Catch

Un début de trimestre encourageant : les efforts ont été maintenus

Si votre temps de visionnage de catch est limité pour les semaines à venir, n’hésitez pas à sacrifier Raw pour Smackdown. Le vrai Supershow de la WWE.

Axl Caillet du Quatsche, nalyse de Smackdown du 22 décembre. Et  il avait raison, ce con.

 

Coincé entre deux Raw particuliers (celui de Noël et le dernier de l’année) forcément à part car placés sous le signe des festivités de fin d’année plus que du catch, ce Smackdown ne pouvait de toute façon que paraître brillant en comparaison. Eh bien on n’a même pas eu besoin d’être indulgents, tant le show  fut encore une fois excellent.

 

 

Un spectateur anonyme arborant un large sourire devant Smackdown.

 

 

Nalyse de Smackdown du 27 décembre.

 

 

Bien sûr, il faudrait être d’une mauvaise foi extraordinaire pour clamer que tout fut parfait. Et vous le savez, bienveillants lecteurs, depuis le temps que vous me lisez, « mauvaise foi » est l'un des groupes nominaux qui me caractérisent le moins. Le premier match, par exemple, un squash de la Wyatt Family sur les Uso (qui méritent mieux que ça) ne présentait guère plus d’intérêt que le générique de Question pour un Champion. De la même manière, le combat opposant les Prime Time Players à Ryback et Curtis Axel, et remporté par Darren Young sur un roll up qui n’avait même pas l’air fait exprès, ne restera pas dans les annales.

 

 

Mais ? Il a utilisé le mot « annales » en parlant de Darren Young sans faire d'allusion graveleuse ? Les temps changent, aux Cahiers du Catch…

 

 

Pour le reste, en revanche, c’est du tout bon ! Évoquons d’abord le match entre Cody Rhodes et Antonio Cesaro, fort sympatoche et remporté par le Suisse. Nul doute que la rivalité entre les frères Rhodes et les Real Americans les mènera à un match pour le titre tout bientôt. Ceux qui en ont assez de voir Cesaro et Swagger gâcher leur talent dans des matchs contre des Italiens et des géants indiens s’en réjouiront.

 

 

Et eux les premiers…

 

 

Autre catcheur pas mauvais mais pas toujours exploité comme il se doit : Damien Sandow, qui fit face ce soir à un adversaire de talent en la personne de Daniel Bryan. Associé à un type aussi excellent que l'homme à face de bouc, le malheureux ancien porteur de la mallette put s'exprimer et le match fut tout à fait charmant. Il semble pourtant devoir rester un événement isolé : ce combat ne fut que le prétexte à une intervention de Bray Wyatt, venu interpeler Bryan dans une promo inquiétante à laquelle on n’a, comme d’habitude, pas compris grand-chose. La feud n’avance pas beaucoup, mais au moins le match a été bon.

 

 

Bray Wyatt essaie encore de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

 

 

Encore un cran au-dessus fut le main event de la soirée. Revenons prestement au début de la soirée : John Cena a fait une promo. Si. Venu souhaiter la bonne année (et surtout la santé) au public, le Marine à casquette a fait une liste plutôt drôle de ses bonnes résolutions pour 2014, parmi lesquelles nous noterons l’enregistrement d’un album de rap avec le Great Khali ou la volonté  de tenir le premier rôle dans l’adaptation en comédie musicale à Broadway de l’inoubliable film No Holds Barred avec Hulk Hogan (que je ne saurai trop vous conseiller au passage). La dernière, et sans doute la plus importante, de ces résolutions, était celle de prendre du poids, plus exactement la vingtaine de kilogrammes correspondant à la masse du WWE World Heavyweight Championship (que nous abrégerons en WWWWHC, ce qui n’est pas facile à prononcer). Une masse qu’il pouvait gagner le soir même si Randy Orton acceptait de relever le défi.

 

 

Vous me direz, pour prendre du poids, je peux aussi chercher si j'ai encore le numéro de Matt Hardy.

 

 

Mais en fait d’Orton, ce furent les membres du Shield qui s’en vinrent tranquillement infliger à Cena un passage à tabac auquel, dépassé par le nombre, il ne put résister dans un premier temps, avant de recevoir l’assistance virile de ses nouveaux amis pour la vie Mark Henry et Big E Langston. C’est sur ces entrefaites que se pointa Kane, toujours vêtu d’un costume auquel je n’arrive décidément pas à m’habituer. Et que dit-il ? Pensez-vous qu’il décida de booker un… Six Men Tag Team Match ? Non ! Car les temps ont changé. Ne comptez pas sur Kane pour prendre des décisions évidentes comme le premier Teddy Long venu.  Car cet homme-là, qui est un fin tacticien, a compris que booker un seul match quand six hommes s’engueulent ne fait pas gagner beaucoup de temps d’antenne : il opta donc pour la mise en place de trois combats en un contre un.

 

Il organisa d’ailleurs un autre match (que nous évoquerons plus tard) au dernier moment, ce qui porte à pas moins de quatre sur huit le nombre de combats qui, kayfabement parlant, n’étaient pas prévus à l’avance. On en conclut donc que personne n’avait réalisé qu’il manquait la moitié du show au début de l’émission, et que ce Smackdown était donc prévu pour durer trois quarts d’heure. La suspension consentie de l'incrédulité est une chose merveilleuse.

 

Bref. Donc Big E Langston devait affronter Dean Ambrose, Romans Reigns était destiné à Mark Henry et Seth Rollins devait être la proie de John Cena.

 

 

Gné ?

 

 

Grrr !

 

 

Hum hum…

 

 

Ah ah !

 

 

Eh eh…

 

 

Oh oh !

 

 

Voilà.

 

 

Boum !

 

 

Organisés directement les uns à la suite des autres, avec les catcheurs non impliqués aux abords du ring pour soutenir les copains, les matchs ont été, disons-le tout net, d’un niveau fort élevé.

 

Ce fut d’abord Langston qui vint à bout de Dean Ambrose au terme d’un combat qui nous prouve que l’haltérophile peut délivrer des performances tout à fait correctes pour peu qu’on lui oppose un adversaire de talent. Son push se confirme au passage, puisque le voilà associé une nouvelle fois à l’un des plus grands main eventers de la compagnie en la personne de Cena. Si ce garçon continue à progresser, et qu’on lui donne des feuds contre de vrais bons catcheurs, il pourrait aller loin. En outre, si la feud devait continuer entre les deux hommes, ce pourrait être le moyen d’unifier aussi les deux titres secondaires de la fédération. Si les deux titres principaux ont été unifiés parce qu’ils n’avaient plus lieu d’être à la suite de la fin de la séparation du roster entre Raw et Smackdown, il serait tout à fait logique que les championnats secondaires suivent le même chemin. Je dois bien avouer que la perspective d’avoir à nouveau seulement deux titres individuels, comme c’était le cas en des temps reculés où le fait de porter le titre intercontinental de la WWF avait vraiment de l’importance, me réjouit. Certes, certains pesteront contre le peu d’égards envers ces ceintures chargées d’histoire que constituerait une unification, les bougres. Tout en comprenant ce point de vue, j’estime cependant que la WWE a déjà montré bien du mépris envers lesdites ceintures en les réduisant au statut de breloques décoratives dont tout le monde se fout, et que les unir pourrait au contraire rehausser le prestige de leur porteur.

 

 

Et son charisme.

 

 

Le deuxième tiers de ce main event enthousiasmant vit l’opposition de Mark Henry et Roman Reigns et c'est le plus jeune des deux qui empocha la victoire, sur un de ces spears dont il a le secret. Sa victoire fut d’ailleurs assez rapide, ce qui confirme la volonté de la WWE de le mettre en avant et de le booker très fort. Nul doute que ce garçon accèdera au main event en solo à plus ou moins long terme, tant sont grands sa volonté et son talent.

 

 

Et son charisme.

 

 

Enfin, John Cena parvint à vaincre Seth Rollins après un combat long et très disputé, pendant lequel l’ancien Tyler Black livra une excellente prestation et apparut comme un adversaire largement digne du niveau de son adversaire mainte fois titré. Et c’est sur l’image de trois faces unis dans la victoire que l’émission prit fin, laissant les spectateurs heureux de la qualité (assez rare pour une émission hebdomadaire) des combats présentés ce soir, de l’avancement tranquille mais propre des storylines, du push impressionnant des petits jeunes comme Langston ou les Shield, mais aussi de l’absence totale de séquences franchement mauvaises ou à l’humour discutable.

 

 

Ah oui, mais ne vous habituez pas trop, hein. Là c'est bien parce que les bookers sont en vacances. Vince Russo revient la semaine prochaine.

 

 

Mais je ne vous ai pas tout dit. Car en matière de push, il y en eut un autre, et d’importance ! Rappelez-vous : je vous l’ai dit, attentif lecteur, Kane avait organisé un autre match à la dernière minute. Car Dolph Ziggler avait osé titiller non moins que… le champion unifié en titre, Randy Orton lui-même ! Et Kane les a donc enjoints de régler leur différend sur le ring !

 

 

Alors Randy, vous avez acheté de nouvelles épaulières ?

 

 

Excusez-moi, les toilettes, s'il vous plaît ?

 

 

Cool ! Deux mecs qui parlent ! Je vais te me leur organiser un match que ça va pas traîner, moi. Ça ajoutera encore un petit quart d'heure à l'émission.

 

 

Eh oui ! Ce soir, Dolph Ziggler n’a affronté ni Fandango, ni Damien Sandow, ni Hornswogglle ! Il a fait face à Randy Orton en personne ! Carrément ! Hop ! Paf !

 

Alors oui, évidemment, c’est Orton qui a gagné. Je ne vous dirai même pas avec quelle prise, vous l’aurez deviné de vous-même. Mais. Mais mais mais. Le match a été long, Ziggler a été excellent et était booké suffisamment fort pour nous faire croire à sa victoire à plusieurs reprises. Et puis, une fois le combat terminé, Orton s’est acharné sur le malheureux Ziggler, ce qui laisse fortement penser que nous avons assisté au début d’une vraie rivalité.

 

Soyons cependant objectifs : si la feud se confirme et que Ziggler obtient un match pour le titre, il ne s’agit sans doute que d’un moyen d’occuper Orton en attendant une nouvelle feud contre un adversaire plus haut dans la carte en vue de Wrestlemania. Il n’empêche qu’on peut espérer voir là un signe que Dolphie a retrouvé la confiance des instances dirigeantes, et que son séjour au purgatoire des catcheurs peut bien toucher à sa fin. Et ça, c’est une putain de bonne nouvelle.

 

 

Alors c'est ça un push ? Ouais, ça ne change pas tellement d'avant, en fait.

 

 

Excellente soirée, donc. Si l'on était audacieux, on pourrait même affirmer que nous assistons tranquillement à un glissement dans l'ambiance des shows hebdomadaires de la WWE. Raw s'affiche de plus en plus comme le spectacle familial de la fédération (avec tout ce que ça implique de négatif), alors que Smackdown semble vouloir s'adresser davantage aux amateurs de vrai catch.

 

Une seule conclusion s'impose : Raw est le show des marks, et Smackdown celui des smarts. Choisis ton camp, camarade !

 

 

Nous, on l'a choisi, notre camp : ça sera celui de concentration.

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