’honneur en avril où il affronte le champion de l’époque, Triple H, et livre un match convaincant dans le rôle de l’underdog ultime. Pas suffisant pour rester dans les petits papiers de Vince. Il retournera définitivement au Japon quelques semaines plus tard.

 

 

Vous Américains être tellement gros que quand vous sauter dans Grand Canyon, vous rester coincés surface! Hahaha !

– INDEEEEEEED.

 

 

 

FUNAKI

 

Douze ans dans la fédération et une crédibilité aussi mince qu’une feuille de papier à cigarette. Voilà comment on peut résumer la carrière de Funaki, alias le plus gros jobber des années 2000.

 

Arrivé avec la stable Kaentai (en compagnie des éphémères Dick Togo, Mens Teioh, leur manager Yamaguchi-San et sa ravissante femme), il choisit de continuer en solo après le départ de son compère Taka Michinoku. Il restera cantonné dans la division cruiserweight, en se présentant comme « the Smackdown! Number one announcer » alors qu’il sait à peine articuler une phrase en anglais, et sert de chair à canon pour à peu près n’importe qui dans le roster. Deux éclaircies quand même : un titre Hardcore détenu pendant quelques secondes, dans un Hardcore scramble match à Wrestlemania 2000 (où le titre a changé de mains dix fois en quinze minutes), et un titre Cruiserweight pris aux mains du gringalet Spike Dudley. Le meilleur pote IRL de Steve Austin se relancera en 2008, habillé en kimono avec un nouveau nom et une nouvelle musique: Kung Funaki. Vous savez, pour faire le jeu de mots avec la chanson Kung Fu Fighting. Ah ah ah. Il obtient un petit push qui le voit, ô miracle, enchaîner quelques victoires. Sans suite, il apparaîtra de moins en moins à la télé avant que la WWE ne mette fin au carnage et à son contrat en 2010.

 

 

Douze ans vous dites? Je peux continuer à me la couler douce !

 

 

 

TAJIRI

 

Celui qui s’en est le mieux sorti sous les ordres de tonton Vince. Jouissant d’une excellent réputation acquise à la ECW, Tajiri débarque comme assistant personnel du commisionner William Regal en 2001 et remporte très vite le titre Light Heavyweight. Face ou heel, il fait constamment partie des piliers de la division cruiserweight par son style reconnaissable à base de kicks et surtout sa prise de soumission, la tarentula, et son green mist, que Tensaï a brièvement remis au goût du jour. Il est ensuite promu en division par équipes et remporte les ceintures avec William Regal et Eddie Guerrero, s’il vous plaît. Il quitte la fédération en bons termes en 2005 pour passer plus de temps avec sa famille, restée au Japon.

 

Le bonhomme n’avait évidemment pas les attributs d’un main-eventer, mais était convenablement utilisé, faisant au final un midcarder respectable et très apprécié. Le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé en lui réservant une standing ovation le soir de son dernier match.

 

 

Désireux de se conformer aux limites du PG, Tajiri est prêt à  aspirer le sang de ses adversaires pour le faire disparaître, et éviter la censure.

 

 

 

ULTIMO DRAGON

 

En 2003, Ultimo Dragon est au crépuscule de sa carrière, et a atteint le statut de légende du catch mondial lorsqu’il signe à la WWE. Son rêve : catcher au Madison Square Garden, à Wrestlemania. La WWE lance une série de promos annonçant comme il se doit son arrivée, et on se lèche déjà les babines à l’idée de voir Ultimo Dragon feuder avec Rey Mysterio dans la division cruiserweight. Une première victoire contre Shannon Moore, une élimination au premier tour d’un tournoi pour le titre US, et c’est tout. Il restera bloqué à Velocity (le B-Show de Smackdown à l’époque) jusqu’à Wrestlemania XX, qui deviendra le symbole de son passage raté à la WWE : il se rétame comme une merde sur le sol glissant de la rampe d’accès au ring, se ramasse une deuxième fois quelques secondes plus tard en montant sur le coin, et ne restera que quatre minutes sur le ring, dans une bataille royale réunissant dix superstars pour le titre poids moyens. Il quittera la WWE à la suite de ce PPV.

 

En réalité, Ultimo Dragon était déjà loin de son meilleur niveau, atteint au Japon, au Mexique et à la WCW avant une blessure au bras et une opération qui a mal tourné. Il n’arrivait pas à faire réagir le public en dehors de son spot traditionnel, l’Asaï Moonsault, et souffrait de la comparaison avec Rey Mysterio, l’autre catcheur masqué qui était déjà très populaire. Huit ans plus tard, l’Histoire se répètera avec un certain Mistico…

 

 

Au moins, ce que Triple H  imagine dans ses rêves les plus fous, cet homme l’a fait pour de vrai.

 

 

 

KENZO SUZUKI

 

L’histoire d’un fail complet avant même qu’il n’apparaisse à l’antenne. Kenzo Suzuki devait faire ses débuts en 2004 sous une gimmick de militaire anti-américain, baptisé Hirohito. Flairant la grosse controverse par rapport à Pearl Harbor, tout ça, les bookers décident qu’en fait ce n’est pas une bonne idée, se rétractent au dernier moment, et retardent de quelques mois les débuts de leur nouvelle recrue. (Ils retenteront quand même le coup casse-gueule un an plus tard avec Muhammad Hassan).

 

Kenzo Suzuki  débute donc sur Smackdown comme noble japonais, accompagné de sa femme Hiroko. Un avantage est qu’il possède un gabarait très WWE-compatible (190 cm, 113 kg), contrairement aux lutins japonais l’ayant précédé. Par contre, sur un ring, c’est une grosse purge. Suzuki endort le public à chaque match. Les officiels s’en rendent vite compte et pour compenser, lumineuse idée, ils décident de lui faire (mal) chanter des chansons populaires américaines avant chaque match. Il remporte un titre par équipe avec Renée Duprée, feude contre Cena (pas encore la top star qu’on connaît actuellement) pour le titre US, est drafté à Raw et se fait renvoyer sans même faire ses débuts  dans le show. La série noire continue…

 

 

C’est vraiment devenu n’importe quoi, American Idol.

 

 

 

JIMMY WANG YANG

 

Je dois admettre que ce n’est qu’en rédigeant cet article que je me suis rendu compte que Jimmy Yang était en fait d’origine coréenne et non japonaise. Pas grave, il est probable que le grand public ne le sache pas non plus, donc Yang n’échappera pas à ce Hall of Shame. Arrivé très jeune à la WCW au sein des Jung Dragons, il fait forte impression dans une division cruiserweight qui représentait à peu près la seule bonne raison de suivre cette fédération avant son rachat.

 

En 2003, il débarque avec Ryan Sakoda sous le nom d’Akio, dans une stable Yakuza menée par Tajiri, mais n’offre rien d’intéressant en dehors de son travail dans le ring. Il est renvoyé en 2005, mais re-signe l’année suivante après s’être refait une santé à la ROH. Et là, c’est le drame : Il se retrouve affublé d’une gimmick de… cowboy. Aaah vous voyez qu’à la WWE, on ne se limite pas qu’à donner des personnages de niakoués, on sait faire preuve d’originalité de temps en temps !!! Oui, mais non. Jimmy « Wang » Yang est ridicule. Pas crédible pour un sou en asiat’ qui renie ses origines pour adopter un mode de vie de cowboy redneck, il passe son temps à feuder pour la ceinture Cruiserweight jusqu’à ce qu’elle soit retirée, et est tout prêt de remporter le titre par équipes avec Shannon Moore contre Miz et Morrisson. Yang ne servira plus à rien ensuite, à part jobber sur Superstars, et est renvoyé une deuxième fois en 2010.

 

 

It's fun to stay at the Y-M-C-A !
 

 

 

YOSHI TATSU

 

Le dernier rejeton de la liste. Yoshi Tatsu arrive dans une ECW en pleine déliquescence en 2009. Peu de choses à raconter sur le sympathique Japoniais en somme, si ce n’est qu’il passe le plus clair de son temps à jobber sur NXT (ancienne et nouvelle formule) dans l’indifférence générale. C’est tout. Il a quand même tenté d’introduire un nouveau personnage plus classe : accoutrement noir, dégaine de ninja, peinture blanche et rouge sur le visage, un beau masque, une nouvelle intro musicale suggérant quelque chose d’énorme… puis cet ersatz de J-Pop bubblegum dégueulasse qui accompagne son entrée, ruinant de suite tous ses efforts pour paraître badass. Bien essayé, mec.

 

Aux dernières nouvelles, il est retourné au WWE Performance Center pour travailler sur un éventuel repackaging. A déjà 36 ans, on fonde peu d’espoirs sur lui, mais qui sait…

 

La gimmick du Great Muta et le finisher de Santino. Dommage, le mélange aurait pu être sympa.

 

 

Voilà. Le bilan est famélique sur trente ans. Seuls dix Japonais ont réussi à se faire une place permanente dans le roster, pour un palmarès total n’allant jamais plus haut que le titre par équipes. Peu de considération à l’égard des gabarits moyens, rang moyen de low-carder, booking désastreux, barrière de la langue, style peu WWE-compatible… C’est peu dire que les catcheurs japonais n’ont pas été gâtés au cours de leurs aventures à la WWE.

 

Donc, si nous étions ce bon Okada, nous enverrions bouler Vince, Triple H et consorts, pour rester écrire notre propre légende au pays du soleil levant. Son talent mérite mieux que ça.

 

 

Elle est marrante sa teinture… Et si on lui donnait un personnage de mutant qui a vécu à Fukushima ?

 

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