Catch

Y a-t-il un pilote dans l’avion ?

All of the things that you used to believe in
Turned out to be true, you're guilty of reason.
Lou Reed, Ennui
 
Dans Game of Thrones, au Nord, on attend que les ténèbres et les sauvageons attaquent, “Winter is coming” qu’ils disent dans l’univers multi-domaine et là, ils vont en découdre ! À la WWE, c’est pareil. On attend le Rumble pour donner la trame de l’histoire jusqu’à Wrestlemania. Et si vous trouvez qu’on se répète dans nos introductions, posez-vous les bonnes questions.
 
 
Comme "que deviennent vos enfants une fois que vous les avez abandonnés dans les bois ?" par exemple.
 
 
Nalyse de Raw du 6 octobre
 

Pour faire simple, j’ai trouvé ce show complètement nul. Alors, n’attendez pas dans les lignes qui suivent une vision objective des évènements. Depuis leur “season premiere” c’est presque à chaque fois le même schéma narratif. On ouvre sur la rivalité Rollins/Ambrose/Cena, on a un bon match pour mettre en appétit puis une heure et demie de segments affligeants, et enfin un main event moisi.
 
Oh oui, commençons par ça ! Les moments nazes !
 
– Bo Dallas a battu Mark Henry par count out. Pourquoi ? Parce qu’il a été plus malin. Et Mark Henry fort marri d’avoir été berné ainsi. Il n’y aurait pas de problèmes si, une fois la sentence donnée, l’homme le plus fort du monde avait attrapé son adversaire et l’avait dépecé comme il comptait le faire.
– Brie Bella, avec une main dans le dos, a battu Summer Rae. Nikki regardait ça de loin.
– Jack Swagger a appliqué, avec succès, son Patriot lock sur Tyson Kidd.
 
 
Octobre : cancer du sein. Novembre : Alzheimer ?
 
 
Ces segments n’ont aucun intérêt à être plus développés que ça. Ce sont des segments bouche-trous de sans-feuds, ou des jumelles qui ont dépensé leur capital “main event” avant Summerslam.
 

On a eu aussi le Miz et sa doublure Mizdow qui tentent de se racheter de leur comportement de la semaine dernière avec un joli panier de fruits offert à Kane. Ce dernier n’en a que foutre et envoie l'acteur dans un match contre Sheamus. Affrontement que le nouvel action-man de la WWE remportera avec l’aide de Mizdow et un roll-up.
 
Voilà, le Miz ne gagne plus que par roll-up. Comme une gonzesse.
 
 
– C'est pour ça que t'es sa doublure ! Tu baises Maryse en douce !
– OK, tu m'as attrapé !
 
 
GROS point négatif pour moi, la faiblesse du jeu de Sandow. Lors du segment dans les coulisses, ce dernier bouge ses lèvres après Miz. Oui, après, pas en même temps. Ce n’est rien pour vous, mais je trouve ça idiot. C’est difficile de bien faire ce passage en faisant apprendre le texte du Miz à Sandow ? Alors oui, peut-être aussi que l’effet est voulu.
 
En restant dans la midcard, évoquons tout de même le moment catchesque sympa. Le 3 vs 3 habituel Ziggler et les Usos contre Cesaro et les champions tag team. Un début agressif avec les heels se jetant sur leurs adversaires, blessant même Jey Uso.
 
Les six participants sont parmi les plus efficaces et professionnels du roster, vous pouvez donc voir ce match sans vous inquiéter de sa qualité.
 
 
– Et la semaine prochaine, on remet ça !
– Yeah…
 
 
Bien sûr, on peut regretter que la midcard ne se compose plus que de huit personnes (j’ajoute Sheamus et le Miz) et que les bookers, usés par leur championnat de fantasy football, intervertissent les noms pour les ceintures Intercontinentale, US et Tag Team.
 

À cette allure, on peut s’attendre à voir Stardust défier Ziggler pour un trophée plus scintillant, Miz-Sandow pour les tag teams et, une nouvelle fois, Cesaro face à Sheamus. C’est un peu usant ce non-élargissement des forces vives, je ne demande pas non plus à ce que Adam Rose et son connard de pote déguisé en lapin pervers défient les Dust Brothers, mais on peut quand même donner l’espoir à ces gens-là.
 
Pardonnez-moi un parallèle venu de nulle part mais à sa création, le championnat d’Europe des nations de football ne concernait que quatre équipes, elles seront vingt de plus pour l’édition de 2016. Et c’est pareil dans d’autres domaines. Donc, pour quelles raisons les bookers ne veulent pas mettre Kingston, Big E, Fandango, R-Truth, Rusev ou la Wyatt Family dans la ronde ?
 
 

Mais ouais ! La bagarre, c'est mieux quand on change d'adversaire !

 

 

C’est étrange chez les bouseux, d’ailleurs. Pas leur manie de faire des phrases, mais deux vignettes, une pour Harper, l’autre pour Rowan, nous expliquent que Bray les a “libérés”. Harper était perdu, Rowan mentalement retardé, mais le pouvoir de Bray les a sauvés. OK. Mais, concrètement, qu’est ce que ça veut dire ?

 
Est-ce que les deux vont naviguer en solo, rester en duo, traîner toujours autour de Bray, se laver, se raser et devenir deux traders en assurance santé de Tampa Bay ? Et allons nous voir Bray Wyatt recruter deux autres inconnus monstrueux physiquement ?
 
 
True Detective 2 : l'arrêt pipi.
 
 
Rusev, lui aussi, a une storyline. Il se bat pour prouver la supériorité de son pays d’adoption face aux Américains. Enfin, il parle peu, doit connaître une vingtaine de mots dans son vocabulaire en anglais et laisse donc Lana se farcir la bronca populaire. Même à Brooklyn, quartier cosmopolite de New York où l’on trouve Brighton Beach et sa forte concentration de russophones à quelques stations de métro du Barclays Center (où sur un plan de l'extérieur de la salle, un passant fait un bon gros doigt à la caméra à 2:00:00)
 
 
Après un éclaircissement de l'image et en ne sélectionnant que l'individu, c'est bien un majeur tendu.
 
 
Depuis la semaine dernière et l’affaire du drapeau arraché, le couple affrontait le Big Show. Ce dernier étant “suspendu”, le duo maléfique n’avait pas d’autres adversaires légitimes à chambrer, à part celui qui fait trois turns chaque année qu'ils ont traîté de lâche, avant de souhaiter un bon anniversaire à Vladimir Poutine quand soudain…
 
THE ROCK ! THE ROCK IS HERE !!! OH MY GOD MICHAEL !!
Ah ça. Pour une surprise, c’est une surprise. Les mauvaises langues diront que ça devait tomber pendant la mi temps du match de football (un Seattle Seahawks – Washington Redskins dénué de suspense et d'intérêt) sauf qu'elles n’ont sûrement jamais dû en voir un.
 
 
Football americain, c'est caca ! Regarder Zenit St Petersbourg/Spartak Moscou, c'est mieux, c'est Poutinien !
 
 
Il faut savoir qu’on ne peut deviner combien de temps dure un quart-temps dans ce sport. Les actions sont courtes, les replacements et les changements d’équipes nombreux et je ne parle pas des temps morts pour la publicité. Donc, en temps réel, c’est impossible d’anticiper la mi-temps. Il n'est pas interdit de penser, dès lors, que la venue du Rock à ce moment précis est une idiotie.
 
 
Merde, je me suis trompé de salle.
 
 
Le Rock est venu interrompre la promo blabla de Lana et c’était bien pendant dix minutes. Le temps de saluer la foule, d’entendre huit fois, les premières notes de son theme song, de toiser la foule et d’entrer sur le ring. Après, il s’est mis à parler.
 
Et niveau cheap pop, mes cocos, on a eu le package complet. Pour faire simple, vous prenez le Lonely Planet de New York, un film de Spike Lee, ajoutez une allusion à Derek Jeter et les Yankees et vous avez la promo de Dwayne Johnson.
 
 
Vous allez rire, je devais aller voir Fleetwood Mac au MADISON SQUARE GARDEN !
 
 
Et en venant de.. JFK, j'ai dû me tromper dans LE MÉTRO. J'aurais dû changer à TIMES SQUARE !
 
 
Ah ça, il était content le bobo de Brooklyn. Autant dire qu’en face, ça tente de répliquer avec un “who do you think you are?” et ça se prend une seconde vague du monologue Rockien.
 
 
Toi, gros nul en orientation. Tu peux y aller à pied depuis Times Square.
 
 
Ça se voit que t'es pas américaine. Nous, on aime prendre LE MÉTRO.
 
 
Il me reste encore LE TAXI ! Il y en a plein ici, à BROOKLYN !
 
 
On prendra LITTLE ITALY, BROADWAY et la 7E AVENUE !
 
 
Et toi, le gros, tu conduiras. En échange, tu auras un autographe de MARTIN SCORSESE !
 
 
Ne traînons pas. Fleetwood Mac n'attend pas.
 
 
 
Le seul problème, c’est qu’en voiture on peut changer de station et mettre autre chose. Ici, non. En temps normal, j’aurais acceléré la vidéo pour passer ce passage comme pour un match avec Brie Bella et sa Yes celebration, mais comme je suis de nalyse, j’ai dû regarder le segment… en pensant à autre chose.
 
Oui, j’en avais rien à faire de ce qu’ils pouvaient se dire à propos du plaisir d’être un Américain et d’en être fier; par contre, si Rusev se retrouvait face au Rock pour conclure son trip “Russia is the best”, ce serait formidable à San Francisco pour Wrestlemania ou au Rumble pour permettre à la brutasse d’aller dans l’Elimination Chamber.
 
 
Une idée qui va droit au fond de mon coeur de petit gars d'Oakland, Californie. Le sang de la baie coule dans mes veines.
 
 
Avant d’évoquer la stupide storyline principale, le moment le plus naze de Raw ! Non ce n’est pas le match Tororigolo vs Hornigator (hi hi un crocodilien à cornes) qui m’a fait pousser le plus de soupirs, non ce n’est pas l’accolade de Cena à la représentante de la fondation contre le cancer du sein, c’est le segment qui m’a coupé toute motivation pour poursuivre le visionnage.
 
Oui, après avoir vu ça, je suis sorti, j’ai été fait quelques courses histoire d’hurler sur des vieux trop lents qui payent en francs.
 
Ça, c’est le moment où les animatrices du "Today Show" sur NBC sont entrées sur le ring avec le Pathetic Express pour parler de l’assoce Susan G. Komen.
 
 
À la vôtre, les cancéreuses !
 
 
On aurait dit un mix de Sex and the City et d’un mauvais sketch du Saturday Night Live. Les deux machins en talons hauts ont voulu parler du cancer du sein en buvant du vin, rouge et blanc, danser connement et en s’éclatant des bouteilles en sucre (celles qu’on utilise dans les films) sur les fesses.
 
 
Si, avec cette image, on n'arrive pas à prouver aux créationnistes qu'on descend tous du singe…
 
 
Dites, vous ne voulez pas vous faire dépister le CERVEAU ? Qu’est-ce que voulait dire cette merde ? Qui est le booker qui a écrit ça ? Qui a validé ? Et les animatrices, vous étiez saoûles, c’est ça ? Vous avez eu honte le lendemain en jurant de ne plus jamais boire ? Tant de questions sans réponse pour un vrai WTF moment, pour les Slammy Awards et les Cahiers du Catch.
 

L’ouverture et la conclusion du show ont tourné autour de Seth Rollins. Encore une fois, on a eu l’AUTORITÉ au grand complet (enfin les catcheurs actifs) contre Ambrose et Cena. Encore une fois, les gentils se sont disputé le droit de cuissage sur le chacal sodomite. Encore une fois, cette histoire ne m’intéresse pas.
 
 
C'est pas ta faute, Dean.
 
 
C’est facile, je ne comprends pas les griefs de John Cena envers Seth Rollins. Quoi, le mec a le droit de casher sa mallette quand il veut sur le champion, c’est la règle. Cena en a été la victime dès le début (Edge et RVD en 2006) et a même été le possesseur d’une. Maintenant, il croit que Rollins lui a volé sa victoire contre Lesnar ? Faut avoir une flaque d’eau dans le crâne pour penser ça.
 
Et au lieu de se reconcentrer et de défier légitimement Brock pour un troisième match à Hell in a Cell, John veut se faire l’architraitre pour le plaisir… Ce qui est assez incohérent avec son attitude contre Bray Wyatt ou ce dernier le poussait vers ce comportement, sans réussite.
 
Ambrose a plus de raisons d’en vouloir, son visage a rencontré des parpaings. Mais après l’annonce du handicap match, afin de se plaindre de la place prise par Cena dans son environnement vital, le mal nommé Lunatic Fringe décide de se rendre à Coney Island, en métro, manger un hot dog.
 
 
En fait, je te tape, puis Rollins et apès, je me farcis Brock. Le tout dans la même soirée. Comme ça, personne viendra m'empêcher de gagner.
 
 
Devant la bêtise de son interlocuteur, Dean Ambrose préfère lâcher l'affaire.
 
 
Dites la WWE, vous ne savez pas vraiment ce qu’est un lunatique, non ? Contrairement à ce que vous pensez ce n’est pas quelqu’un qui plaque tout pour aller se goinfrer dans un parc d’attractions, c’est quelqu’un dont l’humeur change souvent. Ambrose reste un impulsif, on ne le voit pas se morfondre en boule dans le parking.
 
Le main event, je ne l’ai regardé que d’un œil. Voir Cena lutter vaillamment contre R-K-O ne m’intéresse pas. J’ai juste vu la fin quand Ambrose est revenu avec un chariot de vendeur de rue et que tout ce joli monde s’est battu au milieu des saucisses et des différentes sauces (sûrement un message pour ne pas manger trop gras, je ne sais pas) et l’arrivée de Triple H qui donne raison à ceux qui lisent Dave Meltzer et croient les rumeurs qu’il balance. Oui, on aura bien un Ambrose – Cena en ouverture d’Hell in a Cell dont le vainqueur aura le droit et la chance de se farcir le chacal dans la cage en main event.
 
 
Chouchous, hot dogs, slips de rechange, demandez, demandez !
 
 
– OH ÇA ALORS, C'EST DEAN AMBROSE, SON DÉPART ÉTAIT UNE FEINTE !
– Ah, il est trop fort ! On se fait avoir à tous les coups.
 
 
Dites, comme ça, la ceinture et le titre, vous n’en parlez plus ? J’ai rien contre l’absence hebdomadaire du porteur, je tique quand il est absent d’un PPV mais je m’en contente s'il y a un contender match. Là, on n'a rien. Tout le monde s’en fout et c’est usant.
 
J’ai rien contre le schéma proposé, je veux juste que la place de challenger soit dans la balance. Pourquoi ne mettrions-nous pas le perdant du match à ce poste ? Cena serait-il plus tenté de faire sa fête à Rollins ou de battre Brock Lesnar ?
 
 
Trop de paramètres à prendre en compte, le cerveau de John Cena a planté.
 
Une autre possibilité est de proposer un tel match aux deux anciens champions de la team R-K-O, en les faisant combattre pour ce spot. C’est facile à écrire, ça prend quelques minutes à mettre en place et poserait l’AUTORITÉ en vrai position de décision importante. Ce n’est quand même pas le taf de HHH de booker les weeklies.
 
 
Non. Et il va me faire le plaisir de nettoyer tout le merdier qu'il a causé sur le ring. La mayonnaise, ça ne part pas facilement.
 
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