Catch

Bleu de chauffe

Long is the road, hard is the way.

Jean-Jacques Goldman

 

La route vers SummerSlam ressemble par certains aspects à une vraie route de vacances. Elle est longue, âpre, sent la chaleur moite, le goudron qui colle et la transpiration. La tension est à son paroxysme à la WWE où les principaux athlètes sont engagés dans une lutte féroce. À tel point que même à SmackDown, la situation se décante et des événements inattendus apparaissent.

 

 

Il y en a qui trouvent quand même le temps de faire une petite sieste à l’ombre.

 

Nalyse du Smackdown du 1er août

 

 

American Dreams

 

Nous sommes ce soir à Corpus Christi, au Texas. Rien que le nom de la ville fleure bon les capuches blanches, les saluts romains et les paysans noirs qui pendent au sommet d’une potence. De fait, rien de plus adéquat pour commencer le show que l’arrivée acclamée des Vrais Américains, Jack Swagger et son manager Zeb Colter, le premier agitant avec conviction la bannière étoilée. Et la foule de scander avec liesse « We, the people ! ». Pour le reste du monde qui regarde la WWE, ça donne quand même un petit sentiment d’exclusion. On aimerait bien participer à leur joie collective, mais non, nous ne sommes pas le meilleur pays du monde, tant pis pour nous. Pour un show qui se veut international et même mondial, je ne sais pas si c’est très bien joué, et voir The Racist Ones en favoris de la foule continue de me déranger grandement.

 

 

A tous les fans qui nous regardent partout dans le monde, sachez que la WWE est désormais accessible sur son Network. Sachez aussi que, où que vous soyez, vous êtes inférieurs à la grande Amérique !

 

 

Ce n’est pas Rusev qui intervient cette fois-ci pour se confronter aux USA, mais l’ancien membre des Real Americans, à savoir Cesaro, le Suisse, dans son élégant peignoir.

Qui aurait pu prévoir, à l’explosion de leur équipe et après WrestleMania, que Cesaro garderait le rôle du méchant alors que Colter et son boy sont devenus les gentils de l’histoire ?

Tout est possible aux États-Unis d’Amérique.

 

Excusez-moi, je sors de la douche.

 

 

Le match est bon et je me prends à regretter que la rivalité printanière entre Cesaro et Swagger n’ait pas duré plus longtemps qu’un PPV, avec un Heyman face à Colter, ça aurait pu donner de sacrés affrontements, avec des stipulations diverses et de grandes promos.

Les deux se complémentent bien, Cesaro faisant parler toute sa technique, face à un Swagger au style beaucoup plus brutal, qui sied quand même bien mieux à un heel. Le Real American réussit à coincer son adversaire dans son Patriot Lock. J’ai à peine le temps de me demander si Cesaro a déjà abandonné, que ce dernier tape au sol…

 

 

Dire qu’il fût un temps où même Santino Marella savait contrer cette prise…

 

 

La victoire de Jack est surprenante, compte tenu du niveau estimé des deux, même si le contexte s’y prête, Cesaro n’étant plus concerné par aucune rivalité majeure. C’est l’inverse du lutteur universitaire, plongé dans un conflit patriotique.

Rusev et Lana viennent d’ailleurs provoquer le vainqueur, sous les huées d’un public en transe. La glaciale blonde propose une stipulation symbolique pour SummerSlam : un flag match, où le gagnant est donc le premier à décrocher son drapeau. Colter accepte, pour prouver la gloire et la grandeur du peuple américain, patin couffin.

 

Rusev n’a pas seulement raccourci son nom, il a aussi changé de tête.

 

 

Jack va-t-il enfin vaincre le puissant Bulgare lors du show estival, à la gloire de tout un peuple ?

Si tel n’est pas le cas, l’invincible brute deviendra un challenger évident pour le championnat.

Quant à Cesaro, il catche depuis plusieurs semaines sans aucune rivalité, mais donne le meilleur à chaque fois, que ce soit contre Ambrose, Cena ou Swagger, de grands matchs. Je pense donc qu’il ne faut pas être trop inquiet à son sujet : une fois toutes les rivalités de l’été achevées, il retrouvera vite quelque chose de gratifiant à se mettre sous la dent.

 

Orton speech

 

Randy Orton n’est pas content et il le fait savoir. La Vipère prend le micro pour nous expliquer qu’il ne digère toujours pas d’avoir été privé d’un match de championnat, au profit de Lesnar. Qu’on se rassure tout de suite, il n’en veut pas à la Bête, non, mais tous ses reproches vont à Roman Reigns. Roman Reigns, qui a eu le culot de venir l’attaquer il y a deux semaines, et qui s’est bien fait proprement éclater au dernier Raw. Mais ce n’est pas fini. L’Apex Predator défie le Samoan pour un match à SummerSlam. L’annonce n’est pas réellement une surprise, mais au vu du violent tabassage de ce lundi, elle me paraît prometteuse. Si on laisse Orton devenir barbare et extrême, on peut avoir une belle opposition.

 

 

J’sais pas ce que j’ai en ce moment, mais je suis énervé moi !

 

 

Là encore, quel que soit le vainqueur de l’affrontement, il deviendra un challenger sérieux pour la course au titre. Orton n’a plus gagné de match de PPV depuis l’Elimination Chamber, et ça commence à être un peu long. Une défaite serait un sérieux poids pour la suite.

 

Bo lives

 

Ce lundi, R-Truth a brisé la streak de Bo Dallas en le ridiculisant sur un petit paquet. C’est l’heure de la revanche. Bo n’est pas content et le match est assez violent, les catcheurs se projetant à l’extérieur du ring contre les barricades. Bo cherche à détruire son adversaire, tant et si bien qu’il est rapidement disqualifié, l’ayant tapé trop longtemps entre les cordes. Qu’importe, il continue son beatdown, comme si en détruisant son opposant, il effacerait sa honte de lundi.

Une fois son rival éliminé, il prend le micro pour dire qu’il n’a donné à R-Truth que ce qu’il méritait et qu’il fallait continuer à Boliever.

 

 

Les fans de Bo Dallas portent des petits polos rayés bleu et blanc. Tout un symbole.

 

 

Girly time

 

La championne AJ affronte ce soir l’horrible et inutile Rosa Mendes, qui a le toupet de demander un title match. Un gouffre sépare les deux femmes. AJ est géniale, elle n’a même pas besoin de parler. Son regard, sa gestuelle parlent mieux que bien des discours. En vrai, il n’y aura pas match ce soir. En dix secondes, la championne fait abandonner la Portoricaine sur un Black Widow. Fini, AJ n’a même pas besoin de passer à la douche ce soir.

 

 

Yé veux oune ceintoure !

-Oh my gode.

 

 

La championne rentre en sautillant vers les vestiaires, quand soudain Paige surgit de nulle part pour la pousser au sol depuis le podium ! La jeune gothique n’est pas à une contradiction près, puisque quand les médecins viennent au secours de la blessée, elle leur hurle de faire attention à sa meilleure amie. Avant de partir, elle dit à AJ qu’elle l’aime toujours et qu’elle n’a qu’à lui téléphoner si elle veut parler.

 

 

Difficile de voir Paige approcher, elle se fond avec la couleur du show.

 

 

Nous avons là à nouveau le cas d’une catcheuse jouant la crazy girl. Néanmoins, je pense que le personnage joué par Paige peut s’avérer intéressant, si elle continue cette ambivalence entre une certaine fascination pour AJ et son envie manifeste de redevenir championne. Je vais plus loin en élaborant ma théorie personnelle : en fait, l’Anglaise est tombée amoureuse d’AJ. Effrayée par ses propres sentiments qu’elle cherche à refouler, elle n’arrive pas à les exprimer autrement que par la violence, d’autant plus que l’objet de son amour possède le bien qu’elle souhaite récupérer.

Enfin, bon, c’est une idée comme ça.

 

 

Je veux ta ceinture AJ ! Mais pas ton collier, par contre, il est tout pourri.

 

 

Les handicapés ne sont pas ceux qu’on croit

 

Ambrose nous parle depuis sa grotte obscure, l’épaule toujours bandée et meurtrie. Ce soir, il affronte Kane et Seth Rollins. Il sent bien que l’autorité veut à tout prix protéger le petit chérubin à la mallette. Mais aucun monstre, aucun démon ne pourra se mettre en travers de son désir de vengeance. Kane ferait bien d’emmener un masque de rechange ce soir, car bientôt, Rollins sera tellement abîmé qu’il lui faudra se cacher.

J’adore le style d’Ambrose qui arrive à nous persuader qu’à lui tout seul, il peut créer l’enfer.

Nous le verrons rapidement puisque le match est de suite.

 

 

Je peux pas prêter mon masque, j’en ai besoin pour… pour cacher mon visage, que tout le monde a déjà vu pendant des années. Oui, tiens, au fait, c’est idiot non ?

 

 

Kane et Rollins travaillent lentement, méthodiquement sur l’épaule blessée du lunatique, dominant le match sans l’emballer. Mais c’est un risque, puisque dans le catch, rien n’est gagné d’avance. Ambrose tente de neutraliser Kane sur l’escalier pour se retrouver seul à seul avec son vrai rival, Rollins, l’architraître du Shield. Malheureusement, il n’a pas le temps de régler ses comptes, le Démon revenant pour l’éjecter du ring. Tant pis, Ambroise va chercher une chaise et l’utilise pour tabasser tout le monde. Visiblement, la disqualification, il s’en fout un peu. Il neutralise le Big Red Monster, mais ne peut s’attaquer à Rollins qui fuit courageusement. La rivalité continue entre les deux hommes, bien qu’un match à SummerSlam n’ait pas été officiellement annoncé.

 

La seconde avant le coup de chaise, c’est déjà le coup de chaise. Profitons de ce petit instant d’éternité.

 

 

Raw is Young

 

La belle intervieweuse Renee Young se retrouve backstage avec Chris Jericho qui affronte Eric Rowan ce soir. Y2J paye depuis deux semaines le prix de sa victoire contre Bray à Battleground. À trois contre un, même lui ne peut faire face, mais s’il bat le grand barbu roux ce soir, les deux frères seront bannis des abords du ring pour le prochain match Bray-Jericho à Summerslam. Autant dire que le rockeur est motivé !

 

Olé

 

Le pauvre Fandango n’en finit plus de plonger. Il affronte ce soir l’un des deux Matadores, le même que lundi, ou l’autre, je ne sais pas et je m’en fous un peu, je pense.

Le costumé à paillettes arrive accompagné d’un nain, d’une grande blonde et d’une petite brune. Bien sûr, vous aviez reconnu Summer Rae et Layla. Elles accompagnent tous les adversaires de Fandango depuis quelques semaines, histoire de rendre ce dernier jaloux. Bon, une fois d’accord les filles, mais il serait peut-être temps de passer à autre chose, je crois qu’on a compris non ?

 

Je t’ai reconnu Donatello !

 

 

Toujours est-il que Fandango, au lieu de démolir le torero masqué, perd du temps à courir après Torito et finit bien sûr par perdre sur une distraction spectaculaire.

 

Un nain déguisé en taureau qui danse avec des filles en cuir. Olé.

 

 

Y a-t-il une morale à toute cette histoire ? Peut-être, comme disait mon grand-père, qu’à courir après deux lapins, on finit seul avec la moutarde. Au moins le catcheur danseur dispose d’un temps important d’antenne, comparé à d’autres lowcarders, mais il passe quand même systématiquement pour un idiot. Qu’on en finisse vite avec ce triangle sentimental inintéressant. Surtout que Layla et Summer pourraient être des rivales intéressantes pour AJ et Paige.

 

Hollywood approved

 

Alberto Del Rio versus Dolph Ziggler, une affiche qui a fait les belles heures du championnat du monde poids lourds ! Autant dire qu’on attend de revoir cet affrontement avec plaisir.

Aux commentaires, ce soir, comme la semaine dernière lors du match de Ziggy, le nouveau champion intercontinental, The Miz !

Ce dernier est excellent comme toujours au micro, jouant avec un plaisir évident le rôle de l’homme médiatique pressé, prétentieux et tête à claques.

En plein match, il s’adresse à la foule pour présenter à nouveau ses remerciements, à ses parents, son chien, sa femme… et en profite pour remercier Dolph d’être moins bon que lui.

 

 

Dolph, si tu veux devenir un vrai champion un jour, tu devrais penser à revoir ton style. Abandonner tes slips ridicules pour des vrais pantalons d’homme, comme moi, par exemple.

 

 

Curieusement, ça énerve le blondinet qui cherche à attaquer le Miz. Ce dernier fuit, bien sûr, et une fois revenu au combat, le Show Off se laisse prendre dans le Cross ArmBreaker, contraint à abandonner.

Del Rio a bien compris lui, il s’est mis au rouge.

 

 

Encore une fois, le Miz quitte la salle en vainqueur, sans avoir combattu, mais en ayant obtenu ce qu’il voulait. Pas de match prévu encore entre lui et son rival décoloré, mais cela ne saurait tarder.

Quant à Del Rio, il est un peu dans le rôle de Cesaro, bien qu’un ton au-dessous. Il catche toutes les semaines, gagne souvent, mais n’est pas encore concerné par une vraie rivalité.

Pourquoi ne pas l’associer au Suisse, pour créer une nouvelle équipe, ne serait-ce qu’éphémère ?

 

 

Et lavez-vous les dents trois fois par jour !

 

 

We’re here

 

Main Event Time, baby ! La famille Wyatt débarque sur le ring. Bray vient nous dire ce qu’il dit depuis presque un mois, c’est-à-dire que Jericho se prend pour un sauveur, mais n’est qu’un imposteur, qui sera détruit par la vérité à SummerSlam.

 

 

Hipster is the new sexy.

 

 

Ce soir, comme dit précédemment, Jericho affronte le troisième membre de la fratrie, le rouquin Rowan. Fort et violent, le plus jeune frère semble facilement détruire le Ayatollah of Rock’n’Rollah, avec lenteur et délectation.

 

Si quelque chose Chris votre route, il est bon d’avoir un roux de secours.

 

 

Mais Jericho a plus d’un tour dans son sac et reprend l’avantage en cours de match. Ce qui pousse Harper à intervenir pour aider son frère. L’arbitre l’a vu et bannit du ring le grand barbu !

Sorti de nulle part, Y2J en profite pour coller un CodeBreaker à son adversaire et gagne ainsi le match. C’est acté, Bray Wyatt et Jericho se battront seul à seul à SummerSlam, sans personne autour du ring pour les embêter. Enfin, surtout pour embêter un.

 

 

Pourtant, Rowan s’est plié en quatre pour aider son chef.

 

 

Bray Wyatt est dégoûté et quitte la salle. J’en profite pour saluer le mérite de Jericho, qui contrairement à d’autres anciens, revient toujours en parfaite condition, même après des mois d’absence.

 

Mais bon, ça, il était pas obligé.

 

 

SummerSlam n’est plus très loin et les rivalités sont au plus fort. Pour une fois, SmackDown a donné lieu à des avancées scénaristiques : nous connaissons désormais les stipulations du match Jericho-Wyatt ou de Swagger-Rusev. Quelques affrontements prévisibles n’ont pas encore été officialisés, mais ça ne saurait tarder (Miz-Ziggler ou Ambrose-Rollins).

Par contre, au niveau in ring, pas d’énormes matchs à se mettre sous la dent. L’ouverture entre Cesaro et Swagger a sûrement été le meilleur combat du jour. Encore une fois, il y a eu beaucoup de squash et de distractions. On peut dire que l’essentiel ne s’est pas joué pendant les matchs, mais en périphérie. Tout ça nous promet en tout cas de belles bagarres à SummerSlam !

 

 

Et surtout, ne ratez pas la tournée estivale de Bray Wyatt interprétant « Tout nu et tout bronzé », « Papayou » et « Le tirelipompon ».

 

 

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