Catch

They Live

Put the glasses on! Put 'em on!

John Nada, Invasion Los Angeles

 

Après le plus grand match de l'histoire de ces trois dernières semaines, la WWE continue sa route avec son nouveau super champion. Mais de même que Roddy Piper découvrait l'atroce vérité de notre monde en mettant ses lunettes, les Cahiers sont là pour vous éclairer sur le booking des Machiavels de Stamford !

 

 

Bon d'accord, c'est pas trop dur.

 

 

Nalyse de Raw du 16 décembre

 

 

Je sais pas vous, mais j'y ai cru moi. J'ai cru en regardant le PPV de dimanche que toute cette histoire de match légendaire, unique, historique, en fait monté à la va-vite et à gros traits en quelques semaines, allait se terminer par un coup de théâtre, un gros truc, un coup de pied dans la fourmilière. J'ai cru que l'écart entre l'histoire racontée (le couronnement du plus grand champion de l'histoire) et le ressenti du public (qui aurait bien voulu que cette storyline soit digne de sa conclusion annoncée) allait forcément éclater, qu'on allait remettre cette histoire à plus tard ou en tout cas la complexifier un peu…

 

 

– Tu crois qu'on doit lui dire, pour le Père Noël ?

– Non, il est pas prêt pour ça.

 

 

Mais c'est raté. Orton est bel et bien le nouveau champion unique. Avec deux ceintures quand même… Le début de ce Raw fut évidemment une petite cérémonie en son honneur. Le roster était rassemblé en haut de la rampe, à l'exception notable et inexpliquée de CM Punk, sauf erreur – c'est assez symbolique de sa place à la WWE : pas dans la storyline principale mais en même temps bien au dessus de tous les autres avec lesquels on ne le mélange pas. Entre deux chaises quoi, ce qui n'est pas une position idéale.

 

 

La vache, ce que j'aimerais être entre deux chaises moi.

 

 

HHH et Stephanie ont en tout cas accueilli le champion dans le ring, champion qui n'a guère eu le temps de placer plus de deux phrases avant que les « what » ne fusent de la salle. Ils sont peu nombreux finalement les catcheurs à pouvoir faire ce qu'ils veulent d'une foule, et Orton n'est pas de ceux-là, il subit donc une sorte de punition pour son couronnement un peu expéditif. Mais punition écourtée par nul autre que son adversaire de la veille, John Cena.

 


Quelle verve, quelle faconde, quelle puissance dans l'argument !

 

 

Le Marine a reconnu sa défaite et, au lieu de réclamer un rematch immédiat, a demandé un match Orton/Bryan ! Parce qu'il écoute l'Universe, évidemment. Et comme Hunter et Stephanie aussi, ils ont validé le match – mais sans mettre le titre en jeu, bien sûr. Et là je dis non. Pas sur le match, logique (le champion unique contre la superstar de l'année) et qui, disons-le tout de suite, a été superbe ; mais sur la forme. Ce paternalisme envers Bryan et cette apparente démagogie vis-à-vis du public sont tout aussi récurrents que pénibles ! Au lieu de booker ce match selon la logique « sportive », on se sent obligé de bien préciser que c'est pour te faire plaisir public, OK tu aurais voulu voir Bryan dans le match pour le championnat mais regarde, ce soir il fait le main event, tu vois comme on est sympa. Arf.

 

 

Et puis ils sont marrants mais ça m'arrange pas,

je pensais que j'avais relâche moi ce soir.

 

 

C'est d'autant plus désagréable cette incapacité depuis des semaines à nous raconter de bonnes histoires que dans le ring, y a tout ce qu'il faut, merci. Le premier match a ainsi opposé Cody Rhodes et Goldust à Rey Mysterio associé au Big Show. Quatre faces donc, et pourtant aucun signe de turn en vue pour l'instant… Bizarre, mais on a fait avec. Ce sont surtout Cody et Rey qui se sont mis en valeur, peut-être un peu trop (Goldust a été chaleureusement réclamé), mais entre ces deux-là il y a une vraie alchimie on le sait. C'est finalement Mysterio qui a conclu le match par un tombé sur Goldust, mis KO par Show.

 

 

– Ah ouais, sur les épaules du Big Show, ça me va aussi comme position…

– Wade, retourne derrière ton pupitre ! Fallait pas coucher avec Linda !

 

 

Passons sur un segment Bad News Barrett, que je me refuse à détailler pour d'évidentes raisons morales, pour arriver en coulisses, où un Orton furieux est venu se plaindre de son booking du soir, en bon heel qu'il est. Bon, par contre il a joué la scène comme si elle venait juste après l'annonce du match, alors qu'il y avait eu un quart d'heure entre les deux… Stephanie et Hunter ont joué leur partition habituelle : t'as pas à te plaindre, mais en même temps on couvre tes arrières… C'est une des choses qui ne fonctionnent pas en ce moment à mon avis : plutôt heel mais un peu face quand même, ce duo aurait forcément dû avoir un plan caché, mais qu'on aurait dû nous expliquer depuis le temps. Mais non, c'est leur mode de fonctionnement et rien de plus, et ce n'est pas très efficace pour raconter des histoires.

 

 

Même eux ils ont décroché.

 

 

On enchaîne avec deux matchs à la suite. D'abord Fandango contre Ziggler, le rematch du preshow de la veille. Cette fois Dolph l'a emporté, très vite, sur un roll up. Il peut se dire qu'il est mieux traité que Barrett, mais pas grand chose de plus… En revanche l'affrontement de Big E Langston et Mark Henry contre les Real Americans a été un bon match d'un quart d'heure, un peu lent à démarrer mais très bon dans sa deuxième partie. C'est le champion intercontinental qui l'a emporté sur Cesaro. Une bonne équipe de plus, ce duo Langston/Henry ; sauf que, pour l'instant, Big E a précisément une ceinture solo à défendre, et que Henry, eh bien, il a autre chose de prévu…

 

 

Faire des oreilles de lapin à l'homme invisible par exemple.

 

 

Deux scénettes dans la soirée ont en effet teasé à mort sur l'affrontement dantesque du prochain Raw – Bad Santa (Damien Sandow) vs Good Santa (Mark Henry), avec comme enjeu la réponse à cette question fondamentale : Noël sera-t-il annulé cette année ? Pas de panique : c'est le Raw de Noël, c'est normal. Il vous suffira de vous mettre en mode « c'est n'importe quoi tout va bien » et ça pourra même être rigolo.

 

 

On vous conseille quand même de regarder cette image une heure par jour jusqu'à lundi, pour vous préparer. Le catch est une activité pratiquée par des professionnels entraînés, don't try this at home.

 

 

Un qui ne veut plus être rigolo, c'est Brodus Clay : fini les conneries, il a abandonné Tensai pendant leur match contre Ryback et Axel pour achever son heel turn. Yes ! Je prends. Il est très bien Brodus, et il peut réussir en 2014 ce que Ryback a raté en 2013, devenir un monster vrai de vrai qui fait peur à tout le monde et pas juste au gars de la cafèt. Bon, ça n'a quand même pas commencé très fort puisque la scène, au lieu de finir sur, par exemple, Brodus penché sur le corps encore chaud de sa victime, s'est achevé par une danse avec Truth, Woods, Cameron et Naomi. Mais Brodus en monster j'y crois, à tous les niveaux il est bien meilleur que Ryback.

 

 

Il laisse toujours la chair de ses proies se détendre un peu avant de la manger par exemple, ça a meilleur goût.

 

 

On arrive aux choses sérieuses avec les aventures de notre héros préféré : CM Punk. Bon, de mon héros préféré en tout cas, c'est l'essentiel. Comme je l'ai dit plus haut Punk a un positionnement un peu bancal dans la carte, qui a été le sien toute l'année en fait : une vraie star mais qu'il n'est pas facile de booker quand elle n'est plus dans la course au titre. Il s'est un peu frité avec HHH ces dernières semaines, et explique d'ailleurs que même s'il n'en revient pas d'avoir battu le Shield, tout ça concerne en fait l'Autorité – qui, comme je l'ai expliqué plus haut également, est un concept un peu flou finalement. Pas simple tout ça…

 

 

La WWE a même essayé d'en faire un crooner, c'est dire.

 

 

Bref, alors que Punk avait demandé à Hunter de ramener sa fraise (et sa « stupid mouth »), c'est Shawn Michaels qui est apparu ! Il est venu expliquer à Punk qu'il devait arrêter avec son obsession pour l'Autorité. Mais la séquence a été quelque peu compliquée pour HBK : il a été un peu chahuté par la foule (« you sold out! »), a oublié son texte… Punk a su rebondir, également sur un chant « one more match » adressé à Michaels qu'il a détourné en le prenant pour lui et en disant que bien sûr il allait avoir d'autres matchs…

 

 

Comme quoi même en urgence il ne faut jamais déranger un type en train de chasser.

 

 

Bon alors, à Wrestlemania, Punk contre HHH ? contre HBK ? Je n'en sais rien, et à mon avis la WWE non plus à l'heure actuelle : j'ai l'impression qu'elle lance des pistes, qu'elle essaie des choses, mais que rien n'est encore vraiment sûr. Personnellement depuis que Shawn a juré, dans son formidable discours d'adieu, qu'il ne remonterait jamais sur un ring, j'ai envie qu'il tienne cette promesse, et en même temps HBK/Punk c'est de la graine de *****… À suivre, évidemment.

 

 

Il s'entraîne déjà à montrer le panneau Wrestlemania du doigt, c'est un indice ça ?

 

 

Punk a enchaîné avec un match, une revanche de son match contre le Shield mais cette fois avec le renfort des frères Uso. Et il a perdu, à trois contre trois donc, après avoir gagné à un contre trois… D'un côté c'est bien naze ce booking, les Uso passent pour des boulets, la victoire de Punk en match handicap semble n'avoir servi à rien… En revanche aucun signe de tension entre les trois boucliers et ça s'est bien : certes la veille ça avait déconné, mais ces trois-là sont intelligents, ils ne vont pas exploser parce que l'un deux a fait une faute involontaire. Le Shield évite cet écueil classique, tant mieux ! Quand l'heure sera venue de les séparer on reparlera sans doute du match de TLC mais on peut penser que cette séparation ne se fera pas à la va vite, ce trio mérite bien ça.

 

 

Au fait depuis le temps on leur a toujours pas trouvé une place dans le vestiaire ?

 

 

Autre trio, les Wyatt, qui ont livré une nouvelle vidéo… wyattesque : c'est sympa, mais on comprend pas tout et on sait pas où ça va, mais c'est sympa… Ce coup-ci ils parlaient à leur rocking chair, si si. Puis nous avons eu un petit match féminin : AJ, Tamina et Alicia Fox contre Natalya et les Bella. Tamina est apparue assez dominante, Nikki a bien pris le dessus un moment mais s'est mangée un bon gros kick au visage de la part de la Samoane et a dû encaisser le tombé d'AJ. Une interview en coulisses d'un Orton en colère contre la terre entière et ça y est, nous voilà au main event !

 

 

Jeu : sauras-tu associer chaque bras et jambe de cette image à son propriétaire ?

 

 

J'ai exprimé des réserves sur la façon dont ce nouveau Orton/Bryan a été booké mais sur le match lui-même rien à dire ! Ce fut un excellent match, pas loin de la demi-heure d'affrontement, leur meilleure rencontre peut-être ; et de nouveau un formidable match en weekly pour conclure une année qui en aura compté de nombreux (oui parce que je sais pas pourquoi mais les deux shows des fêtes je ne compte pas trop dessus). Furieux du début à la fin de la soirée, Orton a été très agressif tout au long du match, dominant un Bryan ultra-résistant comme toujours. La Vipère a été jusqu'à mordre le genou de son rival, et a conclu le match par un coup dans les valseuses qui a donné la victoire par disqualification à Bryan.

 

 

Si je te recroise, promis je te frappe le genou et je te mords les couilles !

 

 

Car, bien sûr, il ne pouvait y avoir de vrai vainqueur dans ce match qui n'était pas une fin en soi. Cena a d'ailleurs surgi d'on ne sait où après le match, pour aider un Bryan qui n'avait rien demandé. Il a mangé un RKO mais avait d'abord pris le dessus sur Orton… Le champion unique est là mais il est fragile, Bryan et Cena sont à ses trousses. Petit pronostic sur les pronostics : sous réserve de ce qui passera en janvier, Daniel Bryan devrait cartonner comme vainqueur putatif du Rumble du 26 janvier prochain… En espérant que la Road to Wrestlemania se déroule dans un contexte plus net que l'espèce de brouillard, de flou artistique qui entoure actuellement la WWE.

 

 

C'est pas gagné.

 

 

Le champion unique par exemple, pourquoi est-ce qu'il a encore deux ceintures ? Si ça se trouve c'est juste que la WWE n'a pas eu le temps de concevoir et de créer une belle ceinture pour son joli championnat, ou alors elle attend une grande occasion pour la présenter. Mais, de fait, on nous raconte l'histoire d'un champion unique, un événement historique pour le catch ; mais ce qu'on voit à l'écran c'est un type avec deux ceintures, avec deux titres anciens toujours présents malgré tout ! Du coup on peut se dire que c'est temporaire, qu'il va se passer un truc… mais on l'attend depuis Summerslam, ce « truc ». Je ne peux que conclure par la même pensée que Koko dans sa nalyse de TLC : les bons matchs c'est super, mais racontez-nous de belles histoires pour aller avec s'il vous plaît !

 

 

Ok, on vote ? Pour !

10 commentaires

Copyright © 2011 — 2018 Kayfabe Media. Tout droits réservés.

En haut