Catch

En attendant Mania

Plus on désire une chose, plus elle se fait attendre.

Proverbe français

 

Il est rare que le pénultième Smackdown avant Wrestlemania voie se produire de radicaux changements dans les storylines en cours. À neuf jours du plus prestigieux PPV de l'année, l'heure est à la consolidation des rivalités du moment. Nous n'eûmes donc pas de grosses surprises ce vendredi, dans un show surtout destiné à faire patienter les amateurs de catch  en leur donnant leur dose hebdomadaire, dans l'attente fébrile de l'événement planétaire que sera le trentième Wrestlemania.

 

 

Vite ! Viite ! Viiiiiiiiiiiite !

 

 

Nalyse de Smackdown du 28 mars

 

 

Vous l'aurez compris, il y a eu pas mal de remplissage dans ce Smackdown, à commencer par le premier match de la soirée, où Damien Sandow se fit squasher la couenne par Sin Cara. Il est toutefois à noter que l'homme au masque bleu est venu sans son nouveau manager, Scooby-Doo, qui l'avait pourtant accompagné au dernier Raw avec le succès que l'on sait. Des rumeurs, que nous n'avons à ce jour pas encore pu vérifier, affirment avec insistance que Scooby-Doo ne se serait pas présenté alors qu'il était prévu sur la carte, laissant ses collègues et la direction dans l'embarras le plus complet. Il se murmure que, jaloux de l'intérêt accordé aux autres managers, le célèbre chien serait vexé de ne pas être intronisé au Hall of Fame cette année, la WWE lui ayant préféré Paul Bearer, et qu'il serait rentré chez lui à Chicago. Nous vous en dirons bien évidemment davantage lorsque nous le pourrons : nos journalistes sont sur le coup.

 

 

En revanche, Sammy était bien là.

 

 

Toujours dans le dispensable, signalons la tenue d'un match entre Mark Henry et le Miz, durant lequel les deux hommes se sont livrés à un cocasse concours de bêtise. Tout commença lorsque Mark Henry, trouvant sans doute que le procédé de la distraction due à l'arrivée surprise d'un troisième catcheur a fait son temps, décida de se distraire lui-même, histoire de changer. Le benêt commença le combat en désignant le logo Wrestlemania XXX accroché en haut de la salle, et préféra tourner son regard vers lui plutôt que vers son adversaire, qui en profita pour lui coller un bon coup de pied dans la boîte à pain. Mais le Miz ne pouvait pas laisser dire qu'il n'avait pas été le plus con des deux : après avoir tenté de projeter son adversaire (qui doit peser dans les cent cinquante kilos de plus que lui) hors du ring, d'une seule main, il oublia qu'il participait à un match simple et prit de longues secondes pour exprimer sa joie lorsqu'il parvint finalement à éjecter le malheureux Henry hors du ring. C'est malgré tout le plus imposant des deux qui remporta la victoire, avant de quitter la salle en boitillant légèrement, dans le but probable de créer un suspense intense quant à son état physique lors de la future bataille royale en hommage à Dédé le Géant.

 

 

Quand le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt.

 

 

Il reste d'ailleurs quelques postes à pourvoir dans ladite bataille, le nombre de participants au match s'élevant pour le moment à vingt-sept. Il s'agit pour la plupart de catcheurs appartenant au bas ou au milieu de la carte, même si l'on peut noter la présence de quelques anciens champions comme Dolph Ziggler, Alberto del Rio ou Sheamus. Les plus optimistes d'entre nous se plairont à imaginer que le vainqueur de la bataille royale pourrait être l'un des trois participants non encore annoncés, qui pourrait effectuer un retour surprise à l'occasion de Wrestlemania. Et les encore plus optimistes avanceront le nom de CM Punk. Il est permis de rire d'eux. Il est permis également de ne se passionner que moyennement pour ce combat dont l'enjeu véritable apparaît bien mince.

 

Avant de passer aux passages plus consistants de la soirée, le souci d'exhaustivité nous oblige à signaler la diffusion d'un passage à visée probablement humoristique, montrant Santino essayant de déclarer sa flamme à Emma dans un restaurant, mais n'y parvenant point car, trop nerveux, il cracha son vin sur la jeune femme avant de vomir par terre. Nous prions ceux qui ont trouvé ça drôle de consulter un médecin au plus vite.

 

 

Santino, troublé par cette paire de seins,

Manqua de s'étouffer et cracha tout son vin.

 

 

Emma, toute collante, se mit à hurler,

Pendant que Santino se penchait pour gerber.

 

 

Un peu moins honteux fut le match entre Goldust et Fandango, remporté par le danseur grâce à une distraction de Summer Rae. Ni le combat ni la rivalité entre les deux hommes ne resteront dans les mémoires, mais ça passe tout de même le temps…

 

 

Notez au passage que Summer Rae est une femme, ce qui constitue la transition idéale pour vous dire que…

 

 

… les amateurs de la division féminine de la WWE, s'il en reste, seront sans doute intéressés d'apprendre que nous avons semble-t-il enfin assisté à la rupture entre AJ Lee et Tamina, leur mésentente leur ayant coûté la victoire contre les Bella Twins. Invitée à commenter le match aux côtés de Michael Cole et JBL, Vickie Guerrero a d'ailleurs levé les doutes sur la stipulation exacte qui encadrera le match pour le titre féminin à Wrestlemania. Rappelons que ledit match impliquera l'ensemble du roster féminin, et que ses règles exactes n'avaient pas encore été dévoilées. Eh bien, c'est désormais chose faite : pressée de d'expliquer par Michael Cole, la délicieuse Vickie consentit à tout nous dire : ce match sera… un match intéressant. Voilà.

 

Sinon, les Real Americans semblent vraiment rabibochés, et Jack Swagger a disposé de Jimmy Uso, ce qui confirme la place des joyeux fascistes tout en haut de la hiérarchie de la division par équipes : si les Uso doivent perdre leur titre dans le futur match à quatre équipes du 6 avril, ce sont bien Swagger et Cesaro qui sont les plus à même de le leur ravir. Mais les deux autres duos étant, disons-le pudiquement, assez loin d'être de la graine de champions, il est vrai que leur mérite s'en trouve quelque peu amoindri…

 

 

Comme tout vrai heel, Jack Swagger prend son pied quand il fait souffrir les autres.

 

 

Mais nous avons passé de vrais bons moments devant ce Smackdown ! D'abord en regardant le match de Dean Ambrose et Seth Rollins contre Drew McIntyre et Jinder Mahal. Le Shield, à nouveau bien uni, a une nouvelle fois livré un combat de belle facture, même avec des adversaires qui ne sont pas les plus doués de la fédération, loin s'en faut… Opposés à une équipe heel et franchement acclamés par tout le public, les membres du Bouclier n'ont toutefois (et heureusement) pas fondamentalement changé d'attitude, si ce n'est qu'ils haranguent un peu plus la foule qu'auparavant.

 

Et, après une victoire évidente des talentueux hommes en noir contre les deux tiers des 3MB, le spectateur amusé put admirer les talents de stratège de Kane : apparu tout soudain sous le Titantron avec ses nouveaux larbins les New Age Outlaws, l'homme qui échangea son masque contre un costard avait décidé, pour bien emmerder le Shield, de leur faire livrer un deuxième combat ! Ce furent donc Ryback et Curtis Axel qui s'avancèrent vers le ring l'air conquérant, avant de perdre lamentablement, sous l'oeil étonné des trois types au look de vendeurs de voitures qui ne comprenaient pas comment les si talentueux Axel et Ryback avaient pu se faire battre si facilement.

 

 

– Saperlipopette ! Ils ont réussi à battre la moins bonne équipe du roster ! Qu'est-ce qu'on fait ?

– Je ne vois qu'une solution : on envoie la deuxième moins bonne équipe. Et que Dieu ait pitié de nous.

 

 

Dans un autre genre, mais toujours loin d'être déplaisant, accordons une mention spéciale au main event de la soirée : un combat entre Bray Wyatt et le Big Show. Une affiche qui nous aurait probablement fait fuir il y a encore quelques mois, mais les progrès de Wyatt ont été fulgurants ces derniers temps, et le Big Show est bien plus à sa place dans le rôle de faire-valoir d'un jeune motivé que dans celui de main eventer. Le combat a donc été très sympatoche, et il fut remporté par le barbu fou, il est vrai aidé par une petite intervention de Luke Harper. Mais Wyatt a largement dominé une partie du match et, après sa victoire contre Daniel Bryan en février dernier, il consolide son statut d'homme dangereux non loin de son rendez-vous avec John Cena à Wrestlemania. Un match qui s'annonce assez alléchant, Wyatt ayant sans doute désormais toutes les qualités requises pour permettre au Marine de donner la pleine mesure de son talent.

 

 

Il est vrai qu'il fera moins le malin si Cena apporte une bombe de Baygon.

 

 

Finissons par évoquer l'information majeure de la soirée : Batistasthme n'a pas été totalement nul ! Si !

 

Tout a commencé par une promo. Seul sur le ring et arborant toujours un style qui semble curieusement étudié pour lui donner l'air le moins impressionnant possible, le Dave a reproché au public de l'avoir supplié de revenir pendant ses années d'éloignement de la WWE, pour finalement le huer copieusement à son retour.

 

 

Avant, j'avais la classe.

 

 

Mais ça, c'était avant.

 

 

Outre le fait qu'un léger paramètre ait été oublié dans cette interprétation des faits (celui que Batista a perdu la moitié de sa masse musculaire, les trois quarts de son charisme et les neuf dixièmes de son endurance), c'est avec un certain plaisir que l'on constate encore une fois que les promos sont toujours plus percutantes lorsqu'elles s'appuient sur des faits réels.

 

Batistounet, comme revigoré par cette possibilité de dire des choses qu'il pense sans doute vraiment, est d'ailleurs apparu bien plus à l'aise que dans ses dernières promos, et n'a plus bafouillé comme une jeune pucelle intimidée à l'oral du bac de français. La suite de la séquence fut encore plus réjouissante, puisqu'un Triple H au regard mutin fit son entrée pour rappeler au poupin vainqueur du Royal Rumble qu'il est certes revenu à la demande des fans, mais qu'il est revenu paresseux, démotivé et ne peut plus guère justifier son surnom : Batista n'est plus l'Animal. Encore une fois, ce genre de conversation ne repose finalement que sur des faits réels, et chacun des protagonistes ne fait qu'énoncer de strictes vérités, comme si l'engueulade était bien véritable et impliquait non Triple H et Batista, mais Paul Levesque et David Bautista ! Mention spéciale à Triple H, qui ironise sur la prétendue « Reality Era », tout en s'appuyant justement sur la réalité. La mise en abyme est délicieusement ironique.

 

 

Avant, j'avais un slip.

 

 

Mais ça, c'était avant.

 

 

Bien entendu, la discussion se conclut sur Triple H imposant à son ancien partenaire un match contre un jeune gars qui, selon lui, lui rappelle justement le Batista des débuts, celui qui avait la rage du tigre et l'oeil de vaincre : Sheamus. Le combat fut peut-être le meilleur de Batista depuis son retour : il semble avoir enfin compris qu'il n'est plus capable de jouer à la machine de guerre invincible et incarne donc un personnage de heel lâche qui se réfugie dans les cordes ou à l'extérieur du ring dès qu'il en a l'occasion, cachant ainsi habilement ses lacunes. 

 

 

Avant, j'étais vachement musclé.

 

 

Mais ça… enfin bref, vous avez compris.

 

 

Si, sur le papier, ce sont les forces du Bien qui triomphèrent en la personne de Sheamus, c'est en raison d'une disqualification : Batista ayant décidé qu'il n'avait finalement pas grand-chose à foutre de cette victoire, il agressa le roux Irlandais à coups de chaise avant de lui administrer une Batista Bomb. Et c'est donc le Mal qui finit triomphant. N'oublions d'ailleurs pas que le match pour le titre à Wrestlemania sera au minimum un triple threat (car le fatal 4 way n'est pas totalement à exclure), et qu'il sera par conséquent sans disqualification. Or, quelle stipulation pourrait être plus favorable à un heel couard tel que le nouveau Batista ?

 

 

Avant, je gagnais des titres.

11 commentaires

Copyright © 2011 — 2018 Kayfabe Media. Tout droits réservés.

En haut