Catch

La perfection faite Japon

Qui cherche la perfection obtient l'excellence.

Jori Cazilhac

C’est le 4 janvier dernier que la principale fédération japonaise de catch, la New Japan Pro Wrestling a tenu la huitième édition de son Wrestlemania à elle : Wrestle Kingdom, proposant le top de sa production actuelle. N’étant jamais trop tard pour bien faire (ou du moins essayer !) petit retour tardif sur un show qui n’usurpe pas son nom.

 

Tōkyō dōmu e yōkoso !

 

 

Nalyse de Wrestling Kingdom 8

 

 

Petite précision avant toute chose : je suivrai dans cette nalyse le déroulement chronologique du show en le présentant d’une part de manière assez factuelle, et d’autre part via le prisme d’un spectateur certes coutumier du domaine catchesque mais surtout étranger aux protagonistes (du moins la plupart) et feuds en cours à la NJPW. Désolé donc si quelques erreurs ou remarques candides ayant trait à ces points se glissent de ci de là, mais j’ai volontairement réduit mes recherches afin de conserver un œil aussi neutre que possible ! Si certains d’entres vous ont les connaissances adéquates pour confirmer ou infirmer certaines choses qu’ils n’hésitent bien entendu pas à se faire entendre dans les commentaires.

 

Et puis rendons également à César ce qui appartient à César : c’est grâce à l’excellent papier de Major Tom (toujours dispo ici et et dont j’ai sans vergogne repris la très commode structure) que j’ai découvert l’an dernier Wrestle Kingdom. Ne connaissant dans le fond que très peu de choses du puroresu si ce n’est quelques matchs à droite à gauche, j’avais d’une part dévoré la nalyse puis m’était procuré le show dans le but de me faire mon idée. Et il faut dire que, en tant que principalement suiveur de la WWE, j’avais trouvé au spectacle de la NJPW une certaine fraîcheur très agréable parcourue de moments clairement jouissifs. Pourtant malgré mon enthousiasme je n’ai gardé par la suite qu’un œil très distrait sur le catch japonais, et c’est en tombant dernièrement un peu par hasard sur une news du web évoquant son édition annuelle que Wrestle Kingdom s’est rappelé à mon bon souvenir. Le temps de trouver un lien correct vers le show, de m’équiper d’un peu de junk food et c’est parti pour un visionnage tardif.

 

 

Installez vous tranquillement à votre siège, ça va commencer.

 

 

Bienvenue au Tokyo Dôme ! Le show commence en musique, et pour le coup on n'a droit ni a du Visual Key pour emo, ni à n’importe quelle soupe J-Pop sorti des hits FM nippons du moment, mais à de la musique traditionnelle qui d’emblée ancre encore davantage l’identité culturelle asiatique du spectacle. Flûtes, tambours, shamisen, pour peu qu’on goûte ce genre de choses c’est plutôt agréable. S’en suit une présentation en anglais du déroulement de la soirée avec la présentation des dix matchs de la carte et des différents participants (on détaillera tout ça en temps voulu). Marrant au passage de noter qu’un des deux présentateurs annonce les protagonistes en chantant à moitié leur nom, c’est assez fun et plutôt original.

 

Hiro-o-o-o-ki Go-o-o-o-o-TOOOOOOO ! a probablement apprécié.

 

 

IWGP Jr TAG CHAMPIONSHIP 4WAY MATCH

Match 4way par équipe pour le titre IWGP Jr.

The Young Bucks vs Time Splitters vs Forever Hooligans vs Suzuki Guns

 

 

Les équipes

 

 

The Young Bucks : Matt et Nick Jackson sont américains, frères, et champions en titre. Je ne connais ni l’un ni l’autre, mais ils constituent donc potentiellement la paire la plus forte et les hommes à abattre pour briller.

Time Splitters : équipe américano-japonaise composée d’Alex Shelley et de KUSHIDA, deux inconnus pour moi. Coupe bicolore à la Rollins pour le premier et mohawk pour le second.

Forever Hooligans : des potes de Sheamus peut-être ? Rocky Romero et Alex Koslov sont en tout cas deux étrangers (là j’suis allé vérifier, le premier est cubain et le second moldave avec une gimmick russe) à l’air plutôt patibulaire. Ou profondément sympathique, ça dépend de vos affinités en fait.

Suzuki Guns : de la paire constituée de Taka Michinoku et Taichi je ne connais que le premier. Il n’est peut-être d’ailleurs pas non plus inconnu de certains d’entre vous puisqu’il a officié à la WWE à la fin des 90’s. Bon c’est sûr il a maintenant quarante piges mais perso je suis content de le revoir. Sinon Taichi ressemble vraiment à rien et arbore lui aussi une coupe bicolore (ça doit être la mode en fait…).

Las d'être toujours le vieux de service, le capitaine Haddock a décidé de changer de look pour les prochaines aventures de Tintin

 

 

Avant le match

Les Time Splitters sont les premiers à rentrer et de quelle façon ! Arrivée en DeLorean façon Retour Vers Le Futur avec images et typo associées sur les écrans, Kushida portant même la veste de Marty Mc Fly. Très réussi et c’est qui plus est bien raccord avec leur nom. Taka Michinoku et Taichi les suivent, suivis eux-mêmes d’un groupe de jeunes filles genre gothic lolita. Ambiance black & white avec pose photo. Viennent ensuite Romero et Koslov avec une entrée toute en lenteur qui respire le heel à plein nez ! Les Jackson sont les derniers à arriver et se présentent ceintures aux hanches. Visiblement les champions sont fiers et arrogants, mais ont en revanche un goût de chiotte niveau vestimentaire. On les annonce affiliés au Bullet Club, qui (là aussi j’ai checké car le nom revient souvent pendant le show) est une stable heel de gaijins (étrangers au Japon).

Notez le détail qui tue avec la doudoune rouge de KUSHIDA.

Le match

Le combat est visiblement de type Tornado puisque tout le monde est présent en même temps sur le ring. Alors bon même si on se doute que ça ne va pas durer c’est en général la garantie d’un match sans temps mort, et c’est précisément le cas ici. On notera la petite séquence comédie avec Michinoku qui, chapka de Koslov sur la tête, parodie ce dernier et va également se substituer à l’arbitre le temps d’un fast count, évidemment pas validé, puis la quadruple souplesse du plus bel effet impliquant tous les protagonistes. Le ring se vide à ensuite pour voir s’enchaîner une succession de high fly moves par-dessus ou au travers des cordes, puis suit le passage où chacun place sa prise avant de se faire sortir, classique certes mais sympa tout de même (surtout dans la mesure où je ne connais pas par cœur les signature moves des types). Au magnifique combo top rope moonsault / neckbreaker des Time Splitters répond un team move de fou des Bucks combinant tombstone et pile driver sauté. Ces derniers enchaîneront alors sur Michinoku en lui envoyant coup sur coup un 360 splash suivi d’un moonsault, combinaison gagnante qui leur offre la victoire et leur permet de conserver leur titre.

Sur le match

C’était en quelque sorte l’opener parfait pour lancer la soirée. On a eu droit au quasi sans faute avec des catcheurs affûtés, des moves impressionnants, et un rythme qui n’a pas faibli. Malheureusement le temps passa trop vite, dix minutes c’est un peu court et j’aurais volontiers prolongé le match pour permettre à chacun de s’exprimer plus longuement entre les cordes, même si au final et malgré l’omniprésence de deux équipes sur quatre il y en aura eu un peu pour tout le monde.

 

 

Ils font les malins, là, comme ça… Mais quand Fandango voudra récupérer son pantalon ce sera une autre histoire !

 

IWGP TAG TEAM TITLE

Match classique pour le titre IWGP par équipe.

 

Killer Elite Squad vs Karl Anderson & Doc Gallows

 

Les équipes

 

Killer Elite Squad : sous ce nom plein de tendresse se cachent Lance Archer et Davey Boy Smith Jr, actuels tenants du titre. Là aussi des visages pas inconnus, tous deux étant déjà passés par la WWE. Au rendez vous l’an passé, déjà champions et victorieux lors de leur défense de ceintures, je suis content de voir que les deux hommes semblent réussir leur carrière au Japon.

 

Karl Anderson & Doc Gallows : Anderson était présent l’an dernier, et m’avait dans mon souvenir fait excellente impression. Doc Gallows n’étant quant à lui autre que l’ancien pote de CM Punk époque SES : Luke Gallows. Je ne savais pas qu’il officiait au Japon, sympa de le retrouver ici en tout cas surtout que je ne détestais pas le bonhomme. Une équipe de crânes rasés aux gabarits complémentaires qui a de la gueule en tout cas.

 

 

Et qui c'est qui ne peut pas s'empêcher de faire le pitre en faisant semblant de se pendre ? Toujours le même !

 

 

Avant le match

 

Anderson et Gallows arrivent avec veste et maquillage militaire, mitrailleuse à la main pour l’un et lance roquette sur l’épaule pour l’autre, leur entrée incluant une petite interaction sympa bien que pas hyper synchro avec les écrans géants. Comme les Young Bucks ils sont affiliés au Bullet Club, ce qui semble plutôt logique vu leur gimmick guerrier. Archer et DBS (j’vais l’appeler comme ça, c’est plus pratique) font comme l’an passé leur entrée à moto, Archer a d’ailleurs un style plutôt cool avec son masque et sa capuche. Petit détail sympa : le bulldog sur la veste de DBS en hommage à sa célèbre filiation. Marrant au passage de constater que ce match ne comporte pas un seul japonais, preuve certaine de la place qu’on accorde aux lutteurs étrangers sur le sol nippon.

 

 

C'est aussi le cas à la WWE… Juste pas pareil.

 

Le match

 

On remarque dès le début du match qu’au Japon la présence simultanée de deux catcheurs est largement tolérée. Un autre membre du Bullet Club (note de Major Tom : Tama Tonga) traîne d'ailleurs autour du ring et tente régulièrement d'intervenir. DBS joue lui le rôle du face en péril et se fait donc copieusement rosser pendant quelques minutes, basiquement mais efficacement, le Bullet Club dominant très largement les affaires et empêchant le tag. Puis vient l'inévitable arrivée d'Archer qui balance une sorte de powerbomb modifiée (appelée Black Out si j’ai bien entendu) visuellement splendide.

 

 

Voyez plutôt (et notez le sauvetage in extremis de Tama Tonga sur le compte de 3)

 

KES ne s'arrête pas et punit le trouble fête du Bullet Club d’une sorte de double sit down powerbomb (qui fait bien finisher en tout cas), sort auquel échappent de justesse Anderson puis Gallows. Foire d’empoigne générale, ça n’a pas l’air de déranger l’arbitre plus que ça, donc moi non plus ! Archer le décolle finalement Anderson pour un chokeslam monumental, mais au moment de repartir pour une seconde couche se fait contrer en Diamond Cutter (ou RKO, faites votre choix). Malgré une intervention de DBS, Archer se retrouve alors entre les deux membres du Bullet Club qui disposent de lui pour leur finish, sorte de double Cross Rhodes. Tombé, un, deux, trois, et nouveaux champions ! Le Bullet Club repart avec les ceintures et sa deuxième victoire de la soirée au compteur.

 

 

Sur le match

 

Match solide et plutôt rythmé compte tenu des gabarits, mais là aussi avec tout juste dix minutes l’ensemble peut paraître un poil court. Les quatre hommes ont toutefois bien bossé, et malgré certaines phases parfois un peu lentes on peut relever quelques prises bien impressionnantes, pour au final un résultat plus proche de ce que l’on a l’habitude de voir (ce qui n’est pas forcément négatif en soi mais pour moi le but de ce show est aussi de découvrir des styles que je connais moins).

 

 

A quoi reconnait-on un membre du Bullet Club ? Simple : ce n'est pas un petit japonais vieux et avec des cheveux longs.

 

 

NWA WORLD HEAVYWEIGHT TITLE

Match simple classique pour le titre poids lourd NWA.

 

 

Rob Conway vs Satoshi Kojima

 

Les catcheurs

 

Rob Conway : champion en titre, je n’ai absolument aucune idée de qui il est et ne connais au final que très peu de choses de la NWA. Bref, Conway est en tout cas clairement identifié heel en tant que sale américain arrogant et sur de sa force de champion. La cheap heat ça marche partout. Fact.

 

Satoshi Kojima : je ne connais pas le challenger non plus mais en tant que japonais il est donc face. Quoi d’autre ? Il porte un pansement déco sur le nez et arbore surtout un gros strap sur l’épaule droite, marque de diminution faisant donc en plus de lui l’underdog du match. Enfin j’imagine.

 

 

C'est également le roi du LARIAAAAAATOOOOO !

 

 

Avant le match

 

Un vieux monsieur se pointe sur le ring avant le combat, il se trouve que c’est Harley Race, gloire passée du catch et multi Hall of Famer. En tout cas une chose est sûre, il fait un peu peine avec sa canne et sa démarche mal assurée… Je le pensais du côté US mais il s’avère que, alors qu’un de ses compatriotes vient lui brailler dessus pour je ne sais quelle raison, il lui décroche une gauche, le type (devant certainement être un grand ponte de la NWA car venu présenter Conway, mais je n’ai pas entendu son nom) vendant d’ailleurs le coup de poing asthmatique de papy Race tel un Ziggler ! La légende du ring semble donc être dans le camp japonais, ok, en même temps pour le coup je connais pas l’histoire donc m’en tamponne un peu.

 

 

Note de Major Tom : l'homme en costume est donc Bruce Tharpe, président de la NWA.

 

 

Le match

La foule soutient clairement le japonais, auteur d'un joli DDT sur le tablier du ring et d'une série d'atémis en mode rafale pas très percutants mais funs. Pourtant, dans l'ensemble, le vilain américain toujours très suffisant domine la rencontre sous une bronca de la foule, utilisant au passage des Mongolian Chops me faisant me demander si ce n'est pas une partie du moveset de son adversaire. Kojima se réveille quand même avec une séquence le voyant enchaîner lariat, Diamond Cutter, et un très chouette brainbuster avant de couvrir Conway. Et alors que l'Américain reprend ses esprits, un membre de son clan attaque le challenger, qui est alors défendu par un de ses compatriotes (Note de Major Tom : Tenzan, coéquipier habituel de Koji) lançant une série mongolian chops sous les vivas du public. D’acc, ça devait donc être lui que Conway moquait tout à l’heure. De retour dans le ring, le japonais enlève sa coudière et semble se préparer pour un gros lariat, mais l’américain le contre d’un spear nettement plus Batistesque que Reignesque… Ce qui n’empêche pas Kojima de lui coller un premier lariat dans la nuque, suivi d’un deuxième de face (fort bien sellé au passage). Tombé… et victoire ? Un peu surpris, j’étais persuadé que le match allait se poursuivre, bien qu’en y repensant le japonais ayant fait tomber la coudière son lariat devait de fait être un finisher. Nouveau changement de titre donc, sous les cris de la foule ravie de voir la ceinture partir au Japon. Kojima fini en posant avec Harley Race pour les photographes pendant que Conway repart penaud.

Qui a dit que les finishers étaient forcément raffinés et sophistiqués ?

 

 

Sur le match

 

J’aime bien le principe de continents qui s’affrontent et d’avoir une ceinture qui peut voyager d’un pays à un autre. Une fois encore quelques jolies prises bien exécutées sont à relever dans ce match, par contre pour le coup les tout juste huit minutes de combat m’ont semblé suffisantes tant l’histoire racontée ne m’a pas passionné outre mesure, le coup du méchant étranger c’est peut-être en fait juste un peu trop déjà vu. Un affrontement malgré tout très loin d’être désagréable à suivre et offert par deux catcheurs qui auront montré de belles choses. A noter au passage que le public aura été très présent tout au long de la rencontre, particulièrement lors d’interactions avec Kojima.

 

 

– Qui êtes vous jeune homme ? Où est mon infirmière ?

– Je suis Satoshi Kojima, je viens de gagner le match et de remporter le titre NWA !

– Ah, formidable ! Mais il n'est il pas un peu tôt pour une petite pétanque ?

SPECIAL TAG MATCH

Match par équipe classique.

Kazushi Sakuraba & Yuji Nagata vs  Daniel Gracie & Rolles Gracie

 

 

Les équipes

 

Kazushi Sakuraba et Yuji Nagata: tous les deux étaient déjà là l’an dernier, et si je découvrais alors complètement Nagata j’avais en revanche déjà entendu parler de Sakuraba, celui-ci étant auréolé de la réputation d’avoir battu de nombreux membres de la célèbre famille Gracie lorsqu’il était dans le MMA (d’où son surnom à juste titre donc de Gracie Killer). Bon par contre les deux ne paient vraiment pas de mine et, en dépit de leur statut de vétérans, ne sont ni des monstres de charisme ni de physique.

 

Daniel Gracie et Rolles Gracie : membre du légendaire clan spécialiste du Jiu-Jitsu Brésilien, et probablement cousins (ils ne se ressemblent pas vraiment), je ne les connais toutefois qu’au travers de la réputation familiale et de son impressionnant palmarès. Ce qui est sûr c’est que ce sont des combattants aguerris, reste à voir ce qu’ils donneront sur un ring de catch.

 

 

Les plus grands catcheurs du Japon se préparent toujours très sérieusement avant un match. Là par exemple ils font… euh, on sait pas mais ça a l'air sérieux.

 

 

Avant le match

 

La paire japonaise est la première à se présenter, masquée au passage, et accompagnée de morveux en file indienne eux aussi masqués. Le temps d’un petit coucou pour la photo et on dégage les mouflets. Les Gracie arrivent à leur tour, pieds nus, en kimono et ceinture noire, et accompagnés d’une petite délégation de collègues eux aussi en kimono. Ça tranche un peu niveau ambiance et c’est vrai que rien que le port de leur tenue de combat habituelle montre quelque part qu’on risque d’assister à un match disons « autre ».

Le match

 

Et effectivement, le match fut pour le moins particulier. Le début du combat est un peu creux, mais peut-être ne suis-je tout simplement pas assez connaisseur de MMA pour apprécier la chose à sa juste valeur. La suite de l'affrontement est pourtant au diapason, avec un takedown et un triangle choke de Rolles, mais crée un décalage assez étrange, donnant une drôle d’atmosphère et un rythme très haché au combat. Le tag effectué des deux côtés ne change rien à l’affaire, on sent que ça joue sur le plan technique et l’attente d’une erreur chez l’adversaire mais du coup c’est un peu chiant pour l’amateur de catch habitué à plus de flamboyance visuelle, malgré quelques clés il ne se passe vraiment pas grand-chose. Tous les coups des Gracie semblent retenus, et alors que Nagata revenait à coups de suplex, c’est le moment que choisit l'un d'eux pour subitement faire n’importe quoi, commençant à étrangler le Japonais avec son kimono sous les yeux de l’arbitre genre « c’est du catch, ça doit être autorisé ». Ce qui devait arriver arriva : après plusieurs sollicitations de l’arbitre ce dernier fait sonner la cloche en signe de disqualification. Sauf que Daniel commence à sauter de joie, pensant visiblement avoir gagné. Vraiment très bizarre… Petite passe au micro qui traîne des deux côtés pour couronner le tout, malheureusement ne comprenant pas le portugais davantage que le japonais on s’en tiendra là…

 

 

La prochaine fois je t'étrangle avec mon slip, tu vas voir ce que ça fait !

 

 

Sur le match

 

J’ai envie de dire que c’était chiant, mais c’est un peu lapidaire et comme je l’évoquais peut-être me manque-t-il aussi un bagage dans le MMA pour comprendre les subtilités de ce match. Toujours est il qu’en l’état j’ai trouvé ça assez soporifique et ne suis sorti de ma léthargie qu’à un ou deux brefs moments. Et pour dire que le combat était d’une durée à peu près équivalente aux précédents avec dix minutes au compteur, il n’empêche qu’elles m’ont paru bien longue… Le mélange des genres ne m’a en tout cas pas ici semblé fonctionner, ce match étant pour moi clairement le moins bon de la soirée.

 

 

Le jiu-jitsu, ce sport merveilleux où le but est de faire un noeud avec les bras de l'adversaire.

 

 

 

SPECIAL TAG MATCH

Match par équipe classique.

 

 

Toru Yano & The Great Muta vs Minoru Suzuki & Shelton X Benjamin

 

 

Les équipes

 

Toru Yano et The Great Muta: le légendaire Keiji Muto revient lui aussi cette année mais sous sa gimmick de Great Muta. Là aussi le concernant sa réputation le précède, mais j’ai toutefois eu l’occasion de voir plusieurs de ses matchs sur le territoire américain. Concernant Yano s’il était là aussi l’an dernier je n’en ai en revanche aucun souvenir, en tout cas le mec a une très très sale gueule en vrai !

 

Minoru Suzuki et Shelton X Benjamin : comme pas mal d’autres dans ce show les deux hommes étaient présents lors de l’édition précédente, et si du japonais je ne me rappelle qu’un échange de baffes ma foi homérique c’est en revanche toujours un plaisir de retrouver l’ancien Shelty-B qui au passage a donc gagné un X dans son nom.

 

 

Avant le match

 

Suzuki et Benjamin font leur entrée sous une musique digne d’un générique d’anime des années 80, accompagnés au passage de Taka Michinoku et Taichi qu’on a vu plus tôt dans la soirée. Puis suit une des autres candidates au titre de meilleure entrée de la soirée avec celle du Great Muta et de Yano, qui apparaissent entourés de dragons traditionnels pour un rendu au visuel splendide, sous une douce musique traditionnelle et les rugissements de ces derniers, avec en prime l’annonceur complètement à fond dans sa présentation ! Et puis le costume de Muta sorti directement d’une série de sentai est vraiment top classe (d’ailleurs en comparaison Yano a vraiment un look à coucher dehors !).

 

 

Le power-ranger blanc sort de sa retraite, et ça va chier.

 

 

Le match

 

Muta, annonce littéralement la couleur d'entrée en crachant un Green Mist en l’air. Rien à voir avec le match précédent, on assiste direct à une série rapide de tentatives de prises de contact. La perspective d'un duel Shelton/Muta me réjouit, mais il ne se passe finalement pas grand-chose. Du moins jusqu’à ce que Yano rentre en jeu, et là ça part un peu en cacahuète avec un brawl général un peu brouillon à l’extérieur, avec une destruction collective de la part de Suzuki-gun, aidés de Michinoku et Taichi. La légende prend alors le contrôle des opérations avec quelques coups de chaise en prime, l’arbitre ne dit rien, ok, cool le catch au Japon ! Muta trouve quand même le temps de sauver une nouvelle fois son coéquipier d’une tentative de Neutralizer de Suzuki avec un joli shining wizard, avant de finalement cracher son Green Mist à la face de Suzuki, roll up de Yano, emballé c’est pesé. A noter qu’à la fin du match, lorsque Muta s’apprêtait à cracher son Green Mist, j’ai eu l’impression que celui qu’il visait était Yano (avec qui il semblait y avoir eu une friction quelques secondes plus tôt) qui a esquivé, le Green Mist touchant alors Suzuki et faisant au final l’affaire de l’équipe. Un peu bizarre donc, il y a peut-être un truc qui m’échappe. En tout cas Muta se retire sans demander son reste laissant Yano célébrer seul dans le ring.

 

 

Quand Muta fâché, lui toujours faire ainsi.

 

 

Sur le match

 

Muta est pour moi celui qui aura le plus brillé du match. Malgré son âge le mec est encore très capable, et a même semblé quasi intouchable lorsqu’il était impliqué ce soir. A côté de ça on a encore eu droit à quelques jolies séquences comme dans tous les matchs jusqu’ici, et au niveau du temps entre les cordes on reste dans la moyenne de la soirée avec onze minutes. Là aussi la durée me semble bonne, pas très longue mais ayant au moins permis au match de garder un certain rythme. Un peu déçu quand même de la prestation de Shelton dont j’attendais plus de coups d’éclats.

 

 

Et n'oubliez pas : lors des soirées trop arrosées, on gerbe par terre. PAS dans la gueule du mec à côté.

 

C’est l’heure de la pause pipi avec une publicité pour ce qui semblent être les prochains événements de la NJPW. Puis petit tour aux abords du ring avec la table des commentateurs et une nana qui semble être leur guest (certainement une idol à la mode parmi tant d’autres ou un truc du genre). S’en suivent quelques publicités pour des marques partenaires de la NJPW avec entre autre des cartes à la Yu-Gi-Oh ou des nouilles. Et puis l’annonce d’un film a priori nommé Pro Wrestling 3D. Ouais, des catcheurs en 3D au cinéma. Putain y a pas, les japonais sont vraiment en avance sur le reste du monde !

 

 

Devant le manque d'images de cette séquence, l'auteur vous propose une rediff de l'an dernier avec l'application calculatrice qui dit les chiffres avec la voix d'Antonio Inoki. Bientôt chez vous !

 

 

Enfin avant de reprendre les hostilités un nouveau petit live est joué, toujours sur une thématique traditionnelle. Tout aussi sympa que le morceau d’ouverture, mais maintenant que la vessie est vide et le second paquet de gâteaux ouvert il est temps de poursuivre avec le sixième match de la soirée.

 

 

KING OF DESTROYER MATCH

Match simple avec victoire uniquement par KO ou soumission.

 

 

Togi Makabe vs Bad Luck Fale

 

Les catcheurs

 

Togi Makabe : au rendez vous l’an passé, ce beau bébé porte une grosse chaîne autour du cou et m’a laissé le souvenir d’un catcheur assez violent et stiff. Un peu peur du coup de cette opposition avec un autre catcheur qui semble jouer dans le même registre. Ah et non je ne ferai aucun jeu de mot sur son nom. Faites le vous-même bande de faignants.

 

Bad Luck Fale : jamais vu ce monsieur présenté comme une bonne brute dans la vidéo pré match. Originaire des îles Tonga en Polynésie, ce big guy classique n’a toutefois pas l’air d’un franc déconneur, et est lui aussi affilié au Bullet Club décidément bien représenté ce soir.

 

 

Pourquoi Togi Makabe vient-il toujours chercher son café chez Starbucks ? Parce que c'est une chaîne.

 

 

Avant le match

 

Fale est le premier entrant avec une attitude de monster heel typique, lent et sur de lui. Il est suivi par Makabe, qui avance au ring chaîne autour du cou et l’air très décidé à en découdre.

 

Le match

 

A peine monté sur le ring Makabe se rue sur son adversaire, et commence alors un échange de coups bien basiques dont il sort vainqueur sous les vivas de la foule. Le big guy va alors chercher la chaîne de Makabe, début d'une période de souffrance pour le Gorille, lui à coups de samoan drop, de coups de coude et d’un camel clutch, mais il en redemande le bougre ! Mais alors que Fale tente d’aller chercher à nouveau la chaîne de Makabe, c’est ce dernier qui s’en empare avant de se l’enrouler autour du poing pour assommer le membre du Bullet Club. Acculé, ce dernier place un Razor's Edge, et va même jusqu’à tenter un diving headbutt de la troisième corde qui ne touche toutefois pas sa cible, mais ça reste toujours sympa de voir des grands gabarits se jeter dans le vide je trouve! Les deux hommes, au sol, sont comptés puis se retrouvent à l’extérieur où Fale piège son adversaire et l’allonge sur une table dressée un peu plus tôt, avant de parader fièrement. Makabe en profite alors pour se relever, choper Fale en powerbomb, et le passer au travers de la table. Seulement ce qui aurait dû être un des gros spots du match est un epic fail, le geste est complètement raté et il l’écrase bien trop loin, manquant de lui rompre le cou par terre. Franchement après ça j’ai cru que le combat était terminé. Mais le japonais n’en a cure et, constatant que Fale n’est pas mort, le ramène entre les cordes pour lui coller une dizaine de lariats dans le coin du ring, puis deux coups de genou de la troisième corde ! Ça sent la fin, les deux hommes sont comptés, mais Makabe se relève à l’aide des cordes alors qu’arrivé au compte de dix Fale est toujours à terre. Victoire par KO donc, et première défaite de la soirée pour le Bullet Club.

 

 

– Perché ?

– Non.

 

 

Sur le match

 

Quinze de minutes de combat pour un match en demie teinte que l’on pourra résumer essentiellement comme un brawl. C’était dans l’ensemble un peu lent, pas très finaud et pas toujours très beau, mais ça n’a malgré tout pas empêché de trouver de l’intensité par moment, particulièrement sur certains coups bien appuyés. Et puis c’était un peu la foire au lariats, et les lariats j’aime ça moi. On retiendra surtout de ce match le botch de la soirée avec la catastrophique powerbomb foirée de Makabe au travers de la table. Au moins Fale n’a pas fini le combat sur une civière, c’est déjà pas si mal.

 

– Putain les mecs mais vous êtes dingues ou quoi ?

– Rah, mais laisse-nous, tu vois pas qu'on est en train de se brawler ?

 

 

SPECIAL SINGLE MATCH

Match simple classique.

 

Hirooki Goto vs Katsuyori Shibata

 

Les catcheurs

 

Hirooki Goto : présent l’an passé mais il ne m’a pas laissé d’impression marquante. Je lui trouve un ptit air de Gérard Baste nippon. Vite fait hein. Et en plus balèze.

 

Katsuyori Shibata : un grand gaillard sobrement vêtu de noir, plutôt bien bâti mais qui me semble un peu moins impressionnant physiquement que son adversaire. Lui aussi à l’œuvre l’an passé, j’ai souvenir de son match comme ayant été assez pêchu et j’espère qu’il en sera de même ce soir.

 

 

Hop, un dropkick assez pêchu pour toi ! Bouge pas, je vais chercher un sac pour que tu puisse y mettre tes dents.

 

 

Avant le match

 

Shibata fait son entrée sous une musique assez cool et une grosse pop, et marche jusqu’au ring l’air très décidé. Le son live des tambours introduit ensuite Goto qui arrive suivi de moines (je crois !) et se dirige vers le ring après une prière, lui aussi semblant très concentré.

 

Le match

 

La cloche sonne et les choses sérieuses commencent avec une prise de pouvoir de Shibata qui domine d’abord son adversaire à coup de pieds avant de le prendre dans une prise en quatre. S’en suit d’ailleurs pendant cette prise une série de baffes de Goto sur son tortionnaire assez réjouissante. Les deux hommes entament ensuite un échange de coups en mode no sell, perso j’aime bien ce genre de moments et la foule semble apprécier aussi ! Shibata matraque son adversaire : gros impact visuel, surtout lors d’un magnifique dropkick sur son adversaire assis dans le coin. Il n’y aura aucun temps mort dans ce match ! Goto refait surface, et après un nouvel échange en mode « je sens que dalle » il couche Shibata d’un rolling lariat tonitruant. Et ça continue, back drop sur back drop, c’est totalement classe ! Le duel demeure très serré, jusqu’à une série de violents coups de pieds et de lariats pour une série de tombés et de comptes à un très speed échangés par les deux hommes. A noter démonstration de force incroyable de Goto, avec ce que je pensais d’abord être un running powerslam mais qui voit en fait le visage de Shibata s’écraser contre son genou dans un terrible impact, suivi d’une sorte de backbreaker modifié maintenu pour être porté deux fois de suite, puis d’une sorte de short power bomb/DDT. Les deux hommes sont à bout, ce qui vu le rythme effréné du match ne semble pas anormal. La guerre continue et après de nombreuses passes les deux hommes sont à genoux, face à face, et continuent malgré tout de s’en mettre plein la tronche. Goto donne alors tout ce qui lui reste avec une série de lariats par devant et par derrière, le dernier retournant littéralement son opposant. Il semble totalement en feu et emmène alors Shibata dans une de ses grosses prises précédentes qui du coup semble être son finisher… car cette fois s’en est bien fini de lui ! Les deux hommes restent allongés l’un à côté de l’autre un moment avant de se relever en se félicitant, Shibata levant même le bras de son adversaire au milieu du ring. Un beau geste pour conclure un incroyable combat et une action qui n’aura pas faibli une seule seconde.

 

 

Ils cognent vraiment comme des gonzesses, ces Japonais.

 

 

Sur le match

 

De l’action non stop sans aucun temps mort tout au long des quinze minutes offertes à ce combat, avec une intensité rare dans les coups portés et des passes d’armes faisant chaudement réagir le public. Difficile pour moi de départager la performance des deux hommes tant on a senti jusqu’au bout chez chacun l’envie de ne pas abandonner et de montrer sa supériorité à l’autre. Une belle image finale en prime pour ce match qui sera tout simplement pour moi le show stealer de la soirée. Eh ouais.

 

 

Eat. Sleep. Lariat. Repeat.

 

 

IWGP Jr HEAVYWEIGHT TITLE

Match simple pour le titre poids lourd Jr.

 

 

Prince Devitt vs Kota Ibushi

 

Les catcheurs

 

Prince Devitt : encore un participant à l’édition précédente, retrouvant au passage son adversaire d’alors. Sans me rappeler particulièrement de sa prestation je me souviens tout de même que c’était l’un des meilleurs matchs de la soirée (un triple threat incluant aussi Low Ki). Natif d’Irlande, Devitt est présenté comme membre du Bullet Club et semble même en être le leader, c’est du moins l’impression que donne les images de la vidéo pré combat. A noter que dans cette même vidéo on le voit arborer une veste façon sapin de noël et qu’il est présenté en tant que « Real Rockn Rolla », de là à y voir une sorte de filiation avec Y2J il n’y a qu’un pas que je me garderais toutefois de franchir ! En tout cas le mec est un sérieux client.

 

N'oubliez jamais de porter votre gilet fluorescent si vous rentrez de boîte à 5 heures du mat', bourré, sur une route pas éclairée.

 

 

Kota Ibushi : le japonais, fusion entre un membre de boys band local et de Iori Yagami de King of Fighters, est présenté comme une sorte de John Morrison, très bondissant et athlétique, et retrouve donc Devitt cette année. Le bonhomme ne m’a pas marqué non plus mais le bon souvenir général du match de l’an passé me laisse espérer qu’il en sera de même ce soir.

 

Avant le match

 

Ibushi fait une entrée bondissante façon Mysterio d’antan, sous une bonne pop. Mais son entrée reste très classique en comparaison de celle qui suit. Là encore on a droit a une chouette mise en scène avec une bande de mecs masqués et encapuchonnés amenant et dressant un cercueil en haut de la rampe, duquel Devitt sort grimé en démon avec un maquillage visage/corps vraiment très réussi. Il marche alors jusqu’au ring, ceinture à la main et visage fermé, dans une démarche lente et syncopée, zombie style. Le rendu est vraiment excellent. A noter que tout le Bullet Club semble être présent autour du ring, mauvaise nouvelle pour Ibushi…

 

 

Devine qui vient te violer !

 

 

Le match

 

Devitt semble très concentré et commence par malmener un Ibushi qui ne s’en laisse pas compter pour autant, avant de voir la première intervention (attendue) du Bullet Club qui tente de distraire le japonais qui semble sur ses gardes, mais n'empêche pas un premier passage à tabac du gang. L’arbitre refuse d’ailleurs de compter le premier tombé, voyant bien que Ibushi ne s’est pas assommé tout seul, ce qui n’empêche pas Devitt de garder le contrôle du match.  Pourtant, Ibushi parvient à éjecter l’irlandais dehors d’un dropkick tout raté ring avant de se rattraper avec un joli corkscrew moonsault sur tout le Bullet Club à l’extérieur ! Une énième intervention de Doc Gallows finira par faire craquer l'officiel : l'arbitre renvoie tout le Bullet Cub au vestiaire, rééquilibrant enfin les choses. Ceci dit Devitt ne se démonte pas et écrase son adversaire dans une barrière d’un monstrueux dropkick, avant de le ramener dans le ring et de lui sauter à pied joint sur la nuque de la troisième corde ! Mais le japonais résiste à tous les tombés, la foule l’encourage et à force de contres il commence à revenir avec notamment une combinaison german suplex / lariat qui terrasse littéralement son opposant. Il enchaîne alors avec une énorme sit down power bomb pour le tombé et, voyant que ce n’est pas suffisant, passe la couche finale avec un magnifique phoenix splash pour la victoire. Deuxième défaite du Bullet Club et changement de propriétaire pour la ceinture, mais la célébration sera toutefois de courte durée pour le nouveau titré, un mec masqué en costard et étui de guitare à la main faisant très vite son apparition et provoquant d’ailleurs un grand silence dans le public, tout aussi interloqué que Ibushi. Le luchador (j’ai entendu le nom d’El Desperado) lui offre alors un bouquet de roses noires avant de s’en aller, les caméras braquées sur lui. Sûrement un personnage important d’une story line à venir, mais c’est un peu dommage qu’au final il vole le spotlight de la victoire d’Ibushi après ce bon match.

 

Batista bomb et 450° splash. Dans le même match, par le même catcheur.

 

Sur le match

 

Seize minutes au compteur de ce combat, avec deux catcheurs bien en place et efficaces chacun dans leur style . Si l’histoire contée ici est celle classique du face seul contre tous qui triomphe de tous les bad guys à la fin, elle fut malgré tout bien narrée et agréable à suivre, avec ce qu’il fallait de fourberies et de spots impressionnants. Le public a bien suivi Ibushi, et j’ai quant à moi apprécié que Devitt, extrêmement dominateur lorsque son gang est aux abords du ring, ne devienne pas d’un coup inefficace une fois ses hommes évacués. Coup de chapeau au passage au mec qui a réalisé le maquillage de l’irlandais, non seulement son travail était vraiment très réussi mais en plus il a tenu tout le combat sans même s’effacer ! Quand on voit le maquillage d’un Goldust qui tient à peine cinq minutes, moi je dis bravo.

 

Je… ne vois pas le rapport.

 

 

 

DOUBLE MAIN EVENT: IWGP HEAVYWEIGHT TITLE

Match simple classique pour le titre poids lourd.

 

 

Kazuchika Okada vs Tetsuya Naito

 

Les catcheurs

 

Kazuchika Okada : déjà en main event l’an dernier, celui qu’on appelle le Rain Maker (on comprend mieux pourquoi lors de son entrée) n’est toutefois plus le challenger mais le champion en titre. Là aussi si je ne me rappelle pas précisément du bonhomme je me souviens d’un match de haute volée, et une chose est sûre, pour sortir ce genre de match il faut assurément du niveau !

 

Tetsuya Naito : pour le coup je ne l’ai jamais vu et ne connais pas son style, mais le fait qu’il soit en main event me laisse évidemment espérer du bon quant à ses compétences.

 

 

Le plus chiant avec les lentilles de contact, c'est de les mettre sans se ruiner l'oeil.

 

 

Avant le match

 

On a d’abord droit à un petit récapitulatif des différents possesseurs passés du titre avant que Naito ne fasse son entrée, somme toute assez sobre en comparaison de son adversaire. Okada se présente en effet sous une pluie de billets tombant sur la salle, bling-bling autour du coup, son titre à la taille, et visiblement plutôt confiant. Les deux hommes se défient ensuite front contre front au milieu du ring pour savoir qui a la plus grosse.

 

 

On sait déjà qui a la plus grosse ceinture, en tout cas.

 

 

Le match

 

La foule donne de la voix alors que le match démarre assez doucement avec pas mal de clés et d’élongations prolongées. Okada garde au début du combat la main avec un travail de sape méthodique, prenant bien son temps tout en ne ratant pas une occasion de moquer son adversaire. Naito parvient enfin à se sortir du bourbier capitalisant sur une erreur de son adversaire, commençant alors à l’assommer à coups d’avant bras et de dropkicks avant de l’étrangler dans le coin. La foule le hue d’ailleurs copieusement à ce moment là, ce qui me surprend un peu vu son alignement à priori plutôt face. Le combat se poursuit à l’extérieur avec une tentative de tombstone de Okada contré en un magnifique swinging DDT direct sur la rampe. Après une petite reprise de souffle de part, nouveau spot avec un DDT façon d'Okada façon Orton bien percutant du tablier. Naito est compté, pendant que le Rain Maker l’attend sur le ring, lui balançant même sa coudière à la tête pour l’inciter à remonter plus vite. Remontée pénible mais il fini par retrouver un peu de lucidité et coince son adversaire dans une soumission qui, à entendre les commentateurs hurler le nom (que je n’ai pas compris), semblait être un signature move. Okada, rincé, s’en sort pour reprendre ensuite la main et, après un nouveau DDT (que Naito sell vraiment bien au passage), enferme le challenger dans une sorte de STF qu’il a du mal à tenir, son épaule semblant le faire souffrir. L’avantage repasse plusieurs fois de l’un à l’autre jusqu’à ce que Naito commence à s’énerver à force de voir son concurrent résister à ses tombés, mais manque son finisher, sous les murmures déçus du public. Les deux hommes, à genou entament un échange de coups tout en se relevant lentement. Coups d’avant bras, manchettes, headbutts, et c’est Okada qui prend l’avantage, finissant par dominer totalement et contrant toutes les attaques, avant de conclure l’affaire d’un double tombstone suivi d’un lariat qui couche définitivement son adversaire. Naito restera d’ailleurs un bon moment au tapis pendant que Okada célèbre sa victoire.

 

 

C'est con, l'Undetaker ne voit ce gif que maintenant. A quoi ça tient, une streak…

 

 

Sur le match

 

Ce fut un véritable match de main event très disputé, avec des périodes de dominations partagées même si malgré sa défaite Okada m’a quand même paru un cran au dessus de son adversaire. Si le premier tiers du combat est un peu lent l’action s’intensifie toutefois graduellement et de façon homogène pendant les trente et une minutes de ce combat très solide, avec une fois de plus de très beaux gestes et de l’intensité entre les cordes. A noter que la foule m’a semblé vraiment partagée tout au long de l’empoignade, les deux lutteurs déclenchant de sacrées acclamations et ajoutant à l’incertitude du résultat final.

 

 

DOUBLE MAIN EVENT : IWGP INTERCONTINENTAL TITLE

Match simple classique pour le titre intercontinental.

 

 

Shinsuke Nakamura vs Hiroshi Tanahashi

 

 

Les catcheurs

 

Shinsuke Nakamura : déjà aux affaires l’an dernier et déjà possesseur du titre qu’il avait défendu avec succès, je me rappelle grosso modo d’un mec au look et à la gestuelle assez spéciale, mais plus particulièrement de son match vraiment intense et disputé. Inutile de dire que c’est tout ce que j’attends du champion en titre pour ce dernier match de la soirée.

 

Hiroshi Tanahashi : lui aussi présent dans le double main event de l’an passé (face à Kazuchika Okada qu’on a vu juste avant), le mec est adepte de l’air guitar, a un peu une tête à claque, et une coupe de cheveux qui n’a pas de sens. Mais là aussi je garde surtout en mémoire un duel de grande qualité et suis donc confiant quant à sa capacité à le voir sortir un très beau match ce soir.

 

Avant le match

 

On a déjà eu quelques entrées bien spectaculaires tout au long du show, pour la fin il fallait évidemment du lourd. Celle de Tanahashi est jouée en live par rien de moins que Marty Friedman, guitariste de Megadeth. Ouais c’est oldchool mais dans oldschool y a cool (pas dans cet ordre mais qu’importe). C’est parti donc pour un petit solo de Friedman, vite rejoint par Tanahashi et sa air guitar le temps d’un petit duo rigolo. Entrée très sympa en tout cas, mais Nakamura a de quoi faire aussi. Lui c’est nana sur l’épaule et ceinture à la taille qu’il fait son arrivée, entouré de pole danseuses dans une bonne ambiance très strip club. Pas de problème ça fait son ptit effet, après faut aussi avouer que le mec a vraiment un style disons particulier…

 

 

 

 

Le match

 

Tout comme le match précédent on est en principe parti pour une bonne demie heure de combat et les choses commencent donc doucement, les deux adversaires se jaugeant l’un l’autre. Nakamura semble très nonchalant et prend son temps, tentant même un tombé à peine appuyé. Il gère en tout cas son adversaire de la meilleure des manières, entre contres et provocations. Tanahashi se remet toutefois en selle attaque à plusieurs reprises le genou de son adversaire, le coinçant entre autre dans un texas cloverleaf malheureusement pour lui un peu près des cordes. L’avantage change à nouveau de camps et Nakamura martyrise le challenger à coup de multiples coups de genoux, de face, de dos, dans le coin, ou encore allongé sur le tablier (pour un coup en pleine tête qui fait bien réagir la foule). Mais à la suite d'une énième descente du genou esquivée, Tanahashi revient tel un pitbull attaquer le genou de Nakamura. Ce dernier réagit alors en attrapant son opposant en triangle choke, mais Tanahashi parvient à retourner la prise en texas cloverleaf lors d’une excellente séquence. Le champion, très agressif (un violent coup de genou dans la nuque de Tanahashi est remontré en replay), s'en sort, et garde le rythme, mais ça ne suffit pas puisque le challenger répond par une full nelson suplex avec ponté vraiment magnifique, puis, sans perdre un instant, monte ensuite sur le turnbuckle pour un frog splash parfaitement exécuté. Mais Nakamura résiste au tombé, sous les cris de la foule électrisée, et colle encore son genou par deux fois en pleine tête de son adversaire.

 

 

…qui n'a rien vu venir.

 

 

La troisième volée est contrée par Tanahashi qui attaque à nouveau le genou blessé de son adversaire, le prenant encore une fois dans son texas cloverleaf qui le plie littéralement dans le mauvais sens. Décidé à en finir il l’envoie face première au sol en modifiant sa soumission en une sorte de Neutralizer, avant de monter à nouveau sur le coin du ring. Il s’élance alors en crossbody sur un Nakamura agenouillé devant lui, puis bondi à nouveau sur le turnbuckle pour un ultime frog splash qui lui offre la victoire. Tanahashi se voit ensuite remettre le titre pendant que Nakamura repart légèrement contrarié. Le public applaudit longuement et le show se conclut avec Friedman qui revient pour un duo guitare/air guitar avec le désormais nouveau champion.

 

 

Tana wins ! Quelle surprise !

 

 

Sur le match

 

Ce deuxième main event aura tenu ses promesses avec une qualité indéniable dans ce qu’on a pu y voir. Je m’attendais à un combat débordant un peu la demie heure mais, s’il aura été tout compte fait à peine plus court avec vingt quatre minutes d’action au chrono, on reste toutefois dans la moyenne haute. J’ai vraiment beaucoup aimé la partition des deux hommes, Nakamura étant un vrai personnage atypique dans son attitude et très agressif (nan mais ces coups de genoux quoi !), là où Tanahashi est quant à lui montré comme volontaire et résistant. En tout cas le combat fut très agréable à suivre, serré et indécis jusqu’au bout, avec une foule bien réactive. Et puis pour la forme un titre intercontinental défendu en main event c’est juste excellent quoi!

 

 

Le British Bulldog approuve ce message.

 

 

C’est ainsi que s’achève cette édition annuelle de Wrestle Kingdom. Mon constat final est carrément positif, avec le sentiment général d’avoir passé un très bon moment. La carte m’a semblé être composée intelligemment avec trois bons matchs pour débuter, suivis de trois un peu en deçà, et de quatre excellents pour finir, le tout avec un show stealer en plein milieu. Les lutteurs et la qualité in ring étaient d’un niveau général vraiment très bon, certaines entrées étaient particulièrement originales et réussies, et même les parties musicales live furent très sympa. On peut aussi noter de nombreux changements de titres et donc de nouveaux champions lors du show, avec pas moins de quatre ceintures sur six qui changent de propriétaires. Pour ce qui est du temps passé entre les cordes il s’élève à très exactement 150 minutes, ce qui me semble très satisfaisant. Et puis il y a bien entendu toutes ces petites choses qui caractérisent le catch japonais et qui participent aussi à l’ensemble, que ce soit le public et sa façon de réagir assez différente des spectateurs américains, la présence assez marquée des photographes et cameramen autour du ring, les commentateurs qui s’enflamment, ou encore le style in ring plus stiff que ce qu’on peut avoir l’habitude de voir. A titre personnel je pense aussi que le fait de ne pas ou peu connaître les combattants m’a certainement permis d’apprécier davantage certains mouvements et séquences lors des matchs, peut-être plus que si je les connaissais par cœur.

 

 

Et puis regarder le PPV en bonne compagnie aide carrément !

 

 

Quoi qu’il en soit les petits plats ont bien été mis dans les grands pour un show d’une grande qualité globale dans son ensemble, et c’est certainement avec plaisir que je retournerais en ce royaume du catch nippon pour l’édition 2015 !

 

 

Et un grand merci à Senor Lariato pour les gifs !

 

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