Catch

Emma déconne

There is a house in News Orleans they call The Rising Sun

And it’s been the ruin of many a poor girl, and me, oh God, for one.

The House of the Rising Sun, auteur inconnu

 

Le 30 juin dernier, Emma se faisait pécho par le service de sécurité de Walmart, la main dans le sac, ou plutôt l’étui d’iPad Mini dans le sac. Que s’est-il vraiment passé en ce funeste lundi à Hartford ? Récit d’une journée ordinaire de la vie pourrie de l’Australienne.

 

 

La pilule rouge, et vous saurez tout des turpitudes de la vie d’Emma. La pilule bleue, et vous resterez dans une saine ignorance en préservant vos rêves d’enfants. Faites votre choix, mais vous êtes prévenus : tout retour en arrière est impossible.

 

 

Une journée dans la vie de merde d’Emma

 

 

Hartford, 30 juin 2014.

 

14h00 : Une sonnerie de téléphone persistante réveille Emma, qui s’extirpe difficilement du lit de sa chambre d’hôtel. Quinze appels manqués. Vince, Stephanie, Hunter… Merde, il est déjà 14h00. Elle devait retrouver ses collègues deux heures plus tôt. Aucun souvenir de la soirée de la veille.

 

14H01 : Une part de pizza froide et un bout de clope feront office de petit déjeuner. Le crâne d’Emma est sur le point d’exploser. Direction la salle de bain, l’eau froide calmera ses maux de tête.

 

14h05 : Miroir. Gueule défaite et mauvaise surprise. Qu’est-ce que c’est que ce putain de tatouage facial ? Toujours aucun souvenir de la soirée de la veille. Emma se glisse dans la cabine de douche et se force à rester sous un jet d’eau glaciale quelques minutes. Pendant que son corps se réveille, l’Australienne fait le point sur la journée qui l’attend. Elle avait rendez-vous à midi pour mettre au point le segment du prochain Raw. Elle a planté son partenaire Santino. Elle a un cobra vert tatoué sur la tempe. La tension de Vince McMahon doit frôler les 130. Il va falloir trouver une bonne excuse. Emma augmente la température du jet de la douche. Sous l’eau brûlante, elle réfléchit. Elle tient à sauver son job. C’est tout ce qui lui reste.

 

14h20 : Tête à tête avec le miroir de la salle de bain. Les traits sont tirés, les cernes creusés. Le motif gravé sur sa tempe l’obsède. Là encore, il va falloir trouver une excuse en béton. Vince McMahon n’apprécie pas l’extravagance à l’antenne de Raw.

 

 

Enfin, ça dépend. Si c’est de bon goût, ça passe.

 

 

14h25 : Vestige d’une soirée dont elle n’a aucun souvenir, un rail de coke semble lui tendre les bras. Parfait complément de son petit déjeuner vite expédié. Pour faire le plein d’énergie, c’est ça ou un jus d’orange. Et elle n’a pas d’oranges. Le billet de dix dolls qui traîne dans la poche de son jeans fera office de paille.

 

14h35 : « Et là, M’sieur McMahon, cinq énormes blacks ont débarqué en disant “hey, t’es la pute qui bosse pour cette ordure de Vince McMahon ! On peut pas saquer ce salopard de républicain. Tu vas payer pour lui et sa salope de femme.” Ils m’ont jetée à l’arrière d’un van et m’ont abandonnée à trente kilomètres de la ville, sans un sou en poche ni téléphone. Et ils m’ont tatoué un serpent sur le visage. Je viens juste d’arriver à mon hôtel. Je suis en état de choc, mais vous pouvez compter sur mon professionnalisme : je serai là ce soir pour tenir ma place à Raw. » Vince McMahon éructe des propos incompréhensibles. Emma comprend qu’il est vaguement question de « fils de pute de négros démocrates » et de sévices qui feraient passer le Ku Klux Klan pour une amicale réunion d’adorateurs des Bisounours. Qu’importe, il a avalé son histoire. Et a demandé aux bookers de lui envoyer le programme de la soirée. De toute façon, le segment sera allégé : Santino se plaint de douleurs persistantes à la nuque.

 

14h45 : La coke passe mal. Nausée. Comme tous les jours depuis son avortement. Bad trip. Larme qui coule le long de la joue.

 

14h50 : Introspection. Elle n’avait pas le choix. Elle s’en voulait. Elle ne se le pardonnait pas. Jamais elle n’aurait dû coucher avec Khali, même avec un gramme d’héro et quelques Jack Daniels dans le sang. Le médecin avait été formel : le bébé avait de très fortes chances d’être atteint de la maladie de son père, la trisomie 42. Son choix ? L’avortement ou un enfant deux fois plus con qu’un mongol. Après une nuit de bad trip, Emma avait fait son choix. Pensées positives : elle n’avait jamais vu une bite pareille.

 

14h51 : L’iPad Mini d’Emma vibre. Les bookers viennent de lui envoyer son segment de la soirée.

 

14h52 : « Salut Emma, voilà ton booking pour le Raw de ce soir : 1. 21h57 Entrée avec Santino qui porte minerve / Emma Dance 2. Emma monte sur ring avec Santino. Emma salue foule. Puis bras croisés. Air inquiet car Santino mal à la nuque 3. Santino cobra Sandow déguisé Marylin Monroe 4. Emma Dance – Sortie – 22h03 Fin du segment. »

 

 

À NXT, Emma était catcheuse. Mais ça, c’était avant.

 

 

14h53 : Emma fond en larmes. Envoie un texto à son dealer. « Je peux passer prend un café ou deux ? »

 

14h55 : Emma se roule un joint. Un marocain puissant, qu’elle fait venir du Portugal via une copine qui y vit depuis longtemps. Elle roule habilement le tabac et sa poudre d’or et l’allume aussitôt.

 

15h03 : Elle écrase le joint dans un carton à pizza vide. Constat : le shit ne lui fait plus aucun effet. Tout juste atténue-t-il un peu le mal de crâne qui lui vrille les tempes. Un cachet de vicodin fera l’affaire, en attendant mieux.

 

15h05 : Engourdissement. Relaxation. Introspection. Retour en arrière : Emma naît prématurée. Mère morte d’OD quelques mois après l’avoir mise au monde. Père inconnu, et c’est sûrement pas plus mal. Diagnostiquée dépendante à l’héro à sa naissance, sevrage néonatal. À deux ans, Emma se tapait encore la tête contre les barreaux de son lit et ne prononçait pas un mot. Enfance pourrie, élevée par une grand-mère à moitié folle qui lui serinait à longueur de temps que les chiens ne font pas des chats et qu’elle finirait comme sa salope de mère, à vendre son cul aux négros du coin pour un gramme d’héro. Au moins, le cancrelat qui avait engrossé sa fille était blanc. Un moindre mal. Emma détesterait encore cette pute aujourd’hui si elle ne croupissait pas six pieds sous terre.

 

 

Le bébé de Trainspotting est directement inspiré de la vie d’Emma

 

 

15h15 : Deuxième cachet de vicodin. Une adolescence merdique. Dépucelage un peu forcé, à l’âge de douze ans. C’était à l’arrière d’un van pourri. Le cerveau enveloppé dans les brumes de son premier rail d’héro. Elle n’avait rien senti. N’en avait conservé aucun autre souvenir que quelques gouttes de sang sur sa petite culotte Hello Kitty. Les seuls bons moments de son existence ? Ceux qu’elle passait avec son grand frère Jake. Catcheur amateur. Son superhéros, son dieu. L’unique personne au monde qui se souciait d’elle. Dès l’âge de huit ans, Emma l’accompagnait à ses galas, émerveillée par un univers dont elle ne comprenait pas encore tous les codes, mais qui la fascinait.

 

15h20 : Flashback. Emma a treize ans. Chapardage à droite à gauche. Sans conséquence. Première baston, en boîte, avec une fille plus âgée qui se moque de sa façon de danser. Emma voit rouge. Perd le contrôle. Se jette sur sa rivale en hurlant et la balance au sol d’une souplesse parfaitement réalisée. Kimura verrouillée. Un grand bruit, un craquement qui résonne, un bras cassé. Hurlements de douleur. Des mains la saisissent par les épaules, l’arrachent violemment du corps de sa victime et la conduisent vers la sortie de la boîte. Conséquences : présentation au juge pour enfants. Jake promet à la magistrate qu’il sera désormais le tuteur d’Emma.

 

Son petit copain de l’époque n’était pas super sociable.

 

 

15h25. Son adolescence continue de défiler devant ses yeux. Jake la remet dans le droit chemin. Sevrage à la dure, seule dans le désert pendant trois jours. Jake la retrouve à moitié folle, mais libérée de l’héro. Les entraînements de catch s’intensifient. La jeune fille se perfectionne chez Lance Storm et réalise finalement son rêve : en 2009, elle signe à la Shimmer et effectue ses premiers combats aux États-Unis. Elle n’a que vingt ans et pour la première fois de son existence, Emma est heureuse. Pendant deux ans, elle confirme son immense talent. Sa persévérance et son exubérante joie de vivre la conduisent logiquement au temple de la discipline : en 2011, Emma signe son contrat de développement à la WWE. Et pardonne à tous ceux qui lui ont fait du mal. Sa mère, ce père qu’elle ne connaît pas. Sa grand-mère. Le gros Mexicain et son haleine fétide, son sexe entre ses cuisses contre la promesse d’un gros paquet de LSD. Ce vieux porc Français qui l’a tripotée dans les chiottes d’un resto. Un certain Dominique Stroskane. Toute la pourriture de son ancienne vie n’est plus qu’un lointain souvenir.

Comment avait-elle pu tout foutre en l’air et replonger dans la came ? Si Jake était au courant…

 

 

Double la dose, j’ai une séquence avec Khali, Hornswoggle et Santino ce soir.

 

 

15h30 : Emma enfile un jeans, un débardeur coloré et cache ses cernes sous un trait de maquillage. Son dealer vient de répondre à son texto : « passe quand tu veux, poupée. Café top qualité. » Top qualité. Il faudra qu’elle fasse gaffe à ne pas trop doser son shoot si elle veut assurer le soir même à Raw. Rapide coup d’œil à l’horloge de son iPad Mini. Le timing est juste, mais c’est jouable. Au pire, un trait de coke accélérera la descente.

 

15h35 : Le réceptionniste de l’hôtel la fixe d’un air furax. « Dites donc mademoiselle, vous en avez fait, du grabuge, avec votre copain italien. J’ai la moitié de l’hôtel sur le dos. Et je voudrais bien savoir qui va payer la note du bar et le tabouret que j’ai retrouvé en miettes ce matin. »

 

 

Un tabouret en miettes ?

 

 

15h36 : Tabouret en miettes. Flash de la veille. Une main, un cobra vert qui cherche à se faufiler sous sa jupe, entre ses cuisses. Emma repousse violemment le pervers, se saisit d’un tabouret et profite que son agresseur lui tourne le dos pour lui en asséner un violent coup sur la nuque. Craquement. Une voix qui hurle : « Ma tou m’as brisé la nouque, connasse ! Mama mia la putain de ta mère ! »

 

15h36 : Emma bredouille quelques excuses au réceptionniste, promet que son patron paiera la note. Qu’il envoie la facture à la WWE, à Stamford. Oui, à l’intention de monsieur Vince McMahon, c’est bien cela. Il va falloir trouver une excuse en or pour faire passer la pilule.

 

15h40 : Direction le distributeur au coin de la rue. 200$ feront l’affaire. Sa carte bleue est rejetée par la machine. Solde insuffisant. Elle va devoir faire avec les deux derniers billets de dix dolls qu’elle a retrouvés dans la poche de son jeans.

 

16h00 : « La maison ne fait pas crédit, poupée. Y a pas marqué BNP. » Enfoiré de dealer. Hors de question qu’elle reparte sans sa came.

 

16h05 : À genoux dans le squat miteux qui fait office de bureau à son vendeur de poudre à rêves. Emma enfourne vingt-cinq centimètres de bite dans sa bouche et suce. Sans se poser de question.

 

 

C’est bon, tu me la donnes cette clope, maintenant ?

 

 

16h12 : Emma crache du sperme. Récupère son sachet. Quitte le squat sans un regard pour son dealer. Vomit dans le couloir. Ne pense qu’à son retour dans sa chambre d’hôtel.

 

16h15 : L’Australienne saute dans un bus pour accélérer le mouvement, mais des travaux sur la chaussée freinent sa progression. Emma transpire, se gratte nerveusement les avant-bras. Il ne faudrait pas qu’elle tarde trop à retrouver l’intimité de sa chambre.

 

16h20 : Bus à l’arrêt. Introspection. Emma ne sait plus trop comment elle en est arrivée là. La nécessité d’une béquille s’est vite imposée. Le glissement s’est opéré quand elle a compris qu’elle ferait équipe avec Santino et que son gimmick se limiterait à sa fameuse Emma Dance, un truc débile inventé en Australie. C’était un week-end dans le sud du pays, une rave organisée en plein désert. Elle avait pris deux Bart Simpson méchamment dosés. Le LSD avait fait le reste. Elle avait dansé pendant trente-six heures cette même putain de danse robotique sur fond de beats assourdissants. En transe. L’Emma Dance avait bien fonctionné à NXT, mais elle ne se doutait pas qu’elle la précipiterait dans les bras de Santino. Le Comedy Catch, c’est pour les nains et les mongols du Punjabi. Sa plus grande trouille ? Qu’on la fasse un jour péter à l’antenne. C’était arrivé avant elle.

 

16h25 : Emma sue maintenant à grosses gouttes. Se retient de hurler au chauffeur de trouver un putain de trajet alternatif avant la crise de manque. Respiration. Expiration. Introspection. Rapidement après les débuts de son association avec Santino, elle avait commencé à fumer un joint avant leurs séances de travail. Rapidement, la weed n’avait plus suffi à calmer ses angoisses, pas plus que les antidépresseurs. La coke la rendait agressive avec l’Italien. C’est au lendemain d’un segment avec Hornswoggle qu’Emma avait craqué. Douze ans qu’elle n’y avait plus touché. Elle savait que c’était une connerie. Qu’elle se mentait à elle-même. « Un petit rail d’héro pour tenir le choc, rien qu’aujourd’hui. Après j’arrête. » Bullshit.

 

Bah, après tout, je risque pas grand-chose. C’est peut pas être pire qu’un Redbull Banane.

 

 

16h27 : Le bus a repris sa route. Emma se concentre. Ne pas céder au manque qui envahit son corps. Respiration saccadée. Sueur froide et poisseuse. Introspection. Pour tenir le choc, le sniff de la poudre brune est rapidement devenu inefficace. Elle est alors passée à la chasse au dragon, plus efficace. Une feuille d’alu, un briquet. Le contrôle d’une goutte huileuse qui se promène en glissant sur le papier aluminium et libère sa fumée apaisante. Une étape supplémentaire. Un mensonge de plus. Elle le savait, en avait déjà fait l’expérience. Bientôt, la lenteur des effets, la durée du trip, bien trop courte, lui feraient retrouver la seringue. C’était une question de semaines. Quelques jours plus tard, un garrot lui enserrait le bras. Elle n’avait pas eu la force de lutter.

 

 

Don’t try it at home, kids.

 

 

16h45 : Retour à la chambre d’hôtel. C’est devenu un rituel. Emma s’installe tranquillement sur le canapé et fait un peu le ménage sur la table basse du petit salon. Ses gestes sont méthodiques. Seringue neuve, acide citrique, eau stérile. Elle chasse le stress pour préserver ses veines. C’est d’abord la dose d’héro qui rejoint la petite cuillère qu’elle tient fermement dans sa main droite. Ne pas trembler. Verser un peu d’acide sur la poudre. Pas trop, pour ne pas détruire l’héro. Ajouter l’eau stérile au mélange. La main gauche d’Emma s’empare de son briquet Hello Kitty. Flamme sous la cuillère, jusqu’à ébullition. Elle observe la came se dissoudre dans un tourbillon de petites bulles hypnotiques, ajoute une goutte d’acide pour venir à bout des dernières particules solides. Le mélange est prêt.

 

16h50 : Pas de filtre stérile. Un filtre de clope sur l’aiguille de la seringue fera l’affaire. Le liquide est aspiré par la seringue et a suffisamment refroidi pour être injecté. Désinfection du point d’injection. Aujourd’hui, Emma se choisit une veine sur le dessus du poignet. Pas question de multiplier les injections sur l’avant-bras, trop visibles. Les veines du pied, elle évite au maximum. Ce sont les plus fragiles. Les veines du cou ? Dieu merci, elle n’en est pas encore là.

 

16h53 : Le garrot est en place. La veine choisie gonfle immédiatement. Emma en contrôle la consistance. La veine ne roulera pas.

 

16h54 : Inspiration, expiration, injection. L’aiguille se plante sur le haut du poignet de l’Australienne, dans le sens de la circulation du sang. Légère tirette sur le piston de la seringue pour vérifier que l’aiguille est bien dans la veine. Le garrot peut maintenant être desserré.

 

16h55 : Emma injecte doucement le mélange encore tiède. Sa veine brûle, une immense sensation de chaleur envahit le corps de la Diva. Sa tête bascule en arrière. Sa seringue lui échappe de la main et roule sous la table basse. Un immense sentiment de bien-être à 40 dolls la dose. Emma vomit sur le tapis du salon. Son corps ne lui appartient plus. Son esprit s’en détache, expulsé comme un corps étranger, comme un point noir sous la pression de deux ongles juvéniles. Le voyage peut commencer.

 

 

Ce tutoriel vous a été offert en partenariat avec les CDC, les Cahiers de la Came.

 

 

Heure inconnue : La musique d’Emma résonne dans le stade qui accueille WrestleMania XXXV. Les 90 000 personnes présentes dans l’arène exultent dès les premiers accords du thème d’entrée et reprennent en chœur l’Emma Dance ; un hymne robotique devenu planétaire depuis qu’Hillary Clinton, présidente des États-Unis, l’a repris à l’issue d’une conférence de presse tenue avec Vladimir Poutine au sujet de l’invasion de Berlin par les troupes russes. Ceinture de Championne à l’épaule, l’Australienne remonte fièrement la rampe d’accès au ring et savoure ce moment. Elle est fin prête pour le main event du Biggest Stage of Them All, une première pour la division féminine, et attend ses adversaires de pied ferme. Bientôt, AJ et Paige la rejoignent et le TLC Ring on Fire Match peut commencer. La bataille fait rage, les coups pleuvent. Les chaises claquent et meurtrissent les chairs ; les tables se brisent ; les échelles deviennent des armes létales. Le sang coule. La vision d’Emma se trouble, elle ne distingue plus qu’un vague et lointain brouhaha dans la foule. Son cerveau semble enveloppé dans du coton. Un cobra vert danse devant ses yeux… Un nain ricanant surgit, cherche à lui mordre les fesses… Une sonnerie retentit.

 

 

Oh, il pleut des bulles de toutes les couleurs !

 

 

20h30 : La sonnerie de son iPad mini tire Emma de sa torpeur. Elle hurle, s’empare de sa tablette, en arrache la pochette. Elle ne supporte plus le vert « cobra » de son étui. Le lacère avec une paire de ciseaux. Le voyage est terminé.

 

20h35 : Une douche rapide, un rail de coke comme stimulant. Son corps et son esprit sont prêts à affronter Santino, Raw et son public de rednecks dégénérés. Avec les longs tunnels de pub, son segment ne commence qu’à 21h57. Elle a largement le temps de rejoindre le stade et de faire un détour au Walmart du coin pour y acheter une nouvelle pochette.

 

 

21h00 : Dans les rayons de l’hypermarché, Emma trouve son bonheur. Une pochette iPad Mini Hello Kitty, comme celle de son téléphone. Problème : elle coûte 21,14 dollars et elle n’en a que quinze en poche. Hésitation.

 

21h05 : Inspiration. Expiration. Geste à la con. Emma glisse la pochette dans son sac à dos Hello Kitty. Aucun vigile en vue. Elle rejoint la sortie en sifflotant les notes de son thème d’entrée. Un fan la reconnaît et entame quelques pas d’Emma Dance.

 

21h06 : l’alarme de Walmart retentit alors qu’elle passe le portique de sécurité. Une nuée de vigiles déboulent de toute part. La vision d’Emma se trouble.

 

 

Il va falloir trouver une excuse en béton pour Vince McMahon.

 

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