Catch

Règlements de comptes entre seconds couteaux

Les amis sont très importants. On les reconnaît à leur capacité à vous décevoir.

Pierre Desproges

 

Pour mon deuxième papier pour les Cahiers du Catch, me voici à nouveau confronté à un épisode du show bleu. En plein rush vers SummerSlam, nous ne verrons ce soir ni Triple H, ni Cena, ni Orton, ni Kane, ni Rusev, ni Brock Lesnar. De quoi laisser aux autres l’occasion de voler un peu la vedette et de régler leurs comptes. Ont-ils réussi ? Réponse ci-dessous.

 

 

En tout cas, esthétiquement et du côté des codes couleurs, c'était très réussi.

 

 

Nalyse de SmackDown du 25 juillet

 

 

Après les événements exceptionnels de lundi, le show de ce soir commence inévitablement par un rappel du dernier Raw : le monstre, la bête, le Minotaure, dites-le avec moi, Bbbbrrrrock Lesnar, est de retour ! Le scoop n’en est pas vraiment un et on sent la chose arriver à peu près depuis WrestleMania, mais quand même, l’annonce était de taille.

 

Ce soir, nous sommes à Orlando Florida, alors, place à l’action ! Comme on le sait, SmackDown est rarement le lieu d’avancées scénaristiques majeures. Pas besoin que quelqu’un lance le show micro en main : on commence direct par du fight.

 

 

The Uso vs Rybaxel

 

Ayant conservé de main de maître leur titre de champions par équipe lors de Battleground, les Uso débarquent en favoris de la foule. Leurs adversaires du soir sont les anciens Paul Heyman guys, les Rybaxel, sur une bonne dynamique après leur victoire de lundi contre Big E et Kofi.

Pourtant, lors de la Battle Royal de Battleground, Ryback avait éliminé son partenaire, ce qui n’a visiblement pas eu de conséquences sur le sérieux de leur équipe.

Le match est plutôt sympathique, on connaît le talent des deux Samoans, et Rybaxel confirme leurs récentes prestations réussies. Malheureusement, la fin laisse à désirer : l’un des Uso gît à l’extérieur du ring, et son frère profite du fait que l’arbitre et Curtis Axel sont en pleine discussion pour prendre sa place. La suite, on l’a vu mille fois, surpris par un Uso qu’il croyait mourant, Axel subit un roll-up et s’incline.

 

 

Putain, c’est lequel le bon ? On devrait vraiment instaurer le short à usage unique.

 

 

Les Bella Twins ont fait le coup un nombre incalculable de fois, les Uso en sont aussi des habitués. Ne serait-il pas temps que face au problème, la WWE décide d’accepter l’arbitrage vidéo ou de placer un deuxième arbitre aux abords du ring ?

Le résultat a au moins le mérite de faire gagner les champions sans trop affecter leurs adversaires.

Qui sera le prochain rival des Uso à Summerslam ? Les Rybaxel sont toujours présents depuis des mois dans la division par équipe et mériteraient un match. On espère aussi voir catcher plus régulièrement les nouveaux frères Rhodes.

 

 

Miz TV

 

Le Miz donne son premier Miz TV depuis son retour. Souriant de toutes ses dents, heureux comme un roi, le Marine vient donner son discours de célébration en tant que nouveau champion intercontinental. Comme toutes les grandes stars, il n’oublie pas ceux sans qui il n’est rien, et remercie les techniciens, toute la Miz team derrière lui, sa magnifique femme Maryse (que l’on n’aura jamais vu avec lui à la WWE : dommage, cela aurait donné un awesome couple à gros ego), ses chiens, et ses parents présents dans la salle. On a même droit à une petite interview de Mme Mizanin par son fils, qui s’achève précipitamment quand celle-ci avoue que son catcheur préféré est… Roman Reigns.

 

 

Joey Tribbiani a enfin obtenu un rôle à sa mesure.

 

 

De toute façon, le Miz est interrompu par le phénomène actuel, le jeune et inspiré Bo Dallas. Tout sourire, il vient féliciter le nouveau champion, qui a gagné parce qu’il Bolieve. Ce dernier confirme être un fan du nouvel ange blanc de la WWE. Super, tout le monde est pote.

Mais forcément, ça ne peut pas durer… Voilà un trouble-fête qui s’amène, celui-là même qui se croyait champion à Battleground et qui a eu le culot de battre le MoneyMaker lundi, Dolph Ziggler.

Visiblement, il l’a mauvaise, mais il commence quand même par féliciter les deux catcheurs, qui sont des sources d’inspiration pour des millions de gens, qui sont des gagnants, et qui sont… de grosses merdes. Oui, c’est ce qu’il a dit. Ziggler pique les blagues de Cena maintenant ? S’il ne trouve rien de plus intelligent à dire, il ferait mieux de se taire, je trouve. D’ailleurs, il cherche rapidement à faire parler ses poings et attaque le Miz. Ce dernier évite, et Bo en profite pour attaquer le Show Off.

 

 

– Les mecs, vous êtes des gros bouts de caca !

– Haha, le pauvre, il est face.

 

 

Bo Dallas vs Dolph Ziggler

 

C’est officiel, les deux jeunes hommes vont se battre à la régulière ce soir. Le Miz a rejoint les abords du ring pour commenter et à vrai dire le match, pourtant de bonne facture, est éclipsé par Michael Cole qui essaye d’embêter Mizanin en cherchant à savoir si l’interview de ses parents était vraiment spontanée ou scénarisée. Pour ma part, je pense que je m’en fous.

 

Et hop, on va voir si tu vas encore faire le Bo !

 

 

Le Miz est interrompu dans ses explications par Ziggy, qui tente de lui balancer un coup de pied dans les gencives. Pour la peine, Mizou distrait le blond platine plus tard dans le match, ce qui coûte la victoire à ce dernier. Bo Dallas est toujours invaincu et célèbre l’événement comme il se doit, en sautillant comme un demeuré qui a des vers intestinaux. Il est violemment interrompu par Ziggler, mauvais perdant, qui le kicke sans prévenir. Le Miz règle l’injustice en projetant le goujat contre le poteau. Deux hommes gisent à terre, un homme se tient debout, remet ses Rayban, reprend son trophée, et s’en va en vainqueur. La classe.

Que j’aime ce nouveau-ancien Miz, qui rappelle le champion du monde détestablement génial, ou génialement détestable, qu’il a été. Longue vie à lui !

 

– Allez, je dois partir, je peux récupérer ma ceinture ?

– Soyez gentil m’sieur Miz, je peux la garder encore un peu ? Je l’ai perdue en trente secondes contre Rey Mysterio !

– Contre qui ?

 

 

Cesaro vs Ambrose (No disqualification)

 

Rematch d’un affrontement ayant eu lieu plus tôt dans la semaine, au cours duquel le chien fou Ambrose avait perdu par disqualification en attaquant son adversaire à coups de chaise.

Du coup, le match de ce soir sera No Disqualification.

Bon, là, il faut qu’on m’explique. Ambrose est censé être l’ennemi absolu de l’Autorité et on lui donne une stipulation où il est le plus à l’aise ? Y a-t-il une logique ?

Les deux athlètes arrivent, chacun sur leur horrible thème musical. Comme quoi les nouveaux compositeurs WWE n’ont pas le même talent que Jim Johnston.

Le match est très bon, comme on peut s’y attendre avec ces deux-là sur le ring. Face au talent pur de Cesaro, Ambrose laisse parler son génie créatif. On y va avec les chaises, les kendostick, même la cloche ! ça envoie du bois. On avait rarement vu Cesaro en mode « extrême » et il sait faire ça aussi à merveille. Cette affiche était à mes yeux le meilleur match de la soirée et n’aurait pas dépareillé en PPV.

 

 

Le nouveau Star Wars, avant les effets spéciaux.

 

 

Ambrose finit par s’énerver et sort une quinzaine de chaises de sous le ring. On ne sait pas vraiment ce qu’il prévoit d’en faire, et on ne le saura jamais. Sorti de nulle part, le traître, le félon, le judas, le Eric Besson du Shield, Seth Rollins arrive pour attaquer son ancien frère d’armes. Cesaro en profite pour attraper le Lunatic One et lui porte une Souplesse arrière depuis le turnbuckle, sur le tas de chaises. One, two… Simplement deux, Ambrose se relève dans un sursaut, et surprend Cesaro par un roll-up ! Victoire de l’ancien bouclier de la Justice.

Rien à dire. This is awesome.

 

 

Mais la joie de la victoire est décidément de courte durée ce soir et il se fait rapidement passer à tabac par le battu du jour et Rollins, qui lui portent chacun leur prise de finition. Rollins est content de lui et quitte ainsi le ring, laissant son ancien collègue détruit, mais on va dire qu’Ambrose a un peu l’habitude.

 

– This is my house, now, Dean !

– C’est moi ou les bookers ont un peu tendance à la répétition ces temps-ci?

 

 

Paige vs Naomi

 

N’en déplaise à la WWE qui met à toutes les sauces le clash entre Brie Bella et Steph Mc Mahon, qui a conduit cette dernière à goûter aux geôles floridiennes, la grande histoire féminine du moment, c’est la rivalité entre les deux meilleures Divas que la fédération ait connues depuis bien longtemps (Kaitlyn n’étant pas loin derrière), AJ Lee et Paige. Les deux catcheuses semblaient amies malgré leur conflit autour du titre de championne, mais Paige ayant vicieusement attaqué la petite Crazy Chick lors du dernier Raw, on peut se poser la question de sa sincérité. La belle Anglaise nous rassure, en affirmant avant le match qu’elle reste amie avec AJ, qu’elle l’apprécie toujours, comme elle apprécie son adversaire de ce soir Naomi. Malheureusement, cette dernière va perdre ridiculement en quinze secondes. La faute à sa rivale et ancienne amie, Cameron, qui en faisant son apparition aux abords du ring, distraira la catcheuse, qui sera détruite par Paige en moins de temps qu’il n’en faut pour dire Funkadactyl.

 

DING DING ! Start the match !

– Attendez, il m’a semblé entendre un bruit à plus de trente mètres derrière moi, il me paraît sage de regarder ce qu’il en est.

– Eh ben, j’en suis loin du match cinq étoiles avec des adversaires pareilles…

 

 

La blanche Anglaise quitte le ring en sautillant à la manière d’AJ. Je regrette de ne pas avoir vu la championne ce soir, mais le heel turn progressif de la rookie est plutôt intéressant. Elle est sincère dans son admiration pour la championne, tout en voulant montrer sa supériorité, et me fait un peu penser, même si je n’ai pas connu cette époque, à Chris Jericho quand il feudait contre Shawn Michaels. La dualité admiration-haine mérite d’être creusée, et j’espère qu’elle le sera intelligemment.

S’ensuit un tabassage sans grand intérêt de Naomi par Cameron, qui finit en se remettant du rouge à lèvres et en se servant de sa rivale comme d’un paillasson. Cette histoire-là, je m’en fous un peu.

 

 

Promo hallucinée des frères Dust

 

Comme à tous les shows désormais, Goldust et Stardust nous livrent un dialogue complètement taré et psychédélique, à base de paillettes, d’étoiles, et de boule de cristal. Il y est question d’avenir lumineux pour les deux frères. J’aime bien ce nouveau personnage totalement excentrique joué à l’excès par Cody, mais j’aimerais désormais les revoir traduire tout ça sur le ring.

 

 

R-Truth vs Bray Wyatt

 

R-Truth, qui a semble-t-il loupé le train de la rébellion des noirs du dernier Raw, arrive sur le ring en chantant pour la énième fois What’s Up. On dirait le Patrick Hernandez de la WWE. Je ne prête pas grande attention aux paroles, peut être les couplets changent-ils de temps en temps, mais le refrain est encore et toujours le même…

Heureusement, les Wyatt arrivent, sur leur géniale entrée obscure.

Le match, forcément, est court, la différence de niveau entre les deux étant trop grande. R-Truth n’a jamais rien donné de bien intéressant à la WWE, sauf durant sa courte période heel.

 

Alors qu’il a réussi à mettre au sol l’un des hommes les plus dangereux de la fédération, R-Truth prend le temps de faire un grand écart. Tout un résumé du personnage…

 

 

Une fois détruit le black, Wyatt s’adresse à Jericho : R-Truth a toujours été là pour toi Chris (ha bon ? à quoi fait-il allusion ?), pourquoi n’es tu pas là pour lui ?

En gros, Jericho est un menteur, un faux sauveur, il est temps de lui régler son compte. On part pour une revanche à SummerSlam et ça me plaît bien. C’est quand même d’un autre niveau pour l’Ayatollah of Rock n’Rollah que de jobber pour Fandango et Ryback.

 

Je vous le dis, quand je vais à la pêche, j’en ramène des grands comme ça!

 

 

Main event : Roman Reigns vs Alberto Del Rio

 

Pas de Cena, ni d’Orton, ni de Triple H, ni même de Brock Lesnar ce soir. C’est SmackDown baby !

Et on laisse les clés du main event au catcheur qui a peut être la plus belle cote de popularité du moment, Roman Reigns, contre un qui sait se faire détester à merveille, Alberto Del Rio.

Après le match sans disqualification, c’est l’autre grand match de la soirée, preuve que les anciens membres du Shield ont du talent individuellement. Reigns a tout d’une grande star : en plus de sa puissance physique, il a le jeu d’acteur nécessaire. Il interagit avec le public, sait faire monter la sauce et quand il est dominé, vend bien la douleur et la fatigue. De fait, il est souvent dominé ce soir, Del Rio étant délicieusement vicieux en s’acharnant sur le bras de son adversaire, dans et hors du ring. Il est aussi impressionnant quand il saute à pieds joints sur le torse du Samoan depuis la troisième corde.

 

 

Del Rio essaye de surfer à nouveau sur le succès.

 

 

Clairement, le Mexicain est un des grands perdants de l’unification des titres mondiaux, car il serait sûrement encore à lutter pour une ceinture. Vu son niveau ce soir, je ne serais pas étonné de le voir se tourner vers le titre US.

Mais quand même, Reigns gagne à la fin. Classique Superman Punch, Spear, un deux trois, la messe est dite. Le match était beau, Roman célèbre avec la foule et on en finit là.

Pas de vicieuse intervention de l’Autorité, rien d’inattendu, juste Reigns qui finit en vainqueur.

 

 

– Houuuu !

– So !

– Tiens, il va falloir que je revoie mes catchphrases, moi…

 

 

Alors encore une fois, un show qui n’avance pas grand-chose, mais vous me direz, t’as qu’à pas choisir SmackDown pour tes analyses, connard !

Ce à quoi je vous répondrai de rester poli, déjà, et puis que malgré l’absence de progression, le show continue d’offrir de bons affrontements, notamment le clash entre Ambrose et Cesaro.

Les seconds couteaux ont eu tout loisir de montrer ce soir ce qu’ils savaient faire, et ils ont offert du spectacle divertissant. L’absence de réelle avancée scénaristique évite aussi à SmackDown toute longueur ou incohérence qu’on a pu avoir ces derniers temps à Raw (cf. l’arrestation de Stephanie).

 

Et à la semaine prochaine !

 

 

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