Catch

La nuit du 4 Août

– La Révolution est comme une bicyclette, quand elle n’avance pas, elle tombe.

– Eddy Merckx ?

– Non, Che Guevara.

Louis de Funès, Les aventures de Rabbi Jacob

 

La nuit du 4 Août ça vous dit quelque chose ? Non, pas celle qui marque le début de semaine au camping de Palavas-les-Flots, et à propos de laquelle vous n’avez vous-même aucun souvenir, même après avoir longuement contemplé cette étrange trace de vomi sur votre duvet au petit matin, vers 13h. Celle dont je parle a eu lieu il y a environ 225 ans, mettait un terme définitif aux droits  et privilèges anciens et posait ainsi la première pierre majeure dans la construction d’un système nouveau aux doux parfums de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Les bookers de la WWE, dans leur grande maitrise reconnue de l’Histoire, ont-ils profité du symbole pour saupoudrer leur programme hebdomadaire rouge d’esprit révolutionnaire, ou ont-ils fait froidement usage de leur droit de cuissage à l’encontre de mon mince et virginal espoir ? Réponse dans les lignes qui suivent.

 

 

« …et nous ne nous séparerons que par-dessus la troisième corde ! »

Il avait l’air sympa ce Royal Rumble 1789

 

 

Nalyse du Raw du 4 août

 

 

Ah, le mois d’août… Le moment de l’année où on est trop accaparé par la plage, le soleil, et tout son cortège de traitement des rougeurs de la peau par application localisée de crème hydratante pour s’occuper de ses cahiers de vacances. Et par conséquent, au milieu de tout ça, il arrive parfois qu’on se permette de ne plus suivre avec autant de rigueur les développements de la vie qui pourtant continue sans nous attendre, là-bas, à VinceLand. Heureusement, les CDC ont pensé à toi, Théo, 9 ans, qui entre en CM1 l’année prochaine et qui souhaite à la fois bien préparer ce cap (« une année charnière » a dit maman) et en même temps te tenir au courant de ce qui se trame sur la route de Summerslam. Alors lâche ta croute de melon, essuies-toi la bouche,  prends ton stylo, et écoute.

 

 

– Gentil, Théo. Et elle est où ta maman ?

– En dépression.

 

 

Pour lire cet épisode de Raw avec le plus de justesse possible et répondre à notre question initiale, nous allons mettre au point un compteur spécial, le « Revolution-O-Meter », qui nous permettra de juger, segment par segment, si le 4 août a été dignement ou non commémoré. Le barème est simple : un segment trop classique = -1, un segment original = +1, un segment difficile à trancher = 0.

 

 

+1 ?

 

 

-1 !

 

 

Austin, Texas. Nous sommes accueillis par Byron « Barras » Saxton, Booker « Reubell » T et Alex « La Révellière-Lépeaux » Riley. Oui, c’est le triumvirat du pré-show, et comme le Directoire (1795-1799) ça n’a aucun intérêt, à part pour les puristes intégristes. Tout de même, on appréciera la démonstration de vivacité d’esprit de Riley : "Nous sommes à deux semaines de Summerslam ! Los Angeles ! Californie ! Le Staples Center, les Lakers… Kobe Bryant… Aidez-moi les gars…" et la répartie de Booker : "… Tom Cruise ?". Puis Booker souhaite un joyeux anniversaire à ses filles aux prénoms à coucher dehors, Riley vends des t-shirts, on fait le point sur la big feud du moment qui tient en haleine le monde entier (Brie/Steph). Un aperçu du compte Instagram de Stephanie McMahon, qui s’affiche poussant de la fonte dans sa salle de sport… ? À ce moment-là, la barre de défilement m’indique que je n’en suis qu’à 6:26, et il me faut me saisir de tout mon professionnalisme et de toute ma déontologie de rédacteur des CDC pour ne pas cliquer jusqu’à 29:47. Pendant ce temps le spécialiste du Spinaroonie nous gratifie d’un "Stephanie a été au contact des plus grands : Hulk Hogan, Roddy Piper, moi". On fait comme si de rien était, on poursuit. Sujets suivants, Orton/Reigns, Jericho/Wyatt… La haute volée des débats m’a cette fois-ci totalement fait décrocher, et je me prends à rêver d’un futur et hypothétique match entre Saxton et A-Ry, avec Booker en special guest referee… 14:46 et je me sens comme Louis XVI au matin du 20 juin 1791 : une envie de partir, n’importe où, et pourquoi pas Montmédy ? Paul Heyman me rattrape à Varennes, puisqu’arrive le moment d’évoquer le main event de Summerslam, entre Cena et la Bête. Dans l’élan, j’ai assez de courage pour survivre aux sujets suivants (Rusev/Swagger, Reigns/Ambrose, AJ/Paige). Et nous y voici enfin, 29:47, le show peut commencer. Le pré-show a été chiant. Classique. Un point de moins dans notre « Revolution-O-Meter ».

 

 

Ohlalala, ça démareuh pas très bieeen..

 

 

Le show s’ouvre, et la famille royale pavane. Louis 3H a le cou solide et le dos droit, Stephanie-Antoinette arbore un sourire qui sous-entend "Ils n’ont plus de Daniel Bryan ? Eh bien, qu’ils mangent de la brioche", le dauphin Orton est joufflu de bonheur, le félon Rollins trimballe sa cassette, et le bouffon Kane reste invariablement vilain. Le King of Kings assure la promo du WWE Network, indiquant aux gueux que nous sommes que nous pourrons jouir des plaisirs de Summerslam en nous acquittant de la dîme de 9,99 $, et ainsi être les heureux spectateurs du plus grand tournoi de la chrétienté et au-delà. Frère Wyatt contre Le Chevalier au Lion Jericho. Rollins le Félon contre Ambrose le Fol. Brie la Pucelle contre Sainte Stephanie. John Le Preux contre Brock la Montagne. Orton la Vipère contre Reigns le Loup Solitaire. Tout ça pour 9,99 $, crie la populace. Au moment où Randy Ier  s’adresse à la foule pour lui clamer ses propres faits d’armes, les ménestrels entonnent le chant de l’ex-membre du Shield, et ainsi apparait Roman Reigns. La Cour avise avec quelque peu d’inquiétude ce maraudeur qui s’approche un peu trop près des fenêtres du ring de Versailles, porté par un peuple qui crie vengeance. Reigns nous rappelle qu’il est toujours en vie après le traitement royal dont il a été l’objet la semaine précédente, et qu’il compte bien récupérer son honneur en bottant un cul de vipère ce soir. Loin de s’attarder sur des questions d’anatomies reptiliennes, et peu soucieux des croisements génétiques improbables, Louis 3H protège son Dauphin-Vipère et préfère envoyer Kane rosser le manant samoan, dans un Last Man Standing Match.

 

Revolution-O-Meter = -1 Un début de show parfaitement rodé, certes, mais ultra classique.

 

 

Dites mon brave, est-ce vous qui venez de lâcher médor ? Un peu de tenue que diable !

 

 

Stipulation originale hors PPV, elle n’aura pas apportée de plus-value particulière au combat (qui aurait très bien pu se finir par un tombé qu’on n’aurait pas vu de différence) mais aura eu le mérite d’autoriser les deux protagonistes à se servir de toute sortes d’objets illicites (chaise, escalier, kendo stick…) et de jouir d’une liberté de mouvement totale hors du ring. Oui, comme dans un Street Fight match, un No-DQ match, un No Holds Barred Match, un Fall Counts Anywhere Match, mais ce sujet polémique a déjà été maintes et maintes fois traitée dans les colonnes de notre site. Notons simplement que c’est le Samoan qui l’emporte, après avoir toutefois subi un Chokeslam à travers une table, la Grosse Machine Rouge étant incapable de se remettre sur ses pieds fourchus 10 secondes après avoir subi le terrible Spear. Kane trépasse, Roman règne.

 

Revolution-O-Meter = Kane a été lent, Reigns a été vif, classique. Mais un Last Man Standing match pour ouvrir, c’est sympa. Alors 0

 

 

– Attends Kane, tiens-moi cette chaise et je vais la plier entre mes omoplates, regarde : un, deux…

 

 

– TROIIIIIIIS !

– Ça marche pas je crois, Roman.

 

 

Petite pause promo pour le Cena/Lesnar, au cours de laquelle Cena apparait particulièrement Cena (« J’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi fort que mon prochain adversaire, je chiale, j’aime cette compagnie, je donnerais tout, come get some, blablabla ») et au cours de laquelle Lesnar apparait particulièrement néanderthalien (« Moi démonter lui, moi laisser lui baigner dans son sang, sa pisse, et son vomi »). Et Jerry Lawler de reprendre le micro par un « Whao » évocateur.

 

Revolution-O-Meter = -1 Première fois que j’entends une promo aussi pipi-caca depuis Vince. Millième fois que j’entends cette promo de Cena.

 

On reste dans l’encéphalogramme archi-plat, avec de quoi faire réagir ce bon vieux peuple de l’État-à-l’étoile-toute-seule, j’ai nommé la traditionnelle rivalité sportive. Vous savez, celle qui permet de faire monter raisonnablement la heat d’un heel à la dérive (Damien Sandow mesdames et messieurs sous vos applaudissements), et temporairement glaner de la cheap pop pour un vieux face intermittent, fatigué, et si possible régional de l’étape (ici, ça sera Mark Henry). Les Oklahoma Sooners contre les Texas Longhorn. Passionnant. Pour saluer l’arrivée du World Strongest Man et probablement lui rendre hommage, John Bradshaw Layfield dira : "Nobody knows barbecue like Texas". Le jour où on citera la chipolata en tout premier dans la liste des emblèmes de ma région natale, faites-moi penser à changer mon état-civil, de peur d’être assez rapidement catalogué comme un sombre connard en fin de race. Mais je digresse. Henry l’emporte au bout de 57 secondes. J’espère que Sandow sera un jour récompensé, parce qu’il y met du cœur, cette savate à barbe, à se faire flageller en public chaque semaine depuis des mois. Vive le Texas.

 

Revolution-O-Meter = -1 Et si dans mon barème initial j’avais prévu de mettre -2, j’aurais hésité à créer un -3.

 

 

Le sauveur intellectuel des masses, au Texas

 

 

Promo WWE again, qui m’aura couté une recherche Google pour comprendre ce que j’ai pris au départ pour un gros WTF moment. J’explique, le toxicomane Adam Rose et sa troupe de joyeux drogués sont devant un miroir. Adam le taré nous indique que c’est le Miroir Oculus, qu’un esprit maléfique vit dedans, et que s’il le regarde, il verra le reflet d’un citron géant… J’arrête là la description. Pauvre de moi si j’étais le dernier au courant, mais le film titré « Oculus », produit par la WWE, et classé dans la catégorie « Epouvante-horreur, Thriller » par Allociné.fr, doit sortir prochainement aux Etats-Unis. En tout cas, étant donné que les films de la WWE sont systématiquement des énormes succès internationaux, avec une promo comme celle-là, aucun souci à se faire. Toujours au top les mecs de WWE Studios.

 

Revolution-O-Meter = non noté. Hors-catégorie. Foutez-moi ça dehors.

 

Un riff de guitare bien gras nous annonce un moment autrement plus réjouissant, puisque Dean Ambrose s’approche du ring. Et la clameur distincte de la foule me laisse à penser que je ne suis pas le seul à trouver plus que sympathique son personnage de fou dangereux incontrôlable, et je m’en réjouis. Il est suivi par le fantomatique Alberto Del Rio, qui poursuit progressivement sa lente descente vers la porte de sortie de la WWE (ceci est une prédiction). Le tout étant entrecoupé d’une annonce géniale, que je m’empresse de vous spoiler : la semaine prochaine, on va chercher Papy à sa maison et on invite ses potes, parce que Hulk Hogan vient fêter ses 113 ans à Raw ! Un évènement exceptionnel puisque c’est la toute première apparition du Hulkster à la WWE depuis au moins deux semaines ! Mais si, vous savez, quand il était venu nous annoncer qu’il aimait bien les lentilles ! À ne pas rater donc, puisqu’on ne le reverra probablement pas avant une bonne grosse quinzaine, quand il reviendra nous vanter les bienfaits de la fish-pédicure ! Sans déconner, à force d’installer les légendes vivantes toutes les semaines dans notre télévision, elles finissent par avoir autant d’attrait que le napperon en dentelle posé dessus, et à sembler de moins en moins légendes, et de moins en moins vivantes. Mais une nuit du 4 Août où on évoque le disciple de la « Guillotine Leg Drop », on tolère.

 

 

Et moi, je vais vous faire « La prise de la Pastille »… Ouh ce p'tit cul, et ce short en cuir, rrRRrrrrRRrr…

 

 

Revenons donc à Alberto, dont la récente et impressionnante croissance du muscle pectoral me fait presque vaciller sur mes certitudes. Sérieusement, il a pris du bonnet non ? Cela me laisse au moins croire qu’il occupe studieusement son temps hors-antenne (dont il a largement loisir, surtout pendant les PPV) à pousser de la fonte. Et ça, Vince, il aime bien. Alors peut-être me trompe-je à propos de l’avenir de la plous gran exportassione dé l’histoire dou Messique… En tout état de cause, il s’agira d’un Beat the Clock Challenge Match, qui permettra soit à Ambrose, soit à Rollins un peu plus tard dans la soirée, de choisir la stipulation pour leur match à Summerslam. Autant dire que la question de savoir si Del Rio va l’emporter ne se pose même pas. Dommage car l’opposition n’est pas mauvaise. Ambrose en jeune foufou fougueux, Del Rio en vieux briscard sans vergogne. Ouais, je me suis permis dans la même phrase d’employer deux mots désuets, voire quasi-ringards, que sont « briscard » et « vergogne ». En même temps, comment qualifier autrement son coup de pied dans la face intervenu à la minute 6:41 du match ? « BAM », proposerait surement le Texan. Soit. 12:48, le match se poursuit toujours, malgré un gigantesque Tornado DDT d’Ambrose sur Del Rio. 13:41, une non moins énorme Reverse Suplex depuis le top turnbuckle, à la limite du dangereux (n’oublie pas, cher lecteur débutant, qu’il existe un Dictionnaire des Cahiers du Catch, qui t’aidera peut-être le jour où il faudra briller en société). 14:23, un énorme coup de la corde à linge, porté à la Ryback, mais par un physique deux fois moindre qu’est celui d’Ambrose, et ça vaut "une gifle de cow-boy portée avec une main de maçon" (ça ce n’est pas de moi, c’est Rohff). Del Rio continue à s’attarder sur l’épaule toujours en berne de l’ex-membre du Shield. Et puis soudain la lumière, le Dirty Deeds, le compte de trois, Ambrose l’emporte au bout de quinze longues minutes et ses quarante-deux secondes.

 

Revolution-O-Meter = +1 Oui c’est assez généreux, non ce match n’a pas révolutionné grand-chose, mais ne serait-ce que la Reverse Suplex de Del Rio mérite ce point. La défaite d’un aristo également, aussi mexicain soit-il. Et ça fait plaisir de le voir dans un bon match, avec une consistance sérieuse. De mémoire récente, ça, c’est original.

 

 

– Docteur Nick, voudriez pas regarder, j’ai comme une raideur dans la nuque et..

– Mmmmh yé vois, installez-vous.

 

 

  • – Là ?

– Plus haut !

  •  
  •  

– Ici ?

– Gnouiiii !

 

 

– Et pour finiiiir…

– Urrrrmmphh !

 

 

– … M… Merci Docteur… Vous… p… prenez la carte Vitale ?

– Bien soûr !

 

 

Retour maintenant sur les évènements récents concernant la fille McMahon et la femme à Daniel. Pour résumer, Stephanie en fait tout un fromage, et accuse Brie de maux. Attendez, j’en ai une autre : Stephanie faillit devenir chèvre, lorsque Brie bêla. Voilà, je cherche un poste en tant que chroniqueur dans Le Supplément sur Canal +. Un poste à l'équipe.fr ou chez Bruno Masure m’intéresse également.

 

 

Pour toi, public.

 

 

La très mélodique musique russo-bulgare digne de la mauvaise bande son d’un mauvais "Expendables IV" nous annonce l’arrivée du gros Rusev. Pendant la pub, discrétos, le Bulgaro-russo-portugais a tringlé Sin Cara. Faut-il être texan pour le voir juste comme énervant, et extra-texan pour le voir juste comme ridicule ? En tout cas, nouvelle goutte de piment glissée sur les hémorroïdes de la diplomatie américano-russe, et c’est toujours Lana qui tient la bouteille : cette fois-ci s’affiche à l’écran ce tweet du vice-président russe Dimitri Rogozine, mettant côte à côte Poutine caressant un guépard et Obama caressant un caniche, avec le commentaire suivant : « Nous avons des valeurs et des alliés différents ». Si on arrive à mettre de côté qu’au milieu de cette vraie histoire des touristes hollandais sont morts pour rien, c’est assez marrant. Je sais, ça s’avale moins facilement qu’un dragibus goût napalm, mais comme disent les cons qui citent une phrase célèbre d’un auteur dont on ne se souvient plus pour clore dans la facilité un débat fatiguant d’avance : "Je m’empresse de rire de tout de peur d’être obligé d’en pleurer" (et ça c’est Beaumarchais). En tout cas, pour réussir à nous mettre du côté de Zeb Colter et Jack LaFrime, il fallait bien ça. Au passage, je suis né un 23 octobre, et pour mes 30 ans cette année je veux que Lana me souhaite joyeux anniversaire en russe, à moi aussi. Pendant que je rêve, Zeb Colter se lance dans un speech dégoulinant de populisme américain : photo de Nick, l’ouvrier blanc dans le bâtiment qui trime, pour lequel Jack se bat. Photo de Megan, l’infirmière blanche qui trime, pour lequel Jack se bat. Photo de l’armée américaine, tous blancs, qui se bat pour Jack, et pour laquelle Jack se bat. C’est beau, c’est blanc, c’est trop blanc, c’est troublant. L’ADN bovin a reçu le stimulus, il s’agite, la foule crie U-S-A, U-S-A. Et je n’ai jamais entendu un « WE THE PEOPLE » aussi collectif. Avant une deuxième rasade de U-S-A, U-S-A, pour fignoler. Vive le Texas. Vite, je me sens con, j’ai besoin d’une citation pour redémarrer : "Le patriotisme c’est l’amour des siens. Le nationalisme c’est la haine des autres" (Romain Gary). On se situe où là, les gars ?

 

Heureusement la bagarre bête et méchante commence enfin, et je suspends temporairement mon incrédulité tandis que Rusev frappe Jacky à coup de hampe de drapeau russe de toutes ses forces sans toutefois parvenir à l’empaler. Swagger éjecté, Rusev s’approche de Colter, Colter s’accroche à son drapeau, Lana décide de l’épargner et lui laisse un simple « Wi zi pipeul » en guise de pot de départ.

 

Revolution-O-Meter = bon bah c’est gagné, -2. On est dans le réactionnaire là, pas le révolutionnaire.

 

 

Et cerise sur le gâteau, JBL nous place une petite quenelle à la discrète… On t’a vu, John.

 

 

S’ensuit le match entre celui-dont-on-a-pas-compris-pourquoi-la-WWE-ne-savait-plus-quoi-faire et celui-dont-on-ne-comprend-toujours-pas-pourquoi-la-WWE-ne-sait-pas-quoi-en-faire. Et j’ai mis plus de temps à écrire tout ça que n’a duré le match puisqu’à mon écran Ziggler vient de battre Cesaro, en deux minutes et neuf secondes (oui, bon, j’écris assez lentement). Pour rappel, Cesaro a d’abord été vendu comme un mec avec un prénom (Antonio), ex-rugbyman renvoyé pour violence, puis un Suisse polyglote, puis un beau gosse séducteur de lituanienne, puis un Allemand (oui oui, pendant quelques semaines), puis un vrai Américain-Suisse, puis il a perdu son prénom, puis il a gagné un Paul Heyman, est devenu le « King of Swing », un vainqueur du premier trophée André the Giant, un robot (rapport à sa démarche ridicule qu’il a adopté pendant deux mois), un mec plus capable de parler en anglais et traduit de l’allemand par son manager, qu’il a ensuite perdu pour servir l’Autorité, puis ensuite plus rien. À un moment, on se demande si ça n’aurait pas arrangé la WWE que Cesaro soit moins bon, pour pouvoir définitivement l’enterrer dans l’anonymat et sans regret. Ou peut-être la WWE aurait-elle préféré qu’il soit moins suisse, tout simplement. En tout cas ils m’ont l’air perdus, gênés, pas habitués à gérer ce qui semble être dans leurs cahiers du booker un ovni. Je ne suis pas assez au fait des coulisses de la WWE, et j’en appelle aux plus fins limiers d’entre nous, mais sérieux, Cesaro, il aurait pas glissé une petite main au fion de Linda Mc Mahon sans autorisation ? Sinon, je vois pas. À part ça le Miz qui était là depuis le début monte sur le ring à la fin pour brandir sa ceinture IC au nez du Show Off.

 

Revolution-O-Meter = Je regrette, car un match entre ces deux-là de plus de deux minutes aurait été quasi révolutionnaire par les temps qui courent… Mais Ziggler challenger à un titre majeur à Summerslam, on peut presque considérer qu’on revient de loin. Alors 0.

 

 

– Mais bon sang, je lui ai juste mis un doigt dans l’œil. Tu sais où il a appris à jouer aussi bien, toi ?

– Au MVAI.

– Au quoi ?

– Au Mathieu Valbuena Acting International.

 

 

Petit interlude sur la feud AJ/Paige, et ça c’est le genre de retournement de personnalité que j’aime à la WWE. Souvenez-vous lorsque Paige remportait le titre des Divas, c’était AJ la tarée, l’hystérique, la lunatique. Maintenant regardez la courte interview de Paige et dites-moi qui est aujourd’hui la plus « AJ » des deux ? Ça donnerait presque envie de ne pas placer la pause pipi sur le match des Divas au prochain Summerslam, si si je vous assure.

 

Revolution-O-Meter = +1, pour Paige. Avoir une fille, talentueuse, à poitrine « normale » selon les critères de la WWE, et s’en servir à l’écran, même deux minutes, ça tient de la révolution.

 

 

Au fait les filles, n’oubliez pas : cet été, le chic, c’est le sac de plage en forme de Dolph Ziggler !

 

 

Nous entrons dans la dernière heure du show, et donc a priori dans les choses sérieuses. A priori seulement, puisque les Dust Brothers font leur entrée. Personnellement, je suis fasciné par Stardust/Cody. Ce mec est un fou, il me fascine, on peut tout lui faire faire, il réussit tous ses personnages. Je ne vais pas refaire la liste, mais entre le beau gosse insupportable, le fou défiguré, l’héritier orgueilleux, le loser, le gentil frère, et maintenant le super-héros-chelou-doré, il incarne systématiquement parfaitement tous les rôles qu’on daigne lui coller. Essayons champion du monde, et voyons ce que ça donne, non ? Au passage, les frères dorés battent les garçons bouchers (Rybaxel).

 

Revolution-O-Meter = +1 Juste pour Stardust.

 

 

– Mon Dieu ! Dustin ! Mais comment fais-tu pour faire apparaitre un soleil sur ton épaule droite ?!

– Cody, c’est pas moi, c’est les extas.

 

 

Interlude de nouveau, Kane rend son masque à l’autorité, incrédule.

 

Revolution-O-Meter = Après Big Show qui turne 5 fois par an, Kane qui enlève et remet son masque tous les mois. -1 pour la peine.

 

Arrive ensuite le match entre Jericho et l’un des membres de la famille Wyatt, en l’occurrence Luke. Comme depuis le début de cette feud, l’opposition commence déjà avant le gong, et il y a de l’électricité dans l’air, avec Jericho et sa veste à diodes, et l’entrée des Wyatt entourés de lucioles cellulaires. Un bon petit match, bien que, définitivement, et à mon grand regret, je n’arrive absolument pas à me passionner pour cette rivalité… Et je n’arrive absolument pas à m’expliquer pourquoi… Pourtant l’opposition est intéressante, les protagonistes sont techniques…

 

 

-Tiens, Luke, respire-moi déjà celui-là !

*Prtt*

-Oooh, Chris, tu crains !

 

 

J’ai beau inventer des bêtises, il y a eu de belles prises. Luke est définitivement bon, son désormais traditionnel « Batista Bomb » est une merveille (au même titre d’ailleurs que la tête d’ahuri qu’il prend au moment du compte de trois). Alors peut-être que c’est avec Jericho en face que j’ai un problème. Et qu’il n’est attrayant qu’en heel techniquement dominateur, beaucoup moins en face avec des fulgurances de courage sporadiques. Pour revenir au match, Jericho est sur le point de l’emporter, coupure de courant, Bray arrive, Sister Abigail, rire creepy, follow the buzzard, noir.

 

Revolution-O-Meter = -1 c’est moi ou Bray se fait de plus en plus clairement huer ? Je trouve qu’il tient de moins en moins le monde dans ses mains, et que son personnage ronronne un peu.

 

 

Et n’oubliez pas cet été, comme toute l’année, celui qui conduit, c’est celui qui ne boit pas. Et celui qui conduit pas, et qui boit, c’est mieux si c’est le moins lourd, quand faut le trainer jusqu’à la voiture.

 

 

Instant drôlerie, instant sexy, instant tauromachie, la moitié de Los Matadores (Diego, je crois) arrive sur le ring accompagné d’El Torito, de Layla (mon Dieu qu’elle est bonnasse) et Summer Rae. Diego affrontera Fandango, accompagné par son nouveau danseur, Hornswoggle, dont la WWE semble aussi peu savoir quoi en faire qu’un vulgaire Cesaro. On a énormément ri, essentiellement Jerry Lawler. Mais heureusement, ça n’a pas duré plus de quarante secondes. Soit à peu près le double du temps qui me permettrait de me contenir lors d’un tête à tête avec Layla. RrrrrRRrrr. À noter le terrible turn de Horny, qui succombe à on ne sait quoi lorsque les Slayers (le nom que les deux greluches se sont données) viennent le réconforter. Fandango rosse le danseur de poche, Diego et Tororigolo rossent Fandango. Je suis vraiment en train de décrire ça ?

 

 

Chui tombé si bas, que pour en parler faudrait que j’me fasse mal au dos

Booba – La Lettre

 

 

Revolution-O-Meter = -1 du comedy catch. Ça détend, ou au contraire ça crispe. En tout cas, ça renouvelle pas beaucoup le genre.

 

 

Et nous allons maintenant vous faire découvrir le nouveau partenaire d’El Torito : El Serpentito ! Olé !

 

 

Plus que quarante minutes de programme. Bo fait son entrée, il affrontera R-Vérité dans un match revanche, le rappeur amnésique étant le premier individu à l’avoir vaincu, la semaine précédente, à Raw. Et je n’arrive pas non plus à le Boliever. La vengeance interviendra rapidement puisque Bo l’emporte, aidé au moment du tombé en se saisissant du caleçon de son adversaire, profitant du fait, comme chacun sait, que ces sauvages de banlieue ont la fâcheuse tendance à laisser énormément dépasser ledit sous-vêtement au-dessus de leur ceinture.

 

Revolution-O-Meter = Sur le match en lui-même ça vaut -1. Mais l’originalité du personnage de Bo dont je ne me remets pas, additionnée à la victoire de Truth la semaine dernière dont je ne me remets pas non plus, me donne envie de récompenser l’effort global par un beau 0

 

Quelques promos plus loin, et Rob Van Dam approche du ring, pour y affronter Seth Rollins, dans la deuxième partie du Beat the Clock Challenge qui l’oppose à Dean Ambrose. Je suis surpris que le costume de Rollins n’ait toujours pas inspiré la foule des chants similaires à ceux qui étaient jadis destinés à MVP : son costume fait vachement Power Rangers, vous trouvez pas ? Pas le temps de répondre à cette question, on nous annonce que RVD ne sera finalement pas l’adversaire de Rollins, c’est Heath Slater qui prendra sa place. L’incongru Highlight Player du dernier Battleground semble lui-même surpris, tandis que Rollins est ravi. Le public, probablement une grande majorité d’éleveurs de bêtes à cornes en manque d’activité professionnelle, chante "crotte de taureau, crotte de taureau…" Merci RVD, beau bilan carbone.

 

 

– ‘Tain, je sais pas ce que t’as fait mais tu t’es bien débrouillé, enfoiré…

– Hey ! Coltine-toi Jinder Mahal pendant trois ans et après on en reparle, OK ?

 

 

Le chrono part, Rollins tente de convaincre Slater de sortir gentiment du ring, qui n’en fait rien. Ambrose débarque aux abords du ring et distrait quelque peu le félon, surtout lorsqu’il se saisit de la mallette de ce dernier, commence à déchirer calmement le contrat qui y était renfermé, et balance nonchalamment les morceaux. Pendant ce temps Slater nous fait une assez belle démonstration de diverses prises canon (jumping neckbreaker, jumping calf kick) pour surprendre un Rollins assez peu concentré, et finalement assez peu pressé. Quinze minutes pour battre l’ex-empereur des jobbers, c’est large. Alors on commence à jouer avec le manger : la mallette devient Money in the Bento, puisque Ambrose y verse d’abord un peu de soda, puis du popcorn. Il y ajoute le chapeau de JBL (probablement gouteux) puis fait tourner la mallette au-dessus de sa tête, en aspergeant essentiellement les commentateurs. La distraction est de trop pour la chevelu bicolore, qui succombe à un roll-up pin du One-Man Rockband. C’est donc Ambrose qui choisira la stipulation de leur match à Summerslam, et il l’annoncera vendredi prochain, à Smackdown.

 

 

Et le prix « Jean Lefebvre » est attribué à Seth Rollins pour sa grande performance dans « Oh naaaan, mais c’est pas possiiiibleuuuh »

 

 

Revolution-O-Meter = +1 Hey, j’ai bien aimé ce petit angle avec le Beat the Clock Challenge, c’était original, efficace. Et lorsqu’un docteur en job tel qu’Heath Slater remonte la pente, ça me fait toujours un petit pincement. Et pourtant, je suis pas du genre à dire que lorsque Raon l’Étape se qualifie en demi-finale de Coupe de France, ça fait du bien au football.

 

On termine avec le dernier angle pour ce soir, la traditionnelle signature de contrat d’avant grand match. Cela dit, et c’est assez rare pour le signaler, le grand match en question opposera deux gonzesses : Stephanie (la fille à Vince) contre Brie (la femme à Daniel). Moquette noire, décolletés aux hormones, échanges d’amabilités, tout est en place. C’est assez intense (Brie est pas trop mauvaise au micro), quoique un peu chiant. Paradoxe. À noter tout de même un « dérapage » mal contrôlé, lorsque Brie énonce la liste de ceux qui ont été maltraités par la petite pute princesse et en l’honneur desquels elle compte aussi se battre (son mari, sa soeur, le Big Show, les frères Rhodes, Vickie), liste que le bon public Texan complète par le nom de celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Et les gros plans permettent de saisir le petit malaise. Le contrat est signé, et généralement, c’est là que ça commence. C’est exactement ce qui se passe : Steph giffle Nikki et l’envoie valser, Triplache se saisit de la table et bloque Brie dans un coin, qui ne peut rien faire d’autre que de contempler sa sœur se faire "pédigrer" par la reine.

 

 

– Eeet pendant c’temps..*Hips*là !..Eu’l roi, y s’asseoit..*Hips*..su' son trôoone !

– Sire, c’est une table.

– Sers-nous encore à boire toi, bonniche !

 

 

La famille royale jubile, tandis que cette gueuse de Brie, arborant sur sa tenue les couleurs du drapeau de la fusillade du Champs de Mars (17 juillet 1791), le rouge de la contestation, envoie un soufflet au travers du royal pif de ce bon Louis 3H (oui on revient au style de narration du tout début, cette nalyse est à chier). Le roi est à genoux, la reine furibonde s’empare de la gourgandine, et lui administre la justice sous la forme d’un second Pedigree sans révérence ni courbettes (elle se sera décidemment bien exercée). Et nous quittons le royaume sous une royale embrassade et les cris d’un peuple décousu. Le couple triomphe, et exulte. Vous vouliez du changement ? Changez d’air.

 

Revolution-O-Meter : -1 Une Autorité qui domine lorsque Raw rend l’antenne, la WWE a décidemment de drôles de manières de commémorer le 4 août…

 

 

– Prenez donc ça, tyran !

 

 

– Staying aliiiiiiiiiive !

 

 

Barème final du Revolution-O-Meter : Cette émission hommage affiche un score de -6 sur le thermomètre ouvert de la Révolution. C’est nul. Pourtant ce programme était dans l’ensemble sympathique, très segmenté (10 matchs, pas mal de promos) donc assez rythmé, quoiqu’un peu fouillis. Il n’aura pas changé le monde, certes, mais ce monde a-t-il besoin d’être changé ? Bien sûr que oui ! Toujours ! Tout le temps ! C’est ça, l’esprit de la Révolution !

 

 

Aaaa..

 

 

..lloons

 

 

eeeen…

 

 

…fants !

 

 

De…

 

 

 laaaa…

 

 

paa..

 

 

  • …triiiiieuh !

 

 

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