Catch

Ça commence bien

Qui que l’on soit au fond de nous, nous ne sommes jugés que d’après nos actes.

Rachel Dawes, Batman begins

 

Alors que le débat fait rage au sein de la rédaction sur l'utilité ou non de continuer à chroniquer Smackdown, il fallait que je me forge ma propre opinion. Voilà pourquoi ma première résolution prise à l'occasion de cette nouvelle année fut de me remettre à regarder le show bleu, histoire de savoir si ce dernier vaut encore le coup d'être suivi toutes les semaines. À quoi sert Smackdown de nos jours dans la galaxie de la WWE ? C'est la question à laquelle je répondrai, mais seulement une fois que je vous aurai fait part de ce qui reste le plus important : le show !

 

 

Tu veux parler de catch, c'est tout ? C'est pas comme ça que tu arriveras à la trentaine de commentaires, pauvre nul !

 

 

Nalyse de Smackdown du 3 janvier

 

 

Ce qui ne concerne pas Smackdown, mais qu'on a quand même eu sur notre écran

 

Cette rubrique concerne finalement tout ce qui a un rapport avec le nouveau championnat unifié, et se résume à deux vidéos aussi bien réalisées que sans grande importance : nous avons d'abord eu droit à une rediffusion du clip hagiographique sur Randy Orton, sa vie, son œuvre… Plus important, mais de peu, est le second segment, une interview de Paul Heyman réalisée dans le cadre de l'émission diffusée sur YouTube de Michael Cole, rappelant que Brock Lesnar est de retour, et qu'il est déterminé à manger le foie de la Vipère avant de s'emparer des deux épaulières suprêmes de la fédération. C'était sympa, mais pour qui a déjà vu Raw quelques jours plus tôt, ça ne change pas grand-chose.

 

 

Il va se passer des événements épiques ! Brock est de retour, ça va être énorme ! Mais pas ce soir, faudra regarder Raw, bande de nazes.

 

 

La déprime de la semaine

 

C'est bien sûr l'apparition de Bad News Barrett, juché sur son improbable pupitre de trente mètres de haut, où le pauvre Wade a traité le public de Washington DC de gros tas qui ne tiendront pas leurs bonnes résolutions de faire du sport et de manger sainement, l'Anglais déclarant que la mauvaise nouvelle de ce soir est que tous autant qu'ils sont, ils resteront des gros tas moches qui puent. Ça me fait beaucoup de peine de voir Barrett réduit à ce rôle, d'autant qu'il semble évident que cette énième gimmick ne prend pas et que Wade pourrait faire bien mieux, comme chasser le titre de champion Intercontinental à la place de l'insipide Curtis Axel, par exemple.

 

 

Mauvaise nouvelle : dans deux ans c'est Ambrose qui sera là, et moi je serai mort.

 

 

Dans le bas de la carte

 

On va d'abord parler du match des filles, une affiche "prestigieuse" opposant Aksana et Nikki Bella, venue exceptionnellement sans sa presque jumelle, Brie étant logiquement trop inquiète sur le sort de son fiancé récemment recruté par la famille Wyatt. Le combat fut court et sans surprise : Aksana minaude beaucoup trop même dans le cadre de sa gimmick, mais Nikki s'est bien appliquée pour rendre une prestation propre. C'est sûr que ça ne vaut pas un AJ contre Kaitlyn ou n'importe quel match de la Shimmer, mais on a vu bien pire. Pour être complet, signalons la victoire de Nikki grâce à son "rack", comme d'habitude sur le ring et ailleurs.

 

 

Malgré tout le temps que lui accorde Cena, Nikki a toujours du mal à effectuer un Attitude Adjustement correctement.

 

 

L'autre match de bas de carte mettait en scène Fandango, comme toujours accompagné de la sublime Summer Rae, et R-Truth, flanqué quant à lui de son pote Xavier Woods, qui prit place aux côtés de JBL et de Cole aux commentaires. Je passerai rapidement sur le combat en lui-même, qui fut plutôt sympa à suivre mais finalement interrompu par le nouveau venu dans les vestiaires de la WWE, pour justement m'attarder un peu sur le cas Woods. L'ex-Consequences Creed est apparu pour la première fois en tant que partenaire de Truth, et était même à l'origine de l'histoire qui a fait passer Brodus Clay du côté obscur de la Force, rivalité très simple mais efficace que j'aimais suivre d'ailleurs… Mais depuis, pour une raison qui m'échappe, Woods ne catche plus. C'est Truth qui se coltine les matchs pendant que son pote squatte la table des commentaires (où il a été ce soir plutôt moyen si on compare avec la concurrence, mais j'y reviendrai) avant d'invoquer les Funkadactyls, provoquant la distraction de l'adversaire de Truth et lui donnant ainsi la victoire sur roll-up, et c'est d'ailleurs ce qui a fini par arriver contre Fandango cette semaine. Alors je pose la question : à quoi sert Xavier Woods ? Est-il blessé ou sanctionné pour une raison quelconque ? En tout cas, j'aimerais le voir sur le ring pour faire autre chose que danser, histoire que je puisse juger par moi-même s'il peut être un catcheur à suivre ou non.

 

 

Catcher ? C'est pour les beaufs les gars ! Par contre, je prends n'importe qui à Candy Crush, matez ces scores de ouf que je fais !

 

 

Parfaitement battu

 

Avec le temps, j'apprécie de plus en plus Big E Langston. À ses débuts, il me laissait assez froid, mais en ce moment, il a l'occasion de développer son personnage, et ça se passe très bien pour l'instant, je dois l'avouer. Cette semaine, il était interviewé en coulisses par la toute mimi Renee Young, qui voulait lui demander ce qu'il avait ressenti en voyant son ami Mark Henry se faire exploser par Brock Lesnar cette semaine à Raw. Et là, sans même hésiter une seconde, le champion Intercontinental répondit que voir son ami se faire massacrer ainsi ne lui avait donné qu'une seule envie : vaincre la Bête ! Ça, c'est du champion ! Big E n'a pas froid aux yeux, il en veut, et cette déclaration était à la fois cohérente et très bien interprétée par un Langston qui en veut.

 

 

– Je vais le déchirer, Lesnar, c'est pas un gringalet comme lui qui va me faire peur !

– Quelle détermination, monsieur Langston !

– Euh, vous êtes sûrs que ce ne sera pas diffusé, hein ?

– Oui oui, ne vous en faites pas, c'est juste une promo d'entraînement.

– Tant mieux, parce que rien que d'avoir pensé à Lesnar, je crois que je me suis fait dessus.

– Je confirme.

 

 

Ce moment de markisme fut aussitôt calmé par l'arrivée de Curtis Axel, plus que parfait dans le rôle du somnifère chez moi, qui se moqua de la déclaration de guerre de Langston et le défia sur le ring pour ce soir. Le champion accepta, déclarant dans la foulée à Renee que le pauvre Curtis allait très vite arrêter de rire et regretter de l'avoir défié. Chose promise, chose dûe, et Langston finit par venir à bout assez facilement de l'ancien protégé de Paul Heyman au terme d'un match assez court. Reste une question : Biggie va-t-il vraiment s'en prendre à Lesnar, ou cela n'est-il qu'une bonne promo qui n'aura pas de suite ? Le champion Intercontinental, malgré son talent, reste un adversaire loin du statut habituel des adversaires du boucher du Minnesota, mais Langston semble sur une bonne lancée en ce moment, alors pourquoi pas ? Ce serait en tout cas une belle faveur que la WWE ferait à son champion si ce match se faisait (même en weekly) et un très bon test pour voir s'il a ce qu'il faut pour espérer viser le haut de la carte. En tout cas, je vais suivre ceci avec intérêt.

 

 

Et moi, qui veut me suivre avec intérêt ? Ouh ouh ! Y a quelqu'un ?

 

 

Suivez les buses

 

Du côté des ceintures de cuivre, Cody Rhodes et Goldust ont dû défendre leur titre contre Erick Rowan et Luke Harper. Ayant suivi la WWE un peu en pointillés ces derniers temps, j'ignore d'où vient cette chance pour les bouseux d'avoir la possibilité de devenir champions, mais soit, pourquoi pas. À noter que tandis que Rowan et Harper sont apparus sur le ring à la Taker, la chaise de Bray Wyatt s'est matérialisée elle aussi, mais sans son propriétaire. Il faut dire que ce dernier devait être occupé à former sa nouvelle recrue, Daniel Bryan, qui a cédé et décidé de rejoindre la famille des marais à la fin du dernier épisode de Raw. La seule manifestation de Bray dans cet épisode de Smackdown se fit par le biais d'une vidéo diffusée à la toute fin du show, le gourou exprimant sa joie d'avoir enfin pu prendre sous son aile le dragon caprin. Si vous espériez avoir des nouvelles un peu plus consistantes sur le sort de Bryan, il faudra vous contenter de ça et de l'inquiétude de Brie Bella, à qui son fiancé a juste dit que tout allait bien sans plus d'explication au téléphone après les événements de Raw.

 

 

Un homme en slip embarqué par trois armoires à glace dans une forêt : Brie s'inquiète trop, comment ça pourrait mal finir ?

 

 

Mais revenons au match entre les frères Rhodes et les disciples de Bray Wyatt, qui fut très bon. Goldust et Luke Harper (le chouchou de Major Tom, quand il se rappelle de son nom) ont fait le gros du travail, et c'est Cody qui a finalement réussi après de gros efforts à renverser la vapeur, les bouseux dominant pendant la majeure partie du combat. L'ancien porteur de la plus belle moustache du monde finit cependant par lui aussi se faire submerger par Harper, mais Goldust sauva la mise grâce à un changement surprise et un roll-up qui prit les disciples de la buse de court, permettant aux frères Rhodes de conserver leurs ceintures de cuivre après un combat difficile, mais de qualité. Reste à savoir si ce match n'était qu'un coup d'un soir, ou si Harper et Rowan continueront à avoir le titre de champions par équipes dans leur viseur, ce qui ne serait pas pour me déplaire, car ça pourrait enfin me faire apprécier ce clan Wyatt qui peine à m'emballer depuis quelques mois.

 

 

Évidemment qu'on veut les ceintures ! Au prix du cuivre, on pourra s'acheter un nouveau tracteur avec ces trucs !

 

 

L'épanadiplose de la semaine

 

C'est le Shield qui a eu l'honneur d'ouvrir et de conclure le Smackdown de cette semaine. Au début de l'épisode, le trio est venu micro en main, histoire d'affirmer que quoi que puisse dire CM Punk, le Bouclier de la justice est toujours aussi soudé qu'à ses débuts, et que rien ne peut séparer ces trois hommes. C'est ce qu'a déclaré Dean Ambrose avant que ses compères ne confirment ses dires, mais on a pu remarquer une certaine réticence de Roman Reigns avant d'admettre qu'il n'y avait pas de maillon faible dans leur clan, tandis que Rollins semblait plus confiant. Les anciens champions par équipes ont tout de suite après affronté Jimmy et Jey Uso, alors que le champion des États-Unis qui n'a plus défendu sa ceinture à la bannière étoilée depuis octobre dernier s'est installé à la table des commentateurs, où il a été très bon (contrairement à un Woods qui a fait pâle figure peu de temps après en comparaison), défendant ses complices et martelant son message sur l'indestructibilité du Bouclier avec conviction.

 

 

Évidemment qu'on s'entend bien tous les trois, voyons ! On se connaît si bien maintenant qu'on ne se parle même plus, c'est vous dire !

 

 

À noter que Michael Cole a évoqué la possibilité d'unifier le titre Intercontinental et celui des États-Unis, à l'instar de ce qu'il s'est passé avec les titres suprêmes de la WWE, ce à quoi Ambrose a répondu que cela ne lui faisait pas peur et qu'il était certain, si cette hypothèse devenait réalité, de battre Big E Langston. Que cette rumeur soit vraie ou pas, ça ferait en tout cas une belle affiche pour le Royal Rumble, meilleure en tout cas qu'un plus probable Langston contre Axel pour la ceinture blanche et une non-défense supplémentaire du titre d'Ambrose.

 

Sur le ring, ce sont les jumeaux qui dominaient pendant ce temps en tout cas, si bien que Dean Ambrose ne put s'empêcher d'intervenir et de causer la disqualification du Shield, avant que le trio maléfique ne passe à tabac les frères Uso. Évidemment, une telle infamie ne pouvait pas rester impunie, et CM Punk vint à le rescousse des jumeaux pour rééquilibrer les débats, poussant Ambrose, Rollins et Reigns à se replier. C'est alors que la manager générale de Smackdown, Vickie Guerrero, apparut et décida de régler tout ça dans un tag team match playa en main event, le Shield contre les Uso et Punk.

 

 

Holla holla holla !

 

 

Voilà comment le match d'ouverture de la soirée devint également son main event. Ce sont les hommes les plus frais de chaque équipe, Punk et Ambrose donc, qui ouvrirent le bal de ce nouveau combat, avant que les Uso ne doivent s'occuper de Rollins tout d'abord, puis de Reigns. Comme d'habitude, le Shield se montra très difficile à vaincre et faisant preuve d'un esprit d'équipe qui fit la différence, le trio des hommes en noir dominant rapidement le combat.

 

Mais comme on le sait, aucun bouclier n'est indestructible, pas même celui de Shiryu, et les fissures commencent à devenir visibles dans le clan de la justice. À la fin du match, Dean Ambrose, à bout de souffle, se retrouve face à un CM Punk lui aussi mal en point. Le moment idéal pour Roman Reigns, plus frais, plus puissant, de finir le travail, aussi le colosse réclama le changement pour finir le travail. Mais les piques récurrentes du straightedge à l'encontre du champion des États-Unis finirent par faire effet, et dans un excès d'orgueil mal placé, Ambrose refusa le changement et voulut mettre un point final au match lui-même, en triomphant de celui qui n'avait eu de cesse de le rabaisser… Mais Punk a plus d'un tour dans son sac, et prit Ambrose par surprise avant de lui coller un GTS fatal ! Victoire des gentils donc, et surtout grosse erreur du champion des États-Unis, qui contrairement à d'habitude fit passer son ego avant l'intérêt global de son clan. Et au vu de la déception affichée de Seth Rollins et surtout de Roman Reigns, cette défaite et le contexte de celle-ci risque de laisser des traces sur la fameuse unité indestructible tant vantée par Ambrose au début de cet épisode… D'ailleurs, on notera que pour la première fois, les trois hommes n'ont pas quitté l'arène ensemble, Dean Ambrose ayant précipitamment quitté les lieux avant ses camarades, histoire de bien insister sur ce début de la fin pour la meilleure équipe de l'année qui vient de s'écouler.

 

 

– À la vie, à la mort, hein, les copains ?

– Dean…

– Oui, Roman ?

– Ta gueule.

 

 

Verdict

 

Smackdown, comme mes collègues l'écrivent régulièrement dans ces colonnes, nous a donc proposé une nouvelle fois un spectacle de qualité, et nous a offert une heure et demie de bonheur catchesque. Reste à répondre à la question que je posais dans mon introduction : à quoi sert le show bleu pour la WWE aujourd'hui ? Tout dépend en fait de ce que vous préférez dans le produit fabriqué par Stamford toutes les semaines. Raw et Smackdown sont des produits complémentaires, le yin et le yang de la WWE, en somme. Si vous suivez la WWE comme une série télé et que vous voulez suivre de grandes histoires parsemées de bons matchs, alors Smackdown ne vous sert à rien : il n'y a aucun vrai développement des intrigues que vivent nos héros préférés, car tout se passe désormais à Raw, comme vous le savez. Par contre, si votre priorité ne se situe pas dans les histoires, mais sur ce qui se passe sur le ring, alors Smackdown est exactement l'émission qu'il vous faut : les histoires sont rappelées rapidement dans les Raw Rebounds pour que vous puissiez prendre le train en marche, mais la plus grande partie du show est dans les matchs. Et en plus, ils sont souvent de très bonne facture comme on a pu le voir cette semaine : à l'exception du match féminin, dispensable, et de la fin du match entre Truth et Fandango, prévisible et ennuyeuse, chaque combat valait le coup d'œil. Smackdown est plus court, mais est mieux rythmé, propose de très bons matchs et se concentre sur l'action sur le ring qui ravira les amateurs du catch vu par Stamford. Personnellement, je suis le catch un peu plus pour les histoires et l'univers que pour les matchs proprement dits, ce qui fait que je suis plus dans la cible de Raw (même si je reproche encore au show rouge d'être trop long), mais je reconnais à Smackdown beaucoup de qualités qui sont faites pour séduire une autre partie du public de la WWE. Je trouve juste un peu dommage que les histoires en cours n'aient pas un peu plus d'impact dans le show bleu, malgré tout : ça nous permettrait d'avoir plus de choses à dire quand il s'agit de le chroniquer ici !

 

 

Si vous êtes en panne d'inspiration, vous n'avez qu'à m'appeler : tout le monde sait que le professeur Rollins a toujours quelque chose à dire.

 

 

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