Catch

Boîte de chocolats

RAW c’est comme une boîte de chocolats, il y en a pour tous les goûts.

Probablement Forrest Gump, qui a eu une brillante carrière de catcheur si l’on se fie au roman.

Vous les connaissez, les fameuses litanies des nalyses automnales. On se plaint du médiocre niveau des shows, on attend désespérément l’arrivée du Rumble pour enfin s’éclater, et on critique l’absence prolongée du champion du monde et le sort réservé à certains talentueux oubliés. Sauf que. Peut-être fatiguée de lire des papiers critiques sur les CDC, ou plus sûrement dans le but de relancer les ventes du Network et de la compagnie en général, la WWE a décidé qu’il était temps d’en finir avec la médiocrité. Hell in a Cell a surpris son monde par sa qualité. Et la route pour les Survivor Series est en passe de faire de même…

Et grâce à qui le plaisir du catch ?

Nalyse de Raw du 3 novembre

 

Rappel des faits de lundi dernier. Seth Rollins faisait son petit malin, accompagné par toute l’Autorité, et promettait de détruire Cena comme il l’avait fait avec Ambrose la veille. Sauf qu’Orton était apparu, passablement énervé par la position du chouchou de l’Autorité, pour lui porter un bel RKO des familles sous le regard épuisé de Triple H qui sentait les ennuis venir. Plus tard, le match entre l’Architraître et le Marine finissait par un grand brawl collectif. Voyons ce qui en découlera ce soir.

 

L’heure doit être grave. D’habitude, Raw s’ouvre par la présence dans le ring de Triple H et de sa femme. Sauf que ce soir, arrivent sur scène Hunter, Stephanie déguisée en girafe mauve… Et le daron Vince Kennedy McMahon himself. Effectivement c’est un petit événement car on n’avait pas vu le Chairman depuis un bout de temps, depuis qu’il a voulu raser la barbe de Daniel Bryan il y a plus d’un an.

 

 

– Vous connaissez tous ma fille ?

– Oui chef.

– Elle est belle, hein ?

– Oui chef.

 

 

Malgré le positionnement détesté de sa descendance, le boss est acclamé par la foule. Il est là d’abord et avant tout pour vanter la promo cadeau qu’offre la WWE en novembre : le Network gratuit, et donc la vision de Survivor Series sans débourser un centime ! Voici donc le tout premier DPPV (Don’t Pay Per View) de l’histoire. Mais pour que ça marche, il faut que l’affiche du show soit alléchante. Il propose donc de monter d’un cran le niveau en ajoutant une stipulation au traditionnel match par équipes, Team Cena Vs Team Authority. Si cette dernière perd, elle perdra aussi sa place d’autorité. Le public en jubile, le couple princier fait un peu la gueule. Mais on n’en saura pas plus pour le moment, qui leur succèderait en cas de défaite, tout ça, on réglera la question plus tard.

 

Alors que les cravatés regagnent les coulisses, ils croisent nul autre que Dean Ambrose, et Vince serre chaleureusement la main de l’agité du bocal. Drôle de positionnement non ? Le patron suprême de la WWE, censé être représenté au quotidien par sa fille et son gendre, semble apprécier beaucoup l’homme contre lequel ces derniers se battent ardemment depuis des semaines. Pourquoi n’est-il pas intervenu pour calmer le jeu alors ?

 

 

– Salut petit, bravo, j’aime beaucoup ce que tu fais.

– Merci patron. Ça me touche d’avoir votre soutien, mais vous auriez pu sortir de l’hospice un peu plus tôt quand même.

 

 

Dean s’en cogne à vrai dire. Il a juste un nouveau match contre Cesaro, comme à Smackdown mais avec moins de citrouilles. Entre les deux, la baston est toujours agréable à suivre. La supériorité athlétique évidente du Suisse est étouffée par l’excentricité du lunatique, qui ouvre même le crâne de son adversaire à force de l’estourbir contre les rambardes.

 

 

Cesaro utilise une nouvelle arme contre ses adversaires : le collant à mouches géant.

 

 

Le temps d’une pause, et un nouvel invité a rejoint les abords du ring : Bray Wyatt, artisan principal de la défaite d’Ambrose dimanche précédent, vient observer le match depuis son rocking chair. Seul. Il semble désormais acté que le gourou en chemise soit séparé de ses deux disciples barbus. Je trouve cette scission regrettable, tant je pense que le trio avait encore à faire ensemble, mais j’attends de voir l’utilisation de Rowan et Harper pour me prononcer. Pendant ce temps, au terme d’un match agréable mais sans folie, Ambrose porte son nouveau finisher et bat son adversaire, qui n’en finit plus de perdre tout en restant un opposant craint. Le goût de la victoire ne suffit pas au chien fou qui cherche à rejoindre Bray hors du ring, probablement pour le taper. Trop tard, en un clin d’œil et profitant d’une soudaine obscurité, le Bayounnais a disparu.

 

 

En ce mois de novembre, la WWE lance une exposition artistique à la gloire de Marcel Duchamp.

 

 

En coulisses, Steph et Triple H cogitent. D’après la taulière, il n’y a pas à s’inquiéter : il suffit de monter la plus puissante équipe possible pour les Survivor Series, et le tour est joué. Putain, c’est intelligent mine de rien. Hunter acquiesce, et sort son téléphone pour appeler Randy Orton. Stephanie est furieuse, visiblement pas motivée à l’idée de faire appel à celui qui a défié l’Autorité et attaqué Seth Rollins lundi dernier. Mais son mari réussit à la convaincre qu’il est nécessaire de surpasser tout ça afin de former la meilleure team.

 

Jimmy Uso affronte en solo The Miz. Enfin, le terme en solo est relatif, puisque chacun des deux belligérants est accompagné qui de son frère, qui de sa doublure.

 

 

Twins.

 

Wins.

 

 

C’est désormais une habitude, pendant que le Miz prend et donne des roustes sur le ring, Sandow le copie à l’extérieur. Le public en réclame toujours et encore plus, et Jey Uso se prête au jeu en singeant lui aussi son acolyte. Je trouve qu’il aurait pu porter le vice plus loin en portant à Sandow les mêmes coups que son frère donne au Miz. C’est ce qu’il finit d’ailleurs par faire : la doublure barbue voulant monter sur le ring, le jeune Samoan l’en empêche d’un Superkick dans la mâchoire. Le coup est hautement impopulaire auprès du public, et cause une légère distraction à Jimmy qui lui coûte le match. Skull-crushing, c’est fini, le Miz a gagné et fête l’évènement. Les deux jumeaux rentrent piteusement. A peu près éloignés de la course au titre par équipes, il va falloir de l’originalité aux fils de Rikishi pour rester dans le haut de la carte, mais avec tout leur talent, j’ai confiance en eux.

 

Sheamus s’échauffe au centre du ring. Ce soir, après Raw, il met en jeu son titre des Etats-Unis qu’il détient depuis un sacré moment maintenant contre Rusev, visible uniquement sur le Network. Un nouveau concept pour vendre le Network que d’y placer des matchs de championnat, mais j’espère que cela ne se généralisera pas. Avant ça, pour ne pas priver les visionneurs de Raw de la présence du roux, il affronte Tyson Kidd qui a désormais une gimmick d’ado attardé avec des écouteurs.

 

 

Le look du futur de la compagnie, assurément.

 

 

Je parie à moi-même qu’il va manger un Brogue Kick en moins de vingt secondes. Mais non, je me dois un sandwich. Le frêle Canadien accompagné de sa femme en robe de soirée semble avoir quitté le rôle de jobber. Il se bat, et se bat bien même, faisant preuve d’une impressionnante agressivité qui asphyxie le Grand rouquin blanc. Chaque minute passée au combat est un handicap en plus pour son futur match de championnat. Kicks, coups vicieux, projections, l’Irlandais n’arrive à placer aucune de ses prises pour contrer un Tyson en feu qui l’expédie à l’extérieur.

 

 

Il faut le souffle d’une flatulence particulièrement bien placée de la part de Sheamus pour expédier Tyson Kidd au loin (désolé…).

 

 

La bataille se prolonge aux abords du ring, et alors que l’arbitre en est à 9 de son décompte, Kidd pousse sa femme entre lui et son adversaire. Il profite de cet instant de trouble pour remonter sur le ring avant les 10 secondes. Sheamus a perdu à la surprise générale. Pour faire bonne figure, il vient placer un coup de pied dans la face du vainqueur, mais le résultat est bien là. Le roux est très énervé, ce qui est de mauvais augure avant son match de championnat.

 

On passe d’un champion à l’autre, avec l’arrivée de Dolph Ziggler. Ce dernier est dans le viseur de l’Autorité depuis qu’il a discuté en coulisses avec Cena. Après avoir battu Kane lundi dernier, il a subi une belle correction des mains du démon préféré du diable le soir d’Halloween. Aujourd’hui, c’est toute la clique qui vient au complet lui faire face. Stephanie rebondit sur l’annonce de son père, disant qu’elle et son mari sont excités à l’idée de défendre leurs idées et de gagner la bataille contre l’équipe de Cena, grâce à une équipe dominée par Seth Rollins et Kane… et où figurera Randy Orton.

 

Triple H, lui, tient à rassurer Dolph Ziggler et le monde entier : contrairement à ce que tout le monde pense, il n’y aura pas de « chasse aux sorcières » contre les catcheurs qui rejoindront l’équipe de Cena. Tout le monde est libre de faire ce qu’il veut. Mais.

 

Il y a un mais, et ce qui suit ce mais va donner des frissons à la plupart des suiveurs de la WWE. Car Triple H se lance dans une putain de bonne promo que je résume ici en quelques lignes :

 

 

Imaginons, je dis bien imaginons que tu rejoignes l’équipe Cena, et que cette équipe gagne. Qui en récoltera les lauriers ? Sera-ce Dolph Ziggler ? Tu y crois ? Ou juste John Cena… avec Ziggler dans son équipe ? Et maintenant, disons que la team Cena perde. Qui en prendra la responsabilité ? John Cena assumera sa défaite, tu crois ? Ou dira-t-il qu’il ne pouvait rien faire de mieux avec quelqu’un comme Dolph Ziggler avec lui ? Dolph, je ne pense pas que le problème vienne de toi, tu as tout pour réussir. Mais tu le sais aussi bien que moi, à chaque fois que tu as essayé de gravir l’échelon pour atteindre le sommet, il y a eu quelque chose sur ta route. Toujours, malgré tout le mal que tu te donnes, et tu travailles dur Dolph, tu es peut-être la Superstar qui travaille le plus dur de tout le vestiaire, mais qui en récolte les fruits, est-ce Dolph Ziggler ? Non, à la fin, c’est toujours John Cena qui garde la gloire. Où est John Cena ce soir, Dolph ? Il n’est même pas là pour te soutenir !

Peut-être que tu vas rejoindre son équipe, peut-être que vous allez gagner, peut-être que tu deviendras champion du monde, peut-être que tu auras l’argent, le succès, les femmes… Mais cela fait beaucoup de peut-être. Alors qu’en prenant ce micro et en refusant de rejoindre Cena, tu auras enfin des garanties. Tu auras enfin ce que ton talent mérite. Tout ce que tu désires sera à toi.

 

 

Dans mon top personnel des stars du micro à la WWE, CM Punk et Paul Heyman se placent bien sûr au sommet, mais je tiens à rendre  hommage à Triple H, qui depuis plus d’un an et demi dans son rôle de fourbe patron livre presque hebdomadairement des tribunes de grande qualité. Même si le scénario proposé n’est pas toujours très juste, même si les ficelles sont parfois un peu grosses, Hunter joue à merveille sa partition. La voix, l’intonation, les punchlines, tout y est. Et ce soir, en faisant écho aux frustrations de tout l’IWC à propos de la sous-utilisation de Dolph, il mêle kayfabe et réalité de manière délectable. Pour ma part j’aurais juste ajouté « Et tu vas quand même pas rejoindre l’équipe d’un mec qui t’a recouvert d’excréments non ? »

 

Dolph n’est pas sensible aux arguments du couple princier. Tout ce qu’il désire, c’est de voir dégager l’Authority du pouvoir. Mauvaise décision, répond HHH, qui engage immédiatement le Show Off dans un match contre Seth Rollins. Avec le championnat intercontinental en jeu.

 

Après cet intense moment dramatique, place quand même au centre même de ce business : le catch. Deux des plus grands artistes de la discipline s’affrontent. Rollins passe beaucoup de temps à provoquer le public et à moquer son adversaire, ce qui ralentit un peu le rythme du match. Mais plus le temps passe, plus les nearfalls s’enchainent, plus le public retient son souffle. Le combat est violemment disputé et l’issue est totalement incertaine.

 

 

Encore une fois, c’est Seth Rollins qui va être propulsé vers les sommets.

 

 

Profitant d’une intervention cachée de Jamie Noble, Rollins couche au sol son adversaire, et lui porte son Curb Stomb. Le chacal a donc match gagné, pourtant la foule hurle de joie. Immédiatement, je pense que Cena est venu rendre la monnaie de sa pièce à celui qui lui a coûté le gain du titre mondial à Night of Champions. Mais non, c’est Randy Orton qui surgit sur le ring pour porter un RKO dévastateur au bicolore. Le match n’a donc pas de fin, la ceinture de Ziggler est momentanément sauvée, mais l’important est ailleurs.

 

 

Et allez hop, une autre vidéo Vine !

 

 

Ailleurs, c’est en coulisses, où Orton rejoint Triple H et Stephanie. Il demande un match contre Seth Rollins ce soir, avec qui il refuse l’idée de faire équipe. Triple H le prend entre quatre yeux. Il lui donne son match ce soir. A condition qu’une fois la bagarre finie, une fois le petit conflit réglé, il accepte de marcher de front avec Rollins et l’Autorité pour gagner la guerre qui s’annonce au prochain PayPerView. Orton finit par accepter le deal.

 

Cela fait très longtemps qu’on attendait tous, je pense, un retour en force du vrai Orton, instable, brutal et incontrôlable. Le voilà qui refait surface depuis quelques semaines pour notre plus grand plaisir.

 

Titus O’Neil se propose dans l’équipe de l’Autorité. Il est interrompu par le revenant Ryback, qui le bat rapidement sous les acclamations de la foule. Le run heel du big guy n’est pas à ranger dans les annales, et le faire revenir à ses premières amours est peut être le meilleur choix possible. Ses marques de fabrique, « Wake up », « Feed me more », et « Finish it » suivi d’un Shell shock n’ont rien perdu de leur popularité. Il reste à voir comment le personnage sera traité. Par contre, je pense que le grand Noir a autant de chances d’intégrer la team Authority que moi. Et encore.

 

 

Voici la seule image qu’on a eu le temps de prendre de ce match.

 

 

En coulisses, le Big Show a droit à un sourire de Renee Young. Il en profite pour se proposer comme membre de l’équipe Cena avant de promettre les pires souffrances ce soir à son ancien ami Mark Henry.

 

 

 

Le Big Show est en train d’étoffer son moveset.

 

 

Le combat en lui-même est lent. Que pouvait-on attendre d’autre ? Big Show domine le début des débats, mais se fait contrer alors qu’il tente de monter sur le turnbuckle. Henry tente à plusieurs reprises le tombé, mais ne réussissant pas à achever le géant légalement, il finit par l’attaquer à coups d'escaliers. Officiellement, l’ancien haltérophile perd le match. Mais en portant un World's Strongest Slam sur l’escalier à son adversaire, il sort gagnant de la bataille. L’Autorité souhaite d’ailleurs dans la foulée l’inclure à son équipe.

 

C’est l’heure des filles. Emma fait bonne figure, mais perd contre Nikki Bella dont le style violent n’est pas désagréable à suivre. A la suite de sa victoire, elle impose à sa jumelle d’aller gifler AJ présente à la table des commentateurs. Que la storyline entre les deux sœurs soit incorporée à la course au titre n’est probablement pas une mauvaise idée.

 

 

Au moins le titre de Diva de l’année ne sera, encore une fois, pas très difficile à décerner pour 2014.

 

 

Auparavant, Renee Young avait été complimentée sur sa beauté par Eric Rowan, de retour en coulisses. Cet homme, qu’on le dise, a du goût.

 

Rusev, avant son match de championnat US, a lui aussi un adversaire ce soir en la personne de Zack Ryder. J’ai toujours un sentiment de pitié et de tristesse à voir l’ancien chouchou du web dont la WWE n’a pas voulu.

 

 

Ouille, ouille, ouille. You know it.

 

 

Bien sûr, Rusev gagne, et Lana le rejoint. Elle annonce que Vladimir Poutine leur a demandé de lui ramener le championnat américain. Ben tiens, on y croit. Sheamus arrive pour défendre un peu le pays mais surtout pour promettre la défaite au Bulgare. Rusev cherche à récupérer le symbole américain, mais se frotte pour une fois à un opposant qui n’a pas un mielleux discours patriote, et c’est plaisant. Plus tard en coulisses, Stephanie propose à la belle et la brute de rejoindre l’équipe Authority, ce qu’ils acceptent.

 

Stardust affronte l’un des deux Matadores. Le match est très troublé. Non seulement chaque belligérant est accompagné de son partenaire par équipe (plus le taurillon), mais en plus Miz et Mizdow ont rejoint les commentateurs. Bien évidemment, tout ce petit monde se provoque, se fritte, se chamaille… Au final, Fernando bat Stardust et les Matadores font un pas de plus vers la ceinture. Mais soyons tranquilles, ils ne la toucheront pas. La prochaine grande rivalité par équipes sera pour la star d’Hollywood et sa doublure.

 

 

Tapettes et mouches.

 

 

Enfin arrive le main event. L’ambiance est hautement tendue et toute l’Autorité et ses sbires ont rejoint les abords du ring pour voir le fight entre Seth Rollins et Randy Orton. Triple H est persuadé qu’en donnant à Randy ce qu’il veut, à savoir la possibilité de régler ses comptes avec le porteur de mallette, il pourra remettre les compteurs à zéro et compter sur une solidarité retrouvée entre ses hommes. Mais bon, quand même, on ne sait jamais et il vaut mieux surveiller. La consigne est claire, on laisse les deux lutteurs gérer leurs problèmes entre eux, et le match ne souffre d’aucune intervention extérieure. Seth, qui a pourtant déjà donné un difficile match quelques instants plus tôt, fait mieux que résister à la haine de la Vipère. Les deux stars s’affrontent à armes égales. Orton veut plus que la victoire, il souhaite réellement détruire son rival. Il prépare la table des commentateurs, tente plusieurs fois d’user du mobilier, sans parvenir à ses fins. Lorsqu’il réussit à enchainer ses prises favorites, la foule est en liesse. Rollins git au sol, un RKO se prépare. Le bicolore se relève, Orton s’élance… Mais sa prise est contrée, et la Vipère se retrouve les deux épaules au sol pendant une, deux… trois secondes ! La cloche retentit, Seth Rollins remporte le match.

 

 

Prise de finition futuriste. L’avenir de la WWE, on vous dit !

 

 

Tout autour du ring, l’Autorité au grand complet semble soulagée. Le vainqueur est congratulé, mais pour faire preuve d’union sacrée, le malheureux perdant est relevé, réconforté, soutenu. Mercury, Noble et Kane applaudissent Orton et lui serrent la main.

 

 

C’est pas grave t’as fais de ton mieux.

– Il était trop fort pour toi, t’en veux pas.

– T’as perdu mais t’as bien joué quand même.

– … Vous êtes sûrs de vouloir me calmer ?

 

 

On sent bien que le Legend Killer ne se satisfait pas du résultat. En grand seigneur, Seth Rollins lui tend la main et présente même ses excuses. Le pari de Triple H semble réussi.

 

Mais en fait non. Orton lui aussi présente ses excuses à Rollins, avant de lui porter un deuxième RKO dans la soirée et d’éjecter tous les cravatés hors du ring !

 

 

– Je suis désolé, c’est tout moi ça, j’m’énerve, j’m’emporte…

– T’en fais pas va, j’ai pris un RKO dans les dents, mais c’est pas si grave.

 

 

Ha ? Bon alors…

 

 

Hunter essaye de parlementer pour sauver ce qui peut encore l’être, mais c’est trop tard. Ce soir, Orton rompt définitivement sa longue alliance avec le couple dominant et frappe son mentor. Alors que Triple H est au sol, l’Autorité se ressaisit et joue la supériorité numérique. Toute la fougue du rebelle n’y peut rien, et Rollins place un Curb Stomb sur la table des commentateurs à Randy dont le front s’ouvre sous le choc. Stephanie McMahon est hors d’elle. Elle ne peut tolérer une telle rébellion dans son camp à quelques semaines d’un match par équipes décisif et ordonne à son mari d’achever la Vipère.

 

Sauf qu’Hunter ne peut s’y résoudre. Fourbe, retors, le COO de la compagnie l’est certainement, mais il est aussi l’un des plus grands champions que la fédération ait connu. Il a le sens de l’honneur, et ne veut pas achever son ancien partenaire désormais au sol. Il laisse la sale besogne à ses chiens de guerre qui ne se font pas prier : deuxième Curb Stomb sur la rampe d’escalier.

 

 

Toujours les mêmes gestes. D’abord, la jambe droite. Toujours.

 

 

Orton est en mille morceaux, la rébellion est tuée dans l’œuf, et Rollins est plus que jamais le visage dominant de la fédération. Comme le dit Michael Cole, « the future is now ».

 

Randy Orton ne fera pas partie de l’équipe de l’Autorité à Survivor Series. Cette dernière a pourtant fait son maximum, au prix de gros efforts, pour garder son poulain auprès d’elle. Mais on ne retient pas les gens contre leur gré. Etouffé, obligé de partager le leadership avec des gens qu’il n’appréciait pas, déçu de voir sa carrière reléguée au second plan au profit de Seth Rollins, Orton avait besoin de retrouver son chemin solitaire, et il le fait au plus mauvais moment pour la faction dominante.

 

Rejoindra-t-il pour autant l’équipe Cena ? C’est la grosse ficelle la plus probable, mais je me permets d’émettre un petit doute.

 

Tout le show aura été bien construit, avec en fil rouge permanent le choix des participants au match à éliminations. Du côté de l’Autorité, la présence de Rollins et Kane est acquise. Mark Henry et Rusev sont de très probables entrants. D’un point de vue idéologique, il serait étrange de voir ceux qui représentent le bureau de la WWE, très pro-américain et politiquement engagé, se lier à celui qui humilie le drapeau depuis des mois, mais sportivement, le choix est logique. Il resterait donc une place vacante. Je ne vois pas pourquoi Triple H lui-même ne se placerait pas dans l’équipe, mais je crois que le dernier ticket ira plutôt à un autre méchant de midcard, du genre de Cesaro.

 

En face, Cena n’a pas daigné venir aujourd’hui. Ziggler et Big Show montrent de l’intérêt pour son équipe. Vu l’amitié passée entre le Marine et les Uso, on pourrait imaginer les jumeaux rejoindre le groupe, mais d’autres gentils peuvent être sur la liste, comme Ryback, Ambrose ou Sheamus.

 

Sheamus, tiens justement. Raw s’est achevé sur le visage radieux d’un Seth Rollins au sommet de sa gloire, mais la soirée à Buffalo n’est pas finie pour autant. Le champion des Etats-Unis remet son titre en jeu contre Rusev dans un match exclusif au Network, mais que j’inclus dans la nalyse quand même.

 

Le guerrier celte est l'adversaire le plus fort que la brute bulgare ait eu à affronter. Moins massif que Mark Henry ou le Big Show, il est plus brutal, plus vif et plus technique. D’ailleurs durant le match, le protégé de Poutine est en danger comme jamais. La bataille est âpre, même si le public, probablement encore en train de digérer le choc entre Orton et l’Autorité, a du mal à rentrer dans le match. Des chants « Let’s go Sheamus ! » répondent à des « Sheamus sucks ! », ponctués bien sûr par plusieurs « USA, USA ! »

 

 

Sheamus ne devrait pas lui chercher des poux dans la tête.

 

 

Le grand rouquin réussit une première fois à se dégager de l’Accolade, et porte même ses dix coups de poing sur le torse du Bulgare. Les deux hommes donnent tout ce qu’ils ont dans la bataille. Ils sont de force visiblement équivalente, donc seule une erreur technique d’un des deux protagonistes pourra précipiter l’issue du combat. Et c’est ce qui arrive. Sheamus tente de porter son Brogue Kick, mais son adversaire l’évite, et il se retrouve le pied coincé sur le turnbuckle. Rusev en profite pour détruire le dos de l’Irlandais avant de le jeter violemment au sol pour lui porter l’Accolade. D’après JBL, Sheamus n’a jamais abandonné dans sa carrière. Mais comme Big Show ou Swagger avant lui, il perd connaissance sous la douleur. L’arbitre doit cesser le match. Rusev est le nouveau champion des USA, sous les acclamations de Lana. Le drapeau bleu blanc rouge flotte dans le ciel de Buffalo. Qui pourra désormais arrêter le monstre ?

 

 

Une dictature, c’est quand les gens sont communistes.

 

 

Trois heures de show suivies de vingt minutes de Network, c’est long, très long. Mais force est de constater que la WWE a parfaitement rempli son programme phare cette semaine.

 

Avec la lutte pour les Survivor Series en filigrane, dont l’intérêt est rehaussé par la possibilité du départ de l’Autorité, le show a suivi tout au long une progression cohérente. Pour la première fois depuis bien longtemps, l’absence du champion n’a pas affecté l’intérêt du spectacle.

On peut regretter que la rivalité Ambrose-Wyatt, qui à mon sens mériterait les honneurs du main event, soit limitée au bas de la carte. Il aurait peut-être mieux valu la proposer à un autre moment tant les projecteurs sont ailleurs. Mais gageons que les deux talentueuses jeunes pousses sauront bien vite regagner les sommets. Il faut bien d’autres matchs pour le prochain PPV.

 

Le Survivor Series Elimination Match est porteur d’un enjeu largement supérieur à tous ceux que j’ai pu voir jusqu’à présent. Le pronostic qui parait le plus probable actuellement est la défaite de l’Autorité causée par Orton afin de lancer une nouvelle guerre entre Triple H et son ancien poulain. Mais la WWE peut nous surprendre et tout reste à jouer.

 

 

Et ne ratez par Ambrose et Cesaro dans un « Sing your favorite song match » la semaine prochaine.

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