Catch

Les grands plats dans les petits

Quand tout le monde sera exceptionnel, plus personne ne le sera !

Buddy "Syndrome" Pine, Les Indestructibles

 

Depuis Summerslam, les shows dominicaux de la WWE ont pris la détestable habitude de nous décevoir. La mission de TLC était donc simple : sortir de cette spirale infernale et nous offrir enfin un spectacle digne de ce nom. Avec en point d'orgue rien de moins que l'unification des deux titres majeurs de la fédération, Stamford a tout fait pour nous faire croire qu'elle a sorti les grands moyens pour tenter de nous convaincre. La fédération de Vince a-t-elle pour autant réussi ?

 

 

What's up ? Ben, les ceintures de champion du monde ! Suivez un peu, les gars…

 

 

Nalyse de TLC

 

 

Commençons par le début, et même un petit peu avant, puisqu'il s'agit du kickoff, ou pré-show. Je sais que peu d'entre vous prennent la peine de regarder ce bout gratuit de pay-per-view, et je ne peux pas vous en tenir rigueur : bien souvent, les matchs ne sont pas mauvais, mais pas inoubliables non plus, et surtout le match en question est enrobé d'une demi-heure de pub pour le show à venir, d'interviews inutiles d'un panel de pensionnaires du Hall of Fame venus cachetonner ou de jobbers qui profitent d'un peu d'exposition. Est-ce que les choses ont été différentes cette fois ? Honnêtement, non : Mick Foley, Booker T et le Miz sont venus faire des pronos sans intérêt sur les futurs matchs (alors que les seuls pronos qui comptent, on sait où les trouver, non ?), et le match entre Fandango et Dolph Ziggler annoncé par magie, sans vraie rivalité entre les deux hommes, n'est pas très attirant au premier abord.

 

 

Même s'il y avait Summer Rae, quand même, c'est déjà ça de pris !

 

 

Cependant, une fois sur le ring, le blondinet et le danseur ont su me mettre dans de bonnes dispositions pour le reste du pay-per-view, en réalisant une prestation tout à fait convenable, et avec assez de suspense pour me captiver. Mission accomplie pour ce match d'échauffement, donc ! À noter d'ailleurs la victoire surprenante de Fandango, certes grâce à une distraction de Summer Rae qui devrait épargner le moral kayfabe de Ziggler, mais à laquelle je ne m'attendais pas du tout. Quand on pense que le pauvre Dolph est passé du rôle de champion du monde poids-lourds à celui du mec qui perd contre Fandango, on ne peut que déplorer sa chute. De là à parler d'une fin d'année aux allures de plomb, il y a un pas qui fait débat à la rédaction dans la préparation de nos traditionnels CDC Awards de fin d'année…

 

 

Sérieux ? Vous n'allez quand même pas me faire ça !

 

 

L'autre surprise de ce kickoff, c'est qu'il a servi également à construire une de ces affiches de dernière minute que vous adorez tous. Là, il s'agit de la poursuite de la rivalité entre le Miz et Kofi Kingston. Celui qui s'auto-proclame maître de l'awesome a en effet profité de sa place dans le panel du pré-show pour casser du sucre sur le dos de Kofi, qui vexé comme un pou monta rejoindre le plateau pour en découdre avec monsieur Ouellet. S'ensuit une bagarre entre les deux hommes donc, la première fois sur le plateau du pré-show aussi loin que je me souvienne, avant qu'ils ne soient séparés et donc bookés pour un vrai match, dans le pay-per-view, et sans disqualification s'il vous plaît !

 

 

Heureusement, j'avais ma tenue de combat sous mon costume, ça tombe bien !

 

 

Et là, c'est le drame. Déjà, de base, les matchs "bonus" dans les pay-per-views, je ne suis pas très fan : ça tombe de nulle part, et ils servent souvent uniquement à meubler entre deux gros matchs. OK, il en faut, mais là, je m'en serais bien passé, voyez-vous. Le public de Houston ne s'y est pas trompé, condamnant Kofi et Mizou avec des chants "boring" tout au long de leur affrontement, des chants parfaitement légitimes d'ailleurs. Le fait que le match soit sans disqualification n'a pas apporté grand-chose : il faut dire que la rivalité est non seulement jeune, mais également sans queue ni tête, si bien qu'on s'en fiche un peu de voir les deux hommes dans cette configuration. D'autant que celle-ci n'a presque pas été utilisée, alors à quoi bon ? Cela a juste permis à Kofi de neutraliser le Miz en lui faisant manger le coin du ring dont le troisième marine avait enlevé la protection, sans que l'arbitre ne lui dise rien d'ailleurs. Kingston gagne, super, on est content, on a juste perdu dix minutes pour rien. Suivants, s'il vous plaît !

 

 

Merde, avec ces conneries, le train des bonnes storylines vient de me passer sous le nez !

 

 

Ben tiens, tant qu'on en est à évoquer les moments dispensables de ce show, Brodus Clay est venu avec sa troupe pour se battre contre R-Truth, ce dernier étant bien entendu soutenu par son pote Xavier Woods. Là encore, normalement j'aime bien suivre cette petite rivalité de bas de carte, et je suis même content de voir ce genre d'histoires exister, histoire de faire vivre l'ensemble du roster et pas seulement les champions et leurs challengers, mais ce match n'a franchement pas sa place un dimanche soir. Le match fut ce à quoi on pouvait s'attendre, un petit duel digne d'un épisode de Raw, accentuant encore un peu plus le passage vers le côté obscur de Brodus Clay, dont l'agressivité

lui fit perdre non seulement le soutien de Tensai et des Funkadactyls, mais également le combat, Truth profitant de la dispute du clan funky pour prendre la victoire. Quand on sait que ce match et celui entre Kofi et le Miz ont été présentés l'un à la suite de l'autre, je pense qu'on tient là le moment où la courbe du kiff-o-meter que Jyskal vous présente dans son traditionnel bulletin de notes plonge vers les abysses… Heureusement, le reste du show fut bien meilleur !

 

 

Impossible, c'est MOI le main event !

 

 

Car des motifs de se réjouir, il y en a beaucoup, à commencer par les deux matchs à handicap. C'est CM Punk qui ouvrit le bal, pour sa confrontation contre le Shield. Le combat avait été intelligemment construit, avec un straightedge qui, loin de fanfaronner à la perspective d'affronter les trois chiens de la justice, avait annoncé qu'il savait que ses chances étaient minces, pour ne pas dire nulles. Mais il y avait une lueur d'espoir cependant : depuis quelques temps, le bouclier a tendance à se fissurer légèrement, et si Punk parvenait à trouver une faille dans le trio, il pouvait peut-être faire un coup d'éclat.

 

 

Hé Roman, ça tient toujours hein ?

 

 

Et une fois sur le ring, c'est cette histoire qui a été racontée, avec beaucoup de talent de la part des quatre protagonistes. Si Ambrose, Rollins et Reigns paraissaient soudés au début du combat, Punk n'a rien lâché. Malgré les assauts brutaux d'un Roman Reigns déchaîné, le Second City Saint est finalement parvenu à rééquilibrer les débats en esquivant un des Spears de son redoutable adversaire, l'envoyant valdinguer à travers la table des commentateurs. Reigns fut blessé à l'œil après cette cascade, et Punk exploita cet avantage en continuant d'attaquer les yeux d'un Roman aveuglé pour le reste du match. L'armoire à glace du trio mise en déroute, Punk se retrouva face à Rollins, qui se démena comme un beau diable pour prendre le dessus, et qui tenta même de coller un GTS à CM Punk, qui contra fort joliment cette stratégie audacieuse. C'est finalement Ambrose qui essaya de mettre un terme à un combat plus difficile que prévu pour le Shield, et le champion des États-Unis parvint à prendre l'avantage, logiquement, sur un Punk presque à bout de souffle. Mais là encore, le straightedge eut cet éclair de génie qui permet tous les miracles : alors qu'il était à la merci de Dean Ambrose, CM Punk parvint à se dégager de son emprise, si bien que le champion du Shield se mangea un Spear d'un Roman Reigns qui ne vit pas l'enfant chéri de Chicago s'éclipser (sa vision était toujours défaillante) et ne put éviter d'éclater son partenaire, donnant ainsi bien malgré lui la victoire à CM Punk. Bref, du suspense, de l'action non-stop, une histoire très bien racontée pour un final explosif, que demander de plus ? Espérons seulement que cette mésentente au sein du Shield ne soit pas le prétexte d'un éclatement du trio : ce serait non seulement peu original, mais je pense aussi que le Shield, après nous avoir régalé tout au long de l'année, mérite mieux que ce genre d'angle générique pour amorcer son inéluctable séparation.

 

 

Désolé Dean, je n'ai rien pu faire pour t'éviter, mon œil, tout ça… Au fait, tant que je te tiens, ta ceinture de champion des États-Unis, tu veux pas me la filer ?

 

 

L'autre match à un contre trois a eu lieu quant à lui presque à la fin du spectacle. C'est en effet juste avant le main event que Daniel Bryan a affronté la famille Wyatt au grand complet. Bray veut toujours, apparemment, recruter la chèvre volante dans son clan de tarés, et je dois avouer que si ça arrivait, je serais très peiné pour Bryan tellement Wyatt et ses disciples me sortent par les yeux. Cela dit, je dois avouer que le match en lui-même a été très bon lui aussi. Le Yes Man a comme d'habitude été parfait bien sûr, déployant une énergie incroyable face aux deux géants que sont Luke Harper (le brun) et Erick Rowan (le roux), et histoire d'être totalement honnête, j'avoue que même Bray Wyatt a été un peu meilleur comparé à d'habitude. Le maître du marais a passé la première moitié du match sur sa chaise à bascule, au point que j'ai cru qu'il allait laisser ses sbires se taper tout le boulot (ce qui ne m'aurait pas dérangé outre mesure, cela dit), mais il a finalement daigné donner de sa personne, et s'il n'a rien fait de particulièrement remarquable, il n'a pas non plus plombé le match, et c'est déjà pas mal. Il a même mieux réussi sa traversée du ring à quatre pattes la tête à l'envers, ce qui lui a valu des chants "this is creepy" ("c'est flippant", dans la langue de Matt Pokora) de la part du public en guise de récompense tout à fait mérités, même si personnellement, Bray Wyatt me fait plus rire que vraiment peur.

 

 

Spider-cochon, Spider-cochon, il peut marcher au plafond !

Est-ce qu'il peut faire une toile ? Bien sûr que non, c'est un cochon !

Prends garde, Spider-cochon est là !

 

 

Le karma étant ce qu'il est, et vu que Punk avait gagné son match seul contre trois, c'est logiquement que Bryan, de son côté, a dû finalement s'incliner face à la famille Wyatt : malgré toute la rage du dragon caprin, ce dernier finit par succomber à la Sister Abigail de Bray. Pas d'enlèvement cependant, ni de recrutement de force de la part des tarés qui auraient pu profiter de leur victoire pour prendre le corps inanimé de Bryan, et l'emmener dans leur bayou au lieu de l'abandonner bêtement sur le parking comme la dernière fois. Non, la famille Wyatt a préféré faire ce qu'elle fait de mieux : rien. C'est bien beau de promettre l'apocalypse et de se présenter comme des disciples du diable, mais si c'est pour ne rien faire derrière, niveau terreur, Bray Wyatt et ses potes sont au même niveau que les monstres qu'on peut croiser dans un épisode de Scooby-Doo…

 

 

Allez Bryan, s'il te plaît… Donne-nous le secret du shampoing, et on te laisse tranquille.

 

 

Passons à présent aux trois matchs de championnat, main event mis à part. Chez les Divas, la championne défendait son titre contre Natalya, dans notre grande série "AJ Lee contre les participantes de Total Divas". D'habitude, le match féminin est l'occasion pour le public d'aller aux toilettes, et pour les rédacteurs de nalyses d'expédier vite fait ce passage ou de s'en moquer. Mais je ne le ferai pas, car la pause pipi de ce TLC, c'était le match entre Kofi et le Miz. AJ et Natalya, elles, ont livré un combat de qualité, comme on aimerait en voir plus souvent à la WWE. Certes, on est loin de l'intensité du match référence de l'année, l'affrontement entre AJ et Kaitlyn à Payback, la faute sans doute au fait que cette fois, on n'a plus d'histoire dans laquelle le public pourrait s'investir. OK, AJ a livré une jolie promo en coulisses, en profitant même pour se moquer du résultat des votes des Slammy qui l'ont privée de la statuette, ce qui était bien vu, mais à part ça, pas grand-chose, et surtout rien de personnel entre elle et Natalya. Mais la championne et sa rivale ont été parfaites sur le ring, Natalya réalisant notamment de forts jolis enchaînements en début de match. Le combat fut fluide et enlevé, et on a même pu voir AJ contrer le Sharpshooter et Natalya échapper au Black Widow ! Du coup, c'est sur la prise habituelle que la championne conserva son titre : un bon vieux roll-up des familles. Alors oui, la fin est pourrie, mais le reste du match vaut vraiment le coup, pour une fois.

 

 

Bon, au moins, je ne me suis pas pissée dessus, c'est déjà ça…

 

 

Du côté de la ceinture Intercontinentale, Big E Langston devait défendre son bien face à Damien Sandow. Ce dernier entra en scène micro en main, déclarant à la foule qu'il allait remporter ce match et le titre qui allait avec. Dès ce moment, je me suis dit que ça sentait le sapin (vous me direz, c'est de saison) pour le barbu : la dernière fois qu'il a annoncé sa victoire de façon aussi certaine, c'était quand il a utilisé sa mallette contre Cena, et on sait comment ça a fini… J'ai de la peine pour Sandow : il a beau avoir été bien exposé tout au long de l'année, il n'a au final rien remporté de vraiment marquant, à part sa mallette du Money in the Bank donc. Pas de titre avec Cody du temps des Rhodes Scholars, pas de titre individuel, une mallette perdue, une rivalité contre Cena pour le titre poids-lourds tuée dans l'œuf (qui se souvient encore de la merveilleuse promo où après son échec cuisant, Sandow promettait qu'il ne connaîtrait aucun répit tant qu'il n'aurait pas détruit Superman ?) pour au final se retrouver contre Big E Langston, et perdre, donc, dans sa quête pour la ceinture Intercontinentale. Car oui, il n'y a pas eu de miracle, Sandow a perdu. Certes, il n'a pas démérité, mais Langston a été le plus fort au terme d'un match tout à fait correct sans être inoubliable. Tant mieux pour Big E, qui a besoin de développer son personnage et que j'aime bien (chez les big men, il est bien meilleur qu'un Ryback par exemple, mais j'y reviendrai), et tant pis pour Sandow, qui mérite lui aussi de redorer son blason. Espérons une rivalité plus développée entre les deux hommes : cela permettra à Langston de montrer ce qu'il sait faire au micro par exemple face à Sandow, qui pourrait une fois qu'il aura bien mis en valeur le champion Intercontinental lui prendre sa ceinture pour enfin voir son boulot récompensé, ce qui serait mérité.

 

 

C'était bien la peine de m'emmerder à lire Sun Tzu, tiens !

 

 

Enfin, avant de parler du main event historique de ce pay-per-view, il me reste à évoquer le sort des ceintures de cuivre, défendues dans un match assez particulier qui m'a laissé dubitatif. Cody Rhodes et Goldust mettaient donc leur titre en jeu, dans un match à élimination, face à trois autres équipes : Big Show et Rey Mysterio, Ryback et Curtis Axel, et les Real Americans, Jack Swagger et Antonio Cesaro. J'étais donc dubitatif devant ce match, pour plusieurs raisons. D'abord, l'affiche elle-même : alors que la division par équipes pète la forme, les champions se retrouvent contre un attelage créé à la dernière minute (Mysterio/Show) et un duo dont tout le monde se fout (Ryback/Axel). Reste une "vraie" équipe avec les poulains de Colter. Pourquoi ne pas avoir convié plutôt les Usos, une équipe établie à la place d'un Mystershow assemblé à l'arrache, et les 3MB au lieu de Rybaxel, quitte à prendre des jobbers Heels ?

 

 

– Nous sommes de retour !

– Pour vous jouer un mauvais tour !

 

 

L'autre chose qui m'a perturbé dans ce match, c'est la stipulation choisie : un Fatal 4 Way, c'est sympa, mais pas avec quatre équipes. Parce que dans cette configuration, on reste avec seulement deux hommes légalement admis sur le ring, et les deux autres équipes doivent se débrouiller pour voler un changement dès que possible… Pourquoi ne pas mettre un membre de chaque équipe sur le ring, bon sang ? Enfin, le déroulement du match fut étrange… Bon, la bonne nouvelle, c'est que Ryback et Axel ont été les premiers éliminés, la faute à l'affamé de Las Vegas qui perd sur un simple roll-up de Goldust, comme le crétin qu'il est. Ça, déjà, c'est l'élimination la plus bête du monde, qui ne fait que confirmer la débilité de Ryback : le mec est une force de la nature et n'arrive même pas à se dégager d'un pauvre roll-up, j'étais mort de rire devant mon écran. L'idiot Ryback et le transparent Axel dehors, c'est une autre surprise qui arriva avec l'élimination des Real Americans par Big Show. Le match s'est donc bizarrement terminé sur une confrontation entre Faces. Sur le coup, ça fait bizarre, mais on a vite pu voir où voulaient en venir les bookers : nous offrir un duel entre Cody Rhodes et Rey Mysterio, qui avaient eu en leur temps une belle rivalité. Les deux hommes nous ont donc offert une très belle fin de match, très enlevée, avant de se terminer par la victoire des champions sur un Cross Rhodes. Un match au final sympathique, mais étrange, car malgré l'excellente performance de Goldust et ce final merveilleux contre Cody et Rey, la stipulation et le choix des combattants ne m'ont pas pleinement convaincu. J'espère que les frères Rhodes auront droit à une rivalité un peu plus solide pour le Royal Rumble, avant l'inévitable guerre fratricide dont toute l'ICW parle pour Wrestlemania…

 

 

Tu oublies qu'une même attaque ne peut pas fonctionner deux fois sur un chevalier, Rey !

 

 

La plus grande partie de ce pay-per-view nous a donc offert de bons moments de catch, mais tout cela ne servait qu'à faire monter la pression avant le match de la soirée, celui qui a été vendu comme un moment historique pour la WWE : l'unification des titres suprêmes, au terme d'un combat épique impliquant des tables, des chaises et des échelles ! Il était temps d'ailleurs : pour un événement qui s'appelle TLC, ça commençait sérieusement à manquer… Est-ce que cela a été fait dans le but de mieux mettre en valeur ce main event, ou pour éviter une comparaison qui aurait pu écorner la qualité de celui-ci ? Toujours est-il que seuls John Cena et Randy Orton ont eu le droit de passer par Ikéa pour leur match.

 

 

– C'est vraiment de la camelote, ces meubles en kit !

– C'est pas faux, John.

 

 

Ce main event nous a donc été vendu comme un moment unique dans l'histoire de la fédération : la preuve, Vince McMahon lui-même a fait le déplacement jusqu'à Houston pour assister au sacre du futur champion unique, le patron ayant personnellement souhaité bonne chance aux deux candidats au titre dans deux brefs segments tournés en coulisses. Et bien sûr, l'Autorité était elle aussi présente, Triple H et Stephanie McMahon se chargeant de la promo d'ouverture du show pour déclarer une fois de plus que ce match était unique et d'une importance capitale. Sur le côté unique, j'en connais un que ça a beaucoup fait rire, puisqu'on a pu voir pendant le show un tweet de Chris Jericho rappelant que le vainqueur du main event ne serait que le deuxième champion unifié de l'histoire, mais bon, ce n'est pas comme si c'était la première fois que la WWE nous vendrait un "once in a lifetime" au goût de déjà-vu…

 

Toujours est-il que je n'ai pas réussi à croire à tous ces discours kayfabe sur ce tournant voulu historique pour la WWE. La faute notamment à un match entre Cena et Orton qui, s'il fut objectivement bon, n'avait pas le souffle épique qu'on a voulu nous faire croire. Jamais je n'ai cru voir un événement unique, juste un énième match entre le Superman et le Zod de la fédération. Cena a fait preuve d'une détermination remarquable, n'hésitant pas à faire passer Orton à travers trois tables, dont celle des commentateurs espagnols (où on a encore retrouvé Ricardo Rodriguez, ça doit être son nouveau job, dommage, j'aurais aimé le revoir plus souvent), mais Randy était ce soir en mode Terminatorton, récupérant très rapidement après des cascades qui en temps normal l'auraient mis hors d'état de nuire.

 

 

Mais tu vas crever, oui ?!

 

 

Rien qu'avec ça, mon incrédulité a eu du mal à rester suspendue, comme on dit, mais là où j'ai failli décrocher, c'est quand Orton a sorti une paire de menottes de sous le matelas entourant le ring. Pourquoi mettre des menottes sous le matelas et pas sous le ring, tout simplement ? Et surtout, comment Orton pouvait savoir qu'elles étaient là ? Détail, me répliqueront peut-être certains d'entre vous, mais personnellement, ça m'a assez gêné… Toujours est-il que Randy a donc réussi à menotter Cena à la première corde du ring, ce qui éclaircit grandement l'horizon de la Vipère. D'autant que le Marine, un peu bourrin sur les bords, tenta de se libérer en utilisant une échelle pour éclater les menottes, puis une chaise. Si MacGyver avait été là, il aurait pleuré devant tant de bêtise… Finalement, Cena a eu une bonne idée, et dévissa le coin du ring : il était toujours attaché à la corde, mais celle-ci ainsi libérée lui offrait une plus grande marge de manœuvre, et empêcha Orton de se saisir des deux ceintures de champion du monde. Mais Randy refusa d'échouer si près du but et fit tomber Cena du haut de l'échelle sur une table disposée au coin du ring : la table ne se brisa pas, mais apparemment Johnny se la mangea en pleine poire, le mettant KO et permettant à Orton de prendre les ceintures, et le titre de champion unifié qui va avec.

 

 

Ce qui prouve une fois de plus que les tables sont la kryptonite de John Cena : rien qu'en restant à proximité d'elles, il perd toute sa force !

 

 

Le nouveau WWE World Heavyweight Champion, comme nous sommes supposés l'appeler à présent, célébra sa victoire sobrement, comme si c'était une victoire banale de plus, avant d'être rejoints par Triple H, Stephanie et Vince McMahon. Pas de grand discours à la hauteur de l'événement qu'on nous avait vendu depuis des semaines, juste un trio de dirigeants qui leva les bras de son champion au ciel, sans feu d'artifice ni confettis… C'est la crise à la WWE au point où ils n'ont pas pu fêter ce moment historique comme il se doit, ou on se fout de notre gueule ?

 

 

Ne vous inquiétez pas, il y a aura une grande fête à Raw : il y aura du Tang et des chips ! Des chips, vous entendez !

 

 

C'est exactement ce qui ne va pas avec ce match : vendu comme le match le plus important de la décennie, on a finalement eu droit à un match de pay-per-view, bon certes, mais qui n'avait aucun souffle épique. La victoire d'Orton, qui a juste battu John "Superman" Cena et réunifié les deux titres mondiaux de la fédération, semble lui avoir fait ni chaud ni froid, alors qu'un événement aussi énorme aurait dû le faire exploser de joie et d'arrogance ! L'Autorité, plutôt que de se contenter d'être là pour dire des banalités et serrer la main des prétendants au titre de visage de la compagnie, auraient dû faire péter les feux d'artifice, les confettis, sacrer Orton comme le plus grand catcheur de l'histoire de la fédération… Même Cena, qu'on a vu en gros plan quelques fois après le verdict, avait certes l'air blasé, mais dans le cadre d'un match aussi important, il aurait dû avoir un visage fermé, sembler totalement dégoûté d'être passé à côté d'une telle occasion de marquer l'histoire, une chance unique de devenir une légende indiscutable ! Au lieu de ça, on a vécu un final de pay-per-view semblable à celui de n'importe quel pay-per-view où un champion Heel remporte la victoire, et c'est extrêmement dommage.

 

 

Joie. Bonheur. Allez, on rentre à la maison maintenant.

 

 

Au moment de parler de la qualité globale de cette édition de TLC, on pourrait se contenter de dire que c'est le meilleur pay-per-view depuis Summerslam, et c'est vrai. Néanmoins, vu le niveau catastrophique des derniers pay-per-views, on ne peut pas vraiment parler d'exploit, et TLC reste loin du niveau de Summerslam. Au bout du compte, même si j'ai aimé ce show, je reste partagé : certes, la plupart des matchs étaient bons (les Divas notamment, mais aussi les deux matchs à handicap et celui pour les ceintures de cuivre), mais dans la mesure où tout ceci était fait pour vendre le main event, une partie de moi ne peut pas s'empêcher d'être un peu déçu. L'unification des deux titres les plus importants de la WWE, ça devrait être un moment dont on se rappellera longtemps après un match qui nous en a mis plein les yeux, mais j'ai l'impression que la montagne vendue par la WWE a accouché d'une souris. Ce souffle épique qui a cruellement manqué à un match par ailleurs très classique était nécessaire pour faire de TLC un événement hors du commun et finir l'année en beauté. Hélas, la WWE s'est contenté de nous offrir un spectacle solide mais sans âme, et rate donc le coche selon moi. TLC, c'était bien, mais ça aurait dû être tellement mieux ! La WWE nous a montré qu'elle pouvait toujours nous offrir de bons matchs, il lui reste à prouver qu'elle peut encore nous raconter de belles histoires avant de recommencer à nous faire rêver pour de bon.

 

 

Vous voulez du rêve ? Pas de problème ! Au Royal Rumble, je deviendrai le premier WWE World Heavyweight Intercontinental United States Tag Team Divas Champion !

 

 

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