Catch

Sur la Roode des étoiles

De la possibilité d'une chose on ne doit pas conclure à son existence. Locution latine

 

Alors qu'il n'y a guère que deux shows hebdomadaires à venir d'ici Bound for Glory, la compagnie ne respire pas la limpidité, on comme off. Ne parlons pas du build up inexistant pour ce qui est censé être l’événement charnière de l'année. Action et idées saugrenues, voilà les termes qui pourraient résumer les dernières péripéties de la Ligue 2 du catch américain. Et c'est déjà pas mal.

 

 

Bon si je comprends bien tu tapes, je prends la ceinture, mais ce sera toi qui défendra le titre au PPV.

 

 

Nalyse-Synthèse TNA Impact septembre 2014

 

 

En premier lieu, les résultats rapides des combats disputés durant les enregistrements concernant le mois de septembre, notamment marqués par la présence du show spécial nommé No Surrender en troisième semaine :

 

3 septembre à New York, New York (Hammerstein Ballroom)

 

1-Gail Kim © bat Taryn Terrell par tombé en contrant un Cross Body (TNA Knockouts Championship).

2-Magnus & Bram battent Gunner & Samuel Shaw par tombé après une Clothesline de la troisième corde de Bram sur Gunner.

3-Bobby Roode bat Eric Young par tombé avec une Roode Bomb. Il devient ainsi l'unique challenger au titre poids lourds.

4-Homicide remporte un 6-Way Match comprenant Low-Ki, Tigre Uno, Crazy Steve, Manik et DJ Z. Il devient ainsi challenger au titre de la X-Division.

5-Rhino bat Rockstar Spud par tombé grâce à un Gore.

6-Bobby Lashley © bat Samoa Joe par tombé avec une combinaison Full Nelson Slam/Spear. L'intervention préalable de Kenny King a été décisive (no-title match).

 

 

10 septembre à New York, New York (Hammerstein Ballroom)

 

1-Chris Melendez bat DJ Z par tombé grâce à un Samoan Drop.

2-Bobby Roode, Eric Young & Samoa Joe battent Bobby Lashley, MVP & Kenny King par tombé, suite à une Roode Bomb sur MVP.

3-BroMans & Velvet Sky battent The Ménagerie (Knux, Crazy Steve & Rebel) par tombé. Sky profite d'une intervention d'Angelina Love pour porter un RollUp à Rebel.

4-Ethan Carter III bat Rhino par tombé dans un Street Fight. Après l'esquive d'un Gore, EC3 conclut avec son One Percenter.

5-James Storm & The Great Sanada battent Austin Aries & Tajiri par tombé sur ce dernier. Les deux heels se dégagent d'une double Tarantula et mettent KO tajiri.

6-The Hardys battent Team 3D et The Wolves © dans un Tables Match. Le finish voit Eddie Edwards subir une Swanton Bomb de Jeff Hardy. Il s'agissait de la deuxième manche du challenge triangulaire entre ces équipes.

 

 

17 septembre: No Surrender à New York, New York (Hammerstein Ballroom)

 

1-Jessicka Havok remporte une bataille royale impliquant Madison Rayne, Taryn Terrell, Brittany, Angelina Love, Rebel et Velvet Sky. Elle devient ainsi challenger au titre des knockouts.

2-Chris Melendez bat Kenny King par tombé avec un RollUp sorti de nulle part.

3-Samoa Joe © bat Homicide par soumission avec le Coquina Clutch (X-Division Championship).

4-The Wolves © battent The Hardys et Team 3D dans un Ladder Match, troisième manche de leur challenge triangulaire. Désormais chaque équipe compte une victoire.

5-Bram bat Gunner par tombé suite à un imbroglio avec Samuel Shaw.

6-Bobby Lashley © bat Bobby Roode par tombé avec un Spear (TNA Heavyweight Championship). À noter que les interventions de MVP & Kenny King en début de match ont justifié un angle de blessure à la jambe de Roode.

 

24 septembre: NYC Gold Rush à New York, New York (Hammerstein Ballroom)

 

Tous les matchs de la soirée étaient qualificatifs pour une finale à 5 participants. Le vainqueur de cet ultime combat obtiendra un title shot contre le Champion de son choix.

1-MVP bat Low Ki par tombé grâce à son Drive by Kick.

2- Tajiri bat Robbie E par tombé en enchainant Green Mist et Buzzsaw Kick.

3-Austin Aries bat Knux par tombé avec un Brainbuster.

4-Mr Anderson bat M agnus par tombé via son Mic Check.

5-Abyss bat Samuel Shaw par tombé avec son Black Hole Slam.

6- Austin Aries remporte le 5-corner réunissant les qualifiés des matchs précédents. Le finish le voit contrer une manœuvre de MVP pour s'imposer par RollUp.

 

 

Tiens après tout j'ai jamais eu le titre des knockouts…

 

 

Note préliminaire : Je commente et considère les faits en vertu de ce qui est apparu à l'antenne, me tenant le plus possible à l'écart des fuites concernant l'avenir de la compagnie. Les spoilers mentionnent en effet des enregistrements portés jusqu'au 19 novembre, mais avec un creux notable à la mi-octobre, soit les deux shows suivant un Bound For Glory à la carte encore illisible à ce jour.

 

Thème par thème, les faits saillants et perspectives apparues :

 

 

En bref

 

– Pendant que trois grandes équipes se déchirent pour déterminer quelle est la meilleure du circuit, les BroMans retournent sagement à leur rôle d'amuseurs publics. Robbie, Jessie & DJ Z se sont d'abord montrés en soirée privée sur le toit d'un immeuble, occupés à draguer par textos des knockouts non mentionnées, puis à concourir à des posedowns. Ils sont rejoints par les Beautiful People, visiblement réceptives à leurs propositions frivoles. Au show suivant, les rois du bling-bling disputent, aux côtés de Velvet Sky, une rencontre mixte lourdingue face à The Ménagerie. Enfin, Robbie E se voit offrir un spot pendant le NYC Goldrush de la dernière semaine, mais il échoue contre Tajiri.

 

– La X-Division continue de s'articuler autour de son seul angle sportif. Des combats pour déterminer le nouvel aspirant au titre, puis la défense de celui-ci par le tenant, Samoa Joe. Ce schéma répété tend à déteindre sur les autres championnats et pourrait traduire une volonté de coller davantage au fonctionnement d'une fédération indy. Alors, faut-il se réjouir de devoir bientôt composer avec une RoH bis ?

 

– Hors storyline digne de ce nom (et même hors antenne tout court) depuis ses défaites successives contre Bram, Abyss obtient un léger push lors de l'édition comprenant un Goldrush Tournament. Il atomise en effet Samuel Shaw et participe à la finale à cinq. Étrange façon de naviguer à vue concernant un catcheur à la gimmick très marquée. Ira-t-il tutoyer les sommets une dernière fois avant une mise en retrait définitive ?

 

 

– J'ai un plan génial les gars : je vais me fixer une ceinture de carpaccio sur le torse, et comme Angelina Love est gloutonne elle va venir me manger tout cru.

– Ok, mais tu te souviens du coup dont on avait parlé pour récupérer les titres par équipe ?

– De quels titres parles-tu ?

 

 

Melendez, début de streak en douceur

 

La surexposition de Chris Melendez ne faisait aucun doute après un segment inaugural impliquant quelques top faces de la compagnie. Ses débuts sur le ring ont été intronisés de façon tout aussi appuyée. Lors de l'édition du 10 septembre (mais à l'origine enregistrée pour le 11, glissement du show entre temps du jeudi au mercredi soir), l'hymne national est joué en présence de représentants de la garde nationale. L'ancien soldat effectue ensuite ses débuts sur le ring face à une victime toute désignée, DJ Z. Malgré sa jambe métallique handicapante, le Sergent, puisqu'il s'agit du grade mentionné à l'antenne, se débarrasse de l'importun en deux minutes. Le même soir, une vidéo promo appuie sa victoire. Il déclare vouloir inspirer tous les gens souffrant d'un handicap physique. Lors de No Surrender il est pris à parti par le duo MVP/Kenny King, volontiers sceptique sur le potentiel de sa carrière de catcheur. Ils lui proposent un rôle de larbin dans leur gang, puis lui garantissent qu'il sera renvoyé au « boot camp » (jeu de mots foireux sur son handicap) pour un bon moment. Malgré une rencontre dominée par King, l'ancien militaire trouve une issue via un RollUp.

 

Jusqu'ici le héros national, une fois oubliés les cotillons autour de son statut particulier, n'est pas spécialement un destructeur destiné à atteindre le haut du pavé rapidement. Une série de victoires est sans doute à attendre, mais ce sera plus sous la forme Bo Dallas que de Ryback.

 

 

Et tout ça sans avoir gagné un flag match.

 

 

 

Mégapush d'entrée pour Havok

 

Les chants « Better than divas ! » envahissent le Hammerstein Ballroom de New York depuis quelques semaines, et il faut reconnaître qu'ils sont entièrement mérités.

 

La division des knockouts, pourtant saupoudrée à la toute petite cuillère, continue de constituer un des gros points forts d'Impact Wrestling. Gail Kim et Taryn Terrell ont enfin pu conclure leur rivalité strictement sportive lors de la première édition du mois, avec une opposition tout à fait digne de concurrencer un AJ/Paige. Cependant, c'est l'après-match qui a retenu l'attention: l'arrivée guerrière de Jessicka Havok qui foudroie les deux faces pour marquer son territoire.

 

Esthétiquement proche d'une ODB (la fiole d'alcool en moins) et comparable à une Awesome Kong ou Bull Nakano pour sa puissance, la promue renoue avec la tradition des destructrices dénuées d'atout charme. La voie vers les sommets semble dés lors toute tracée, en cette période de tension chez les Beautiful People et de mise au second plan de protagonistes phares du dernier semestre (Madison Rayne, Brittany). Pour preuve, Havok abrège même le segment bêta consistant à révéler la catcheuse sélectionnée pour figurer (en petite tenue bien sûr) sur le calendrier 2015 de la TNA. Le même soir, elle dispute un brawl en coulisse avec une Gail Kim rageuse. Aucune fioriture décidément pour la nouvelle knockout, vainqueur d'une bataille royale de sept participantes au show suivant. Elle y met la forme en étant responsable de la quasi-totalité des éliminations (seule Love passe au-dessus de la troisième corde sur une esquive de Rebel).

 

Où peut mener ce démarrage tonitruant sinon au titre mondial dés la première tentative ? Aucune communication sur le fait que le combat Kim/Havok se déroulerait à BFG (voir par ailleurs), ce qui aurait tant qu'à faire « de la gueule ». L'absence de ce duel prometteur au plus gros PPV de l'année tiendrait du reniement d'un maillon fort historique de la TNA.

 

 

Ah ben tiens l'info a été subtilement délivrée.

 

 

Challenge tag team prévisible, jusqu'à quel point ?

 

À partir du moment où Kurt Angle avait précisé que le challenge triangulaire par équipe se conclurait lorsqu'une des factions aurait deux victoires à son actif, il ne fallait pas être fin sociologue pour deviner que l'on aurait une égalité parfaite à l'issue des trois premières manches. Les Dudley avaient ouvert le bal fin août, les Hardys ont triomphé dans le tables match tandis que les Champions en titre ont grimpé à l'échelle plus vite que les autres.

 

Le calendrier tag team a ainsi été meublé au mieux, mais qui sera légitime à concourir aux ceintures après de telles joutes enflammées ? Par ailleurs, le challenge n'était-il pas censé se terminer en grande pompe à Bound For Glory ? Le départ officialisé de Bully Ray laisse supposer à une alternative surgie de nulle part (la possible intronisation d'une équipe japonaise a été évoquée) ou à un contrat d'un soir pour « Papa Gros Mollet » Dudley, histoire de boucler la boucle. D'autant qu'il sera introduit au Hall of Fame aux côtés de Devon, récompense pas incompatible avec un ultime tour de piste catchesque.

 

Sauf incohérence scénaristique, le résultat devrait permettre de présenter davantage encore The Wolves comme le duo dominateur du présent, adoubé par ses glorieux prédécesseurs. D'où le goût amer de ces combats, tenant toutes leurs promesses sur la forme, mais peu enclins à la surprise. Espérons que la dernière stipulation choisie soit un TLC ou un Full Metal Mayhem pour conclure la série en apothéose.

 

 

– Je crois que je tiens une idée Bob.

– Je prends peur par avance.

– Mais non écoute ça. On donne les titres aux Dudley, ils quittent la compagnie dans la foulée et vont défendre les ceintures dans des fédérations japonaises.

– Ok, mais après faut les faire resigner du coup.

– Ben non, pourquoi ?

 

 

Shaw multiplie les bourdes… sans conséquences

 

Aguiché sans la moindre finesse par Brittany, Samuel Shaw ne perçoit même pas ses avances, il reste ce personnage intrigant, dénué de sentiment humain, mais voulant convaincre de ses bonnes dispositions. Sa nature psychopathe le rattrape régulièrement. Par exemple lorsqu'il s'en prend brutalement à l'arbitre suite à une défaite (en équipe avec Gunner) face au duo Magnus/Bram. L'ancien GI ramène sans cesse son poulain au calme, mais la situation lui échappe. À No Surrender, un nouveau loupé de Shaw aboutit à la victoire de Bram sur Gunner. Le barbu semble cette fois se lasser de son disciple taciturne. Ainsi l'abandonne-t-il au milieu du ring. En dernière semaine, le Psycho est seul en scène face à Abyss. Il s'incline logiquement pour continuer son surplace.

 

J'avais déjà eu l'occasion de pointer la construction bancale de cette storyline. Depuis que l'ancien harceleur de Christy Hemme avait été pris sous l'aile de Gunner, le déroulement tend à confirmer que les bookers se n'ont rien de concret en stock. Ni même prévu un point de non-retour pour crasher comme il se doit cet angle besogneux. À noter que du jour au lendemain Mr Anderson ne se soucie plus de la présence de Shaw dans le roster, il n'a pourtant guère lui non plus de feud désignée pour passer le temps.

 

 

Tu vois la chaudasse là-bas, elle est comme nous, aucune storyline en cours, du coup elle veut venir te pépon. Tu ne préférerais pas ça plutôt que venir pourrir mes matchs ?

 

 

 

James Storm agrandit sa secte

 

L'angle de James Storm gourou redempteur prend de l'ampleur. Son premier disciple, le (désormais) Great Sanada lui fournit en pâture Manik, assaili après un match comprenant de multiples prétendants de la X-Division. Si le projet consiste à rassembler des catcheurs n'allant plus nulle part depuis longtemps, Manik est le candidat idéal. L'homme masqué est par la suite torturé dans le repaire niché dans les bois. Storm entreprend de le démasquer, mais la séquence reste en marge de la caméra. Surprise à craindre sur l'identité de Manik, aussi inattendue que celles de Suicide en son temps ? Le nouveau disciple est réapparu avec un masque de fer (proche de celui de Kane en 2012) et obéit sans discuter à son leader.

 

Le duo Cowboy/Sanada a par ailleurs vu surgir des ennemis à leur hauteur, Austin Aries pour l'un, Tajiri (!) pour l'autre. Les puristes savoureront moyennement le raccourci voulant qu'un Japonais soit contré par un autre Japonais, sévèrement vieilli de surcroit, et ils auront raison. Au moins est-ce une rare feud établissant une passerelle vers le BFG au pays du Soleil Levant. À ce sujet Aries devrait servir de simple intermédiaire avant une implication de Great Muta.

 

Pas fan du tout du nouveau rôle de Storm à la base, trop flou et sans lien avec ses feuds antérieures, je trouve à présent de l'intérêt à la composition d'une faction heel apte à occuper le midcard. Un déséquilibre notable est cependant à pointer dans la répartition des shows. Une semaine cette storyline bénéficie d'une exposition importante, la suivante elle est carrément invisible, exclue des enjeux centraux. Rien n'explique par exemple l'absence de participation de Storm ou Sanada au NYC Gold Rush qui recouvrait l'intégralité du show diffusé le 24 septembre.

 

 

Que des traînés dans ce clan.

 

 

EC3, dernier rescapé des Dixie Boys

 

Que reste-t-il du #ithappens ? Trés peu de chose à dire vrai. Depuis que Dixie Carter « vend » sa convalescence due au passage à travers une table, ses ennemis d'hier comme ses alliés sont passés à autre chose ou ont tout bonnement disparu de l'antenne. Les piges inutiles de King Mo, Snitsky et Ezekiel Jackson étaient déjà de l'histoire ancienne à l'orée de ce mois de septembre, ce ne semble plus être qu'une question de temps pour Rhino, désormais jobber attitré pour Ethan Carter III. Le fait que l'ancienne légende de la ECW soit tenue responsable du choc subi par Dixie sonne faux, contribue seulement à meubler le calendrier d'EC3 avant de trancher entre push ou dépush. Bien qu'envoyé en pâture à Rhino la première semaine, Rockstar Spud reste le zélé écuyer de la famille Carter… avant un probable face-turn, amorcé par son incompréhension devant certains agissements de son mentor. Une mésentente téléphonique insiste sur cette idée de scission entre les deux fidèles sbires de Dame Carter.

 

Le GM Kurt Angle a mis son grain de sel, en s'opposant à la façon dont le neveu Carter s'arrogeait le booking. Hélas, il a eu beau placer Rhino dans les meilleures circonstances, l'invincibilité du jeune prétentieux reste intacte. Aussi l'Olympic Gold Medalist assure que le moment venu il réglera lui-même ce différend dans le ring à six côtés.

 

Quant à l'ancien ennemi public numéro un de la patronne, Bully Ray, il s'est repris à nouveau d'affection pour le catch par équipe, histoire de quitter la compagnie sur une bonne note. Le manque de rebond final à cette feud va marquer un grand creux à Bound For Glory. À moins qu'une ultime revisite de la guerre des GM éclate entre Angle et Dixie ?

 

 

– Alors comme ça tu ne te sens pas menacé toi aussi ?

– Penses-tu, trop passionnante notre feud avec Rhino.

 

 

Lashley laisse entrevoir quelques faiblesses

 

Jusqu'ici imperturbable, le règne du Roi Bobby (auteur en parallèle d'un retour réussi au Bellator le 5 septembre) se fissure à petits pas. Il y a d'abord eu ce défi « Champion contre Champion » que Samoa Joe a lancé pour une question d'honneur, sans exiger la mise en jeu du titre mondial. La Samoan Submission Machine est apparue proche d'obtenir l'abandon du géant chauve grâce à son Coquina Clutch. En plus de l'aide salvatrice de Kenny King, Lashley a dû s'employer à un double finish pour venir à bout du Champion X-Division.

 

Le héros du mois est à chercher ailleurs : Bobby Roode s'avère bel et bien le seul catcheur actuellement capable de ravir cette ceinture. L'ancien top heel n'a rien renié de son appât du gain, tout juste rechigne-t-il un peu moins à devoir combattre. Il obtient la place de challenger en disposant d'Eric Young dans un duel à la construction intelligente, l'un mettait l'accent sur les manœuvres puissantes tandis que l'autre contournait le corps à corps avec un style high flyer. Désormais devant son ancien équipier de Team Canada dans la hiérarchie, Roode ne redevient pas un loup solitaire pour autant. La semaine suivante, il s'allie de nouveau avec Young, duo auquel s'adjoint Samoa Joe, pour vaincre le trio heel. Le moment de No Surrender venu, le It Factor réalise une prestation de premier ordre. Pénalisé par les interventions préliminaires de MVP/King, finalement renvoyé aux vestiaires par l'arbitre, il doit de plus faire face à une blessure (probable kayfabe) à une jambe. Alors que Lashley vient de se relever de justesse d'un premier finish, son challenger réamorce sa Roode Bomb, mais sa jambe vrille et il doit s'incliner sur un Spear.

 

Après ces deux succès moins convaincants qu'à l'accoutumée, le Champion a été ré-humanisé. Sauf annonce paradoxale, Austin Aries, vainqueur du NYC Goldrush, devrait opter pour le title shot le plus prestigieux. Puisqu'aucun autre prétendant n'a été promu entre-temps, Roode devrait bénéficier d'une nouvelle chance dans la foulée.

 

 

Bon, vu sous cet angle on ne devine  pas trop sa faiblesse.

 

 

Bound For Glory, l'impossible promotion

 

De moins en moins de segments backstage, des émissions hebdomadaires donnant l'impression de pouvoir être regardées comme des One Shot, des feuds aussitôt nées aussitôt conclues ou mises sur la touche, l'identité du booking TNA a incontestablement évolué ces dernières semaines.

 

Le show du 24 septembre, ce tournoi sur une seule soirée, était à ce titre l'exemple le plus criant. On peut situer le tournant aux alentours de l'après SlammiVersary ou plus concrètement avec le #ithappens moment. Les vicissitudes backstage de la compagnie (recherche d'un nouveau diffuseur télé, problèmes pour remplir ses salles, refonte des contrats de ses membres) font partie d'éléments pouvant expliquer cette nouvelle donne, mais il y a une cause spécifique reliée à Bound For Glory. La nouvelle de la localisation de l’événement au Japon était à la base saluée et perçue comme la preuve d'un franchissement de palier. Or, ce PPV coorganisé avec la W-1 tombe au pire moment. D'abord parce que les shows hebdomadaires, enregistrés bien au-delà du PPV, rendent caduque une montée en puissance jusqu'au jour J. Ensuite parce que la TNA n'a pas les coudées franches pour mettre en place un booking propre, son partenaire japonais gardant la main dans ce domaine. Or le puroresu est avant tout connu pour la qualité de ses oppositions, ce côté stiff très appuyé, pas pour construire de longues storylines visant à builder un affrontement. Enfin, le renoncement à la mise en place de BFG Series, si valorisantes les années précédentes, rend même incertain la présence d'un match pour le titre poids lourds.

 

À deux semaines du gala, seuls deux matchs ont été annoncés. Le match par équipe Great Muta & Tajiri contre James Storm & Great Sanada, ainsi que le championnat de la X-Division entre Samoa Joe, Low Ki et Kaz Hayashi. L'imbroglio règne concernant ce dernier, puisqu'au stade de la diffusion actuelle la Samoan Submission Machine détient cette ceinture, mais la compagnie japonaise promeut ce triple threat comme une défense de titre de Low Ki. Logique puisque les enregistrements attestent que l'ancien Kaval s'est emparé de l'or X-Division… le 19 novembre. La stratégie d'un gala diffusé en direct, coincé entre des shows ayant tous donné recours à des tapings, pointe ses limites.

 

Malgré une diffusion en directe, BFG fera figure d'un super PPV One Night Only, peut-être à la hauteur au niveau sportif mais trop déconnecté d'Impact Wrestling.

 

 

Alors c'est le show de l'année et il se déroule au Japon, ça vous suffit comme pub ?

 

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