Catch

CDC Awards 2013 : Meilleure progression

La seule révolution possible, c'est d'essayer de s'améliorer soi-même, en espérant que les autres fassent la même démarche. Le monde ira mieux alors.

Georges Brassens

 

La progression est en matière de catch un concept relativement vague, qui mêle amélioration du travail accompli dans le ring, perfectionnement au micro, augmentation du temps d’antenne et, last but not least, pushs obtenus. Chacun accorde le coefficient qu’il souhaite à chacun de ces critères, ce qui nous offre au final un classement extrêmement serré.

 

 

Ma, mes amis, vous avez tous marqué beaucoup de points à cet Award. Et moi aucun !

Rey, t’as tiré le 14 au Rumble. Estime-toi déjà heureux d’être en vie.

 

 

CDC Awards 2013 : Meilleure progression

(ex-Most Improved Westler)

 

 

Petite précision méthodologique : la progression d’un catcheur en 2013 suppose qu’il ait déjà été là en 2012, histoire qu’on ait quelque chose à quoi comparer. C’est pourquoi les rookies de 2013 sont exclus de ce classement. Or cette année, nous avons dû régler un problème épineux concernant la définition du concept de rookie. Normalement, c’est très simple : nous considérons comme rookie tout catcheur ou toute catcheuse ayant évolué pour la première fois à Raw, Smackdown ou en PPV au cours de l’année concernée. Mais il existe une exception, en réalité. Le catcheur qui, après un temps d’absence, revient sous un gimmick complètement différent, et sans qu’à aucun instant son gimmick précédent soit mentionné par les commentateurs ou sur WWE.com, sera considéré par nous comme un rookie.

 

Cette règle a fait que Damien Sandow a été jugé rookie en 2012, alors même que l’homme qui l’interprète était déjà apparu quelques années plus tôt à la WWE sous un autre nom (Idol Stevens, en 2006-2007). Au nom de ce principe, sont considérés comme des rookies de 2013, aux côtés des débutants incontestables que sont, par exemple, Luke Harper ou Erick Rowan, des hommes qu’on avait déjà vus les années précédentes mais qui nous ont été présentés comme des nouveaux venus n’ayant jamais mis le pied à la WWE. Il s’agit de Fandango (l’ancien Johnny Curtis), Bray Wyatt (l’ancien Husky Harris) et des Matadores (anciennement Primo et Epico). À l’inverse, Curtis Axel (l’ex-Michael McGillicutty) n’est pas considéré comme un rookie de 2013, car il a été ouvertement dit à l’antenne qu’il était un catcheur déjà présent auparavant à la WWE, et que Paul Heyman l’avait repris en main en insistant sur sa prestigieuse ascendance. Un peu comme Tensai n’avait pas été considéré comme un rookie en 2012, car les annonceurs n’avaient pas manqué de préciser que nous avions affaire en sa personne à une ancienne star de la WWE, de retour au bercail après des années au Japon. De la même façon, les bookers n’ont jamais cherché à cacher que Ryback était le nouveau nom d’un ancien catcheur ayant participé au Nexus : il n’a donc pas été classé parmi les rookies l’année dernière.

 

Tout cela pour dire que notre perception de « rookie » est complètement kayfabe : si la WWE nous dit que X ou Y est un rookie, on la prend au mot. Curtis Axel était donc éligible à l’award de la meilleure progression, mais ni Bray Wyatt, ni Fandango ni les Matadores qui, eux, n’ont jamais été présentés comme autre chose que des nouveaux venus.

 

 

Mais non, ce ne sont pas Primo et Epico. Ou alors Rosa Mendes s’est vraiment laissée aller question pilosité faciale.

 

 

Enfin, nous devons faire une précision sur le cas Big E Langston. Alors même que vous avez appris à nos idolâtrer et à croire de façon indubitable à notre perfection absolue, sachez que nous avons, dans son cas, commis une erreur : nous l’avons intégré à la liste des rookies de 2012, alors que cette année-là il n’a jamais catché dans le roster principal, se contentant de s’afficher aux côtés de Ziggler à partir de décembre. Erreur réparée : nous classons Langston dans les rookies de 2013. Il n’est donc pas éligible pour les catcheurs ayant connu la meilleure progression cette année.

 

 

Mais il progressera sans doute nettement en 2014, si toutefois il réussit à réduire un peu sa dépendance à la cocaïne.

 

 

À présent que tous ces éclaircissements ont été apportés, passons au top 5 des années passées (les détails étant accessibles dans les dossiers CDC Awards de chaque année, vous trouverez tout ça dans l’onglet « Hall of Fame »).

 

 

Palmarès 2012

1) Daniel Bryan, 61 points sur 75 possibles

2) Dolph Ziggler, 36

3) Ryback, 23

4) Sheamus, 22

5) AJ Lee et Heath Slater, 16

 

2011

1. Zack Ryder, Cody Rhodes, 18 points sur 30 possibles

3. Mark Henry, 14

4. Dolph Ziggler, 10

5. R-Truth, 7

 

2010

1) Jack Swagger, 17 points sur 25 possibles

2) The Miz, 15

3) Sheamus, 14

4) Dolph Ziggler, 8

5) Kane, 6

 

2009

1) The Miz, 18 points sur 30 possibles

2) Kofi Kingston, John Morrison, 16

4) CM Punk, Dolph Ziggler, 15

 

 

Toujours placé, jamais gagnant. L’histoire de la vie de Dolph Ziggler.

 

 

 

Palmarès 2013

 

 

12. Dolph Ziggler, Brock Lesnar, Kane, Sin Cara, 2 points sur 70 possibles

 

Où l’on retrouve l’éternel Dolph Ziggler, qui ne cesse donc jamais de progresser, un peu comme le nombre d’habitants de la Terre : même quand la croissance ne suit pas un rythme aussi effréné qu’auparavant, elle n’en existe pas moins. Il y a aussi là Brock Lesnar, dont Bastoune a jugé l’année 2013 meilleure que la précédente (peut-être une façon déguisée d’indiquer qu’il préfère Triple H et CM Punk à John Cena). Kane, qui a 45 ans nous a offert une année incroyablement originale entre Hell No et son retour démasqué et Corporate, et Sin Cara, sur la foi du redémarrage du perso à présent qu’il est campé par Hunico, marquent également des points.

 

 

Et si ça marche pas avec Hunico, promis, le prochain à jouer Sin Cara sera John Morrison.

 

 

 

11. Curtis Axel, 3

 

On peut être l’un des grands favoris à la Ceinture de Plomb et pourtant être classé parmi les catcheurs ayant le plus progressé ; le paradoxe, c’est que si Axel était sagement resté en lowcard, à jobber à Superstars en compagnie de JTG, personne n’aurait songé à lui pour la ceinture la plus honteuse du catch planétaire. Mais il a été sorti de l’obscurité, plongé sous les spotlights et… bon, ça n’a pas été un franc succès. Cependant, She Mamuse et votre serviteur lui accordent une poignée de points, car même s’il n’a pas révolutionné le catch, il est sans doute l’homme qui a effectué la plus grosse percée in kayfabe, et a montré qu’il était capable de tenir la distance en PPV face à des stars pendant un quart d’heure, et pas seulement de se faire squasher en deux temps trois mouvements. Lui qui a obtenu cette année des victoires (certes jamais éblouissantes) contre Cena, Triple H, ou encore Jericho, lui qui a été champion Intercontinental pendant presque six mois, lui qui a pris part à six PPV et été le MVP de Night of Champions, méritait bien un addendum avant d’être jeté dans la fosse aux lions quand paraîtra la liste de la CDP…

 

 

– Paul, je ne saurai jamais exprimer toute ma reconnaissance. Tu m’as sorti du ruisseau, tu as fait de moi un champion, tu… je…

Garde ton beau discours pour la remise de la Ceinture de Plomb, l’occasion sera plus solennelle.

 

 

 

9. Randy Orton, Antonio Cesaro, 4

 

Big Botch Man n’hésite pas à classer à la deuxième place Randy Orton, dont il salue l’amélioration au micro, constatée depuis son heel turn. Bastoune donne également quatre points à Cesaro, qui « s'est encore plus adapté au style WWE ».

 

 

C’est vrai qu’il s’est adapté : il a appris à caler un headlock bien relou entre deux prises spectaculaires.

 

 

 

7. Titus O'Neil, Brie Bella, 5

 

Classée première par McOcee, attentive spectarice de la division féminine, Brianna a sans nul doute profité des bons conseils de son bon ami, Bryan (c’est marrant comme couple quand même, Bryan et Brianna. Cela dit je connais un couple Julien et Julia. Et vous ?) pour passer un niveau. C’est également ce qu’a accompli Titus O’Neil (qui récupère cependant quelques points abusivement donnés par des rédacteurs inattentifs aux « Prime Time Players » comme s’il s’agissait d’une entité indissociable) : c’était un plot, c’est devenu un big man doté d’une vraie présence et ayant su plutôt correctement gérer un face turn forcé par le coming out de son partenaire.

 

 

Plus terrifiant que le martèlement du sol par Randy Orton avant son RKO, plus hypnotisant que le You Can’t See Me qui précède l’Attitude Adjustment de John Cena : le « Oh putain je crois que je vais dégueuler » de Titus O’Neil.

 

 

 

6. Daniel Bryan, 7

 

Jusqu’où s’arrêtera-t-il ? Daniel Bryan, qui avait déjà été l’une des grandes sensations de 2010, 2011 et 2012 (année où il gagné ce trophée chez nous), a encore élevé son niveau en 2013, battant Cena clean en main event de Summerslam et incarnant, plusieurs mois durant, la rébellion face à la dictature des McMahon. Le plus incroyable, c’est qu’il sera encore classé ici fin 2014, quand il aura connu un règne de champion indisputé de six mois !

 

 

Heu ouais mais non je vais pas pouvoir, je dois récurer la cabane de Bray là, y en a bien pour deux ans.

 

 

 

5. The Usos, 26

 

Non, on ne pouvait pas voter pour les Prime Time Players, deux catcheurs faciles à dissocier l’un de l’autre (même s’ils sont tous deux noirs), dotés d’histoires différentes et de gimmicks variés. Et qui, en plus, ont à plusieurs reprises catché en solo en 2013. Mais on vote d’un seul bloc pour les Uso, que seule leur maman sait distinguer (et encore, seulement quand ils sont tous nus, parce qu’à leur naissance, leurs parents, soucieux de ne pas les confondre, ont coupé la couille gauche à Jey et la droite à Jimmy. Ou l’inverse, ils ne savent plus trop) et qui ont toujours catché ensemble. Cette année, les jumeaux ont probablement été l’équipe non titrée qui aurait le plus mérité les ceintures de cuivre, plus encore que les Real Americans ou les Rhodes Scholars. Hissant leur niveau à celui du main event, ils ont notamment donné la réplique au Shield avec brio plus souvent qu’à leur tour, et n’ont jamais paru hors sujet quand ils accompagnaient des stars comme Daniel Bryan ou CM Punk. Le public les acclame, le talent est là, l’expérience aussi, désormais… 2014 devrait avoir un fort parfum samoan du côté de la division par équipes.

 

 

Dire qu’ils croient qu’on n’est que deux. Ils ne sont pas au courant pour la Grande Portée.

 

 

 

4. Goldust, 28

 

Si on distribuait un award de comeback de l’année, nul doute que l’homme doré l’aurait remporté haut la main. Oui, devant Rob Van Dam. Mais la renaissance de Goldust n’est pas seulement remarquable parce qu’il avait passé ces dernières années en semi-retraite : en réalité, celui qui a démarré chez Vince en… 1990 n’avait peut-être jamais été aussi bon de toute sa carrière. L’histoire qu’on lui a fournie était simple et réaliste : il devait enfin se montrer digne de son père et de son frère, lui le raté de la famille. Et même s’il ne parvint pas, dans un premier temps, à permettre à Cody, viré en kayfabe, de retrouver son emploi (il est battu par Orton en solo le jour de son retour, en septembre), il finit par arracher d’abord la réintégration des Rhodes puis les ceintures par équipes, lui qui n’avait plus touché à une breloque depuis plus de dix ans. L’histoire est belle, d’autant plus que, affuté comme aux plus beaux jours, Goldie donne son meilleur face à des catcheurs qui lui rendent bien dix-quinze ans, et enflamme les foules en grand pro lors de ses séquences, déjà cultes, de face en péril. Le bonhomme, qui a incorporé le hurricanrana à son moveset (pas mal pour un type de deux mètres et quarante-quatre ans), a encore énormément à offrir, mais il nous a déjà tous bluffés.

 

 

– Dans la famille Rhodes, je demande la tante.

– Hunter, t’es lourd.

– Haha, je ne m’en laisse jamais de celle-là.

 

 

 

3. Roman Reigns, 34

 

Quand le Shield a débuté, de façon fracassante, à l’automne 2013, l’opinion générale était consensuelle : Ambrose et Rollins, superstars de l’indy, sont deux génies du catch, leur destin est tracé ; Reigns, lui, est un pur produit made in WWE, un Samoan de 38e génération, musculeux et tatoué comme on les aime chez Vince, bref un big man sans intérêt dont la grande chance est d’être associé à deux généraux comme les ex-Jon Moxley et Tyler Black. Un an plus tard, Reigns semble parti pour un push stratosphérique qui pourrait bien laisser sur place ses deux comparses. L’homme qui a réhabilité le Spear à la WWE (après des années où la prise, quasiment privatisée par Edge puis Christian, avait perdu de son impact) n’a cessé de monter en puissance, détruisant les adversaires du bouclier par paquets de douze et instillant la terreur par ses hurlements sourds et sa puissance bestiale. Beau gosse avec ça, l’ex-pro de foot américain (c’est là qu’il a appris à exécuter ces placages de foumalade) a réalisé une performance monumentale aux Survivor Series et paraît paré (allitération !) pour un gros push en 2014, qui pourrait commencer dès le Rumble. Rollins et Ambrose ont été excellents en 2013, mais cela n’a surpris personne. Reigns a été tout aussi brillant, ce qui était moins attendu, d’où cette belle place sur le podium.

 

 

C’est un beau Roman, c’est une belle histoire…

 

 

 

2. Kaitlyn, 38

 

En 2012, Kaitlyn n’était pas grand chose. Une diva parmi d’autres, sans grande feud ni grand following, même si une feud avec la championne Eve lui avait apporté une paire de Title Shots. Tout change en 2013. Dès le 14 janvier à Raw, elle bat enfin Eve, devient championne pour la première fois et conserve la ceinture au papillon pendant quelque six mois ! Si elle n’est pas autorisée à se montrer à Wrestlemania, elle défend tout de même son bien avec succès contre Tamina, Natalya et AJ, qui lui livre une sacrée feud, classée cinquième des rivalités de l’année en ces lieux. À Payback, AJ arrache la ceinture à son ancienne meilleure amie, qui échoue à la récupérer à Money in the Bank mais obtient sa vengence à Summerslam, où en compagnie de Ziggler elle bat AJ et Langston. Suit une brusque absence de trois mois, puis un retour en catimini à Survivor Series, où elle score tout de même deux éliminations. Elle quitte la WWE début janvier 2014 et si la raison de son effacement dans les mois suivant son départ reste encore à élucider, une chose est sûre : en 2013, Kaitlyn, poignante, déterminée et charismatique, nous a offert un chant du cygne d’autant plus admirable qu’il était complètement inattendu.

 

 

– Tu nous as fait forte impression, petite. Pour 2014, si tu es sage, je pourrais t’incorporer au roster des Total Divas. J’ai pensé que tu serais super dans un rôle d’exhibitionniste nymphomane qui se frotte sans cesse l’entrejambe et couche avec tout ce qui a un pouls. Alors, qu’est-ce qu’on dit ?

Heu… Adieu.

 

 

 

1. Cody Rhodes, 43 points sur 70 possibles

 

On avait déjà cru au gros push individuel de Cody en 2011, si bien qu’on lui avait à l’époque attribué le présent Award. Rebelote cette fois. Comme en 2011 (année où l’ex-Legacy avait révéle un talent d’acteur inattendu, apparaissant tour à tour Dashing puis Disfigured), le beau Cody a su en 2013 endosser un rôle qu’on ne lui connaissait guère : celui de face. Saviez-vous que depuis les face turns du Miz et de Dolph Ziggler, il était le heel le plus ancien en activité à la WWE, lui qui n’avait joué que les heels depuis fin 2008 ? Il a suffi d’une trahison par son associé Damien Sandow à Money in the Bank pour le faire basculer. Voici donc Cody avec un moveset libéré, et c’est beau à voir. Le public suit pleinement, d’autant qu’après la feud, divertissante mais discutable sur le fond, qu’il a livrée à Sandow, vient le moment clé de son année : il s’élève contre le traitement que subit Daniel Bryan, est viré in kayfabe par Triple H, puis revient dans une série de feelgood moments, en compagnie de ses très populaires daron et frangin. Paré une nouvelle fois des ceintures de champion par équipes (son cinquième règne au total, lui qui a été déjà été champion tag team avec des winners intersidéraux comme Hardcore Holly, Ted DiBiase et Drew McIntyre), il semble attendre tranquillement le moment de monter dans le train du main event. À présent qu’on sait de quoi il est capable en tant que face, on ne voit plus aucune raison pour qu’il ne finisse pas, à très brève échéance, par s’extirper du statut de midcarder qui a été le sien depuis son arrivée en 2007. À seulement 28 ans, l’avenir lui appartient.

 

 

Tu vois Cody, en 2007, tu étais champion par équipes avec un midcarder vétéran, Hardcore Holly. En 2013, à peine six ans plus tard, te voilà champion par équipes avec un autre midcarder vétéran, Goldust ! Ta progression est stupéfiante. Je ne serais pas surpris qu’en 2019, tu sois champion avec Finlay ! Crois en ton étoile mon garçon !

 

 

Comme toujours, vous êtes cordialement invités à donner votre avis sur cet Award dans les comms. Que la discussion s’engage, franche et amicale !

 

 

Nous sommes entre gens de bonne compagnie, n’est-ce pas ?

 

 

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