Catch

Variation sur le même thème

– It’s a 106 miles to Chicago, we’ve got a full tank of gas, half a packet of cigarettes, it’s dark and we’re wearing sunglasses.

– Hit it.

Elwood et Jake Blues, The Blues Brothers

 

La deuxième édition de Payback se déroulait dans la même salle que l'année dernière, toujours dans cette belle ville de Chicago. Hasard du calendrier, c'est également votre serviteur qui avait déjà chroniqué le pay-per-view de la vengeance la dernière fois. On ne change pas une équipe qui gagne, on dirait !

 

 

Exactement !

 

 

Nalyse de Payback

 

 

Bon, je propose qu'on parle tout de suite du kickoff, histoire d'évacuer le traumatisme au plus vite. El Torito et Hornswoggle ont donc eu droit à leur match revanche, et la rivalité est tellement intense qu'on a eu le "bonheur" d'assister à un match avec pour enjeu le masque du taureau ou la chevelure du rocker. Ça donne envie, n'est-ce pas ? Curieusement, le combat entre les deux nains et leurs amis (les Matadores et les 3MB étant bien entendu de la partie) était de meilleure qualité que leur affrontement précédent. J'ai sans doute préféré cette revanche dans le sens où ce match a été moins comique dans le sens grand guignol du terme je pense, même si on n'a pas échappé au moment où le heel enlève le masque du babyface en plein match et pense avoir gagné alors que non seulement ce n'est pas comme ça que c'est censé se produire (tu gagnes normalement, et seulement après tu démasques ton rival, crétin), mais en plus le babyface, qui est toujours très malin, a pris soin de mettre deux masques, protégeant son visage difforme malgré l'assaut de son ennemi juré. Et comme prévu, après ce coup de théâtre vieux comme Hérode, c'est Hornswoggle qui a perdu le match et ses cheveux. Ha ha ha, que c'est amusant. Bon, passons au vrai spectacle à présent, voulez-vous ?

 

 

Soudain, Primo repensa à l'époque où il était champion par équipes. C'est décidé : ce soir, il va se bourrer la gueule pour oublier le jour où il a accepté de devenir le valet d'un nain déguisé en taureau.

 

 

Commençons avec les moments qui étaient intéressants, mais qui avaient plus leur place dans un épisode de Raw plutôt que dans un pay-per-view. Je fais notamment allusion aux deux matchs non annoncés sur la carte officielle et qui ont eu lieu dimanche. Et non, pas de duel entre Adam Rose et Jack Swagger, comme quoi ça ne sert pas forcément à grand-chose de jouer les Nostradamus. Le premier duel inattendu de la soirée opposait les frères Rhodes au duo Rybaxel. Autant ça doit faire énormément plaisir à Curtis Axel et à Ryback de bosser un soir de pay-per-view, autant personnellement ils n'étaient pas exactement les hommes dont je déplorais l'absence un dimanche soir à la WWE.

 

Le combat, comme vous vous en doutez, n'a rien eu d'exceptionnel ni de honteux, et s'est déroulé de la plus classique des manières, avec Goldust dans le rôle du gentil qui se fait exploser par les deux méchants et un Cody à la rescousse une fois le changement effectué. Mais ce soir, Ryback fut le plus fort, aussi étonnant que cela puisse paraître, et le benêt au bonnet remporta le combat. Fort heureusement, il n'y a pas à voir dans cette victoire de Rybaxel un quelconque signe de push futur : c'était en réalité l'occasion pour un Cody Rhodes très affecté par sa défaite (et on le comprend) de rompre son association avec son frère en déclarant : "tu mérites bien mieux que moi comme équipier, alors je te quitte." Voilà un rebondissement très malin, qui permet de séparer les frères Rhodes de façon originale. Pour une fois, on évite le turn d'un des deux partenaires qui trahit l'autre pour lancer une rivalité, comme les Prime Time Players pour donner l'exemple le plus récent. Reste à savoir ce qu'il va advenir des frères Rhodes maintenant. Personnellement, je vois bien Cody tenter sa chance pour la mallette du Money In The Bank pendant que Goldust se cherchera un nouveau co-équipier pour anéantir Rybaxel…

 

 

– Prends-moi dans ton équipe Goldust, je t'en supplie !

– C'est impossible, voyons, tu es mon ennemi ! Tu dois rester avec Curtis Axel !

– NOOOOOOOOOOOOOOON !

 

 

L'autre match que j'aurais préféré voir débarquer à Raw et qui manquait d'ampleur pour mériter sa place en pay-per-view, c'est celui de ce pauvre Kofi Kingston. Gentil Ghana avait pourtant commencé sa soirée peinard, en tant que membre du traditionnel panel d'experts que la WWE met en place à chaque pay-per-view pour justifier le salaire de gens comme Alex Riley. Quand soudain, peu après le rasage du crâne de Hornswoggle, Booker T annonça à Kofi qu'il venait de recevoir un message l'informant que Kingston devrait combattre ce soir. Coup de bol, Kofi a toujours sa panoplie avec lui quand il voyage, donc il pourra faire ce match sans souci. Pas de bol, il devra affronter Bo Dallas.

 

Dit comme ça, l'affiche ne fait pas rêver, mais il y a pire : ce match n'a jamais eu lieu, finalement. Bo a fait son entrée dans l'indifférence générale, Kofi a débarqué avec l'énergie qui le caractérise… Mais avant même que le combat commence, Kane s'est invité à la fête et s'en est pris à un Kingston qui devait se demander ce qu'il faisait dans cette galère, alors que Bo trouva refuge aux abords du ring en tâchant de ne pas attirer l'attention du démon favori de Satan. Kane colla un Chokeslam et un Tombstone Piledriver à Kofi pour faire bonne mesure, fit joujou avec le feu aux coins du ring avant de s'en aller, sans un mot d'explication. Le danger passé, Bo remonta le moral de son adversaire du soir à sa manière, en lui disant qu'il n'avait qu'à bolieve pour guérir au plus vite et devenir aussi fort que lui. Le segment se termina ainsi, et je n'avais qu'une question aux lèvres : pourquoi ? Pourquoi faire d'un non-match de bas de carte un segment de pay-per-view, alors qu'il n'apporte rien de plus au personnage de Bo Dallas ? Mais surtout, pourquoi faire intervenir Kane là-dedans ? Pourquoi a-t-il attaqué Kofi mais pas Bo ? Est-il un boliever ? Clairement, on a là le moment le plus inutile et idiot de la soirée.

 

 

Mieux que le catcheur qui ne gagne que par décompte à l'extérieur, la WWE vous propose le catcheur qui gagne ses matchs par procuration !

 

 

Mais il n'y avait pas que ces deux segments surprise qui auraient été plus à leur place à Raw, il y avait aussi le combat entre Rusev et Big E, qui a été, comme on s'y attendait, aussi passionnant qu'un match de curling. J'ai beau bien aimer le côté vintage de cette rivalité sortie des années 80 et son ambiance Guerre Froide entre le méchant soviétique joué par le Bulgare résidant en Russie et le gentil héros américain interprété par un Big E plus bas du front que jamais (on dirait le porte-drapeau des Special Olympics parrainés par la WWE quand il agite frénétiquement la bannière étoilée en arrivant sur le ring), force est de constater que sur le ring, on s'ennuie ferme. L'ex-Langston a depuis longtemps montré qu'il n'avait pas les moyens de faire bien mieux que ce qu'on a déjà vu jusqu'à présent, quant à Rusev, son absence de charisme chronique lui présage un avenir de chômeur d'ici la fin de l'année. Reste l'hypnotique Lana, qui porte si bien le tailleur que par moments j'en venais à oublier qu'il y avait un match pendant ce temps… Parce que sur le ring, c'était comme d'habitude : échanges de grosses baffes, puis Accolade, et victoire du méchant. Il n'y a qu'une seule question à se poser au sujet de cette rivalité : qui va finalement vaincre Rusev et le renvoyer au goulag ?

 

 

Voilà comment on porte un drapeau.

 

 

Voilà comment on passe pour un demeuré.

 

 

Chez les Divas aussi, les jours se suivent et se ressemblent. Comme prévu, Paige a conservé son titre au papillon contre Alicia Fox grâce à son superbe Scorpion Lock. La perdante a évidemment pété les plombs après le match et a quitté l'arène comme une furie, intimant au public l'ordre de faire silence comme le premier Damien Sandow venu. Cependant, je dois avouer avoir été un peu déçu par le match en lui-même, dont j'attendais plus. Ce n'est pas que l'affrontement fut mauvais, mais il manquait selon moi un peu de rythme, de fluidité et d'intensité pour vraiment m'emballer. Il est dommage de se dire que les meilleurs duels entre la championne actuelle et la renarde ont eu lieu dans un show confidentiel comme Main Event, preuve qu'elles peuvent faire du bon boulot, et que les deux femmes se contentent d'une copie assez moyenne en pay-per-view. Mais la rivalité ne semble pas terminée, alors espérons que Paige et Fox auront une autre chance de montrer au plus grand nombre ce qu'elles valent vraiment à Money In The Bank. Une solution pour donner également plus d'intérêt à la rivalité serait également peut-être de confier le micro à Paige, maintenant que la personnalité de sa rivale Alicia est bien établie. Il n'y a pas de secret : pour qu'une rivalité marche, il faut certes du bon niveau sur le ring, mais il faut aussi une histoire qui puisse attirer l'attention du public. Pour l'instant, ça manque un peu, hélas.

 

 

– Accepte ta défaite Alicia, il est temps pour toi de… tourner la page !

– Non seulement ton jeu de mots est nul, mais en plus ce n'est pas le Paige Turner, mais le Scorpion Lock que tu es en train de faire ! Et tu t'étonnes de ne pas avoir droit au micro comme AJ, sérieux ?

 

 

Tant qu'on parle des ceintures de champion, penchons-nous (mais pas trop, sinon vous allez tomber) sur le titre Intercontinental. Le tenant du titre, Wade "Bad News" Barrett, affrontait Rob Van Dam, inexplicable vainqueur d'un défi contre la montre qui aurait eu plus de gueule s'il avait été remporté par Dolph Ziggler. Barrett revient de loin, mais je suis content de voir que son personnage d'annonceur de mauvaises nouvelles commence à prendre. Quant à l'homme aux grenouillères dégueulasses, j'attends avec impatience le moment où il quittera les rings de la WWE pour rejoindre le casting de Legends' House, là où est sa vraie place. Le combat entre le champion et son challenger fut malgré tout assez bon sans être inoubliable, et s'est fort heureusement conclu par la victoire de l'Anglais une fois que ce dernier retourna sa protection au coude pour administrer son Bullhammer. C'est une bonne chose d'avoir fait de Barrett un champion, mais il lui manque ce qui lui faisait déjà défaut lors de son règne précédent : une bonne rivalité mettant en valeur ses qualités au micro et sur le ring. Et c'est pour cela que je regrette que ce ne soit pas Dolph Ziggler qui ait remporté le contre-la-montre qui a mené Van Dam à Chicago ce soir. Espérons que ce ne soit que partie remise, pourquoi pas à la fin du mois pour le prochain pay-per-view.

 

 

– Je suis dégoûté de devoir me barrer…

– Ne le sois pas, Rob, après tout, les mauvaises nouvelles des uns sont les bonnes nouvelles des autres !

 

 

Du côté du titre de champion des États-Unis, l'affiche (qui était le match d'ouverture de la soirée) était déjà plus alléchante, car réunissant le sympathique Sheamus, toujours partant pour une bonne baston, et le formidable Cesaro, toujours incapable de faire un mauvais match. Le Superman suisse était bien entendu accompagné de son agent Paul "saviez-vous que Brock Lesnar a vaincu l'Undertaker à Wrestlemania ?" Heyman, qui a parfaitement su retourner le public de Chicago contre lui, évoquant à demi-mot l'absence de qui vous savez, le Second City Saint préférant selon Heyman voir l'équipe locale de hockey perdre son match plutôt que d'être vu avec ces losers que sont les fans de catch de Chicago. Habile, mais pouvait-on s'attendre à moins de la part d'un orateur du niveau de Paul Heyman ?

 

Le combat entre le celte et l'helvète fut très réjouissant, Sheamus montrant d'entrée de jeu une agressivité qui donna du tonus au combat, bien que Cesaro fut loin d'être en reste de ce point de vue. Car si l'albinos irlandais faisait parler toute sa puissance en déroulant son arsenal avec une force incroyable, le roi du swing lui rendit la pareille avec majesté, faisant pleuvoir les uppercuts à l'européenne à foison et rendant coup pour coup. Ce fut le combat le plus indécis de la soirée tant les deux adversaires firent jeu égal, se dépensant sans compter et chacun d'eux enchaînant les comptes de "simplement deeeeeux" sur des attaques qui semblaient pourtant à chaque fois décisives. Cesaro a notamment brillamment esquivé un Brogue Kick sans cela fatal, ainsi qu'un White Noise qui aurait pu lui coûter cher. C'est justement parce que ce match était d'une intensité folle et parce qu'il avait un rythme d'enfer que je suis finalement assez déçu de sa conclusion, qui voit Sheamus l'emporter sur un pauvre petit paquet peu après avoir subi le Giant Swing de Cesaro. Certes, ça peut s'expliquer par le niveau équivalent des deux hommes, qui fait que la moindre erreur de concentration, aussi minime soit-elle, a suffi pour faire pencher la balance du côté de l'Irlandais, mais ça m'a un peu coupé dans mon élan. Du coup, j'espère que la rivalité continuera et que Cesaro aura sa revanche, parce que malgré ce final, des matchs aussi bons, j'en veux encore, d'autant que cela redonne du lustre à un titre secondaire qui en a bien besoin !

 

 

Shoryuken !

 

 

En ce qui concerne le titre suprême, comme vous le savez, il n'a pas été défendu ce soir, mais Daniel Bryan était bien présent, pour répondre à l'ultimatum de Stephanie McMahon. Le choix était aussi simple que cornélien pour le champion : soit il rendait son titre, vu qu'il n'est plus en état de le défendre en ce moment, soit son épouse Brie Bella se faisait virer par la Billionaire Princess, la sœur de Nikki ayant eu l'outrecuidance de lever la main sur sa patronne… en la poussant légèrement.

 

 

Ouais, ben ça fait vachement mal, je vous ferai dire !

 

 

Bon, on ne va pas se mentir, ce dilemme ressemblait au problème du nœud gordien uniquement aux yeux de Daniel Bryan. Pour nous autres, voir l'une des stars de Total Divas plier bagage ne risquait pas d'être un déchirement, et Major Tom a brûlé je ne sais combien de cierges pour que son Dany chéri reste champion pour l'éternité des temps. Toujours est-il que Bryan, sa femme et Stephanie McMahon sont donc venus sur le ring à la mi-temps de Payback, afin de résoudre cette situation. On notera que Steph a habilement canalisé les chants du public réclamant vous savez qui, se servant de cette ferveur pour déclarer à Bryan que la meilleure chose qu'il avait à faire était de satisfaire ses fans en suivant l'exemple de Phil de Chicago en démissionnant. Bien joué, Steph, voilà qui a remis les pendules à l'heure et redirigé l'attention d'un public distrait sur l'histoire que le couple princier des fans et la princesse de la WWE étaient venus raconter.

 

Or donc, qu'allait donc faire Daniel Bryan ? Déciderait-il de conserver son titre de champion acquis de longue lutte, son rêve de toujours, au détriment de la carrière de sa bien-aimée ? Ferait-il passer l'amour qu'il a pour Brie avant tout, et céder au chantage de Steph, en se disant qu'il pourrait reconquérir le titre plus tard ? Le salut est finalement venu de celle qu'on attendait le moins, c'est-à-dire de Brie, justement. Alors que Bryan semblait sur le point de céder, sa moitié prit le micro et se retira de l'équation retorse conçue par Stephanie, en démissionnant, ce qui non seulement permit à son mari de conserver son titre de champion sans avoir à céder à la pression patronale, mais également de gifler une Steph totalement choquée par cette surprise. Car oui, apparemment, on n'a pas le droit ne serait-ce que de bousculer son patron, mais une fois viré on peut le taper sans aucune conséquence légale. C'est beau, le monde de la WWE, non ? Blague à part, cette démission kayfabe est un très bon rebondissement qui permet de conserver de l'intérêt autour de Bryan malgré son état physique tout en maintenant le statu quo pour que le champion garde les ceintures en attendant son prochain match à Money In The Bank. De plus, même si avec le recul tout cela semblait être la seule solution logique des plus évidentes, ce segment montre que nous avons tous sous-estimés le rôle de Brie dans cette affaire, car personne n'a évoqué cette possibilité avant, comme le dernier épisode de Feud of the Year peut vous le prouver. Finalement, on peut juste trouver curieux que ce segment ait eu lieu lors d'un pay-per-view et non pas à Raw, mais on peut comprendre que les bookers ont préféré exposer un chouchou des smarts comme Bryan à Chicago pour calmer les ardeurs d'un public de l'Illinois très exigeant, même blessé, plutôt que de faire l'impasse et risquer de provoquer la colère des spectateurs qui auraient été privés de leur champion (je parle toujours de Bryan, mais pas que) tout en devant se coltiner un John Cena qu'ils exècrent dans l'un des deux derniers matchs de la soirée.

 

 

– Tu as vu chéri comme les gens m'acclament ?

– Oui ma puce, démissionner est sans aucun doute la chose la plus géniale que tu aies faite pour eux de toute ta carrière !

– En fait, je ne sais pas trop comment le prendre…

 

 

Car John Cena était bien sûr là pour en finir avec la famille Wyatt, décidé à montrer à Bray que le Bien triomphe toujours du Mal dans un Last Man Standing. Les choses s'annonçaient mal pour le Marine, car dans la pratique la stipulation le mettait aux prises avec les trois affreux du bayou. Fort heureusement, Johnny put compter sur l'aide de Jimmy et Jey Uso, venus donner un coup de main à leur pote pour rééquilibrer les débats. Les jumeaux occupant Harper et Rowan, Cena pouvait se focaliser sur Bray Wyatt. Comme souvent dans ce genre de stipulation sans disqualification, tout ce qui pouvait tomber sous la main des combattants fut utilisé comme armes : chaises, bâtons, escaliers de métal… Même la kryptonite de Cena, les tables, furent de la partie ! D'ailleurs, ça n'a pas loupé, et le Marine est passé à travers l'une d'elles. Mais il sut se montrer redoutable, notamment avec un super lancer d'escalier en pleine poire de Wyatt qui me réjouit au plus haut point !

 

 

– Headshot ! J'ai gagné !

– Eh non John, la tête n'est pas une zone sensible chez moi, ton attaque n'a eu aucun effet !

– Damn !

 

 

Pendant l'affrontement, on remarquera également un couac qui m'a un peu sorti du match, quand Rowan, Harper et les jumeaux refirent surface et amenant le chaos sur le ring, si bien que l'arbitre oublier la raison de sa présence et profita un peu trop du spectacle, autorisant ainsi Bray à roupiller pendant cinq bonnes minutes, ce qui aurait dû conclure le match bien plus tôt que prévu. Mais au lieu de cela, le gourou a eu le temps de récupérer et de mener un nouvel assaut sur Cena une fois les sbires des deux camps à nouveau hors-jeu. Fort heureusement, John prit malgré tout le dessus, et après un passage dans le public et à travers la console gérant les feux d'artifice, Cena finit par dominer Wyatt et par lui administrer un Attitude Adjustment à travers une malle. Le paladin de la WWE recouvrit celle-ci d'une autre malle histoire que Bray soit définitivement piégé, et l'arbitre fit enfin son boulot et compta jusqu'à dix, offrant la victoire finale à Cena.

 

 

– On peut dire que je suis le roi de la mise en boîte !

– Putain, John, mais qui écrit vos répliques à la fin ? C'est plus possible !

– Bastoune, pourquoi ?

 

 

Ainsi se conclut la rivalité. Cena n'a finalement pas tremblé, et restera encore longtemps le gardien de tout ce qui est juste dans le royaume de la WWE. Bray Wyatt, vaincu, retournera à son marais avec ses larbins, cette défaite illustrant parfaitement ce qu'il est depuis son arrivée à la WWE : un échec. Depuis le début, Bray Wyatt et sa famille n'ont strictement rien accompli, et on ne retiendra de lui qu'une musique d'entrée super cool, une lampe électrique qui s'éteint en soufflant, un mec qui essaie de marcher la tête à l'envers sans jamais y parvenir et des sous-fifres inutiles. Et je ne parle même pas des enlèvements qui n'ont jamais servi à rien, quand ils étaient réussis… Bray, Luke, Erick, il est temps de retourner dans les ténèbres que vous n'auriez jamais dû quitter, et de ne jamais revenir. Merci d'avance.

 

 

OK, je m'en vais… Mais si vous avez besoin de nous, we're here.

 

 

Heureusement, à la WWE, il y a aussi des réussites incroyables, comme le Shield ! Le trio composé de Dean Ambrose, Seth Rollins et Roman Reigns était une nouvelle fois opposé à Evolution pour un match revanche après la défaite des vétérans à Extreme Rules. Triple H, Randy Orton et Bluetista… pardon, Batista étaient effectivement plus que déterminés à faire mordre la poussière à un trio qui domine largement le paysage depuis un bail. D'où le choix d'une stipulation permettant toutes les stratégies les plus viles, un No Holds Barred Elimination Match.

 

 

– Dave…

– I know… I'm afraid I blue myself.

 

 

Je pense que nous serons tous d'accord pour dire que le combat fut épique, intense, nerveux, bref génial. Mais mon Dieu que cette stipulation fut débile ! Un match sans disqualification, sans aucune règle ou presque, mais où il y a quand même le système de tag et d'homme légal sur le ring ? C'est n'importe quoi ! OK, ceci ne fut qu'une phase dans une bataille qui finalement a été le formidable chaos qu'on attendait, chaque membre du Shield et d'Evolution s'éclatant joyeusement aux quatre coins de l'arène. Mais cette phase était totalement stupide, pour ne pas dire plus. Heureusement, le reste du combat fut à la hauteur de nos espérances, avec un Shield surpuissant et une Evolution très forte elle aussi, mais qui finalement mis toute sa puissance pour mettre en valeur les hommes en noir. Le match resta très indécis, ce qui entraîna le public et le fit trembler tout au long du combat.

 

 

– Parfait, ils sont tous à terre et inconscients ! Randy, Batista, amenez-les jusqu'au ring pour qu'on les élimine !

– OK, mais lequel est l'homme légal chez eux, et qui a le droit de faire le tombé chez nous ? J'ai perdu le fil…

– On s'en fout, des règles, bordel ! C'est qui le patron, à la fin ?

 

 

La fin, elle, fut un véritable choc. Non pas que la victoire du Shield soit improbable : le trio marchant sur l'eau en ce moment, c'est tout à fait cohérent. Mais non seulement le Bouclier a gagné, mais il a aussi et surtout anéanti Evolution, en réalisant un perfect : Rollins a éliminé Batista après un Spear de son collègue Roman, Ambrose a disposé de Randy Orton, et Reigns s'est chargé de Triple H, rien que ça. Trois éliminations, coup sur coup, et surtout aucune perte pour le Shield ! Là est la surprise : voir les vétérans se faire laminer de cette manière et hors kayfabe une fort belle façon de mettre en valeur les jeunes (et rabat d'un grand coup le caquet de ceux qui, moi le premier, se plaignaient de l'égo hypertrophié de Triple H), mais au niveau du kayfabe, cette domination exceptionnelle pose une question : qui pour s'opposer au Shield, désormais ? Ils viennent de battre deux fois de suite, et de fort belle manière, un trio cumulant trente-et-un titres de champions du monde, eux qui n'ont qu'un règne de champion des États-Unis et un de champions par équipes au compteur. Qui peut maintenant représenter un défi digne d'eux maintenant qu'Evolution est vaincue, d'autant qu'on annonce que Batista devrait quitter la WWE pour quelques temps après le Raw du lendemain de Payback pour faire la promo des Gardiens de la Galaxie ? Hors de question de les remettre dans les pattes de ces losers de la famille Wyatt, et à part eux, le seul clan heel qui me vient à l'esprit sont les 3MB… Alors, peut-être est-ce le temps d'une pause pour les justiciers, ou peut-être d'une séparation ? Après tout, Money In The Bank et sa mallette briseuse d'équipes est en vue, et la perspective d'un titre de champion du monde individuel peut être la pomme de discorde d'un trio à présent trop fort pour le reste de la fédération…

 

 

– On est trop forts, on vient encore de mettre une branlée à Evolution ! Collons nos poings les uns aux autres en signe d'amitié virile et indéfectible !

– Ouais, tu as raison ! On est des amis pour la vie !

– Mieux que ça mec, on est des frères ! Rien ne nous séparera !

 

 

C'est sur cette image d'un Shield toujours aussi uni et semble-t-il indestructible que s'est achevée la soirée, une fin accompagnée par les jurons de mon frère qui avait voté pour une victoire d'Evolution et qui pesta contre un trio "encore plus abusé" que Daniel Bryan selon lui. Moi, même si j'avais également voté pour le roi du marteau, la vipère et le schtroumpf grognon, j'ai quand même passé un très bon moment. Car Payback 2014, s'il n'atteint pas le niveau de l'édition 2013, a été une réussite. Ce succès, la WWE le doit à des ceintures secondaires qu'elle a pourtant tendance à délaisser, mais qui ont été l'occasion d'offrir deux matchs de bonne qualité (surtout le match pour le titre des États-Unis), mais aussi et surtout à un main event qui a mis une ambiance de folie, et enflammé le public. Le reste du show naviguait entre le moyen (Cena / Wyatt, Paige / Fox) et les moments passables mais plus dignes d'un Raw que d'un pay-per-view (le match des Rhodes, celui de Rusev, l'attaque de Kane et le segment autour de Bryan, Brie et Steph).

 

Enfin, si ce Payback nous a donné une réponse claire sur les compétences de Bray Wyatt (elles sont inexistantes), il a surtout posé de nombreuses questions sur l'avenir des histoires en cours : Cesaro va-t-il continuer à chasser le titre de champion des États-Unis de Sheamus, ou va-t-il se concentrer sur la mallette de Money In The Bank ? Cody Rhodes va-t-il lui aussi tenter de prendre ce graal dont Damien Sandow l'a privé l'année dernière ? Qui va accompagner Goldust sur le ring contre Rybaxel désormais ? Quand Rusev parviendra-t-il à devenir plus intéressant que Lana (elle est facile celle-là : jamais) ? Kane est-il réellement fan de Bo Dallas, ou est-il simplement raciste ? Rob Van Dam va-t-il enfin laisser Barrett affronter des catcheurs intéressants ? Paige aura-t-elle enfin un match de pay-per-view digne de ce qu'on attend d'elle ? Que va faire Cena ? Que va devenir Evolution ? Et le Shield ? Tout cela s'annonce prometteur, et c'est bien là l'essentiel. En tout cas, voilà des questions qui me donnent hâte de voir la suite des événements à la WWE, et dont j'ai hâte de lire les réponses dans vos commentaires éclairés, tel un immense épisode hors série de Gros oui / Grognon dont vous seriez les héros !

 

 

Mais cet homme est prêt à toutes les bassesses pour faire monter son compteur de commentaires à peu de frais ! Je suis outrée, et je ne vais pas me gêner pour lui faire savoir mon mécontentement en lui faisant un commentaire assassin ! … Fichtre, il est fort.

 

 

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