Catch

Smackdown sucks

Pas très folichon tout ça.

Laurent Cabrol

 

Pour tout vous dire, il était initialement prévu que je me charge du Raw de cette semaine. Mauvaise communication et patatras, c'est Latrell qui se retrouve avec le bébé entre les mains. Frustré mais pas démotivé, je décide alors de me rabattre sur ce Smackdown (épisode 777 – chiffre porte-bonheur par excellence) alors qu'en toute honnêteté, je ne suis plus du tout le show bleu depuis plusieurs années. De l'avis général, il est admis que les aventures catchesques du vendredi soir sont bien souvent ternes et peu captivantes.

 

Alors allais-je m'en mordre les doigts ou au contraire, avais-je tiré le bon numéro ?

 

 

I've got some bad news : 777 is not a lucky number for you !

 

 

Nalyse de Smackdown du 11 juillet

 

 

Il fut un temps où je suivais Smackdown avec beaucoup d'attention. C'était l'époque où l'émission proposait un contenu qui lui était propre. Ce temps là est révolu depuis fort longtemps et de nos jours, chacun sait que le show n'est plus que l'ombre de lui-même.

 

Par exemple cette semaine, en guise d'avancée scénaristique majeure nous avons assisté à l'improbable réconciliation entre Summer Rae et Layla ! Ces deux-là se détestaient cordialement depuis plusieurs semaines, allant même jusqu'à interrompre le déroulement du combat entre Adam Rose et Fandango en match d'ouverture ce vendredi soir mais les deux donzelles décidèrent un peu plus tard dans la soirée de faire la paix, au détriment du danseur de tango qui n'arrivait manifestement pas à exprimer clairement de quel côté son cœur penchait.

 

 

Voilà ce qui arrive quand on court deux lièvres à la fois.

 

 

Vous êtes à présent fixés sur le niveau stratosphérique de cette émission.

 

Plusieurs petites affiches ont été proposées afin de divertir les malheureux Canadiens qui avaient payé leurs billets pour assister à cet enregistrement.

 

AJ a dû se coltiner le boulet Cameron. Cette dernière a bien réussi à faire illusion pendant au moins une minute, tentant même de maquiller de force la pauvre championne, pourtant bien assez mignonne au naturel pour ne pas avoir recours à un tel artifice. D'ailleurs ça l'a énervée au point de faire fuir son adversaire, vite ramenée sur le ring par Naomi qui passait par là et entendait bien pourrir la vie de son ex collègue. Victoire de AJ, est-il besoin de le préciser. Vivement le prochain PPV: Paige y affrontera la championne et ce sera là LE moment idéal pour l'Anglaise de nous prouver qu'elle est bien à la hauteur de la réputation que certains ici veulent bien lui attribuer…

 

 

Pas d'inquiétude : avec moi, Paige est entre de bonnes mains !

 

 

Les Uso, quant à eux, se sont mesurés à l'inattendue alliance entre les inactifs Heath Slater et Titus O'Neil. Cette surprenante équipe n'a bien évidemment pas fait le poids face aux champions par équipe. Mais cette confrontation aura au moins permis aux jumeaux de se livrer à une interview sur le ring juste après leur victoire et reconnaissons qu'une certaine énergie teintée d'humour a émané de ce passage. Pour une fois qu'on entend le son de la voix des twin-twin autrement que pour leur cri de ralliement, avouons que ce n'était pas si mal que ça.

 

Toujours du côté des tag teams, Curtis Axel a fait face à Goldust. (Après trois défaites d'affilée, il était permis de croire que cette rivalité était enterrée.) Le match aura été difficile à suivre tant Stardust n'aura cessé de faire le mariole à l'extérieur du ring. Victoire expéditive du Normal One et confirmation que l'équipe des Dust Men est largement supérieure à celle de Rybaxel. Cette petite baston post match le montrera et aura en plus permis de savourer un peu plus l'excentricité des deux frangins. Je les adore tels quels et j'espère qu'ils dureront.

 

 

– Tu entends ça frangin ? Des gens nous aiment.

– Oui, et moi aussi je t'aime, frérot. Faisons l'amour.

 

 

Bo Dallas de son côté a fait face ce soir à son plus grand challenge en luttant contre Diego ET Tororigolo. Vous imaginez un peu la taille de la montagne qu'il lui a fallu escalader. Et pourtant il ne lui aura suffi que de mettre en application son mantra « BoLieve » pour venir facilement à bout de ses deux redoutables adversaires. El Torito a volé si haut qu'il a failli toucher le plafond de l'arena. Bien fait pour lui, je n'aime pas les nains.

 

 

Et un vol plané, un!

 

 

Passons enfin aux choses sérieuses (enfin, toutes proportions gardées, on est à Smackdown) : au cours d'une interview en coulisses, on apprend que Jericho fera face à Orton. Cette affiche vous rappellera assurément de bons souvenirs si vous suiviez la WWE il y a quelques années (Armageddon 2007 m'avait pas mal marqué). Malheureusement le reboot de cette rivalité n'aura pas été aussi enflammé que les joutes passées. Le combat manquait de rythme, d'enjeu et sûrement aussi de justification. J'ai même cru à un moment que les commentateurs s'étaient assoupis quelques instants tellement leur silence était flagrant. C'est finalement le Legend Killer qui réussit à glaner une piètre victoire grâce à l'intervention surnaturelle de Bray Wyatt. Je déconne : il aura suffi que le clip vidéo de la Wyatt Family soit diffusé deux secondes sur le titantron pour perturber Y2J. (Il n'est pas censé être archi expérimenté en tant que vétéran ?).

 

Du coup, s'il n'y a qu'un seul élément positif à retenir de cet épisode, il s'agit sans aucun doute du main event : Roman Reigns et Rusev s'y sont retrouvés pour la première fois en un-contre-un et vu que les deux jeunes hommes ont le vent en poupe ces derniers temps, il était logique de trouver ce face-à-face particulièrement alléchant. La WWE confie les clefs d'un main event (certes minime) à de jeunes pousses et ça mérite d'être souligné. Cela dit, pour une raison qui m'échappe encore, les deux colosses se sont d'abord fait face en milieu d'émission au cours d'un échange verbal assez mollasson.

 

 

– Je t'aime pas toi.

– Bah moi non plus d'abord !

 

 

Nous connaissons la règle : lorsque deux lutteurs doivent voir leur aura préservée, aucun des deux ne perd vraiment le combat. C'est bien évidemment ce qui est arrivé ce soir puisqu'après avoir subi les assauts de la Brute Bulgare pendant quelques minutes, le beau Roman a retrouvé un second souffle salvateur qui lui a permis de reprendre le dessus (gare à la transformation en Superman Cena, ça risquerait d'agacer pas mal de fans) et c'est bien sûr à ce moment précis que Randy Orton décida d'intervenir afin de s'en prendre à Reigns, lui offrant au passage une victoire par disqualification. Rusev finit par quitter le ring sur ordre de sa tyrannique manager. Orton pouvait claquer son RKO réglementaire sur la carcasse du chevelu Samoa et le visionnage de ce Smackdown était enfin terminé.

 

Vous l'aurez compris, je ne suis pas (du tout) enthousiaste à l'issue de ces retrouvailles avec le show B de la WWE. J'ai d'abord eu le déplaisir d'entendre la chanson qui fait office de générique et je préférais largement le temps où les guitares électriques se faisaient entendre.

 

Je me serais bien passé des deux extraits tirés du dernier Raw (c'était il y a seulement quatre jours, je n'ai pas déjà oublié) !

 

J'ai été tout simplement estomaqué par la rediffusion de deux matchs entiers issus là encore du précédent Raw (non mais sérieux, vous êtes tant que ça en manque d'inspiration pour avoir besoin de remplir de cette manière vos programmes) ?!

 

Enfin, l'aspect qui m'a le plus interloqué concerne le montage sonore. J'avais déjà lu çà et là que Smackdown était un peu trafiqué au niveau des réactions du public mais je ne m'attendais pas à ce que ce soit si audible ! On entend très distinctement les changements de pistes sonores, c'est vraiment fait de manière grossière et ça a eu sur moi l'effet inverse de ce qui est recherché par la production : cette bande-son complétement tronquée m'a totalement sorti de l'ambiance du show et m'a en plus donné l'impression d'être pris pour un con.

 

Bref Smackdown, c'est moche.

 

 

Et s'il y a de vrais patriotes parmi vous, alors posez votre main droite sur le cœur et reprenez haut et fort avec moi : « aux armes citoyens ».

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