Catch

Le gang des requins

J'croyais tenir l'amour au bout de mon harpon
Mon p'tit drapeau flottait au coeur d'monsieur Cesaro
Mais tout est consommé : hier soir, au coin d'un bois
J'ai surpris ma maîtresse avec son mari, pouah
Ma maîtresse, la traîtresse !

Zeb Colter, Georges Brassens, La traîtresse

 

En cette période de préparation du PPV Extreme Rules, la WWE nous a cette fois proposé un excellent épisode de Smackdown, construit avec une ligne directrice, des matches de bonne qualité (comme souvent le vendredi soir) et une unité qui fait plaisir à voir. Bref, si vous ne l'avez pas encore vu, courez sans plus tarder chez votre fournisseur habituel.

 

 

L'unité, dans le catch, c'est se mettre d'accord pour péter la gueule d'un mec.

 

 

Nalyse de Smackdown du 25 avril 2014

 

On trouve toujours lors des soirées que la WWE nous concocte quelque chose à redire, à de rares exceptions, comme souvent les Raw suivant Wrestlemania ou certains PPV. Ce Smackdown là fait clairement partie de cette catégorie, même s'il reste un ton en dessous des autres par son manque de vrais éléments de surprise. Nous, spectateurs amorphes affalés dans notre canapé (ou sur notre chaise d'ordinateur avec une jambe qui a des fourmis à force de rester coincée sous nos fesses boudinées par le grignotage, je vous vois tous, chenapans), pouvions assez facilement deviner ce qu'il allait se passer lors de cette soirée. Effectivement, à part la première intervention du SHIELD, nous avons un Smackdown assez convenu mais dont le déroulement parfaitement maîtrisé nous offre un très bon épisode.

 

 

Et encore, même la première intervention du SHIELD n'a pas surpris Zeb Colter et son don de prescience.

 

 

Mais penchons-nous sur le déroulement de ce Smackdown. Car contrairement à la plupart des épisodes où les scénarios s'entremêlent sans trop de lien, cette fois-ci, nous avons un vrai fil rouge qui nous tiendra en haleine tout au long de la soirée. Et dès le début, les bases scénaristiques sont posées par Vickie Guerrero sur la rampe qui annonce le combat principal, un match handicap entre le SHIELD et Curtis Axel, Ryback, Alberto Del Rio et huit autres superstars. Au fur et à mesure de la soirée, les trois membres du gang s'attachèrent donc à éliminer un par un leur futurs adversaires, que ce soit en coulisses, ou lors d'entrées de catcheurs voire dans les bureaux de l'Autorité.

 

 

Salut, on a appris qu'il y a des gosses qui souhaitent devenir catcheurs dans le public. Alors on vient leur péter la gueule, en prévention.

 

 

Vickie, qui annonce que l'Autorité a posé ses RTT et donc qu'elle est en charge du show, commence la soirée; elle rejoint le ring où se trouvent déja Zeb Colter, accompagné de Jack Swagger, et Paul Heyman avec son nouveau protégé Cesaro. Un débat va avoir lieu, car les relations entre les deux clans sont loin d'être amicales, le chef de file des Real Americans reprochant à l'avocat de Brock Lesnar de lui avoir piqué un de ses poulains (Cesaro, suivez un peu, je vais pas toujours répéter). La cougar annonce donc les règles : d'abord le moustachu aura quatre-vingt-dix secondes pour poser une question à son contradicteur, puis l'homme qui a coupé son catogan aura aussi quatre-vingt-dix secondes pour lui répondre. Ensuite, le schéma se répétera mais avec seulement soixante secondes chacun, etc. Puis à la fin du débat, les deux ex-partenaires s'opposeront dans un match.

 

 

-Bonsoir à tous, et soyez les bienvenus dans Des hauts et débats.

– En parlant de ça Vickie, vous auriez pu mettre du déo.

– Et des bas !

 

 

Le débat démarre donc sur les chapeaux de roue avec Zeb Colter qui déclare avoir été pris en embuscade lors de Wrestlemania et de la nuit suivante: il n'a su que Cesaro le quittait que lorsque le suisse lui a dit. Le tout dit avec l'emphase chère au moustachu qui arrive au terme de son intervention. Paul Heyman lui répond donc, à son habitude depuis le 6 avril que Brock Lesnar a conquis la streak du Taker, oui, son client, Brock Lesnar a battu le Dead Man à Wrestlemania, car oui son client, la bête, a vaincu le signe indien. Zeb, abasourdi, lui demande s'il a réellement passé la dernière minute et demie à parler de Brock. Il l'interroge ensuite pour savoir pourquoi il lui a volé Cesaro. Le natif de Scarsdale (dans l'état de New-York), lui rétorque alors qu'il est le 1 qui se cache derrière le 1 de 21-1. Puis que Cesaro était son client et qu'il avait gagné la bataille royale, oui, à Wrestlemania, il avait bien vaincu tous ses adversaires pour gagner la bataille royale. Excédé, le manager de Swagger se rue sur le manager du suisse en lui disant que c'était lui le problème. Les deux lutteurs durent séparer les deux hommes avant leur match.

 

 

– Saviez-vous que mon client Brrrrock Lesnarrr a conquis la streak ?

– Il commence à me gonfler celui-là. Retiens-moi Jacky ou je fais un malheur !

– Et saviez-vous que mon client Cesaro a remporté la Battle Royale en hommage à André le Géant ?

– Arrête de me lancer ta juiverie au visage ! Je m'en branle qu'un pas de chez nous ait remporté un truc en hommage à un bouffeur de grenouilles !

 

 

Après une coupure publicitaire pour nos amis américains (pour nous un fondu au noir) nous sommes de retour en Pennsylvanie pour voir les deux ex-partenaires s'affronter, et comme toujours lorsque Cesaro est dans le ring, on assiste à un combat de haute volée, d'autant plus qu'il est opposé au all american american, qui n'est pas non plus un perdreau de l'année quand il s'agit de lutter. L'affrontement est donc assez porté sur la technique, malgré le beau gabarit des deux hommes, et voit des enchaînements de toute beauté, notamment un Springboard European Uppercut de haute intensité. Comme on pouvait s'y attendre le Suisse finit par remporter le match, et c'est alors que pour la première fois de la soirée retentit le thème musical du SHIELD: ils sont venus pour tabasser le pauvre Swagger qui était prévu comme adversaire pour le match handicap de clôture de soirée.

 

 

– On passait par là, on a vu de la lumière et on a décidé de venir péter des gueules.

– C'est clair, on adore ça, péter des gueules.

– Ouais !

– Et on aime les films avec Meg Ryan, aussi.

– Putain, Rollins, on s'était mis d'accord pour dire des trucs badass, pas des trucs gênants.

 

 

Ensuite, la WWE nous propose une sorte de match revanche entre Tamina et Natalya, la Samoane ayant acquis le droit lors de Main-Event (l'émission du mardi soir) d'affronter la championne Paige lors d'Extreme Rules. Cette fois ci le match fut court mais néanmoins pas trop, même si on sentait l'opposition assez fade et le sérieux dans le port des prises et de la mise en scène du combat. Mais après le début de soirée en fanfare, il fallait faire retomber la pression et autant le faire avec une opposition qui prépare le prochain combat pour la ceinture au papillon (de lumière). Tamina gagne donc pour confirmer sa victoire d'il y a quelques jours.

 

 

Un bon coup de pied dans les couilles, ça va te calmer.

 

 

Retour en coulisses, ou les 3MB discutent, mais ils sont interrompus par les trois justiciers qui continuent leur opération de réduction de l'opposition. Une fois le groupe de losers éliminé (on notera quand même l'absence d'Hornswoggle), le SHIELD continue son bonhomme de chemin et nous retrouvons notre Vickie dans son bureau. Elle est en ligne avec Triple H qui lui annonce qu'il n'est pas content d'elle et qu'il la remplace donc par Brad Maddox. Celui-ci arrive alors et se moque d'elle, qui n'arrive pas à gérer les situations, et que le SHIELD va écouter une vraie autorité (comme la sienne).

 

 

– On pète la gueule aux 3MB vite fait, et ensuite on va se mater Quand Harry rencontre Sally.

– Encore ? Putain on avait dit qu'on se ferait Nuits blanches à Seattle !

 

 

Après cet interlude en coulisses, nous retrouvons le ring et un affrontement entre Curtis Axel, accompagné par Ryback, et Jey Uso, avec Jimmy dans son coin. Ici encore, un combat destiné à rappeler au public la future défense de l'équipe samoane face à leur challenger Rybaxel dans un peu plus de deux semaines. L'homme à la cicatrice remporte le combat afin de montrer plus forts qu'ils ne l'étaient auparavant les deux anciens protégés de Paul Heyman (qui est, je dois le rappeler le 1 qui se cache derrière le 1 de 21-1). Je dois vous avouer que mon cerveau (qui doit être issu de l'union d'une poule et d'un poisson rouge) n'a pas retenu grand-chose de ce combat puisque Rybaxel m'ennuie, et que la division par équipe, depuis la déliquescence de l'équipe de mon chouchou Cody Rhodes, m'indiffère totalement.

 

 

Hé hé hé, mon fabuleux pouvoir d'ennuyer profondément les gens a encore fonctionné : J'ai endormi Machin Uso. Le problème, c'est que j'ai aussi endormi l'arbitre, et que du coup il ne peut pas faire le compte de trois.

 

 

Après le match, une cage descend sur le ring et les Wyatt y pénètrent. Bray, dans une tirade mystique (qui veut toujours récupérer le sou fétiche de Picsou), dit que l’amour est puissant car les gens qui vous aiment feraient tout pour vous. Or John Cena a perdu l’amour du public qui préfère dorénavant le voir souffrir plutôt que sourire, puisqu’à Raw du lundi précédent, les fans ont fait un choix en le jetant aux loups (un match handicap à trois contre un, plutôt que contre ses disciples en match simple). Le marine doit cesser de le sous-estimer car ses paroles sont tranchantes et efficaces. Il ajoute qu’à Extreme Rules, ils seront comme des gladiateurs des temps modernes qui se battront pour l’amour du public. Ce public dont il rêve et dont il voit qu’il va le suivre. Il monte alors sur la cage et chante "He's Got The Whole World In His Hands"

 

 

! Hands his in world whole the got s'He –

 

 

La cage remonte alors sous les toits de la salle et les deux disciples de Bray se préparent à combattre, Cody Rhodes et Goldust leur sont opposés ce soir. Les deux frangins sont dans une spirale assez négative (bientôt je pourrais écrire sur le foot avec des expressions comme celles-là) depuis la perte de leur titre au profit des croulants New Age Outlaws. Au terme d'un match classique, Cody subit la loi d'Harper, ce qui énerve Goldust qui n'a pas le temps de ruminer puisqu'Erik Rowan lui assène une corde à linge. Je suis triste de voir à quel point les frères Rhodes qui nous ont enchantés tout l'hiver sont à ce point réduits à un rôle de paillasson depuis trois mois. Que s'est-il passé en coulisses (et par là je veux dire dans l'entreprise, pas dans les coulisses filmées du show) pour en arriver là, on peut peut-être faire le parallèle, mais à un degré moindre, avec le traitement de Ziggler qui en agace plus d'un à la redac.

 

 

– Tu es foutu Cody, je vais te faire mon attaque la plus puissante : le shampooing !

– Dommage pour toi rouquemoute, j'en fais tous les deux jours des shampooings. C'était même le sujet du grooming tips numéro 12 bis.

– Maudite tantouze !

 

 

Après le match, retour en coulisses, ou nous retrouvons Brad Maddox au téléphone, toujours avec Triple H. Le SHIELD apparaît alors, et balance le pauvre Maddox à travers la pièce. Ensuite, Ambrose, dans un style assez cartoonesque, le tabasse derrière le canapé. Les trois hommes continuent ainsi à abattre la plupart de leur futurs adversaires, afin que le combat soit moins inégal.

Puis la musique de Santino Marella se fait entendre et l'italien, accompagné par la "bizarre" Emma, court vers le ring. Leurs interactions sont toujours aussi maladroites (c'est fait exprès je sais), et j'ai l'impression qu'Emma ne sait pas encore tout à fait comment bien agir dans le ring avec Santino. Fandango et la sublime Layla (il a bien fait de se séparer de l'autre Summer Rae) dansent alors au-dessous du titantron et on se dit que l'on voit avoir droit au 875ème affrontement entre les quatre personnes (que ce soit en combat mixte par équipe, en combat de superstar ou de diva), mais le SHIELD, encore eux, se rue sur le pauvre danseur et lui inflige un sévère passage à tabac qui se conclut par une triple powerbomb du haut de la rampe sur des tables. Ils joignent ensuite leurs poings et on croit fort en eux.

 

 

– Ah ça m'arrange pas, ça. On est cinq. Qu'est-ce qui se danse à cinq ? Je pense qu'à la rigueur on peut lancer un Madison, et le public nous rejoindra. Vous n'avez pas l'air convaincu. En fait vous voulez juste me péter la gueule, c'est ça ?

– Ouais.

– Et t'emprunter le DVD de Vous avez un mess@ge.

 

 

Après l'annonce de l'arrivée prochaine d'Adam Rose, et un autre rappel de Raw (j'en ai pas parlé mais comme d'habitude, la show a été entrecoupé par de multiples rappels et vidéos promos), nous arrivons finalement au clou du spectacle. Le SHIELD est sur le ring et attend avec impatience (nous aussi) leurs adversaires du soir. Ils sont finalement cinq, Ryback, Alberto Del Rio, Damien Sandow, Bad News Barrett et Titus O'Neil. L'opération commando du gang de la justice s'est avérée payante puisque les trois ne sont plus opposés à onze hommes, mais à cinq, ce qui place le gang dans une situation bien moins problématique. Au fur et à mesure du match, Ambrose, Reigns et Rollins dominent de plus en plus les débats, et c'en est trop pour Barrett et Del Rio, qui se replient intelligemment, mais c'était sans compter sur l'alchimie du SHIELD (et la réalisation vidéo) car Reigns se replie par le public pour attaquer Alberto sur la rampe pendant que les deux autres continuent de faire passer un sale quart d'heure à Ryback, Titus et Sandow. Les quatre méchants sont finalement en infériorité numérique (oui, parce qu'un homme averti en vaut deux, donc le SHIELD est six en tout), et doivent abdiquer sous le nombre. Après que la cloche ait signifié la fin du match, Roman Reigns prend encore ses adversaires pour des sacs en portant des spears sur Ryback et Titus. Il est finalement rejoint par ses acolytes pour une triple powerbomb sur le pauvre Ryback qui conclut la soirée.

 

 

 Prends ça connard ! Et tu le sauras pour la prochaine fois : Les Doors c'est un super film !

 

 

Au final, cet épisode de Smackdown est vraiment un épisode à voir, car il a réussi à allier combats, évolution de scénarios (même si un peu basique par rapport aux avancées scénaristiques que peut avoir un Raw), et segments en coulisse, avec une grande cohérence et un fil rouge bien exploité, ce qui le rend vraiment plaisant à voir. On a pas vraiment vu grand-chose de nouveau ce soir, mais ce qu'on y a vu a bien été raconté, mais quand on commence une soirée avec Vickie en maîtresse de cérémonie, pour un débat entre Zeb Colter et Paul Heyman, puis que l'on enchaîne par un combat entre Cesaro et Swagger, on se dit qu'on ne peut que passer une bonne soirée.

 

 

– Bon les mecs, pour battre le SHIELD y a pas trente-six solutions : faut être unis.

– Ouais.

– Certes.

– Si.

– Ouaf ouaf.

– Même si ça me fait chier de devoir faire cause commune avec des tocards comme vous. Putain j'ai battu Sheamus, moi.

– Pendejo ! Yé été champion dou monde à dé moultiplés réprises !

– Et moi j'ai eu une streak super longue. Bon c'était contre des jobbers, mais quand même…

– Dois-je vous rappeler que je fus Mr Money in the Bank ? Je suis un homme redoutable. Certes c'était il y a fort longtemps, et je collectionne les défaites depuis lors, mais tout de même…

– Ouaf ouaf, et moi j'ai battu Darren Young !

– Putain, on est morts.

– Ouais.

– Si.

– Je le crains.

– Ouaf.

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