Catch

Dans la cour de récré

J'suis trop vieux pour ces conneries.

Danny Glover dans L'arme fatale

 

J'ai la désagréable impression que depuis maintenant plusieurs semaines, les différents épisodes de RAW accomplissent la prouesse de s'enfoncer toujours un peu plus dans une abyssale médiocrité qui semble être devenue indissociable du show rouge. C'est bien simple, si l'on se réfère aux avis éclairés des plus illustres spécialistes en la matière (comme ici, ou encore ici par exemple), les RAW de septembre ont tous été au mieux passables, au pire catastrophiques. Et comme la WWE sait (parfois) faire preuve d'une magistrale cohérence, elle a décidé de conclure le mois en nous servant un RAW (numéro 1114) assez dégueulasse, histoire d'être bien raccord avec les précédents. Et si vous comptiez sur le mois d'octobre pour regonfler votre niveau d'optimisme, gardez bien à l'esprit qu'au cours du mois à venir, tout le monde à la WWE se mettra au rose, ce qui ne manquera pas de provoquer comme souvent un déversement de bons sentiments tous plus mièvres les uns que les autres nous poussant jusqu'à l'écœurement.

 

 

Moi en tout cas, du moment qu'on me file mon chèque, je suis prêt à me foutre en rose si ça peut vous faire plaisir.

 

 

Nalyse de RAW du 29 septembre

 

 

Je ne vais pas y aller par quatre chemins: je me suis royalement ennuyé en regardant ce RAW. Et depuis que l'émission a été formatée à trois longues heures, je m'autorise bien souvent le droit de faire l'impasse sur tous les segments que j'estime être superflus ou redondants. Seulement voilà, cette semaine je m'étais engagé à chroniquer cette émission et cela induisait donc que j'allais devoir rester devant mon écran bien consciencieusement et ce, du début jusqu'à la toute dernière minute.

 

Le plus frustrant avec un peu de recul, c'est qu'avant de me lancer dans le visionnage du show, je m'étais persuadé que cette soirée serait de qualité car nous étions ce soir à Chicago. J'en étais resté au stade où la WWE, craignant l'hostilité d'un public totalement débridé et insoumis, se serait appliquée comme jamais afin de ne pas décevoir la foule. Mais il faut bien se rendre à l'évidence et admettre que dorénavant, le comportement des Chicagoans (rien à voir avec le fil ainé de Son Goku) n'est plus vraiment redouté par le clan McMahon. Il est même permis de croire que Vince a voulu les punir en leur offrant ce soir là un spectacle des plus affligeants.

 

Certains argueront que j'exagère et ils auront probablement raison mais à bien y repenser, le véritable point noir de cette soirée, au delà du fait de m'être fermement emmerdé, c'est que les premiers éléments qui me viennent spontanément à l'esprit en me remémorant le show ne concernent que des segments tous plus moisis les uns que les autres.

 

Comment effacer de mon esprit le combat des mascottes? Nous connaissions déjà El Torito (remarquablement rebaptisé Tororigolo en ces colonnes), nous avions fait connaissance avec le Bunny d'Adam Rose il y a quelques semaines et comme si tout cela ne suffisait pas, Heath Slater et Titus O'Neil sont venus accompagnés de leur propre représentant: un mini crocodile habité par l'insupportable Hornswoggle! Peut-être bien que les enfants de moins de huit se sont poilés comme jamais en voyant ces animaux se rentrer dedans mais pour ma part, j'en suis resté déconfit.

 

 

Parfois, il est vraiment difficile d'être fan de catch et de l'assumer pleinement auprès de ses proches.

 

 

La WWE voulant à tout prix caser des bouts de son émission Total Divas le lundi soir, nous avons appris par le biais d'un extrait qu'il y avait de l'eau dans le gaz entre Natalya et Tyson Kidd. Terrible nouvelle, je suis navré pour eux mais pourquoi diable tenter de résoudre ses problèmes conjugaux en plein milieu d'un combat qui opposait Rosa Mendes à la plantureuse Layla? Peut-être bien parce que personne n'a quoi que ce soit à foutre de Rosa. Pas même le cameraman qui a d'ailleurs passé plus de temps à filmer le règlement de comptes entre Tyson et Nattie que le combat en lui-même (remporté par l'affriolante Layla soit dit en passant).

 

 

– C'est vrai qu'elle est vraiment bonasse celle-là!

– Eh oh j'entends tout hein, obsédé d'arbitre.

 

 

L'affrontement des jumelles Bella s'est poursuivi (mais semble nettement perdre en intensité) au travers d'un combat handicap qui a vu Brie faire face à la paire composée de Cameron et Eva Marie, tout cela sous les yeux d'une Nikki venue annoncer avec délectation à sa sœur qu'elle allait subir ce qu'elle-même avait enduré pendant plusieurs semaines d'affilée. Bref ça tourne en rond à force de ressasser sans cesse les mêmes griefs et en plus, Brie à réussi à venir à bout de ses adversaires ce qui nous a permis de constater que primo, au vu du niveau de ses adversaires la victoire n'était pas des plus difficile à obtenir et deuzio, les chants d'encouragements à la gloire de Daniel Bryan sont toujours intacts. C'est déjà ça.

 

 

Alors comme ça il paraît qu'on n'est pas fortes du tout? Prends ça dans ta gueule, planche à repasser!

 

 

Toujours du côté des filles, AJ a fait face à Alicia Fox, la nouvelle meilleure amie de Paige. Sur le papier je trouve que c'est une bonne idée d'incorporer madame Fox aux côtés des deux déglingos dans la mesure où elle-même nous avait montré toute l'entendue de sa propre folie lorsqu'on lui en avait donné l'opportunité il y a quelques mois. Vu comme elle réussissait à péter les plombs en un rien de temps pour pas grand-chose, je pense que cet alliage pourrait donner quelque chose d'intéressant si on mettait régulièrement ces trois allumées ensemble sur le ring. Sauf que pour leur première association, Alicia a clairement été en retrait (malgré sa victoire contre AJ) et n'a finalement servi que de faire-valoir, c'est dommage. (Avez-vous remarqué qu'elle est allée chercher des canettes sous le ring, probablement avec l'intention de se la jouer « à la Stone Cold », pour finalement ne rien en faire!) A mon avis, il y a une piste à creuser avec ces trois donzelles.

 

 

Alors la prochaine fois, tu tâcheras d'être un peu plus réveillée!

 

 

Suis-je fan de Mark Henry? Non. Pour autant je ne peux m'empêcher d'avoir mal pour lui tant il est descendu très bas dans la hiérarchie en s'inclinant proprement à deux reprises contre Rusev. Après une telle humiliation, que pouvait-il bien lui arriver de pire? Un booker très inspiré nous a apporté ce soir la réponse en ajoutant une défaite de plus au compteur du gros Mark… contre Bo Dallas… sur un tombé tout ce qu'il y a de plus réglementaire… en seulement quelques instants! Relisez cette phrase encore et encore puis souffrez en silence.

 

 

J'ai connu des jours meilleurs moi!

 

 

Concernant le segment lié à l'inexorable ascension de Rusev, je ne peux que vous renvoyer à cette page qui ne manquera pas de susciter chez vous à coup sûr une grande réflexion d'ordre géo-politique. Cela dit le Bulgaro-Russe est tombé sur un (véritable) gros morceau cette fois en la personne du Big Show et il est permis de penser que ce dernier sera peut-être celui qui stoppera l'envahisseur tant il s'est montré dominateur cette semaine. Rendez-vous dans sept jours pour une nouvelle rencontre entre ces deux-là.

 

 

Et la semaine prochaine, je ferai caca sur le drapeau russe, na!

 

 

Comme évoqué en intro, la WWE lançait sa campagne de sensibilisation contre le cancer du sein et bien que la cause soit on ne peut plus louable, il est tout à fait permis de se demander si en parler avec une telle insistance est véritablement le rôle de la WWE. Dans la série « j'ai perdu un être cher à cause de cette saloperie de maladie », c'était Titus O'Neil qui s'y collait en ouvrant le bal cette semaine. Même si j'ai bien senti que son témoignage était empli de sincérité, le voir dans la même émission afficher son grand sourire benêt en repensant à sa grand-mère disparue puis plus tard dans la soirée combattre un nain déguisé en taureau ne m'a pas empêché de penser que la WWE a fait preuve au mieux, d'une certaine maladresse ou au pire, d'une récupération à la limite du nauséabond. Toujours est-il que les véritables intentions de la WWE quant à cette campagne avaient déjà été abordées sur les Cahiers et je ne saurais que trop vous renvoyer à la lecture de cet intéressant papier qui a le mérite de balancer un coup de pied dans la fourmilière afin de creuser un peu plus le sujet.

 

 

– Dire que nous, on fait ça bénévolement.

– Ouais, pas comme le vieux moustachu décoloré.

 

 

Parmi les éléments qui permettent à ce show de ne pas totalement sombrer, je retiendrai le triple threat match pour le titre Intercontinental qui fut fort agréable. Et pour cause, le champion Dolph Ziggler y a défendu avec succès sa ceinture contre Cesaro et The Miz (accompagné comme il se doit de Damien Mizdow). Avec ces trois-là entre les cordes (enfin surtout les deux premiers cités), il était permis de s'attendre à un niveau assez élevé et reconnaissons que ces messieurs ont été à la hauteur de leur réputation.

 

Damien ne se sera pas contenté de jouer les doublures (ce qu'il fait d'ailleurs à merveille) puisqu'il aura eu l'honneur de faire face à Sheamus au cours d'un combat qui n'aura pas été remporté trop vite par le rouquin et qui semble de surcroit lancer par ricochet une rivalité entre le champion US et The Miz qui paraît en avoir fini avec le titre Intercontinental.

 

 

Mains en l'air Miz: la Fashion Police m'a chargé de t'arrêter. Ta veste est un véritable viol oculaire.

 

 

Terminons enfin avec ce qui aura constitué la principale attraction de la soirée: le cas Dean Ambrose. Trip' et Steph' étaient venus en début de show affirmer haut et fort que le vol de la mallette du chacal sodomite ne pouvait resté impuni. Ce qui eut pour effet de faire sortir de son silence Paul Heyman venu alors faire part de son mécontentement quant à la tentative de cash-in de Seth sur son client Brock Lesnar qui trouvait cette audace quelque peu irrespectueuse. Rollins débarqua à son tour afin de clarifier la situation en expliquant qu'il avait agit de son propre chef lors de Night of Champions, allant même jusqu'à démontrer que s'il y avait bien une personne apte à le comprendre et à valider ce genre de comportement quelque peu opportuniste, c'était bien Paul Heyman.

 

C'est ainsi que l'on put dès lors se focaliser sur la quête de la soirée: à savoir récupérer la précieuse mallette dérobée par Dean Ambrose à son ancien partenaire. Le Lunatic Fringe apparut sur grand écran et le concours de gaminerie put commencer. Il se mit à lancer des répliques du genre « Si tu la veux, viens la chercher ». Ce qui ne manqua pas de plonger Rollins dans une colère noire, comme l'aurait fait un enfant de six ans sous le coup d'un caprice en se justifiant à coup de: « Je la veux à tout prix, j'ai laissé mes affaires dedans » (alors que Stephanie avait bien pris la peine de préciser que le contrat Money in the Bank n'avait pas changé de propriétaire malgré le vol, ce qui me semble-t-il était infiniment plus important que de vouloir récupérer je ne sais quelle babiole laissée au fond de sa vieille mallette déglinguée). L'architraitre n'eut même pas le temps de se lancer à la recherche de son précieux puisqu'il fut attaqué par un John Cena bien décidé à lui faire comprendre qu'il n'avait que moyennement apprécié d'être perturbé durant le main-event de Night of Champions huit jours plus tôt.

 

Triple H envoya alors ses plus fins limiers (les détectives Jamie Noble et Joey Mercury) aux trousses d'Ambrose qui n'eut aucune difficulté à passer au travers des mailles du filet de ces deux nigauds qui préféraient s'arrêter manger un hot-dog plutôt que de traquer activement leur proie.

 

C'est finalement Dean qui se pointa sur le ring afin de procéder à une grande braderie estimant que les stands officiels vendant les produits dérivés de la WWE ne faisaient pas bien leur boulot. (!) Puis les deux mangeurs de hot-dogs finirent par se pointer, d'abord seuls, puis accompagnés de Seth ainsi que d'un bon paquet de vigiles. Devant le nombre, le chien fou préféra quitter le ring tout en rendant la valise à son propriétaire qui se fit asperger d'une matière verte et visqueuse en l'ouvrant. Mon dieu que c'était rigolo et ça l'était encore plus au moment où Orton et Kane se moquèrent allégrement du triste sort subi par leur partenaire devenu vert (autant au propre qu'au figuré).

 

 

Tellement fière d'elle, la WWE nous a rediffusé ce passage au ralenti encore, encore et encore…

 

 

Oui j'imagine sans peine que les bambins âgés d'une dizaine d'années ont probablement dû énormément se marrer et même jubiler en assistant aux déboires du traitre bicolore mais pour ma part, toute cette mise en scène m'a totalement laissé de marbre tant j'ai trouvé le niveau de puérilité assez insupportable. J'en profite au passage pour soumettre l'ensemble de ce segment à la catégorie des pires moments de l'année dont l'élection se tiendra en décembre sur les Cahiers.

 

Il y eut aussi un main-event avec la paire Orton/Kane (qui commencent eux aussi à sérieusement en avoir marre de se coltiner le sale boulot alors que Rollins, de son côté, fout la merde partout et bénéficie ensuite d'une totale impunité de la part de l'Authority) opposée au duo Cena/Ambrose. Et bien évidemment la soirée se termina sur une intervention illicite de Seth Rollins qui permit aux méchants de défoncer les gentils (même pas capables de s'entendre sur le fait de savoir qui aurait le droit de mettre la main sur Rollins dans l'hypothèse où ils réussiraient à venir à bout de leurs adversaires. Quelle maturité les gars, bravo.)

 

 

Merci les gars, c'est vraiment cool d'avoir des copains comme vous: c'est moi qui fous le bordel et c'est vous qui êtes punis!

 

 

J'ai bien conscience que la WWE se doit de proposer un programme familial pouvant être visionné par l'ensemble de tous ses membres mais en faisant un gros plan sur cet épisode, j'ai plutôt eu le sentiment que RAW était, ce soir là, destiné à la tranche des 6-10 ans et pas plus. Et moi, j'ai un peu plus.

 

 

Pour éviter de vous faire chier pendant un RAW, faites comme moi: jouez à Candy Crush.

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