Catch

L’année 2013 en mots : De Battleground à TLC

We’re going to make history. We’re going to make something epic.

John Cena à Randy Orton, à l’annonce de la tenue du match d’unification des deux ceintures de champion du monde

 

On en vient au dernier trimestre de l’année 2013. Drôle d’année que celle-ci, où les chéris de l’IWC Punk et Bryan ont joué des rôles éminents mais qui s’est achevée par l’affrontement des deux plus grandes stars made in WWE pour une inattendue unification des deux grands titres. Les storylines n’auront pas toujours été à la hauteur en 2013, mais les matchs auront rarement déçu. Vaut-il mieux cela que l’inverse ? Vous avez quatre heures.

 

 

Il est bizarre ce miroir. Où est passée ma casquette ?

 

 

Retour sur l’année 2013 : Quatrième trimestre

 

 

 

De Battleground à Hell in a Cell

 

Orton et Bryan ayant été mis KO par le Big Show à Battleground, ils s’affronteront de nouveau à Hell in a Cell, dans la cage, donc, et avec un arbitre spécial s’il vous plaît. Un arbitre qu’il appartiendra au public de choisir, entre trois candidats : Booker T, Bob Backlund et Shawn Michaels. Evidemment, c’est le Kid qui est désigné, ce qui provoque plusieurs confrontations entre l’ancien Mr Wrestlemania et les deux prétendants. Michaels n’aime pas Orton, nous explique-t-on, et il aime bien Bryan. Mais il aime surtout Triple H, et ce dernier semble favoriser Orton. Bref, une fois de plus, la feud tourne au moins autant autour de HHH et de sa clique que des catcheurs en activité…

 

En attendant, il n’y a pas de champion WWE, mais il reste un champion du monde à la WWE : le champion poids lourds, Alberto Del Rio, désormais débarrassé pour de bon de Rob Van Dam. Le Mexicain exige de Vickie qu’elle le reconnaisse comme « the face of the WWE » (mais qu’est-ce qu’ils ont tous avec ça ?), et prend un méchant vent en réponse : sans justification, sans buildup, Vickie lui annonce que son prochain challenger est connu et que c’est nul autre que… John Cena, qui sera de retour bien avant la date prévue, dès Hell in a Cell. Et directement dans un Title Match pour un titre auquel il n’a prêté aucun intérêt depuis des années, donc.

 

 

Hého ! Moi aussi je m’en tamponne, du titre WHC. Je peux avoir un Title Shot ?

 

 

Si vous n’avez pas aimé le match Punk-Ryback à Battleground, pas d’inquiétude, vous aurez une chance de changer d’avis à Hell in a Cell : le straightedge gagne un Beat the Clock Challenge en battant le très falot champion Intercontinental Curtis Axel et choisit la stipulation : ça sera un match Hell in a Cell, et il affrontera Ryback ET PAUL HEYMAN. Le but étant évidemment de se venger une bonne fois pour toutes de la bastonnade subie des mains de son père spirituel quelques semaines plus tôt. Punk et Heyman sont toujours aussi excellents en promo, mais la feud commence à tourner en rond, d’autant que la dynamique est curieuse entre un Axel réduit à jouer les utilités malgré son titre et un Ryback devenu Heyman Guy à part entière mais qui ne parvient jamais à prendre le meilleur sur le chicagoan rebelle.

 

Finalement, l’événement le plus notable de cette période se produit le 14 octobre à Raw. Les frères Rhodes, officiellement restaurés dans leurs fonctions depuis Battleground, affrontent ce jour-là Reigns et Rollins pour leurs titres, dans un match No DQ censé avantager les hommes au bouclier, qui peuvent compter sur l’aide de Dean Ambrose. Sauf que les Rhodes ont eux aussi un allié, et non des moindres : le Big Show, qui a brisé ses chaînes et vient foutre Reigns et Rollins KO, au grand dam de Triple H, qui venait de prendre un KO Punch la semaine précédente ! Oui parce que finalement, toute la storyline sur les soucis d’argent du Big Show a été promptement expédiée : le 7 octobre, au lendemain de Battleground, il avait été viré en kayfabe par Stephanie pour avoir ruiné le main event du PPV, ce qui lui avait permis par la suite de revenir quand il voulait pour cogner qui il voulait comme il voulait. Le 21 octobre, il annonce qu’il porte plainte pour rupture abusive de contrat et diffamation. Passionnant, non ?

 

 

Big Show a désormais un gimmick de copycat : il intervient dans des matchs alors qu’il a été viré, comme Cena en son temps, il menace de porter plainte contre la WWE, comme Del Rio l’avait fait pendant sa feud contre Sheamus, et il yesse allègrement comme Daniel Bryan.

 

 

Les frangins sont en tout cas devenus champions par équipes, après six mois de règne de R&R. C’est le cinquième règne de champion par équipes par Cody, le deuxième seulement pour son aîné, dont l’unique règne remontait à fin 2002, en compagnie de Booker T. Goldust est rarement champion par équipes, mais ses duos sont toujours mémorables. Pour confirmer la tendance, les Rhodes inaugurent dès la semaine suivante un themesong conjoint. Qu’on se le dise, ils sont partis pour durer. Même si le Shield ne l’entend pas de cette oreille, évidemment, et annonce la tenue du rematch à Hell in a Cell. Rematch auquel viennent se joindre les méritants Uso, qui avaient gagné un Title Shot plusieurs semaines auparavant.

 

Hell in a Cell, curieusement promu par une affiche représentant… R-Truth, pourtant absent de la card, s’inscrira dans la droite ligne de Battleground. À savoir que, malgré quelques combats de bonne qualité, il sera au total pour le moins décevant. Damien Sandow, dont le personnage est décidément peu mis en avant malgré sa mallette, est une fois encore relégué en pré-show, où il bat le pauvre Kofi Kingston dans l’indifférence générale. Même si certains se disent que le WHC Match prévu plus tard dans la soirée, où Del Rio, spécialiste du fracassage de bras, affrontera le revenant Cena et son coude en charpie, pourrait être propice à un cash-in surprise, par exemple en cas de victoire du Marine suivie d’une longue séance de Cross Armbreaker…

 

En attendant, la division tag team nous offre un énième match de très haut calibre entre trois équipes en pleine bourre. Les Rhodes conservent leurs ceintures, comme presque toujours lors d’une première défense. Un seul Shieldeur reste donc champion, Dean Ambrose, dont le US Championship a suscité la convoitise de Big E Langston. Celui-ci a turné face quelques jours plus tôt, en aidant CM Punk, qui venait de le battre à la régulière, à repousser une attaque de Ryback et Curtis Axel. Face au danger que pose le Musclor noir, Ambrose préfère prudemment perdre par décompte à l’extérieur.

 

Hell in a Cell est un show qui parle à Kane, qui revient de son kidnapping par les Wyatt (en réalité, du tournage de See No Evil 2, même si son personnage était mort à la fin du 1) au moment où ceux-ci sont en train de casser du Miz dans le ring. Après avoir viré Harper et Rowan, le monstre rouge porte un Chokeslam au Miz. Qui pourrait l’en blâmer, sérieusement ?

 

Oublions les matchs de remplissage — Fandango et Summer battent Khali et Natalya, les Matadores viennent à bout des Real Americans et AJ se défait une fois de plus de Brie — et passons aux trois main events. Paul Heyman semble avoir un super plan pour gagner le match qui l’oppose, lui et Ryback, à CM Punk. Il arrive sur un chariot élévateur qui le dépose sur le toit de la cage. C’est tout. Ben oui, c’est tout. C’est du haut de la cage qu’il suivra le match, sans interférer le moins du monde. Punk finit par battre Ryback, comme de bien entendu, puis escalade la cage et inflige à Heyman un nouveau beatdown qui clôt enfin cette feud qui, après un début très prometteur, n’a cessé de s’essouffler jusqu’à cette fin grotesque.

 

 

– Haha Punk ! Tu es exactement où je voulais ! La cage va maintenant céder sous ton poids et tu vas faire une chute de dix mètres et mourir !

– Ah ? T’as préparé un truc pour ça, genre t’as prédécoupé la cage ?

– Non, imbécile ! J’ai vu que ça allait arriver dans un rêve prémonitoire !

 

 

John Cena, deux mois après sa dernière apparition, revient pour défier Alberto Del Rio et son titre de champion poids lourds. Cena a très très mal au bras, Del Rio le tape fort fort fort dans le bras, mais Cena gagne quand même parce que c’est Cena. Quelque part dans les vestiaires, Damien Sandow n’ose pas venir casher sur un tel guerrier. Oui, Damien, c’est plus prudent, mieux vaut attendre un jour plus propice.

 

 

Haha ! Tout le monde s’attend à ce que j’attaque le champion quand il sera affaibli, mais je vais le prendre de court et l’attaquer quand il sera en pleine forme ! Pas pour rien que je suis un génie !

 

 

Quant au sommet Orton-Bryan, il est une fois de plus parasité par l’overbooking, cette fois celui qui a trait à l’arbitre Shawn Michaels ainsi qu’à Triple H, qui ne peut s’empêcher de pointer son gros pif dans le ring, ce qui lui vaut un Busaiku Knee bien senti. Michaels en prend ombrage et d’un bon vieux Sweet Chin Music envoie Bryan au pays des rêves et Orton à celui des onzuples champions du monde, à la grande satisfaction d’un Triple H dont une fois de plus on ne saisit plus l’alignement.

 

 

Tire leur la langue aux haters.

 

 

 

De Hell in a Cell à Survivor Series

 

Le heel turn de Michaels est entériné dès le Raw du lendemain, dans une promo qui fait espérer — ou craindre, c’est selon — un retour du Kid dans le ring, puisque Bryan bloque son ancien prof dans le Yes Lock pour évacuer sa frustration. Le dragon-chèvre n’a guère le temps de pavoiser, puisqu’il est pris pour cible par les Wyatt peu après, en backstage. Il s’éloignera dès lors du titre pour se dépatouiller des fous du bayou, lesquels s’en prendront aussi à Punk, au point d’obtenir un match contre le duo de rêve de l’IWC aux Survivor Series.

 

 

– On m’a autorisé à mettre Shawn Michaels lui-même dans un Yes Lock ! Je me demande ce que l’avenir me réserve, mais je suis sûr que c’est quelque chose d’énorme !

Eh bien au prochain PPV, t’auras un match en tag team contre des rookies.

Ah ? Ben je vais serrer un peu plus fort alors.

 

 

Orton est donc champion WWE et débarrassé de Bryan, mais sa célébration tourne court car Big Show, qui ne s’est pas montré à Hell in a Cell, vient ternir la fête en reparlant du procès qu’il a intenté à Trips et Steph, procès qui risque fort de les ruiner et de lui rapporter des milliards de dollars. Après quelques atermoiements qui durent une semaine ou deux, les patrons de la boîte accèdent à ses exigences : il renonce à son procès mais obtient en contrepartie d’être ré-embauché, ainsi qu’un title shot pour le titre WWE, qu’il fera valoir contre Orton aux Survivor Series. Oui, oui, on est censés croire à cette logique. De même qu’on accepte sans coup férir l’effet qu’a eu sur le psychisme déjà fragile de Kane son séjour chez Bray et ses copains : le monstre tend son masque à Stephanie McMahon, lui disant qu’il était désormais sa créature… avant de revenir dès la semaine suivante, en costume-cravate, en tant que « directeur des opérations » adoubé par Triple H. Bon bon bon.

 

De son côté, Cena, à peine de retour, est redevenu champion du monde ! Il vient exhiber ses muscles à Raw au lendemain de Hell in a Cell… et c’est le moment que ce gros demeuré de Sandow choisit pour tenter son cash-in. Sandow, personnage présenté comme supérieurement intelligent et dénué de tout scrupule, avait jusqu’à juillet 2014 pour profiter de la moindre faiblesse du champion poids lourds, mais le voilà qui se précipite stupidement sur un Cena tout frais, lui assène quelques coups et cashe sa mallette ! S’ensuit un match, très bon au demeurant, au cours duquel on se dit tous que les bookers veulent propulser Sandow très haut : au lieu de casher tel un chacal, à l’instar des porteurs de mallette heels traditionnels, il gagnerait son titre de champion après un vrai match contre Cena ! Sauf qu’un AA nous ramène sur terre aussi brutalement qu’il abat Sandow sur le ring. Cena triomphe, le cash-in est raté, et Sandow peut à bon droit se prévaloir du titre de porteur de mallette le plus con de tous les temps. Certes, Cena lui-même avait manqué son cash-in un an plus tôt, mais Cena, en bon face, n’avait d’autre choix que de tenter sa chance à la régulière face à un champion, en l’occurrence CM Punk, parfaitement frais. Sandow, lui, est un heel qui s’est lamentablement vautré. Il aura beau annoncer la semaine suivante qu’il n’aura cesse de harceler Cena pour le jeter à bas et lui prendre sa ceinture, ces bonnes résolutions seront vite oubliées, et il se consacrera avec délectation aux feuds de lower midcard qui ont toujours fait son ordinaire.

 

 

– Je cashe ! Avoue que tu ne t’y attendais pas !

Je l’avoue bien volontiers.

– J’ai surpris Cena ! Quoi qu’il advienne du match, j’ai déjà remporté une immense victoire symbolique !

– Si y a que ça pour te faire plaisir…

 

 

C’est donc un Del Rio dont plus personne n’a rien à foutre que Cena affrontera aux Series pour solder un rematch dénué du moindre suspense, quand bien même le Mexicain, tout en mimiques rageuses, promet de lui détruire le bras.

 

La préparation des Series donne lieu à la mise en place d’un match à éliminations traditionnel alléchant : le Shield au grand complet, allié aux Real Americans, aura affaire au quintette que forment les frères Rhodes, les frères Uso et un invité mystère dont au découvre lors du go-home Raw qu’il s’agit de Rey Mysterio, absent depuis le début de l’année, quand il avait tiré le 14 au Rumble, le pauvre homme.

 

 

– Tu sais pourquoi on nous a demandé de poireauter dans cette position, Jack ?

– Oui, on doit attendre l’arrivée d’un revenant mystère.

– Je me demande qui ça peut bien…

 

 

– … être.

 

 

On y ajoute un match absolument épique : un sept contre sept à éliminations féminin opposant les Total Divas au reste du roster.

 

Quelques mots sur Paul Heyman : après sa bastonnade subie à Hell in a Cell, il annonce que Ryback n’est plus un Heyman Guy, se fait une nouvelle fois massacrer par Punk qui passait par là et disparaît de nos écrans. Axel déclare que lui non plus n’est plus un Heyman Guy, sans que quiconque en ait quoi que ce soit à foutre. Privé de son mentor, Axel perd d’ailleurs sa ceinture Intercontinentale lors du go-home Raw face à Langston, après un règne aussi long qu’incolore. De guerre lasse, il s’alliera par la suite à Ryback pour former une tag team qui pue la lose à des bornes. En attendant, il a un rematch contre Lansgton aux Series : 98,9% de nos pronostiqueurs annonceront la victoire du gros Noir, ce qui en dit long sur l’image du fils Perfect.

 

Dernier événement survenu en ce go-home Raw des Series : le heel turn du Miz, qui abandonne Kofi Kingston pendant un tag team match contre les Real Americans. Après un an à jouer les face, le constat d’échec est indiscutable pour Mizou et sa gueule d’ordure. On espère que son retour parmi les siens lui permettra de rebondir, dès les Series où il affronte comme de juste Kingston.

 

Le 18 novembre, les Series poursuivront la tendance automnale des PPV, qu’on qualifiera de mi-figue mi-raisin, et encore on est gentils.

 

Comme prévu, le Miz bat Kingston, Langston bat Axel (en cinq minutes…) et Cena bat évidemment Del Rio. Ryback ne trouve rien de mieux à faire que de lancer un open challenge impromptu, ce qui lui vaut un match contre Mark Henry, pour le même résultat qu’à Wrestlemania. L’équipe des Total Divas vainc celle d’AJ, au bout d’un match marqué par une performance abyssale de Rosa Mendes et de la rookette Eva Marie. Jojo, petit animal apeuré face à la grande Tamina, fera pour sa part des débuts encourageants. Punk et Bryan s’éclatent dans un tag team match hors du temps contre les géants Harper et Rowan.

 

Le MVP de la soirée sera sans contestation possible Roman Reigns, auteur de l’une de ces « starmaking performances » pour lesquelles les Survivor Series Matchs sont particulièrement indiqués. C’est bien simple, le balaise du Shield réussit quatre éliminations en autant de Spears tonitruants, et reste le seul survivant de son équipe. Aucun homme n’avait jamais scoré quatre éliminations dans un tel match depuis leur lancement un quart de siècle plus tôt !

 

 

A y est, il reste plus personne ? Je peux emplafonner l’arbitre maintenant ? Ou le timekeeper ? Ou tous les spectateurs un par un ?

 

 

En main event, Randy Orton bat le Big Show. HHH et Steph avaient annoncé qu’il n’y aurait pas d’intervention illicite, afin qu’on voie si Orton est vraiment digne d’être le visage de la WWE. Le couple ne résiste cependant pas à apparaître sur la rampe d’accès au ring après dix minutes de combat, ce qui suffit à distraire le Big Show (faut le comprendre, il commence à peine dans ce business). Un RKO s’ensuit, puis un punt kick qui n’effleure même pas son crâne mais dont le courant d’air l’estourbit pour le compte. Orton brandit fièrement sa ceinture, mais John Cena débarque soudain des vestiaires pour lui agiter sous le nez sa ceinture à lui, celle des poids lourds. Mais que veut-il bien lui dire par là ?

 

 

Bizarre ce miroir. Depuis quand j’ai une casquette?

 

 

 

Des Survivor Series à TLC

 

Si on n’avait pas compris le message lancé par Cena à la fin des Series, le Raw du lendemain met les points sur les i. Le Marine, dont quelques pauvres naïfs croyaient qu’il allait « redonner du lustre » à un championnat WHC en perte de prestige depuis quelques années, n’a pas l’intention de se contenter de cette breloque de merde. Lui, ce qu’il veut, c’est carrément défier RKO, champion WWE, pour unifier les titres ! Triple H, qui sait à quel point un tel match a un potentiel colossal et doit donc être construit patiemment, pour aboutir à une apogée dont Mania 30 serait un merveilleux écrin… décide que le combat se tiendra dès le PPV suivant, TLC, et dans un Tables, Ladders and Chairs Match, emballez c’est pesé. Inexplicable précipitation qui, au moins, nous promet un main event à énorme enjeu pour le dernier PPV de l’année.

 

Pour la peine, le match d’unification sera le seul du PPV Ikea à correspondre au titre du show. Pas de Tables Match au programme, pas de Chairs Match non plus, car rien ne doit jeter une ombre sur l’affrontement historique des deux têtes de gondole de la dernière décennie. Orton et Cena, 25 titres de champion du monde à eux deux, n’ont plus feudé depuis quatre ans, et leur rivalité coule de source. N’empêche, l’urgence avec laquelle tout cela est booké empêche de vraiment faire souffler un esprit épique sur tout cela, d’autant plus que l’Autorité est impliquée, comme toujours, et qu’on ignore quels sont ses vrais plans. Une bagarre survenue lors du go-home Raw voit Orton, a priori favori du clan heel, percuter accidentellement Stephanie, ce qui lui vaut un Pedigree immédiat de Triple H. Le show se clôt sur l’image de Cena se tenant aux côtés des McMahon, au-dessus d’un Orton endolori. Bref, alors que tout devrait mettre en valeur la lutte éternelle entre les deux plus grands représentants de la WWE des années 2000-2010, on se retrouve une fois de plus à se demander ce que veulent exactement les cols blancs de la Fédération. Malgré quelques merveilleuses vidéos promotionnelles, malgré quelques promos bien torchées des deux protagonistes, qui s’efforcent de montrer que Orton est né avec une cuiller en argent estampillée WWE dans la bouche alors que Cena a toujours dû mériter ce qu’on lui a donné (comme par exemple son title shot au titre WHC de Del Rio un mois plus tôt, n’est-ce pas ?), on a du mal à adhérer à cette storyline autant que son enjeu l’exige.

 

 

À TLC, ça sera épique ! On saura enfin si Triple H préfère Cena ou Orton ! Achetez le PPV !

 

 

Le reste, évidemment, est secondaire. CM Punk et Daniel Bryan doivent toujours être éloignés d’une Title Picture qui ne concerne plus que les Big Boys. Ils se retrouvent tous deux dans un match à handicap à un contre trois, le premier contre le Shield, le second contre les Wyatt, qui le kidnappent au lendemain des Series pour mieux le relâcher, apparemment sans même l’avoir violé, en vue du show suivant.

 

Damien Sandow, l’homme qui avait juré d’avoir la peau de Cena, multiplie les matchs à stipulation débile contre Dolph Ziggler, autre grand dépushé de l’année. Le barbu finit par en tirer un Title Shot au titre IC de Langston, à faire valoir à TLC. Show où AJ défendra une nouvelle fois sa ceinture face à une Total Diva, cette fois Natalya. Quant aux champions par équipes, les Rhodes, ils devront se dépêtrer de trois autres équipes : les Real Americans, Ryback et Axel, et enfin Show-Mysterio. Oui, le Big Show, qui il y a un mois se rebellait contre l’Autorité, était viré, menaçait la firme d’un procès qui la ruinerait puis renonçait à ses doléances en échange d’un WWE Title Match, est maintenant tranquillement à faire le con en midcard, sans plus se préoccuper le moins du monde des enfoirés qui l’ont bien fait tourner en bourrique après l’avoir humilié des mois durant.

 

Cette période voit par ailleurs le Miz changer plusieurs fois d’alignement, lui qui venait de turner avant les Series. On n’y comprend plus rien, au point de prêter foi à une rumeur assez incroyable : les bookers auraient oublié que Mizou avait joué dans un film à thème Noël, et décidé en catastrophe de le re-turner face. Mieux vaut ne pas trop y réfléchir, tant tout cela est absurde.

 

Le go-home show de TLC est, curieusement, dédié aux Slammy Awards. Curieusement parce qu’on pourrait se dire qu’il ne serait pas excessif d’attendre l’issue du MATCH DU SIÈCLE qui doit avoir lieu dimanche pour désigner, par exemple, la Superstar de l’année… Mais la WWE a toujours traité ses Slammy avec beaucoup moins de sérieux que nous traitons nos propres Awards, aussi fait-elle n’importe quoi. Si Bryan est nommé Superstar de l’année, on découvre également que les Bella sont les femelles 2013 et que le meilleur combat a été le Rock-Cena de Mania. S’ils le disent…

 

 

Oh, l’Award de la storyline la plus nawakesque de l’année ! Je suis très honoré !

 

 

Vient enfin le douzième pay-per-view de cette drôle d’année. Hélas, on n’est pas aussi surexcités par la perspective du main event qu’on pourrait l’être. On est curieux, bien sûr, mais sans plus. On patiente agréablement : les Rhodes, Langston et AJ Lee gardent tous leurs ceintures respectives, Punk profite d’une erreur de communication au sein d’un Shield qui commence à laisser entrevoir quelques fissures depuis qu’Ambrose est le seul à être champion et que Reigns a réussi un strike aux Series. Les Wyatt viennent à bout de Bryan, mais on ne comprend plus très bien ce qu’ils lui veulent exactement, puisque cette fois ils ne l’emmènent pas avec eux. Ah, et en Kickoff, Dolph Ziggler donne un nouvel élan à sa carrière en perdant contre Fandango. Enfin, sans que quiconque l’ait demandé, on se fade également un énième Miz-Kingston, sans DQ et sans intérêt, ainsi que l’officialisation du turn de Brodus Clay, ulcéré depuis quelques semaines par le comportement d’un rookie face, Xavier Woods (ancien Consequences Creed à la TNA) qui reprend sa musique et même ses biatchs à cul indescriptible. Brodus affronte R-Truth, protecteur de Woods. Et perd.

 

 

Brodus Clay vient d’apprendre que la storyline de son push a été écrite par le même booker qui a rédigé celle du push de Damien Sandow.

 

 

Avec tout ça, y a intérêt que le main event envoie du bois. Pensez-vous, Cena contre Orton dans un TLC pour le WWE World Heavyweight Championship (oui, c’est comme ça qu’il faut dire). Et c’est là qu’on voit qu’un manque de buildup nuit nettement à la qualité d’un match. Les deux hommes ont beau rendre une copie très appliquée, la graine de « big feeling » manque cruellement à un combat qui en avait affreusement besoin. Dénué de gros spot, en dehors de celui, déjà vu, du menottage du héros aux cordes et de la chute finale (un peu botchée) de Cena, l’affrontement se conclut, sans la moindre intervention extérieure, par la victoire d’Orton, salué de façon bien trop sobre au vu de la grandeur de l’occasion par le couple régnant et Vince McMahon, réapparu pour l’occasion. C’est trop peu, sans aucun doute. Comme le signale à juste titre Kovax dans sa nalyse, il aurait fallu ensevelir Orton sous un déluge de confettis et faire tonner les canons, c’est quand même un moment historique qui vient d’avoir lieu !

 

 

– Ecce homo !

Quoi, vous me traitez de pédé ?

Finalement je me demande si on aurait pas dû faire gagner l'autre.

 

 

Voilà, on s’arrête là pour cette rétrospective, en se disant que les événements suivants sont encore frais dans votre esprit, à commencer par le formidable Orton-Bryan du lundi suivant TLC, sans oublier la victoire de Good Black Wig Splitting Santa sur Bad White Intellectual Santa et bien sûr l’annonce du retour prochain de Batista. En espérant que tout cela vous aura été d’une lecture aussi agréable qu’utile en vue des Awards, qui seront la grande affaire de la fin d’année et du début de la suivante sur notre site, on vous fait à tous un gros Sister Abigail !

 

 

Bonne année les loulous !

 

 

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