Catch

Et si… Punk se barrait vraiment ?

Et si tu n'existais pas,

Dis-moi pourquoi j'existerais.

Pour traîner dans un monde sans toi,

Sans espoir et sans regret.

Joe Dassin, Et si tu n'existais pas

 

En ce moment, la communauté internet de catch a les nerfs à vif. Leur idole, leur maître à penser, CM Punk boude dans sa villa de Chicago. L’IWC attend la décision du second city saint, reviendra-t-il à la WWE après avoir pesté devant une défaite des Blackhawks et de la blessure du gardien Nikolaï Khabibulin ?  Et si, content de sa situation, à faire des clapotis dans son jacuzzi (le mouvement straight-edge ne l’interdit pas), CM Punk reprenait son nom de Philip Brooks et ouvrait une épicerie de commerce équitable ?

 

 

J'ai également un barbecue prévu dans le sud de la France.

Futur alternatif imaginé à partir du possible départ de CM Punk

Stamford, février 2014

Cm Punk est parti. La WWE l’a enlevé de toutes ses pubs. C’est foutu, fini. Il ne reviendra pas, mais elle ne dit rien, hypnotise son public avec des moonsault de Cody Rhodes et les veines de Batista. 
 

Il faut se reconstruire. Trouver une astuce très simple pour contenter l’infâme public. Ne plus aller à Chicago est une première chose.
 
Fait acquis, les plans de la WWE concernant Mania et un match d'upper midcard ont changé. Nous n’aurons pas de CM Punk – HHH. Alors, ils ont choisi Daniel Bryan pour affronter l’autorité suprême. Et il faut bien booker cela. 
 
 
– T'es nul ! Dégage !
– Si vous me huez, je vous donne du Big Show – Curtis Axel en main event.
– Je… on… nan rien!
– Voilà.
 
 
Elimination Chamber est une catastrophe. Le public hurle à la mort devant l’éviction par Brock Lesnar du chéri bribri dans la cage. Le Main event se passe dans une ambiance atroce où chaque mouvement est conspué par des « Yes ! Yes ! Yes ! », des « CIHAIME PUNK ! » et même des « RICKY… RUBIO » par des supporters des Timberwolves goguenards. Les catcheurs présents n’en peuvent plus et botchent la moitié de leurs gestes. Finalement, sur un RKO manqué et un brogue kick réussi, Sheamus remporte le titre. Le public jette ses détritus sur le ring. La direction ne fait rien et laisse une émeute éclater aux abords du Target Center.
 
Le lendemain, Fox News ouvre son journal de la mi-journée par les évènements de la veille. Comment un show de catch a pu engendrer une guérilla urbaine en plein mois de Février ? Que fait donc Barack Obama ? se demande l’éditorialiste grisonnant. Réponse : rien. 
 
Le conseil de sécurité a décidé de voter une résolution afin de comprendre ce qui se passe à la WWE de Bachar el McMahon.
 
 
Raw a lieu, le soir même à Milwaukee, Wisconsin. Et l’absence de Punk résonnera encore. Daniel Bryan se propose d’ouvrir le show afin d’apaiser la foule ivre de colère et de Budweiser allégée. Le Yes mouvement fait trembler les murs.
 
Daniel Bryan: « Mes amis ! Je sais que vous êtes déçus des dernières péripéties. Vous attendiez que je gagne Elimination Chamber, vous attendiez un retour de mon ami, CM Punk. Mais c’est la loi du business et de la vie. Ça n’arrivera pas. Le projet qu’on m’a donné pour Wrestlemania n’est pas le main-event que vous voulez. Je sais. Mais je ne serai pas dans la course au titre. Je prends la place de Punk et je vais battre HHH. »
Public : « BOOOOOOHOOOO ! NO ! NO ! NO ! CM PUNK ! CM PUNK ! CM PUNK ! »
Daniel Bryan: « Non ! Non ! Non ! Ne l’acclamez pas, ne le réclamez pas, c’est fini ».
 
Coupure pub.
 
Annonce du match Titus O’Neil – Kofi Kingston.
 
 
Quoi de mieux qu'un grand noir costaud qui vomit pour calmer une foule haineuse.
 
 
En coulisses, on s’interroge, le public n’est plus dupe. La faute à Internet et aux sites parasites. Devant la bronca que prend Sheamus, Orton, Batista et Lesnar dans leur confrontation verbale et l’annonce du Fatal Four Way pour Mania, il faut vraiment prendre une décision pour l’après Wrestlemania.
 
Au fil des semaines, les choses se tassent, le public boude toujours mais le fait de couper les micros des gradins rend le contenu plus agréable. La carte du biggest show est totalement dessinée, et on s’est même risqué à ne pas convier l’Undertaker pour un match gagné d’avance. On voit de moins en moins de t-shirt à l’effigie de CM Punk et, sur les forums internet, les sujets le concernant sont, au mieux, en bas de la première page. Daniel Bryan a toujours la même popularité qu’avant mais on est plus concentré sur Sheamus et on utilise avec parcimonie la présence de John Cena.
 
 
Non, ce n'est pas lui Parcimonie. John. Laisse tomber.
 
 
Mania passé, Lesnar est le nouveau champion au terme d’un match époustouflant. Bryan se retrouve contre l’Undertaker qui est intervenu lors de son match contre HHH et l’a fait perdre. Un match pour Summerslam est booké et on ne cache pas que le titre peut être en jeu. Sur les cahiersducatch.com, on est consterné.
 
L’année se passe, le titre passe de Lesnar à Bryan lors de MITB, Batista est en feud contre John Cena, Sheamus a tourné heel et a monté une tag team avec Alberto del Rio, Kingston affronte le Miz et Orton, Roman Reigns.
 
Puis, vers la mi-septembre, un premier spot énigmatique perturbe Smackdown. L’IWC tourne l’œil. Bryan fait un règne assez pauvre et le public commence à se désintéresser du personnage. Leur nouvelle idole est Roman Reigns. D’ailleurs, Bryan perd le titre lors d’Hell in a Cell contre Batista, enfin titré depuis son retour. Plus aucune allusion à CM Punk dans l’assistance depuis Summerslam et ce casket match entre le Taker et chéri bribri.
 
Durant ce match en cage, encore une autre vignette. Plus poétique, on se croirait dans l’hospice de « Soleil vert » et on y annonce l’apocalypse. Comme toujours. Mais pourquoi en plein match de Daniel Bryan, encore une fois ?
 
 
Nom de nom! Qui se cache derrière cette image de terreur et d'hécatombe?
 
 
Les vignettes apparaissent à chaque show. La fin d’année approche, TLC vient de se conclure sur la victoire de Daniel Bryan sous les applaudissements polis. Le Shield a splitté depuis quelques mois et Seth Rollins obtient un title shot pour le Rumble. Mais l’IWC n’a d’yeux que pour les segments vidéo. On parie sur Jericho, sur Jeff Hardy, sur Goldberg et même sur Kevin Nash.
 
« Jéricho, comme toujours » dit Major Tom en se mouchant dans sa manche.
« Tant que ce n’est pas Ryback » dit Kovax en mangeant un poulet basquaise.
« C’est peut-être le retour de Martin Guerre » propose Bastoune hilare.
« Ferme ta gueule, putain » lui répond un Latrell passablement énervé.
« Vous êtes tous des nazes ! » intervient Super Cena.
 
L’ambiance est toujours saine sur les cahiers du catch.
 
2015 , le Rumble. Le Numéro 1 est Dean Ambrose et le numéro 2 se fait attendre.
« nananaaaaa… nananana. Cult of personality »
Le public jute de partout.
 
 
Hossana, il est de retour!
 
 
2014 chez CM Punk

Il a bien joué son coup. Maintenant qu’il n’est plus sur la route avec les autres cons, Philip peut enfin se concentrer et se reposer. Passer du temps avec Colt Cabana, son chien et son agent artistique. Mais avant tout, il faut bloquer twitter, fermer facebook, mettre à jour viadeo et s’inscrire sur google +.
 
Fini l’Autorité, fini Hunter et sa femme,  fini tout ça.
 
 
Deal with it!
 
 
Alors, il jardine, à discute avec Norman Reedus de The Walking Dead, lit Jack Kerouac en n’oubliant pas de s’entretenir physiquement. Dixie Carter n’arrête pas de l’appeler mais il n’a pas envie d’arriver à la TNA dans une sordide storyline d’invasion à la con. Non, il veut mieux que ça. Il veut que la WWE le supplie à genoux. Il veut des putains d’excuses ! Et merde, il vient d’écraser ses plants de tomate à force de râler.
 
Mais le temps passe, et en jetant de temps en temps un œil sur Raw, le site 411 ou wwe.com, il voit que rien n’a changé. Enfin si. Un peu. L’Undertaker est revenu et  le public ne le réclame plus. il est lui-même un chef d’entreprise maintenant. Un simple commerce qui vend des graines de quinoa, certes, mais il se rend compte que ce n’est pas une tâche aisée. Et quelle idée de vouloir faire bosser des ex-taulards aussi, et cette mode du bio et de l’allergie au gluten va bientôt faire place à un nouveau cancer !
 
Bonjour, nous profitons de cet article pour lancer notre campagne de prévention contre les pesticidides et l'utilisation abusive de l'électricité dans notre société
 
 
En y repensant, c’était un caprice d’enfant gâté son non-show. Comment il a pu dire à son chauffeur de tourner à droite et de prendre la route de Chicago, de perturber cet homme en braillant qu’il a raison, qu’il a toujours raison même. Putain, qu’il a été con ce jour-là. Il aurait pu dire « I QUIT » lors de la confrontation verbale prévue avec Kane. Putain, ça ! Ça, ça aurait été cool. Mais, bon. C’est passé et la WWE vit très bien sans lui. Et non, Dixie, il ne vient pas chez toi. Faut qu’il la rappelle pour lui dire de mettre kayfabement sa tête dans son cul. Colt fait des appels du pieds aussi. Retourner à la ROH et ses vestiaires qu’on doit céder à l’équipe de roller derby, à 18h ? Les tournées dans l’Idaho ? Non merci. Il ne sait plus.
 
L’été. Enfin des vacances. La Floride et ses vieux. La barbe est bien fournie et on le reconnaît difficilement dans la rue. On se retourne encore, et ça lui fait même plaisir quand des adolescents disent que le catch n’est plus le même sans lui. Il a une idée.
 
 
Et je ne vous la dirai pas.
 
 
Il profite de son lieu de villégiature pour renouer le contact avec des anciens. Tous lui conseille de retourner à la WWE mais en fournissant un bon plan d’attaque. De ne pas faire la fine bouche et que, maintenant qu’il est un ancien, d’avoir un retour magique et de main eventer Mania pour le titre. C’est son seul désir.
 
Il appelle, de son propre chef, Paul Levesque, méfiant. 
-Bonjour Paul.
-Philip.
-Je t’appelle pour te proposer quelque chose. Un truc qui peut te servir et me servir.
-Pas au téléphone.
-Je veux revenir, Paul.
 
Silence de quelques secondes.
 
 
J'ai rien compris, cherie. Il m'a dit "Je reviens, si t'annules tout." Mais annuler quoi? Il est con, non?
 
 
Un rendez-vous est pris, dans une chambre d’hôtel de Géorgie où la WWE est en représentation le soir même. Punk évoque son plan, un teasing par vidéos. L’apocalypse tout ça. Une entrée en numéro 2 au rumble, la victoire, le main event de Mania à San Francisco. Mais Hunter ne voit pas ce qu’il gagne dans l’affaire.
 
– Il est où le bon plan ?
– Le buzz, Hunter. Le buzz. Internet, Meltzer, Voxcatch tout ça ! Puis, je ne suis pas obligé de gagner le titre. Je suis friand de perdre même. Fout moi contre Daniel Bryan et t’as tout le monde qui applaudit.
– Et si c’est contre… euh… le Big Show ?
– Ne dit pas de conneries.
– Non. Nos projets sont de faire gagner Paul. Pour services rendus.
– Mais ça fait quinze ans que tu lui rends service. Regarde, t’as ressorti Mark pour affronter Daniel, c’est peut être ta meilleure idée. Le casket match là. Génial.
– Hum.
– Bon, ok. Je t’avoue, Dixie me demande, me supplie même.
– Qui ?
– La TNA.
– Quoi ?
– Le truc d’Angle là ! Et Sting !
– Ah.
– Alors ?
– Oui. Les vignettes pouvant annoncer un retour sont intéressants. On peut lancer ça et si on ne s’entend pas sur notre nouvelle collaboration future, on fout Kevin.
– Je croyais qu’il était mort.
– Suffit, Philip.
 
 
Je crois bien qu'il se fout de ma gueule.
 
 
Alors, le premier segment passe. Bien joué de le mettre après Bryan. Internet ne s’enflamme pas encore, Hunter peste au téléphone. «Patience. Patience. N’accélère pas tout de suite la promo. Profite.» lui conseille Punk.
 
A partir d’Hell in a Cell, ça prend. Le public se demande qui peut bien être derrière les vidéos. Philip s’amuse à troller l’IWC sur Thewrestlingnotebook.com en affirmant, sous le truculent pseudonyme, Shorty Axl, que c’est sûrement Jeff Hardy, ou pire, Kevin Nash. On le traite de fou, de malade mental. Il aime. Mais son nom n’est que rarement évoqué. Tant mieux, l’IWC est passé à autre chose, les Bry-fans sont aveuglés par leur champion. Mais ils sont de moins en moins nombreux.
 
Allez les gars, Yes! Yes! Yes! Vous vous souvenez? Oh et puis merde…
 
Hunter le recontacte, le Rumble aura lieu à Detroit, le Raw du lendemain à Chicago, le spot de numéro 2 est pour lui. Il se demande s’il doit prévenir les catcheurs de son retour. Punk lui répond non. Il veut que la surprise soit pour tous, au moins pour le jour même. D’ailleurs, afin de ne pas tenter Internet et les sites de news, il sera à Détroit quinze jours avant.
 
Mais, il faut s’occuper des courges et du magasin. La fin d’année est proche. C’est bientôt l’heure du bilan et il est plutôt bon finalement. Ça lui plait, les condiments et les féculents aux châtaignes, le boulgour et autres pâtés végétaux. Il peut organiser son voyage dans la ville fantôme sous l’excuse de vacances à prendre.
 
25 janvier 2015. CM est dans les vestiaires. Très bien accueilli par ses collègues ravis de le revoir sur un ring. Pas du tout frustrés de ne pas gagner le rumble « on savait que c’était pour l’ancien qui revenait. » Pas de favori sur Internet, ah si. Roman Reigns.
 
 
Normal.
 
 
La foule est impatiente. L’ignoble riff de guitare accompagnant l’entrée solo de Dean Ambrose résonne dans l’arène. Le catcheur entre sur le ring, regarde sous le titantron et sourit. Les lumières s’éteignent. CM Punk s’installe, genou à terre. Ses premières notes, la foule est en transe. 
« IT’S CLOBBERING TIME ! »
 
 
la Punk army peut reprendre le combat.
 
 
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