Catch

L’avenir c’est aujourd’hui

L'avenir a le don d'arriver sans prévenir.
George F. Will

 

Le premier show de la WWE diffusé exclusivement sur le Network, ce n'est pas WrestleMania XXX, c'est NXT Arrival. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Triple H. Ce supershow est donc très particulier à plus d'un titre. Tous les abonnés au Network vont désormais pouvoir suivre les progrès des futures stars, qui pourront donc plus facilement s'intégrer dans le roster principal vu qu'elles seront plus connues du public. Oui, le changement c'est maintenant.

 


Bizarre, il me semble déjà avoir attendu ça quelque part, mais je ne saurai pas dire où et quand.

 

 

Nalyse de NXT Arrival

 

 

Pour bien marquer le coup, la WWE a fait tous les efforts pour faire de ce show un succès. Un spectacle de deux heures (contre tout juste une heure d'habitude), avec un pre-show de trente minutes, le tout en direct. Premier constat : la qualité de l'image est nettement supérieure à ce qu'on pouvait trouver avant. NXT est passé en HD avec un niveau de production amélioré.

Le pre-show n'est pas un kick-off comme dans les PPV classiques. Pas de match, mais une présentation de NXt et une hype des matchs principaux à venir. Pour cela, un panel impressionnant de figures de la WWE : Bret The Hitman Hart, Kevin Nash et le meilleur manager de tous les temps Paul Heyman (c'est lui qui insiste sur ce titre), avec un débat animé par la ravissante Renee Young.

 

 


Sans commentaire

 

 

Présentation du Performance Center, où s'entraînent non seulement les athlètes, mais aussi les techniciens, les commentateurs (coachés par Cole) et même les bookers (les bookers de NXT sont des rookies encadrés par Dusty Rhodes et dirigés par HHH dans le rôle tenu par VKM par ailleurs). Ils ont même un ring mou pour les entraînements aux moves de high flyer, pour limiter les risques.

 

Présentation des superstars officiant déjà dans le roster principal, qui ont bénéficié de NXT, avec une promo exclusive du Shield. Présentation des matchs pour le titre féminin et celui de champion NXT. Et pour finir JBL, GM transparent de NXT, annonce que Sami Zayn/Cesaro III sera l'opener du show. Du classique pour ce pre-show, qui s'est tenu en extérieur avec une foule de jeunes gens, sans doute des étudiants de la Full Sail University, où se situent les installations de NXT.

 

 


Are you ready ?

 

 

HHH lance le show rapidement. L'équipe de commentateurs est le trio composé de William Regal, Byron Saxton et Tom Phillips. Le public est très chaud. Certains lui reprochent de ne pas faire suffisamment le distinguo entre les moments les plus marquants et le reste du programme, mais au moins c'est un public très réactif, et qui reste dans le show en permanence (pas de chants à la con, ou du moins très, très peu).

 

Le premier match est donc le troisième affrontement entre the Canadian Sensation Sami Zayn et le Real American suisse alémanique rugbyman yoddler polyglotte Antonio Cesaro. Ce match a un passif de plusieurs mois. Zayn avait battu Cesaro lors de sa première apparition à NXT (après avoir battu Curt Hawkins la même soirée) puis Cesaro avait obtenu sa revanche lors du fameux 2/3 falls, désigné match of the year 2013 de NXT. Zayn veut une revanche à tout prix, car il considère cette défaite comme un point noir dans sa carrière, tandis que Cesaro le considère indigne, car inférieur à lui. Le public était particulièrement chaud pour ce rematch très attendu.

 

 


– Ils sont chauds bouillants. Qu'est ce qu'ils ont ?
– On leur a dit que tu étais Bryan avec un repackaging et qu'on répétait le ME de WM30 pour le titre.

 

 

– Ole Ole Ole Ole
– Hein, Tororigolo ? Je veux Cesaro moi pas un nain zoophile !

 

 


– This is awesome ! This is awesome !
– Quoi maintenant ? Je vais regarder si le Shield ou les Wyatts n'arrivent pas en douce.

 

 

Le match en lui-même est excellent, pour moi le second meilleur match de l'année pour l'instant, derrière le phénoménal Wyatts/Shield d'EC. Les deux hommes sont au sommet de leur art et démontrent une alchimie de haut niveau et un attachement aux détails qui rend le combat plus profond. Par exemple, sur le plan de la psychologie, Sami Zayn démontre une obsession qui tourne au désespoir quand il est dominé, et cela se voit tant sur ses expressions faciales que dans sa manière de combattre. Cesaro de son côté garde un rictus supérieur pendant une bonne partie du combat, refusant de tenter le tomber pour chercher une victoire plus humiliante pour son adversaire : il tente un décompte à l'extérieur, un KO et plusieurs soumissions, en ciblant surtout le genou de Zayn qui l'a tenu éloigné des rings un bon moment.

 

Pour le niveau in ring, c'est du top performer. Des prises inhabituelles, des contre et esquives, quelques acrobaties, tout y passe. Sous les chants We the people/Sami Zayn (les deux sont traités en face par le public), le combat commence avec des gestes méprisants de Cesaro, comme des petites claques derrière la tête, alors que Regal insiste sur le fait que Zayn veut obtenir le respect de ses pairs. Head scissors contré en Cesaro swing contré en arm drag puis salto à l'extérieur du ring, les choses sérieuses commencent vite. Crossbody contré en backbreaker par Cesaro qui commence à dominer complètement en jetant Zayn hors du ring pour le brutaliser puis le ramener avant le décompte. Zayn tente un suicide dive depuis un côté hors ring vers un autre, en passant entre les cordes (mouvement exécuté lors du 2/3 falls) mais se fait contrer par un uppercut bien violent.

 

 


Holy shit ! Holy shit !
– Ouaip, monde de merde.

 

 

Cesaro commence à cibler sérieusement le genou blessé de Zayn et à tenter des soumissions. Il contre violemment une tentative de move aérien hors du ring et laisse l'arbitre faire le décompte. Zayn remonte à la dernière seconde et parvient à placer une exploding suplex sur le turnbuckle.

 

 


Turn around powerbomb

 

 


Koji Clutch

 

 


– Bande de frimeurs !

– Ouais, même pas un chin lock de cinq minutes, c'est pas du catch ça !

 

 

Cesaro place le Cesaro Swing et là, grosse différence avec les autres membres du roster, Zayn ne se place pas en position de protection de sa tête, il s'agite beaucoup pour essayer de contrer, petit détail, mais c'est plus crédible, je trouve. Uppercut dans le coin, double stomp sur la tête de Zayn, tentative de suplex depuis le bord du ring contré par Zayn. Helluva kick (big boot dans le coin) pour le compte de deux. Tandis que Cesaro dit à Zayn avec insistance « stay down », Zayn se relève toujours. Petite séquence à la Don Frye/Takayama.

 

Zayn contre un premier Neutralizer puis arrive à placer une variante du Canadian Destroyer. Cesaro place sa projection de l'adversaire suivie d'un uppercut, mais Zayn se relève au compte de 1, avec l'énergie du désespoir. Cesaro place un discus uppercut puis Neutralizer. Victoire finale de Cesaro après un match de près de trente minutes très disputé. Zayn reste prostré dans le ring tandis que Cesaro s'en va, hésite puis revient, sous les chants de Hug it out. Signe de respect rare de Cesaro.

 


Je compatis, Sami. Lundi, tu vas à Raw déguisé en Punk pour te faire squasher par batista.
– VDM

 

 

Qui pourrait suivre une telle performance ? Personne donc on envoie direct le gars le plus nul du roster, Moonchild CJ Parker, puis un gars très green in ring, the Hype Man Mojo Rawley. CJP n'a même pas de heat mais Mojo a une belle pop. Il est faible in ring, a un finisher tout moisi, mais a moins d'un an d'entraînement et ça se sent. Il a une présence indéniable, de l'énergie à en revendre et s'il progresse beaucoup in ring il pourrait devenir quelque chose dans une paire d'années (CJ lui est trop nul, je ne le vois rien faire). Victoire rapide de Mojo dans un match oubliable qui servait de pause pour le public avant la suite.

 

Après une vidéo de présentation d'Emma en vue du match féminin, l'Ascension arrive pour un open challenge contre un adversaire mystère. Ils ont détruit la tag team division de NXT, quelle paire de rookies aura le courage de venir les affronter ? L'entrée de l'Ascension est toujours sympa, j'aimais bien l'ancienne musique, mais celle-là est pas mal aussi, dans un style différent.

 

 


Bizarre mais avec Angelina Love et Velvet Sky, cette pose rendait mieux.

 

 

Et l'adversaire surprise est Too Cool, Scotty too Hotty et Grand Master Sexay. Le public commence des chants de Ya ya, ce qu'il fait depuis quelques temps pour l'Ascension. Konor est plus over que Viktor cependant, du moins il me semble. Grand Master Sexay est dominé par ses adversaires, mais Scotty parvient à reprendre l'avantage et lance le plus long et ridicule move de tous les temps, le Worm. Viktor contre le dernier mouvement, juste quand Scotty va frapper. Fall of Men, victoire de l'Ascension.

Vidéo de présentation de Paige et Stephanie McMahon se présente sur le ring, sous les chants « You still got it », auxquels elle répond « I never lost it ». Elle hype le match puis Emma rentre, avec Regal et Stephanie qui s’essayent à l'Emma Dance. Paige entre avec une nouvelle musique et un maquillage raté, qui accentue son teint pâle en plus. Ce match est la revanche du premier match pour le titre féminin (oui Women's Title pas Diva's title).

 

 

Personne ne peut arrêter l'Emma-lution

 

 

L'affrontement démarre de manière bien physique. Paige est très agressive. Les deux essaient un finisher rapide contré par l'adversaire. Paige démontre un style très physique avec un beau dropkick, des coups de genou sur le bord du ring, tandis qu'Emma est présentée comme une spécialiste des soumissions, ce qui donne une belle opposition de style. Tentative de superplex de Paige contré en sitdown powerbomb par Emma. Belle démonstration à Batista sur comment porter ce move. Mais finalement Paige sort un nouveau finisher de soumission très plaisant à voir, un Scorpion Clutchlock. Étonnamment, les deux filles semblent plus attirées par les soumissions que les hommes : AJ, Emma et Paige ont des finishers de soumission très visuels.

 

 


Très plaisant à voir en effet

 

Hug de respect viril après le match puis vidéo de présentation d'Adrian Neville. Xavier Woods vient affronter the Gorgeous One Tyler Breeze. Mais ce match n'aura pas lieu, car la musique inquiétante d'Alexander Rusev retentit. Accompagné de la splendide Lana, il squashe les deux adversaires en démontrant sa puissance et son agilité. Nouveau move aussi, avant son finisher, une sorte de slam.

 

Vidéo de présentation de Bo puis la musique d'HBK retentit. Shawn Michaels arrive avec la ceinture pour l'attacher, et vendre son dernier DVD. Les deux adversaires entrent et se font face tandis que le titre est élevé au-dessus du ring. Adrian Neville est The man that gravity forgot (ou le Jumping Geordie, un Geordie étant si j'ai bien compris un originaire de Manchester). Mais Bo est…

 

 

 


Creepy.
Il a une tête de prédateur sexuel

 

 

Il y avait déjà eu des affrontements entre ces deux-là, mais une intervention de Tyler Breeze lors du lumberjack match avait fait perdre Neville. Bo prétend être très confiant, mais démontre régulièrement des traces d'inquiétude vis-à-vis de Neville, ce que ce dernier lui balance régulièrement au visage. A priori, aucun des deux n'avait de ladder match jusqu'ici même si la stipulation favorise le high flyer. Adrian Neville est un voltigeur athlétique, avec l'avantage comparé à des Evan Bourne d'avoir un physique plus crédible. Neville est trapu et capable de porter pas mal de prises que les petits gabarits ne peuvent généralement accomplir. Son accent limite fortement ses promos, ce qui devrait limiter ses chances au top niveau. Bo Dallas est juste un gros mauvais qui a été tellement rejeté en top face qu'ils l'ont naturellement turné heel. Niveau in ring limité (il a décrédibilisé ses finishers au point d'être forcé d'en changer plusieurs fois), tout aussi limité au micro, il a assez peu de qualités en fait. Le public le rejette globalement. Il peut faire un heel puant, mais il est trop insignifiant pour aller au-delà de la midcard avec de la X Pac heat s'il est trop mis en avant.

 

 


Tu délires là. Le public scande Bo partout, même s'ils se trompent sur mon nom. Ils m'appellent Nomore, Ring et à Raw ils m'ont appelé Tista. Never stop to BOlieve !

 

 

Après quelques acrobaties de Neville, Bo prend l'avantage avec un style lent et méthodique (ou chiant c'est selon) puis va chercher une échelle après avoir coincé Neville dans les cordes. Neville se détache et se lance pour faire un crossbody à l'extérieur en sautant au-dessus de la troisième corde. Neville amène l'échelle dans le ring, mais se fait surprendre et projeter sur les escaliers. Bo essaie d'attaquer avec une seconde échelle, mais Neville esquive puis porte un surpassement sur la rampe. Neville grimpe sur une échelle, mais Bo lui lance la seconde échelle puis s’en sert pour frapper Neville au sol, sous les chants de We want tables. Bo bloque Neville sous l'échelle pour l'empêcher d'intervenir, mais celui-ci démontre la puissance de ses jambes en renversant l'immobilisation depuis sa position difficile.

Bo place une échelle dans un coin pour s'en servir comme arme, mais Neville l'utilise pour porter une tornado DDT. Bo tente un bulldog sur une échelle, mais se fait projeter sur la seconde. Neville colle un coup de pied à la tête de Bo et monte sur la troisième corde pour le Red Arrow, mais Bo le balance à l'extérieur du ring puis va grimper sur l'échelle. Neville revient et saute sur l'échelle depuis la troisième corde, atterrissant au-dessus de Bo ; il touche la ceinture, mais Bo essaie d'abord une souplesse puis finalement le projette sur l'échelle dans le coin. Neville slamme Bo puis place son Red Arrow (corkscrew SSP) sur Bo, toujours sur l'échelle. Neville grimpe tandis que Bo rampe pour essayer de l'arrêter, en vain. 

 

 

Yes ! Yes ! Yes !

 

Le règne de terreur de Bo Dallas (de terreur parce qu'il était ennuyeux) est enfin terminé.

 

L'opener est évidemment le meilleur match, et aussi le plus long, mais le match féminin et le match pour le titre étaient également très bons. Le Parker/Rawley était un match très court pour faire retomber la pression après l'opener et le tag team était bon pour ce qu'il était, une démonstration de puissance de l'Ascension. Le show était bien structuré entre moments forts et faibles pour permettre au public de reprendre son souffle entre les gros matches. Bon show pour attirer un nouveau public qui a accès au Network et offrir une plus grande exposition aux rookies.

 

 

PS 1: Un grand merci à Henri Death qui m'a fourni un nombre de vignettes frôlant le ridicule (1076) pour choisir les illustrations de l'article.

PS 2 : C'était ma première nalyse, suite à un article présentant Nxt en décembre 2012. J'espère que vous aurez apprécié, sinon I have three words for you…

 

 


Deal with it !

 

 

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