Catch

Dernières joutes avant le champ de bataille

Tout est sauvé si l'on demeure capable d'étonnement.

Jean Guéhenno

 

Coincé entre un Raw carrément médiocre et un PPV qui n'envoie pas du rêve, le show bleu a offert cette semaine un spectacle étonnamment plaisant et accompli l'objectif premier de tout go home show : donner envie de regarder ledit PPV.

 

 

Do you want a good show despite having Kane in the main event ? All you have to do… is BO-LIEVE !

 

 

Nalyse du Smackdown du 18 juillet

 

 

Commençons cette nalyse par un petit retour sur le Main Event de mercredi, qui a vu Sheamus défendre victorieusement sa ceinture face au Miz. Pour une fois, j'ai trouvé ça plutôt logique et même assez sympa qu'un combat s'achève sur un roll up, Miz s'acharnant pendant toute la durée de l'affrontement à protéger son moneymaker de visage d'un Brogue Kick. Forcément, à se foutre à moitié en boule, on incite l'adversaire, quand bien même il n'a pas de vagin, à terminer le combat sur une petite roulade.

 

Le Miz, qui m'insupportait ou m'indifférait, dans le meilleur des cas, depuis un bon moment, commence à nouveau à m'être sympathique. Y a pas à chier, il est quand même mille fois plus convaincant en Heel bien arrogant comme il faut qu'en face qui se pense anticonformiste mais qui est surtout chiant à mourir.

 

Et maintenant, attardons nous sur le Smackdown en lui-même.

 

 

Dolph Ziggler & Sheamus vs Fandango & The Miz

 

Nouvelle victoire de Sheamus, cette fois-ci accompagné du Show Off, qui ne constitue pas une bien grande surprise mais soulève tout de même une question intéressante. Le fait que le Miz soit décidé à se protéger le visage à longueur de combat veut-il dire qu'il va se faire sortir comme un clown, ou bien qu'il est revenu suffisamment heel pour faire des coups de pute assez improbables pour devenir un sérieux outsider pour la Battle Royale de Battleground?

 

En voilà bien un qui peut sortir en premier comme repartir avec la ceinture, même si je miserais davantage sur la première option.

 

Un peu plus tard dans le show, on voit Fandango en coulisses, qui vient de se prendre un beau double-vent de ses belles, se faire réconforter par Bo Dallas. C'est cheap, on l'a déjà vu vingt fois, mais ça marche quand même. Bref, c'est du Bo.

 

 

Tu veux être sous les projecteurs comme à Wrestlemania 29 ? Bo-lieve mec ! Mais commence par songer à gagner ton premier match depuis quand même.

 

 

 

Alicia vs Eva Marie, Nikki Bella Special Referee

 

Bon, vous n'allez pas me faire croire que vous avez besoin que je vous raconte vraiment ce qui s'est passé ? Un indice, deux heels qui s'affrontent et qui sont arbitrées par une face en rivalité avec l'autorité qui se prend un ou deux beatings par semaine. Et non, le retour en fanfare de Brie n'était pas pour aujourd'hui, mais je mettrais ma piécette sur un come-back pour le go back show.

 

 

La réponse en image pour les moins doués d'entre vous.

 

 

 

Stardust et Goldust discutent dans les étoiles

 

Cody est un super catcheur, mais je le trouvais dernièrement limité par un physique assez banal et surtout des gimmicks sans grande profondeur, malgré toute l'affection que j'ai pu avoir pour sa moustache. Je trouve sa transformation en Stardust formidable. D'une part parce qu'il joue à merveille la partition du Goldust 2.0 encore plus haut perché que l'original, et d'autre part parce que l'impression visuelle dégagée par l'équipe est soudain beaucoup plus forte. Je les vois bien s'attaquer à la ceinture par équipes dans la foulée, ce qui, en admettant qu'ils soient face, me conforterait dans l'impression que le règne des Usos touche à sa fin. Car quand bien même j'écris cet article lundi matin, je n'ai pas encore maté le PPV.

 

 

Chris Jericho vs Luke Harper

 

Comme avant chaque match de paye pour voir de Bray Wyatt, Luke Harper fait un très bon match contre le futur adversaire de son patriarche, mais il perd quand même parce qu'il ne faut pas casser la crédibilité de l'adversaire non plus. Mais là, niveau crédibilité, il ne lui en reste pas beaucoup au Y2J, qui s'est bien fait défoncer la gueule pendant dix minutes avant de l'emporter sur un roll up puis de se faire tabasser par son adversaire du soir rejoint par ses deux comparses.

 

Mais que serait un go home show sans une intervention salvatrice des gentils, ici bien évidemment les Uso, qui mettent en déroute les méchants ?

 

À la décharge de Jericho, le meilleur moment de ce show est pour lui. En avant-match, alors que les lumières s'éteignent pendant l'entrée des protégés de Sister Abigail, Jericho profite de l'obscurité pour rallumer sa veste. Simple mais très classe.

 

 

On va t'apprendre à finir les combats sur des roll ups enfoiré!

 

 

 

Les redifs

 

Je l'ai dit dans mon article précédent, mais j'ai trouvé le show rouge particulièrement mauvais cette semaine. La meilleure illustration tient dans les combats qui ont été rediffusés à l'occasion des segments Raw Exclusive. On a eu droit à un replay Ziggler-Fandango et de Nikki vs Alicia Fox & Cameron (dont on connaissait les déroulements et les résultats puisqu'ils avaient été rappelés lors des matches mettant en scène leurs protagonistes plus tôt dans la soirée).

 

Repasser des matches mauvais dont on connaît déjà le résultat, vous m'excuserez mais je trouve ça profondément con. Parce que, tout de même, pour que ces séquences intéressent un spectateur, il faut donc :

– Qu'il n'ait pas maté le Raw, ou qu'il ait trouvé ces combats tellement géniaux qu'il veuille les revoir. Qu'il n'ait pas maté le Raw donc.

– Qu'il ait quelque chose à foutre de combats impliquant Fandango et Nikki Bella.

– Qu'il n'ait pas regardé ni écouté les combats ni les segments backtage intervenus plus tôt dans la soirée.

 

Cela dit, s'attarder là-dessus serait assez injuste, le show bleu ayant été, pour une fois, supérieur à son homologue du mardi. Bon, je dis ça, mais j'arrive au plus mauvais moment de la soirée : la « confrontation » Swagger-Rusev, qui a au moins eu le bon goût de ne pas s'éterniser.

 

Lana et Zeb ont craché leur venin, leurs deux larbins ont remué bien fort des grands drapeaux, et les bourricots du public ont scandé USA. Bref, passons vite à la suite…

 

 

– Merde, on les saoule tellement qu'ils ne disent rien, fais quelque chose Rusev.

– RU-SSI-A, RU-SSI-A !

– USA, USA ,USA !

– Stupid Americans…

 

 

 

Alberto del Rio vs Kofi Kingston

 

Je suis très partagé sur Kofi. Je trouve ses combats presque aussi répétitifs que des patterns d'attaque de John Cena, mais à petite dose je le trouve très très plaisant à observer. Un peu comme un luchador en fait. Quant à del Rio, il rappelle régulièrement qu'il possède un talent très rare dans cette industrie, celui-là même pour lequel j'admirais tant CM Punk, celui de fournir des bons matchs quel que soit l'adversaire. Et Dieu sait que quand on se coltine Batista ou RVD c'est pas toujours facile de bien faire le taf.

 

Les deux hommes ont livré ce qui fut sans doute, tous shows confondus, le meilleur combat de la semaine. Du rythme, quelques bons enchaînements (Cross Armbreaker contré par un Trouble in Paradise dont del Rio se sort en agrippant la corde au compte de deux), un final qui change du classique Juji Gatame (ADR qui aplatit depuis la troisième corde un Kingston aux jambes coincées dans la deuxième), on a eu la chance de voir dix minutes de très bon catch là où on ne les attendait plus.

 

Et en plus Big E nous a fait le plaisir de ne pas venir sans raison à l'aide de son copain, ce qui a rendu l'affrontement d'autant plus appréciable.

 

 

– Mais t'étais où mec ? Il m'a défoncé la tête le mangeur de burrito !

– Désolé, mon fwèwe, j'avais une soirée Zouk avec Mawk Henwy.

 

 

 

Landvog TV

 

Le plaisir de la redif allemande du show, c'est d'avoir Cesaro qui tient sa chronique hebdomadaire de deux minutes. L'inconvénient, c'est de ne pas tout piger à ce qu'il raconte. En gros, il avait un maillot de foot de l'équipe d'Allemagne, a essayé comme le premier face (ce qu'il est peut-être si Paul Heyman l'a quitté) venu de se faire de la pub sur l'équipe locale qui gagne, et en a profité pour glisser que lui aussi allait remporter un titre à Champ de bataille.

 

 

Fandangirls vs AJ & Paige

 

Bon, pour commencer, je tiens à vous présenter mes excuses concernant ce que j'ai dit dans ma nalyse du dernier Raw. Il fallait être un peu con pour croire une seconde qu'il y avait du premier degré dans la relation de « frienemies » entre la championne et sa challenger numéro un.

 

Alors que le match est étonnamment plaisant, du fait de la bonne performance de Layla, AJ taggue le dos de Paige quand celle-ci commence à prendre le dessus sur Summer Rae et va terminer le travail à sa place. Et si je trouve Paige très décevante au micro, son jeu d'actrice sur le coup a été pas mal du tout, tant on a senti sa frustration et son envie d'en découdre sur le champ avec son équipière du soir, sans attendre le surlendemain. Finalement un bon gros hug plus tard, tout est bien qui finit bien, mais comme mise en bouche pour leur affrontement de dimanche, c'était parfait.

 

 

– Ma copiiiine (tu vas voir ta gueule dimanche soir) !

– Mon amiiiie (profite des 48 heures qu'il te reste à vivre) !

 

 

 

Dean Ambrose vs Kane

 

Au début du show, Ambrose vient au centre du ring défier Seth Rollins, se vantant d'être toujours sur pied en dépit du passage à tabac qu'il a subi en début de semaine. Il en profite pour lâcher à nouveau un « c'est tout ce que vous savez faire ? » bien senti. Rollins lui dit qu'il s'est esquinté le genou lors de son dernier match et qu'il ne pourra pas l'affronter, mais il envoie tout de même Kane à son ancien équipier pour qu'il se sente moins seul. Chose agréable dans le segment, plusieurs allusions sont faites au Shield. Ça peut sembler naturel, mais force est de constater qu'on n'en parle plus beaucoup ces dernières semaines et que Roman Reigns, l'homme qui a gardé la tenue et le thème d'entrée des chiens de la justice, ne semble plus se souvenir que leur trio a jamais existé.

 

Le combat en lui-même est assez médiocre, ce qui n'est pas vraiment une surprise, dès lors qu'il implique Kane, mais il permet de voir une nouvelle fois les énormes progrès accomplis in-ring par Dean Ambrose en un an. Plus de technique, plus de gnac, l'ancien champion US n'est plus juste une gueule parfaite de méchant de série B assez douée au micro, il est devenu un vrai catcheur et il ne fait plus tâche dans la carte d'un PPV.

 

L'affrontement est équilibré, mais s'interrompt au bout d'à peine sept minutes quand Seth Rollins attaque son ancien équipier de dos, à coups de mallette. Dean Ambrose est parti pour un nouveau beating, à base de finishs successifs sur les steel steps, et il se présentera clairement dans le rôle de l'underdog dimanche, un rôle qui lui convient finalement assez bien.

 

 

Pour savoir si Kane va venir pourrir un match/discours, inspectez bien les coins du ring et vous devriez trouver des indices.

 

 

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